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En 2009, une soixantaine de pays ont été concernés par une forme de censure du Web selon Reporters Sans Frontières (RSF), soit deux fois plus que l'année passée....... 120 blogueurs, internautes et cyberdissidents sont actuellement derrière les barreaux pour s'être exprimés en ligne.

La liste des ennemis d'Internet établie par Reporters sans frontières réunit cette année l'Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Egypte, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan, le Viêt-Nam.
D'autres pays n'ont pas les moyens de leurs ambitions de censure. Certains, comme la Syrie, hésitent par conséquent à développer leurs infrastructures, de peur de ne pouvoir les contrôler. Quand la censure est techniquement ou financièrement impossible, deux méthodes : empêcher les internautes de surfer (avec des tarifs inabordables comme à Cuba, une infrastructure obsolète rendant les connexions difficiles...), ou encourager l'autocensure grâce à l'intimidation (arrestations au Viet-Nam, contrôle d'identité à l'entrée des cybercafés au Bélarus...).

Ne pas censurer à tout crin n'a pas qu'un avantage financier pour les Etats autoritaires ou totalitaires. Cela permet aussi d'identifier les dissidents qu'il faut arrêter, comme le fait l'Egypte sur Facebook, par exemple.

 

 

"Entre les censeurs et les internautes, c'est le jeu du chat et de la souris. C'est toujours une course contre la montre", résume Lucie Morillon de Reporters sans Frontières. La principale méthode de contournement de la censure consiste à passer par un proxy, qui sert d'écran entre l'ordinateur de l'internaute et le site visité. Pendant le surf, c'est l'adresse IP du proxy qui apparaît et non l'adresse de l'ordinateur, ce qui rend plus compliqué le repérage de l'internaute. Mais au fur et à mesure, la censure bloque les serveurs proxy les plus populaires, et les internautes doivent alors se reporter sur d'autres...

Entre internautes et censeurs, l'inventivité répond à la sophistication. VPN (virtual private network), systèmes de communication anonyme (ex : le réseau de tunnels virtuels Tor, qui multiplie le nombre d'intermédiaires entre l'émetteur et le récepteur), solutions de cryptage (Psiphon...), de brouillage d'email (MixMaster...)... Les techniques de contournement sont multiples. Certaines organisations s'en sont fait une spécialité, comme le Global Internet Freedom Consortium, fondé par des participants des manifestations de Place Tiananmen et des exilés chinois, dont le travail déborde

aujourd'hui largement les frontières chinoises.

Selon RSF, c'est la Chine qui dispose du système de censure le plus sophistiqué. Elle y a mis les moyens. "Plusieurs dizaines de millions de dollars" selon Lucie Morillon, qui précise que "plus on y met d'argent, plus la censure est efficace". Vouloir museler les internautes tout en développant une infrastructure télécom à même d'assurer un développement économique rapide a aussi un coût humain : 30.000 à 40.000 "cyberpoliciers" chinois seraient en charge d'appliquer la censure. Leur rôle: surveiller, repérer, actualiser le filtrage... C'est que la Chine est le premier pays en nombre d'internautes, et à ce titre c'est la Chine qui emploie le plus de cyberflics. Mais le métier est porteur également en Iran ou en Russie.

 

Les techniques de la censure
Alcatel-Lucent, maître d'oeuvre en Birmanie... et en Chine?
 
L'équipementier télécom a reconnu avoir participé, par le biais de sa filiale chinoise Alcatel-Lucent Shanghai Bell, à la création d'un réseau de télécommunications en Birmanie, suite à la signature en 2006 d'un contrat financé par le gouvernement chinois.

Le journaliste Paul Moreira, dans une enquête du magazine Les Inrockuptibles ,  et un documentaire diffusé sur

Canal+, écrit que le groupe "collabore avec les généraux" birmans. Selon lui, ces derniers souhaitent mettre en place un réseau internet qui permettra au régime de surveiller les mails et les informations échangées. Or Alcatel-Lucent commercialise un système de ce type et "l'a mis à disposition des Chinois", affirme le journaliste, qui se demande si ces derniers l'ont transmis aux Birmans.

 


_Le point unique d'accès au réseau. Pour les pays qui ont établi un point unique d'accès au réseau (Turkmenistan, Cuba en parallèle d'un réseau international), géré par un opérateur télécom en situation de monopole public, la surveillance est facilitée car tout est centralisé. Si l'Etat décide de couper l'accès au réseau, c'est un peu comme si les techniciens n'avaient qu'à mettre un interrupteur en position "off". L'action est effectuée directement sur le "backbone", qui gère l'accès au Web dans tout le pays. C'est ce vers quoi s'engage la Birmanie, qui est en train de construire son

propre réseau télécom, avec l'aide d'Alcatel-Lucent . Le Venezuela serait lui aussi bien parti pour.

