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S'installer aux frais des contribuables !

From : Figaro , 20 minutes , ??? ....

 

Dans son édition à paraître mercredi, Le Canard enchaîné révèle que la fille de Christian Estrosi habite dans un appartement de l'Hôtel de Seignelay, annexe du ministère des Finances situé dans le quartier huppé du VIIe arrondissement de la capitale. Le ministre de l'Industrie bénéficierait donc de deux logements de fonction, l'un pour lui-même et l'autre pour sa fille.

 

Pourquoi cette anomalie? Au moment de sa nomination en juin 2009, faute de place à Bercy, Christian Estrosi a été logé dans un appartement de l'Hôtel de Seignelay. Cela est tout à fait légal puisque le ministre qui est aussi maire de Nice (Alpes-Maritimes) n'a pas de pied-à-terre à Paris.

Le secrétaire général des ministères économique et financier dément

Mais, dès qu'une place s'est libérée, le ministre est allé s'installer dans les murs de l'imposant ministère des Finances, quai de Bercy dans l'est de Paris (XIIe). Selon Le Canard, sa fille, étudiante à Paris, se serait installée dans l'appartement laissé vacant dans le VIIe.

 

 

Selon l'hebdomadaire satirique, il s'agit d'un appartement de 60m2, au deuxième étage d'un des deux pavillons bordant le porche d'entrée de l'hôtel de Seignelay, composé d'une cuisine, d'un cabinet de toilette, d'un séjour-salon et d'une chambre à coucher.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le secrétaire général des ministères économique et financier, Dominique Lamiot, a tenu à «démentir le plus fermement» les affirmations de l'hebdomadaire satirique et a accusé le Canard «d'aligner un certain nombre de contre-vérités quant au logement de fonction attribué à Christian Estrosi dans le cadre de ses fonctions de ministre chargé de l'Industrie».

 

 

Christian Estrosi ne nie pas : au Canard Enchaîné qui révèle mardi soir qu'il dispose de deux appartements de fonction, dont un pour sa fille, le ministre de l'Industrie rétorque, selon le journal : «Une soupente et un ancien bureau minable, je suis le ministre le plus mal loti !»

 

 

Mal-logé, Christian Estrosi ? Le Canard explique par le menu les tractations qui ont émaillé l'installation du maire de Nice dans la capitale. Lorsqu'il est nommé ministre, en juin 2009, il demande à être logé par la République. Faveur à laquelle il a droit, n'ayant pas d'hébergement à Paris. Aucun appartement de fonction n'étant disponible à Bercy, Christian Estrosi hérite d'abord d'un 60 m² dans l'hôtel de Seignelay, un hôtel particulier du XVIIIe siècle qui appartient à l'Etat, dans le VIIe arrondissement de Paris, rue de Lille. «Tout ministre ou secrétaire d'Etat dépendant de Bercy y

dispose d'un bureau et d'un secrétariat», spécifie le journal.

Il déménage ensuite pour Bercy et installe sa fille dans l'appartement devenu vacant de l'hôtel de Seignelay. Si, selon Le Canard, la jeune Estrosi «se fait discrète», il n'en demeure pas moins qu'elle est logée aux frais de la République. Qui plus est, dans un hôtel particulier dont la superficie totale fait 2.900 m², avec «une équipe de maîtres d'hôtel et de cuistots à la disposition de ces messieurs-dames. A toute heure du jour et - parfois - de la nuit...», affirme l'hebdomadaire satirique.

 

 


Souvenir de l'affaire Gaymard

Selon le porte-parole du ministre, la circulaire Raffarin de février 2005 «stipule que les membres du gouvernement peuvent être logés dans la limite de 80 m² + 20 m² par enfant à charge». Cette circulaire avait été mise en place après «l'affaire Gaymard» pour préciser les modes d'attribution des logements de fonction. On s'en souvient, le ministre de l'Économie de l'époque avait fait scandale lorsque Le Canard enchaîné, coutumier du fait, avait révélé qu'il logeait dans un 600 m² payé 14.400 euros par mois par l'Etat. Ces révélations avaient provoqué sa démission. Tout comme, quelques mois plus tard, celle du directeur de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin, logé dans une HLM depuis des années.

