"On ne peut pas aggraver le déficit. Il n'est pas question d'alourdir d'un euro de plus le déficit budgétaire". C'est le message sans appel adressé mardi par François Fillon aux parlementaires de la majorité. Au nom d'une rigueur assumée, le Premier ministre a demandé à son ministre du Budget, François Baroin, de procéder à une seconde délibération au Sénat pour rejeter plusieurs mesures adoptées ces derniers jours par la haute assemblée.
Déficit de l'Etat : comment trouver 100 milliards d'euros sur trois ans
Nicolas Sarkozy a organisé une conférence : pour réduire de façon drastique les déficits publics. Un enjeu vital si la France veut garder une crédibilité financière.
François Fillon l'avait déjà dit : « Je dirige un Etat en faillite. » Nicolas Sarkozy le confirmait lors des voeux de 2008
: « Les caisses sont vides ! » On s'aperçoit aujourd'hui qu'il ne s'agissait pas de simples formules. Il manque 100 Mds€ à la France pour qu'elle puisse boucler son budget d'ici à 2013. Tel un ménage surendetté, la deuxième puissance économique européenne (derrière l'Allemagne) doit se serrer la ceinture. Cent milliards ? C'est le montant faramineux qu'il faut trouver pour répondre aux exigences de Bruxelles : pas de déficits publics dépassant 3 % du PIB (produit intérieur brut). Longtemps négligé, cet impératif européen devient désormais vital. Il s'agit de rester crédible vis-à-vis des marchés financiers. Faute de quoi, la France risque en théorie de voir sa note dégradée par les agences de notation
A l'Elysée, Nicolas Sarkozy, François Fillon et les principaux ministres, entourés de parlementaires et d'experts, vont examiner toutes les pistes pour réduire le déficit actuel de 8,2 % du PIB à 3 % d'ici trois ans. Les arbitrages sont attendus pour la fin juin.
Croissance incertaine La tâche est titanesque… et le risque politique énorme. La preuve, si le mot rigueur est dans tous les esprits et dans les flèches de l'opposition , il reste tabou pour le gouvernement. « La rigueur, martèlent les hérauts de la majorité, c'est quand on augmente les impôts. Là, on réduit les dépenses. » Peut-être, mais cela ne suffira pas, d'autant que rien n'assure que la croissance espérée à 2,5 % pour 2011 et 2012 sera au rendez-vous. Au sein même de la droite, certains murmurent déjà qu'une hausse des impôts paraît inévitable.
Des mesures de redressement budgétaire fortes.
http://www.lexpansion.com/economie/rigueur-la-boite-a-outils-de-la-cour-des-comptes_234530.html
Tel est le message envoyé par la Cour des comptes au gouvernement dans son "rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques". "Il y a urgence à prendre des mesures immédiates", a martelé le président des Sages de la rue Cambon, Didier Migaud, lors d'une audition devant les commissions des Finances et des Affaires sociales de l'Assemblée nationale mercredi 23 juin.
On savait déjà que le déficit et la dette publics se sont creusés à des niveaux record en 2009, atteignant respectivement 7,5% (143,8 milliards d'euros) et 78% du PIB (1.500 milliards). Ce qu'on sait moins c'est que malgré la reprise et en dépit de l'arrêt progressif des mesures du plan de relance, la dégradation des finances publiques françaises va se poursuivre en 2010. Le déficit public devrait encore progresser à 8% du PIB cette année tandis que la dette publique grimperait à 83,7%. Cette dégradation s'explique "par une croissance encore trop forte des dépenses publiques", a souligné Didier Migaud.
Le discours de la Rigueur et les week-ends de 1er Ministre ...
L'aller-retour effectués par le Premier ministre entre Vélizy-Villacoublay et l’aéroport d’Angers-Marcé peut être évalué à 27.000 € ...Tout a commencé lorsque François Fillon a été nommé Premier ministre, le 17 mai 2007. Au début, pour rejoindre sa propriété de Solesmes, à mi-chemin entre Angers et le Mans, François Fillon a utilisé un hélicoptère Super-Puma de l’Armée de l’Air.Très vite, pour rentrer chez lui le week-end, le Premier ministre a délaissé le Super-Puma pour des avions gouvernementaux, le Falcon 900, puis le Falcon 7X.
Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville dont François Fillon a été le maire de 1983 à 2001. Cette ville de 13.000 habitants, dont il est le député depuis 1981, et ses alentours ont bénéficié des attentions de François Fillon. Il y a favorisé le maintien du tissu industriel, avec 12.000 emplois pour 28.000 habitants. Il y a favorisé la filière agroalimentaire (production de veaux, vaches, porcs et poulets) d’une usine de voitures électriques, et surtout la création, en 1989, d’une gare TGV à Sablé-sur-Sarthe. Les riverains admettent : « Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. »
Avion, TGV ou voiture… mêmes durées
Le TGV a mis le fief du Premier ministre à une 1 h 20 de Paris-Montparnasse. Cette gare est elle-même à dix minutes de l’hôtel Matignon pour un convoi officiel. Mais François Fillon boude le TGV. Il emprunte systématiquement le Falcon 7X aux couleurs de la France, à l’initiative des services de sécurité. Pourtant, sans parler du prix, sur ce trajet le TGV est imbattable en temps ; il met le bureau parisien de M. Fillon à deux heures de sa résidence de Solesmes.
Pour démontrer la supériorité du TGV sur l’avion, retournons sur l’aéroport d’Angers-Marcé, le dimanche 20 février 2011 à 15 h 15. Le plein refait et moteur tournant, le Falcon 7X de l’Etec (escadron de transport d’entraînement et de calibration) attend le Premier ministre qui arrive à 16 h 15 dans une C6, escortée d’une Vel Satis et d’une Espace. Pour venir de Solesmes, sa C6 met une demi-heure en empruntant l’autoroute A11. Une fois dans l’avion, François Fillon va attendre vingt minutes pour décoller, c’est le temps des procédures aériennes. Ensuite, le 7X rallie l’aéroport de Villacoublay en une demi-heure. Muni d’un gyrophare, une autre C6 le conduit en 25 minutes à l’hôtel Matignon. Faisons les comptes : entre parcours routiers, procédures au sol et vol, 1 h 40 à 1 h 45 minutes en Falcon. Avec le gyrophare et la sirène deux tons, la C6 du Premier ministre ne mettrait pas plus de 1 h 45 pour relier, par l’autoroute A11, le village de Solesmes à l’hôtel Matignon. Conclusion : en TGV, en voiture officielle ou en avion, les temps de trajets sont très proches… mais nettement plus chers en Falcon 7X .
Un usage de la Ve République
Alors pourquoi le Premier ministre, réputé rigoureux et soucieux d’équilibre budgétaire, préfère-t-il le Falcon 7X au TGV ou à la voiture ? En fait, François Fillon se conforme aux usages de la République française en matière de déplacements des plus hautes personnalités de l’Etat.
Combien ça coûte ?
Le coût des vols aller et retour effectués par le Premier ministre entre Vélizy-Villacoublay et l’aéroport d’Angers-Marcé lors du week-end décrit ci-contre peut être évalué à 27.000 €. L’appareil gouvernemental a en effet effectué un premier vol le vendredi avant de retourner à sa base (total : 1 heure de vol). Le dimanche, l’avion reproduit le même trajet pour venir chercher le Premier ministre (1 heure de vol également). Il y faut ajouter 1 h 30 d’immobilisation au sol, moteurs allumés, pour les check-lists et le roulage.
En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en pays de Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour.
Comment font-ils ailleurs ?
A notre époque, placée sous le signe de l’austérité budgétaire et des économies, les Premiers ministres étrangers donnent l’exemple de la simplicité et de l’économie.
Le week-end, la chancelière allemande Angela Merkel rejoint sa résidence secondaire, à une centaine de kilomètres au nord de Berlin, au volant de sa voiture personnelle. La semaine, elle fait ses courses au supermarché, près de la chancellerie, où elle fait la queue comme tout le monde et règle avec des espèces tirées de son porte-monnaie. Trois gardes du corps ne la lâchent pas d’une semelle, mais de manière extrêmement discrète.
Même philosophie à Londres où le Premier ministre anglais, David Cameron, délaisse le plus souvent sa jaguar blindée et les avions gouvernementaux pour utiliser, aussi bien pour ses déplacements officiels que privés, les avions de ligne et le train. Trois gardes du corps le suivent également, avec l’ordre de se faire le plus discret possible.
En revanche, le Premier ministre espagnol, Fernando Zapatero, utilise uniquement les moyens techniques fournis par le gouvernement (voiture blindée et avion), en raison de la menace terroriste d’ETA. Quant au très riche Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, il utilise le plus souvent son avion privé et ses voitures personnelles, à ses frais.
Enfin, dans les pays scandinaves, la règle de l’économie est une religion pour tout le gouvernement. Les Premiers ministres utilisent leurs voitures personnelles pour tout déplacement privé et le train pour leurs déplacements officiels à l’intérieur de leurs pays.