_La suppression de sites. Lorsque les Etats ont le contrôle des serveurs de noms de domaine, ils peuvent tout simplement "désenregistrer" un domaine pour rendre le contenu du site indisponible. L'autre méthode consiste à demander à l'hébergeur du site d'effacer les données de son serveur.

 

_Le Filtrage par IP et DNS (adresses des ordinateurs et des serveurs). Il est réalisé à l'aide de routeurs, de pare-feu ou de proxys, paramétrés pour filtrer des adresses de machines, des noms de domaine, ou encore des numéros de port. Ce filtrage a pour effet de bloquer l'accès direct aux sites. Il est mis en place au niveau des fournisseurs d'accès, et peut être répété au niveau des entreprises, des bibliothèques... comme c'est le cas pour toutes les techniques exposées.

_Le filtrage par mot-clé. Il peut se faire sur les mots-clés présents dans les URL (adresses des sites), ou dans les moteurs de recherche (le site n'est pas bloqué mais il est plus difficile de le trouver). Dans le cas de Google en Chine, le moteur s'était engagé à filtrer lui-même en amont les résultats de recherche sur Google.cn. Maintenant que Google a arrêté cette autocensure, la Chine doit filtrer elle-même les résultats, mais c'est moins efficace.

_Le blocage ponctuel de sites. La censure n'est pas forcément constante, elle peut prendre la forme d'une "liberté surveillée". Des sites habituellement accessibles peuvent alors être rendus impraticables seulement en période de troubles. Par exemple grâce à une attaque par "déni de service" (saturation d'un serveur par l'envoi de requêtes simultanées), ou en diminuant temporairement les débits, comme le font l'Iran ou la Birmanie (il devient alors très difficile de télécharger des photos ou des vidéos, voire d'envoyer des mails).

_Disposer d'un seul opérateur télécom (comme en Iran) et d'un seul fournisseur d'accès facilite la censure. Quand il existe plusieurs FAI, c'est à chacun d'appliquer les filtres. Ce qui ne fonctionne pas à tous les coups. En Erythrée par exemple, deux des quatre fournisseurs d'accès ne prennent pas la peine de bloquer les sites de la diaspora, explique Lucie Morillon, du bureau nouveaux médias chez RSF.

 

 

 

Mais la Chine n'est pas le seul pays expert dans la censure du web .......

 

Le ministre chargé de l'Economie numérique Éric Besson veut faire taire WikiLeaks, dont les révélations sèment le trouble dans le monde diplomatique. Mais pour l'hébergeur du site, c'est à la justice de se prononcer et pas au gouvernement d'interdireC'est une sorte de jeu du chat et de la souris, façon internet. Le site WikiLeaks est en effet non gratta dans un certain nombre de pays, et a dû changer d'hébergeur, victime d'attaques informatiques. Le site qui depuis dimanche publie à jet continu des télégrammes diplomatiques américains - qui plongent la plupart des capitales dans la grogne ou l'embarras - vient de se réfugier dans un domaine suisse. Et de son côté, le ministre français chargé de l'Économie numérique, Éric Besson, a demandé au Conseil général de l'Industrie, de l'Énergie et des Technologies (CGIET) de mettre fin à l'hébergement du site WikiLeaks en France, considéré comme violant le secret diplomatique.

 

Avec l’aide du « Parti des pirates », le site WikiLeaks, interdit de séjour aux Etats-Unis, a immigré en Europe. Pour combien de temps ? Eric Besson souhaite son expulsion de France....

 

Jusqu'à jeudi soir, WikiLeaks était hébergé par la société EveryDSN. net basée à Las Vegas. La société a fermé le site à la suite de la multiplication de cyberattaques qui mettaient en péril son fonctionnement. Depuis hier, WikiLeaks se trouve chez OVS, un hébergeur français, mais qui n'a pas l'intention d'obtempérer à l'injonction gouvernementale.

« Nous avons décidé de saisir le juge en référé afin qu'il se prononce sur la légalité ou pas de ce site sur le territoire français », a indiqué le directeur général d'OVH, Octave Klaba. « Ce n'est pas au monde politique ni à OVH de demander ou de décider la fermeture ou pas d'un site mais à la justice. C'est comme ça que ça doit marcher dans un pays de droit. »

 

 

WikiLeaks est de nouveau en ligne après avoir disparu hier pendant six heures des écrans d’ordinateurs. Il est désormais consultable avec de nouvelles extensions européennes de son nom de domaine : Allemagne (.de), Finlande (.fi), Pays-Bas (.nl) et Suisse (.ch). Il est, pour l’heure, hébergé par OVH, une entreprise française.
Son précédent hébergeur, le fournisseur américain de noms de domaines, EveryDNS a été contraint de le lâcher après avoir subi une cyber-attaque à grande échelle qui mettait, explique-t-il, en péril l’hébergement de ses 500 000 autres sites.
Pour Mark Stephens, l'avocat de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, EveryDNS a été victime d'un "acteur étatique". En clair : les États-Unis.
Dans ce jeu planétaire du chat et de la souris, Wikileaks a pu s’expatrier en catastrophe en Europe avec le soutien du "Parti des Pirates" qui défend la légalisation du partage de fichiers sur Internet et la protection de la vie privée des internautes. "Deux heures après la désactivation de wikileaks.ch par EveryDNS, nous avons acquis un tas de serveurs DNS (systèmes de noms de domaine) disponibles", indique sur son site le Parti des pirates suisse, fondé en 2009 sur le modèle du Parti des pirates suédois.
Il a dressé sur son site la liste de 21 sites où l'on peut consulter WikiLeaks.

