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Les conséquences économiques de la situation explosive en Libye sont nombreuses, tant sur les marché des matières premières que pour les entreprises implantées.

 

Dans une intervention publique mercredi, Mouammar Kadhafi s'est emporté contre la suspension de la production pétrolière par les grandes compagnies étrangères (Total , ...), qui ont rapatrié leurs salariés, menaçant de les remplacer par des groupes chinois ou indiens. "Nous mourrons tous pour défendre le pétrole et tous ceux qui menacent notre pétrole doivent le comprendre", a averti le dirigeant.

 

Au niveau macroéconomique, l'Arabie Saoudite est capable de compenser tout manque de pétrole sur le marché global relevant des troubles en Libye, a déclaré mercredi le chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Nobuo Tanaki. Le gouvernement saoudien a dit lundi se tenir prêt à assurer la stabilité du marché après la baisse de production en Libye.

 

 

Les cours du pétrole hésitaient mercredi à la mi-journée en cours d'échanges européens, en petite hausse à New York mais se repliant à Londres, sur un marché suspendu aux tensions croissantes au Moyen-Orient, alors que les opérateurs attendaient les stocks hebdomadaires américains. Vers 11H00 GMT (12H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s'échangeait à 115,15 dollars sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres, baissant de 27 cents par rapport à la clôture de la veille. En revanche dans les échanges électroniques du New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance grimpait de 21 cents, à 99,84 dollars.

 

 

Le poids de la Libye sur le marché des hydrocarbures.

La Libye est le quatrième producteur de pétrole en Afrique, et l'un des 20 plus gros producteurs de pétrole au monde, selon l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Tripoli détient les plus grosses réserves de pétrole d'Afrique et exporte 80% de son or noir vers l'Europe, en particulier l'Italie, son ancienne puissance coloniale. Le pétrole libyen représente plus de 20% des importations d'or noir de l'Irlande, de l'Italie et de l'Autriche et des parts significatives des approvisionnements de la Suisse, de la Grèce ou de l'Espagne, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). La Libye produit 1,69 million de baril par jour (mbj) de pétrole brut, et en exporte 1,49 mbj, essentiellement (85%) vers l'Europe. le gaz naturel libyen a représenté 13% des importations de gaz naturel de l'Italie et 1,5% des importations de l'Espagne sur les 11 premiers mois de 2010, selon l'AIE.

 

Depuis l'Antiquité jusqu'à l'occupation italienne dans les années 1930, on distinguait trois provinces en Libye. A l'ouest la Tripolitaine dont la partie « utile » est caractérisée par un réseau d'agglomérations anciennes et qui constitue une vieille région agricole. Cette région est proche sur le plan dialectal et par son histoire de la Tunisie voisine. La Cyrénaïque à l'est du pays est une région de tradition pastorale tournée par son histoire et son dialecte vers l'Égypte. Le Fezzan (ancienne Marmarique des grecs), au sud de la Tripolitaine, est entièrement situé en zone désertique et constitue une région faiblement peuplée. Depuis l'indépendance en 1951, ce découpage a été modifié à plusieurs reprises. Mais malgré les bouleversements de la société provoqués par le pétrole et les mutations à marche forcée imposées par le gouvernement de Kadhafi, les clivages persistent entre populations de Cyrénaïque et de Tripolitaine.

 

 

De 1951 à 1975/1983 la Libye est subdivisée en 3 puis 10 gouvernorats (muhafazat) . Elle est par la suite subdivisée en districts appelés baladiyat (1983-1995) puis, à partir de 1995, en quartiers appelés shabiyat. Le dernier découpage administratif (2007) en vigueur début 2011 délimite 22 districts, appelés en arabe shabiyat (arabe : شعبية shabiyah, pluriel شعبيات shabiyat) et parfois traduits par « quartiers » ou « municipalités ». Par ailleurs, à un échelon inférieur, des congrès populaires (arabe : مؤتمر شعبي أساسي mu'tamar shaʿbi asāsi) constituent une subdivision utilisée pour la désignation de représentants.

 


Lorsqu'elle accède à l'indépendance en 1951, La Libye, à la fois isolée et dénuée de ressources naturelles, est un des pays les plus pauvres du monde. Son économie est dominée par l'agriculture essentiellement pratiquée dans les régions côtières qui emploie alors 70 % de la population active et procure environ 30 % du produit national brut (PNB) tout en étant très dépendante de facteurs climatiques. La découverte en 1958 de champs de pétrole de grande taille a transformé l'économie du pays. La production de pétrole croît très rapidement atteignant 3 millions de barils par jour au cours des années 1960 et faisant de la Libye un des principaux exportateurs. Elle s'accompagne d'une élévation du niveau de vie très rapide : dans les années 1970 le PNB par habitant de la Libye est le plus élevé de toute l'Afrique.