 

 

Reste à savoir quelles suites aura cette nouvelle affaire de logement de fonction pour le ministre de l'Industrie. D'autant que la règle des «80 m² + 20 m² par enfant à charge» ne s'applique qu'aux ministres ne disposant pas d'un logement de fonction dans les locaux de leur ministère. Ce qui n'est pas son cas.

 

 


Bercy et Estrosi pas d'accord sur les chiffres

Après l'impression du quotidien satirique, mardi soir, Christian Estrosi a immédiatement tenté de désamorcer la bombe. Sur LCI, le ministre a déclaré que son logement à Bercy devait «représenter à peu près 30 m², c'est-à-dire un lit dans un bureau». Il a précisé qu'il l'utilisait lorsqu'il terminait tard ses journées de travail.

Tonalité différente du côté de Bercy, qui a publié dans la soirée un communiqué de presse sur le sujet. Les chiffres annoncés ne sont pas les mêmes que ceux d'Estrosi : «Le ministre chargé de l'Industrie occupe en famille un logement de fonction de 70 m² dans les locaux du ministère situé rue de Lille» et «il est également mis à sa disposition un logement de 55 m² à Bercy pour ses contraintes de fonctions».

 

 

Début 2008, Christian Estrosi, alors secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, avait déjà été épinglé dans une autre affaire : il avait modifié au dernier moment l'organisation d'un déplacement à Washington pour participer à un «pot» à l'Elysée, l'obligeant à louer en catastrophe un avion privé à 138 000 euros.

Cette polémique avait conduit le ministre à exprimer publiquement ses «regrets».

 

 

 

 

Affaire Gaymard

From : Jeune Afrique

 

Le grand argentier français veut économiser l'argent public. Mais emménage dans un luxueux appartement de 600 m2. Aux frais de l'État.

Seul contre tous, ou presque. Un article paru, le 16 février, dans l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a déclenché un tollé contre Hervé Gaymard, le ministre français des Finances. Aussitôt, la presse s'emballe, l'opposition et même quelques députés de la majorité s'indignent, des paparazzis traquent la famille du ministre, des auditeurs outrés protestent sur les ondes... Il y a de quoi. Hervé Gaymard menait une vie de prince, logé aux frais de l'État depuis le 1er février 2005 dans un appartement de 600 m2 dans le quartier des Champs-Élysées. Loyer mensuel : 14 000

euros. Avant de pendre la crémaillère, il avait dépensé quelque 15 000 euros de travaux pour réunir deux appartements en un seul. Le ministre, son épouse et leur nombreuse progéniture - huit enfants - avaient pas moins de cinq employés à leur service : un maître d'hôtel, un cuisinier, une gouvernante et deux femmes de ménage. Un comble pour celui qui, lors d'une émission de radio, quelques jours plus tôt, recommandait aux Français de « se désintoxiquer de la dépense publique » !

 


Hervé Gaymard, 44 ans, est un ancien « bébé Chirac », l'un de ces hommes apparus sur le devant de la scène lors de la campagne présidentielle de l'ancien maire de Paris, en 1995. Réputé raisonnable, modeste et droit, ce fidèle du chef de l'État est aussi un fervent catholique. Son épouse Clara, mère attentive et épouse moderne, qui chausse des rollers le week-end, énarque comme lui, est actuellement présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux (Afii). Avec leurs enfants, Philothée, Faustine, Jérôme-Aristide et les autres, ils sillonnent la France dans un monospace de dix places, en chantant du Brassens. L'image d'Épinal du IIIe millénaire...

 


Hervé Gaymard n'aime pas faire étalage de sa vie privée, c'est raté. Il voulait, comme il l'a écrit dans La Route des Chapieux, parue en 2004, réagir « contre l'évanescence de la notion d'intérêt général ». Là aussi, c'est raté.