 


"Il faut criminaliser WikiLeaks"Son hébergement par une société française n’est pas acceptable pour Eric Besson. Pour le ministre de l'Industrie et de l'Economie numérique,la France ne peut héberger des sites internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique. Elle ne peut héberger les sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d'autres Etats en raison des atteintes qu'ils portent à leurs droits fondamentaux.
A sa demande presante,  le Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) doit définir "quelles actions peuvent être entreprises" pour expulser ce site immigrant préjugé illégal car dangereux et "criminel". Difficile cependant de le déchoir de sa nationalité puisqu'il est désormais apatride! Avant lui, Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères avait estimé que WikiLeaks "portait atteinte à la souveraineté des États".
Mercredi déjà, Amazon avait renoncé à héberger WikiLeaks, sous la pression, notamment, du sénateur américain Joe Liebermann, un ex-démocrate. A Washington, des parlementaires veulent modifier la loi pour "criminaliser" officiellement WikiLeaks et faciliter les poursuites contre son fondateur, Julian Assange. Sous mandat d’arrêt international, il est sorti de son silence hier après-midi en participant à un chat organisé par le site du quotidien britannique The Guardian pour, notamment, expliquer qu’il était la cible de "menaces de mort" .

 

 

WikiLeaks en fuite, mais toujours joignable ....sur des sites Mirrors :

 

http://wikileaks.indymedia.org/mirrors.html

 

http://bluetouff.com/2010/12/03/acceder-a-wikileaks/

 

 

Reporters sans Frontières, qui avait cet été dénoncé « l'incroyable irresponsabilité » de Wikileaks après la publication des carnets de guerre sur l'Afghanistan, a pris fait et cause pour le site et son fondateur. « C'est la première fois que nous observons une tentative de censure à l'échelle internationale d'un site dont la vocation première est la transparence. Nous ne pouvons qu'être sidérés par le fait que des pays comme la France et les États-Unis alignent soudain leur politique en matière de liberté d'expression sur celle de la Chine »



Trois paradoxes

1.En sonnant l’hallali à son encontre, les États qui se disent menacés par la divulgation de leurs secrets ont provoqué une dangereuse surenchère. Au Congrès américains, des élus républicains appellent à « exécuter Bradley Manning », le jeune soldat américain qui a transmis à WikiLeaks les 251 587 missives diplomatiques américaines.
S'il est confirmé que les États-Unis ont recours à des cyber-attaques contre des hébergeurs, cela reviendrait à utiliser des méthodes cybercriminelles qu’ils dénoncent par ailleurs.
 
2.En utilisant des armes de dissuasion massive à l’encontre de WikiLeaks, la première puissance économique et militaire mondiale, fait preuve d’une grande vulnérabilité. Outre-Atlantique comme ailleurs, la puissance publique de l’Etat repose sur sa capacité à établir un mur étanche entre ses secrets (non seulement militaires, mais aussi sur tous les compromis et arrangements diplomatiques, économiques, stratégiques...) et les citoyens. La transparence totale est impossible. C’est un fait. WikiLeaks a peut-être franchi la ligne rouge. C'est à la justice d'en juger.
Reste cependant un problème de taille pour ces Etats : Internet ne connait pas de frontières et limiter son accès est un exercice vain, du moins pour les pays démocratiques.
 
3.Le New York Times, le quotidien britannique The Guardian , l'allemand Der Spiegel, l’espagnol El Pais et le français Le Monde, quotidiens de référence dans leurs pays, publient les cables diplomatiques du Département d’Etat, ceci sans être inquiétés. Seul le site pure player concentre toutes les attaques.
Est-ce parce qu’il faut le faire taire à tout prix alors que Julian Assange promet déjà de nouvelles révélations sur "une grande banque américaine" ?

 

 

 

En attendant, les révélations du site continuent à semer la panique dans les ambassades. La diplomatie américaine s'est attirée les foudres de nombre de dirigeants étrangers, le président russe en dénonçant le « cynisme », son homologue brésilien « les bêtises » et le chef de l'État équatorien les « actes d'espionnage ».

Des députés allemands ont même été jusqu'à réclamer le rappel de l'ambassadeur des États-Unis à Berlin, tandis que le président vénézuélien Hugo Chavez a exhorté la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton à démissionner. ...

 

From: Myeurop.Info , la Dépêche , l'Expansion , 01Net , rue 89 ....

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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