 

 

 

Le poids du pétrole.Le pétrole fournit en 2005 93 % des recettes du pays et 95 % de ses exportations. La part des revenus du pétrole dans le PNB est particulièrement forte puisqu'elle est le double de celle de l'Arabie Saoudite et le triple de celle de l'Iran. En 2006 la production est de 1,8 millions de barils par jour (2010) essentiellement concentré sur le bassin de Syrte dont 270 000 sont consommés sur place et le reste exporté en majorité (85%) dans les pays européens. L'industrie pétrolière est gérée par l'entreprise nationale publique National Oil Corporation (NOC) qui dispose d'une participation majoritaire dans tous les consortiums montés avec les compagnies pétrolières étrangères dans le domaine de l'exploration, de la production et du raffinage. La Libye dispose également de réserves importantes de gaz naturel (1 548 milliards de m3) qui sont jusqu'à présent peu exploitées : 28 milliards de m3 (2009) sont produits dont 50% sont utilisés en particulier dans des centrales de production électrique. La Libye dispose de 5 raffineries d'une capacité de traitement totale de 320 000 barils par jour. Les deux plus importantes se trouvent à Ras Lanuf (220000 b/j) et à Azzawia (120000 b/j).

 

La Libye est le deuxième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigeria et devant l'Algérie. Les réserves sont de 41,5 milliards de barils. La Libye est et un des acteurs majeurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le pétrole libyen est de qualité, peu cher à produire et proche des centres de consommation. La capacité de production est en partie handicapée par la faiblesse des investissements liée à l'embargo qui n'a été levé qu'en 2003 et qui découlait des sanctions économiques décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies en 1986 et prolongé en 1993 (voir : Résolution 748 (1992) et Résolution 883 (1993)) .

Le pétrole est la ressource quasi unique du pays qui reste fortement dépendant de l'étranger pour tout le reste. Le pétrole contribue directement à la formation du PNB à hauteur de 35 %, le secteur des services représente 45 % du PI, la construction 7 %, l'industrie 7 % et l'agriculture 8 % (chiffres de 2005).

 

 

 

L'exploitation des ressources pétrolifères est source de tension. Les pays consommateurs, généralement de grandes puissances militaires, sont alors tentés d'employer des moyens violents pour avoir accès à ces ressources. Le pétrole, matière hautement stratégique, est fréquemment associé aux affrontements internationaux depuis le début du XXe siècle.

 

Dépendance au pétrole.En 2008, sur les 20 premières entreprises privées mondiales, 12 sont des compagnies pétrolières ou des constructeurs d'automobiles[1]. Sans pétrole, la majorité des actifs des pays développés ne seraient plus en mesure de se rendre à leur poste de travail quotidiennement. De nombreux pays en développement en sont encore plus dépendants du fait qu'ils en importent la presque totalité[2]. Beaucoup de pays exportateurs de ce produit en sont tout aussi tributaires pour leurs recettes par manque de diversification économique[2]. Le pétrole a ainsi envahi toutes les strates du fonctionnement de nos sociétés, en à peine plus d'un siècle. Son importance stratégique est reconnue depuis la Première Guerre mondiale.

 

Le Moyen-Orient concentre la majorité des réserves de pétrole.Pour s'assurer de l'approvisionnement en pétrole, ils n'avaient d'autre possibilité que d'occuper le terrain : c'est la diplomatie de la canonnière. Plus tard, il fut moins coûteux d'entretenir, ou d'installer, des régimes favorables à ces États dans les pays exportateurs. L'opération Ajax, en 1953, en est un exemple typique et bien documenté.

À partir de 1979 environ, les effets de la mondialisation, la volonté croissante d'autonomie des pays producteurs, le recours aux règles du commerce international, la crainte des effets en retour (« Blowback ») consécutifs à des interventions trop musclées, et l'obsession de la sécurité d'approvisionnement génèrent l'émergence de méthodes plus fines dont la « diplomatie du pipeline » (« pipeline diplomacy »). En 2009, les États et leurs représentants ont toujours recours à un mélange de ces diverses méthodes. Enfin, le prix reste une composante fondamentale.

Cet ensemble de méthodes a permis aux pays consommateurs de ne jamais souffrir de pénurie de pétrole, en dehors de périodes très limitées telles que les périodes de guerre ou de choc pétrolier.

 

 

 

En 2008, les trois principaux importateurs mondiaux de pétrole sont les États-Unis, la Chine (importateur net depuis 1996 et deuxième consommateur mondial depuis le deuxième trimestre 2003) et le Japon (deuxième consommateur jusqu'en 2003). La Chine notamment voit ses importations croître de 9 % par an, et consomme déjà 20 % de l'énergie des pays de l'OCDE. Pratiquement jamais citée dans le domaine pétrolier au cours du XXe siècle, elle est en 2009 loin devant tous les autres pays du monde en termes d'accélération de sa demande pétrolière[109].

 

 

Les Américains ont du pétrole, mais insuffisamment au regard de leur besoin qui est le plus important au monde. Ils ne sont que dixième dans le classement des pays disposant de réserves. Par eux-mêmes, et s'ils n'avaient pas d'influence sur les principaux pays pétroliers, les Etats-Unis n'auraient aucun poids sur le prix du pétrole, une donnée pourtant essentielle aux économies développées ou en voie de développement. Les cinq premiers pays à disposer de réserves de pétrole, tous situés au Moyen-Orient (dans l'ordre décroissant: Arabie saoudite, Irak, Koweït, Emirats

arabes unis, Iran), possèdent ensemble plus de 60% des réserves mondiales (et plus du tiers des réserves de gaz). Au-delà du Moyen-Orient, c'est près de 80% du potentiel pétrolier mondial (40% pour le gaz) qui est entre les mains de l'Opep.

