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Polluée, inéquitable et peu transparente... l'eau du robinet française est, à la veille de la journée mondiale de l'Eau, au coeur des critiques des associations de consommateurs

 

 

A en juger les chiffres, égrenés hier par les responsables du magazine « 60 Millions de consommateurs » et de l'association France Libertés, qui ont exploité 4.000 factures d'eau, dont 220 épluchées en détail, ont eu une surprise. « L'écart de prix du mètre cube d'eau pour une consommation de référence de 120 mètres cubes est de 1 à 3 », indique Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de « 60 Millions ». L'enquête participative (www.prixdeleau.fr.) va même jusqu'à indiquer un écart de prix de 1 à 5 en intégrant les factures où le service rendu ne comprend aucun assainissement collectif, faute pour celui-ci d'exister comme c'est souvent le cas dans les zones rurales.

 

Sur les 4000 factures jugées exploitables (soit 40%), 220 ont été analysée dans le détail, à la fois sur le prix et leur conformité. Mais le diagnostic est sans appel, l'usager ne sait la plupart du temps pas ce qu'il paie."Les factures sont illisibles, certains intitulés sont incompréhensibles, les dates sont parfois incohérentes, les tranches tarifaires ne sont pas précisées...", résument 60 millions de consommateurs et France Libertés.

 

Autre constat, l'abonné comprend rarement ce qu'on lui fait payer. A peine 9 % des factures sont totalement conformes aux règles édictées (arrêté du 10 juillet 1996). Quand celles-ci sont établies sur une consommation estimée, la méthode de calcul et la période de référence figurent rarement. Les opérateurs omettent de signaler à l'abonné que le tarif a augmenté ou qu'il peut payer autrement que par prélèvement automatique. Ceux qui appliquent une tarification progressive oublient d'indiquer les tranches de tarification ou ne le font pas clairement apparaître.

 

Economiste chez 60 millions de consommateurs, Stéphanie Truquin explique que les factures montrent un "prix du mètre cube d'eau fortement dégressif".Avec un prix de 5,40 euros le mètre cube pour ceux qui consomment moins de 30 m3 et 3,08 euros le m3 pour ceux utilisant plus de 120 m3 d'eau. Selon les zones géographiques, "il y a aussi de gros écarts de prix pour un service complet (eau potable et assainissement)", avec un rapport de 1 à 3, indique Stéphanie Truquin. Enfin, seuls 9% des factures se sont révélées "totalement conformes" à la réglementation, même si la grande majorité est " globalement conforme ".

 

Outre "des tarifs plus équitables", l'association demande que soient mieux précisés les périodes d'abonnement et de consommations, les différents tarifs par tranches de consommation (s'il n'y a pas un tarif unique) ainsi que les voies de recours en cas de réclamation. Selon l'association, l'opacité du paiement de l'eau serait d'autant plus grande que les consommateurs qui habitent dans des immeubles ne savent pas ce qu'ils paient pour l'eau, comprise dans les charges, et ne reçoivent jamais la facture.

 

Côté du Médiateur de l'eau (www.mediation-eau.fr), qui a également rendu son rapport annuel ce mercredi. Pour 2011, ce dernier a reçu 863 plaintes, en baisse d'environ 20% par rapport à l'année précédente. Principal motif de ces recours, le montant de la facture. "Les motifs de saisine sont essentiellement des contestations de facture en raison de surconsommation d'eau", a indiqué Marc Censi, ajoutant qu'il n'y avait pas eu de recours sur la qualité de l'eau. Pour chaque dossier traité (216 dossiers recevables), la somme moyenne des remboursements obtenus par les consommateurs après l'avis du médiateur a été d'environ 1200 euros.

 

D'après cette dernière, même si pour 97,5% de la population, l'eau est de bonne qualité grâce à la réglementation, "près de deux millions de consommateurs paient pour de l'eau significativement polluée".

Si quasiment aucune pollution n'est relevée dans les grandes villes ou les villes de taille moyenne, l'UFC a déterminé que 2750 communes reçoivent de l'eau non conforme en France métropolitaine, essentiellement dans des zones d'agriculture intensive. L'agriculture en effet serait "à l'origine de près de 70% des pollutions", à cause des pesticides (pour 60%), et des nitrates qui contaminent l'eau principalement dans le nord du pays, souligne l'association. Les zones les plus touchées sont le Bassin parisien, le Nord, la Vallée du Rhône et le Sud-Ouest. Quant aux communes les plus peuplées recevant de l'eau polluée, il s'agit de Sens et de Lisieux.

L'agriculture est à l'origine de 70% des pollutions.

 

Les auteurs de l'enquête donnent à leurs factures une note moyenne de 7,9 sur 10. Moins que celles récoltées par Veolia (8,3), SAUR (8,4) et Suez (8,5). « Les grands opérateurs sont parfois mieux armés pour faire des factures conformes, mais elles ne sont pas forcément plus claires », corrige Gilbert Mitterrand, le président de France Libertés. Ce flou dans les factures n'aide pas à comprendre des écarts tarifaires.

 

France Libertés a réclamé de nouvelles mesures de clarté. Gilbert Mitterrand, maire PS de Libourne (Gironde), souhaite notamment voir « figurer dans les factures le taux de rémunération du délégataire ». Son organisation demande aussi que la loi impose aux gestionnaires de l'eau de toutes les communes de transmettre leurs indicateurs de performance à l'Observatoire national de l'eau, pour l'heure très partiellement renseigné.

 

From : les Echos , l'Expansion ,...

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Tag(s) : #Economie Commerce Finances Monnaie
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