 


Si le ministre des Finances concède qu'il aurait dû se montrer plus prudent lors du choix de son appartement, il estime en revanche n'avoir rien de plus à se reprocher. Ce n'est pas si sûr. Quand Nicolas Sarkozy a quitté Bercy, l'appartement de fonction destiné à son successeur ne suffisait manifestement pas à loger toute la famille Gaymard. Les ministres sont, dans ces cas-là, autorisés - en toute légalité - à louer un logement aux frais de l'État. Ce que Gaymard a fait, mais avec trop de gourmandise. Il affirme avoir reçu l'aval du secrétaire général du gouvernement, Jean-Marc Sauvé. Or si ce dernier a bien été informé de la demande du ministre, il s'est fendu d'une note contestant le montant trop élevé du loyer. Sans résultat pourtant, la note ayant été ignorée par le directeur du cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Est-ce pour cela que Matignon a réagi sitôt « l'affaire Gaymard » divulguée ?

 


Rarement pareil scandale aura été aussi rapidement « réglé ». Le Canard enchaîné est sorti le mercredi matin ; en début de soirée, Hervé Gaymard annonçait qu'il quittait son appartement ; une heure plus tard, Matignon diffusait un communiqué.

Jean-Pierre Raffarin y annonce une révision de la circulaire qu'il avait lui-même signée en mai 2002 : les ministres n'auront plus droit qu'à 80 m2, plus 20 m2 par enfant, toute surface supplémentaire étant à la charge du locataire. Rapide calcul : les Gaymard auront droit à 240 m2.
La dernière affaire de ce type remonte à 1995. Le Premier ministre de l'époque, Alain Juppé, s'était vu reprocher d'avoir bénéficié d'un appartement de la Ville de Paris moyennant un loyer inférieur aux prix du marché. Sous peine d'être assigné en justice, il s'était alors installé à Matignon.


Hasard du calendrier, Hervé Gaymard a reçu, le lendemain de sa décision de quitter son appartement, le prix de la « Révélation politique de l'année ».

 

 

 

 

Et quelques autres comme ......

From: les Inrocks 

 

 

Alain Juppé :le piston du fiston

En 1995, le Canard enchaîné révèle qu'Alain Juppé, alors Premier ministre, a fait arrondir le loyer de son fils, logé par la ville de Paris dans 88 m2, à 6000 francs au lieu de 7000. "Droit dans ses bottes", Juppé explique avoir voulu "éviter un dérapage généralisé des loyers de la ville de Paris". Par ailleurs, le Premier ministre dispose d'un logement de 181m2, propriété de la Ville de Paris également, rue Jacob (VIe) 12 000 francs par mois. Alain Juppé et ses enfants ont déménagé pour éviter des poursuites.

 

 

 

François Fillon : la tactique de la paillotte

En juin 2009, le Canard souligne la croissance subite de l'appartement du Premier ministre, passé de 78 m2 à 309 m2 (dont 213 m2 pour la partie privative). Que s'est-il passé? Rien. En gardant le silence, François Fillon a joué le coup en excellent technicien de surface.

 

 

 

Jean-Paul Bolufer : de Port-Royal à Bercy
Décembre 2007 : on apprend que le directeur de cabinet de Christine Boutin (à l'époque ministre du logement) vit depuis 1981 dans un 190m2 de la Régie immobilière de la ville de Paris, près de Port-Royal (Ve arrondissement) pour 1200 euros par mois.

 

Le dircab affirme à la télévision qu'il ne voit «aucune raison objective de le quitter». Dans une interview au Parisien, il se dit «prêt à rediscuter les conditions de (s)a location» mais victime d'une « chasse à l'homme ».

 

Pourtant, à la demande de François Fillon (l'homme qui pousse les murs, voir plus haut), Jean-Paul Bolufer démissionne. Il déménage au bout de neuf mois et se recase à Bercy comme contrôleur général économique et financier, chargé de traquer les abus. 

 

Dans le cas de Jean-Paul Bolufer comme pour Georges Tron, Fadela Amara, la directrice de cabinet de cette dernière ou encore Jean-Pierre Chevènement, la réglementation ne leur imposait pas de quitter leur logement, même si se posait une question morale.

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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