Selon différentes sources dans le milieu bancaire, explique le télégramme de l'ambassade américaine , "les officiels du gouvernement russe estiment apparemment que les systèmes de paiement américains partagent, de façon routinière, les données sur des paiements effectués par des détenteurs de cartes russes, avec les services de renseignement des Etats-Unis et ailleurs."
Alors que, mardi soir, les deux géants américains de systèmes de paiement - tout comme PayPal, service de paiement par Internet - ont suspendu les virements au site de Julian Assange, un document provenant de l'ambassade américaine à Moscou a révélé, mercredi, une importante opération de lobbying et de pression de la part des autorités américaines en Russie, dans le but de protéger les intérêts de ... Visa et Mastercard , qui sont appelés à partager les données concernant les Russes avec l'administration américaine ( selon les officiels russes).
Le projet de système national de carte a été évoqué par le président russe, Dmitri Medvedev, à l’automne 2009. L’idée des autorités repose sur la polyvalence. Cette carte comportera des données sur la sécurité sociale et la pension de retraite de son possesseur, avec sa photo et des données personnelles.
Les autorités russes projetaient de mettre en place un système national de paiement par carte qui ressemblerait à un vaste "consortium de banques publiques", selon le document.
L'opérateur gérerait toutes les transactions "intérieures" et en récolterait les bénéfices, estimés à 4 milliards de dollars par an. Le texte projetait également d'interdire l'envoi à l'étranger des données de paiement pour des transactions à l'intérieur du pays.
L’idée centrale du projet consiste à créer un consortium de banques d’Etat, qui aurait la gestion des opérations de paiement par cartes. Les frais pourraient rapporter 4 milliards de dollars par an (un peu plus de 3 milliards d’euros).
Les banques et les sociétés de cartes de crédits en Russie seraient libres de rejoindre le consortium. Le manque à gagner pour Visa et MasterCard serait donc énorme ; les deux sociétés ne toucheraient plus les frais qu’à l’occasion d’opérations effectués à l’étranger par les détenteurs russes de cartes bancaires.
Si Visa et MasterCard refusaient d’intégrer ce système national, ils devraient créer leur propre centre, en Russie, pour gérer les opérations, soit un investissement massif. Un représentant de Visa en Russie explique que les deux sociétés pourraient être contraintes de quitter le pays, dans ces conditions.
Ce système a alarmé les diplomates américains en poste à Moscou, selon un télégramme diplomatique obtenu par WikiLeaks et étudié par Le Monde, au point de pousser l’ambassade à faire ouvertement du lobbying en faveur de deux puissantes compagnies américaines, Visa et MasterCard. "Nous recommandons aux responsables de haut rang du gouvernement américain de profiter des rencontres avec leurs homologues russes, y compris au sein de la Commission présidentielle bilatérale, afin de faire pression sur le gouvernement russe pour changer le projet de loi, pour que les sociétés de paiement américaines ne soient pas affectées", conclut le télégramme du 1er février.
Dans ce câble très technique, l’ambassade estime que le projet va "désavantager le business américain", et plus précisément les sociétés Visa et MasterCard, qui représentent à elles deux 85% du marché russe des cartes bancaires.
WikiLeaks cables: US 'lobbied Russia on behalf of Visa and MasterCard'US diplomats intervened to try to amend draft law so that it would not 'disadvantage' US credit card firms, cable says
http://www.guardian.co.uk/world/2010/dec/08/wikileaks-us-russia-visa-mastercard
Opération PayBack des hackers contre Visa , MasterCard , PayPal ....