 

 

 

Grâce à la conjonction de deux atouts, le contrôle politique sur les principaux pays disposant de réserves pétrolières et

leur propre potentiel de production, les Etats-Unis ont la capacité, unique au monde, de peser sur la détermination du prix du baril. La pression peut s'exercer aussi bien à la baisse qu'à la hausse: à la hausse, lorsqu'il s'agit de pénaliser des économies concurrentes très dépendantes du pétrole importé (Europe, Japon, Chine), tout en augmentant les revenus des majors américaines; à la baisse, s'il faut permettre au modèle américain de continuer à être deux fois plus gourmand en pétrole que les modèles européens ou japonais, ou s'il fallait, demain, provoquer l'écroulement de

régimes jugés hostiles et assis sur leurs seules recettes pétrolières (Arabie saoudite, Iran).

Outre la détermination du "juste prix" pour l'Amérique, le contrôle politique sur les principaux pays pétroliers assure au dollar de rester la monnaie de référence du marché pétrolier mondial.

 

 

 

Pour Washington, le Maghreb et l'Afrique noire (Golfe de Guinée) sont deux réservoirs pétroliers complémentaires du Moyen-Orient qui présentent l'avantage d'une façade d'exportation atlantique, donc protégée des conflits du Moyen-Orient et de la rivalité future avec l'Asie. Aujourd'hui, l'Algérie, la Libye et l'Egypte offrent à eux trois près de 50% de la production de tout le continent africain. Si on ajoute le Nigeria, on obtient l'essentiel de la production.

 

 

 

Option d’une intervention militaire USA/OTAN en Libye : formellement pour arrêter le bain de sang , mais aussi 

une fois Kadhafi renversé, les Etats-Unis pourraient  renverser tout le cadre des rapports économiques de la Libye, en ouvrant la voie à leurs multinationales, jusqu’ici exclues de l’exploitation des réserves énergétiques libyennes.Les Etats-Unis pourraient ainsi contrôler le robinet énergétique, dont dépend une grande partie de l’Europe et où s’approvisionne aussi la Chine.    

 

 

Les Etats-Unis se positionnent autour de la Libye

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a réitéré l’appel des Etats-Unis au départ immédiat de Mouammar Kadhafi du pouvoir, lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève. « Nous avons vu les forces de sécurité du colonel Kadhafi ouvrir le feu sur des manifestants pacifiques… . L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU Susan Rice a, de son côté, estimé que les déclarations de Kadhafi sur l’amour que son peuple éprouve pour lui sont « délirantes » et montrent qu’il n’est pas qualifié pour gouverner son pays.

Le Pentagone a indiqué que l’armée américaine positionnait des forces navales et aériennes autour de la Libye. « Nous sommes en train de repositionner des forces en vue d’avoir la flexibilité nécessaire une fois que les décisions auront été prises », a indiqué son porte-parole, Dave Laplan. Hillary Clinton a, pour sa part, déclaré qu’aucune action militaire impliquant des navires américains n’était prévue dans le pays.

 

L’option d’une zone d’interdiction aérienne
Plusieurs responsables USA /OTAN n’ont pas exclu la possibilité que l’OTAN établisse une zone d’interdiction aérienne sur la Libye pour empêcher le colonel Mouammar Kadhafi d’utiliser avions et hélicoptères contre son propre peuple. L’Italie s’y est déclarée favorable tandis que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont dit ne pas exclure cette option. La Russie et la Chine pourraient toutefois s’y opposer.

 

 

 

Le dirigeant libyen Muammar Kadhafi a accusé les Occidentaux  de mener "un complot colonialiste" contre son pays.

Dans une interview à France 24, le colonel Kadhafi accuse la France. Interrogé sur le soutien de Paris au Conseil national formé par les insurgés à Benghazi, il s'exclame: «Ca fait rire, cette ingérence dans les affaires intérieures. Et si nous, nous nous ingérions dans les affaires de la Corse, de la Sardaigne ?» Il met la guerre civile sur le compte d'un «complot» mené par des «extrémistes armés». «Al-Qaïda a son plan. Je pense qu'Al-Qaïda a essayé de profiter de la situation en Tunisie, en Egypte (...)

Le dirigeant libyen Muammar Kadhafi a accusé les Occidentaux, notamment la France, de mener "un complot colonialiste" contre son pays, dans un entretien diffusé mercredi matin par la chaîne d'information française LCI. Interrogé sur les positions des Occidentaux, et notamment de Paris, qui ont apporté leur soutien aux insurgés, le colonel, dont les propos étaient traduits en français, a répondu : "Ils veulent coloniser la Libye à nouveau. C'est un complot colonaliste."

 

From : Challenges , Maliactu ,Senor-information , Maghress , le Point...

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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