Les mesures de rétorsions prises par plusieurs sociétés à l'encontre de Wikileaks ont déclenché une véritable cyber vendetta. Depuis le début de la semaine, plusieurs sociétés et institutions dont Amazon, EveryDNS, PayPal MasterCard et Visa sont dans le collimateur du groupe de hackers Anonymous qui a revendiqué les attaques DDoS menées contre leurs sites Internet. Ont également été visés la banque postale suisse Post Finance qui a gelé les avoirs de Julian Assange, le site du procureur général de Suède ainsi que celui de l'avocat des deux jeunes suédoises qui accusent le fondateur de Wikileaks de viol et agression sexuelle. Enfin ABC News rapportait hier soir que le site de Sarah Palin ainsi que sa carte bancaire ont aussi été attaqués .
Depuis le début de la semaine, le groupe de hackers lance des attaques DDoS qui ont notamment paralysé plusieurs sites dont ceux de PayPal et de MasterCard. Hier soir, Anonymous s’est attaqué à Visa et a publié une liste présumée de 10 000 numéros de cartes bancaires MasterCard. Paypal a annoncé qu’il restituait les fonds bloqués sur le compte de Wikileaks.
MasterCard dément toute fuite
Baptisée « Opération Payback », les attaques DDoS du groupe Anonymous sont annoncées à l'avance sur Twitter. Lancée hier soir à 22 heures, l'attaque contre visa.com a paralysé le site en moins de 5 minutes. Concernant Wikileaks, le groupe de hackers explique que sa démarche est motivée par la lutte contre toute forme de censure de l'Internet.
Twitter à 23.55 heures, Anonymous postait un tweet pour conseiller aux « gens du monde industriel » de résilier leur MasterCard et avec un lien vers 10 000 numéros de cartes bancaires avec leur date d'expiration. MasterCard s'empressait alors de démentir sur son compter Twitter : « les rumeurs sur la faille de sécurité sont fausses. Les numéros publiés sont faux. Les données clients sont en sécurité ». Un coup d'intox de la part d'Anonymous donc ?
Ce message fut en tout cas le dernier posté par Anonymous sur Twitter. Une demi-heure plus tard, le compte @Anon_operation était suspendu. Pas pour longtemps toutefois puisqu'il réapparaissait une heure plus tard mais légèrement modifié avec un « s » à la fin : @Anon_operations. « Le compte a été restauré, Twitter nous assuré que la fermeture de notre compte était accidentelle. Prochain cible bientôt », peut-on lire en guise de premier message.
« Site Web introuvable » : voilà ce qui s’affichait hier en page d’accueil du site officiel Mastercard. En fait, le site était en train de s’écrouler sous le coup d’une attaque par « deni de service ».
D’autres sites bancaires - Visa, Paypal ou encore la banque postale suisse - ont également subi ces attaques informatiques de grande ampleur ayant pour effet de paralyser leurs serveurs pendant plusieurs heures.
Des attaques informatiques ont également été menées contre les sites d’avocats et de magistrats suédois liés à l’enquête pour du " soi-disant viol " concernant le fondateur de Wikileaks. Ces hackers entendent défendre le site Wikileaks et son créateur Julian Assange désormais hissé au rand de Robin des Bois numérique, celui qui vole l’information des riches pour la donner aux pauvres…
De son côté, le nouveau porte-parole de Wikileaks Kristinn Hrafnsson, a accordé un entretien à la chaine britannique Channel 4 News dans lequel il déclare en parlant des attaques « nous n'encourageons ni ne condamnons cela. Il s'agit d'une réflexion publique ». Dans la soirée, Wikileaks a publié un article citant un câble diplomatique de l'ambassade américaine en Russie daté du 1er février 2010 et qui démontre le lobbying du département d'État en faveur de Visa et MasterCard.
Par ailleurs, la société islandaise DataCell, prestataire technique de Wikileaks qui gère le système de dons par carte bancaire a décidé de porter plainte contre Visa afin de contraindre l'entreprise à rétablir son service. « Visa porte gravement atteinte à WikiLeaks et DataCell », écrit Andreas Fink, le P-DG de DataCell. Il ajoute qu'il est « évident que Visa subit des pressions politiques pour nous faire fermer ».
From : le Monde , zdNet , le Point , France info, ....