Publicité

A l'issue d'une conférence de presse avec les Verts allemands à l'Assemblée nationale, Eva Joly, candidate Europe Ecologie-Les Verts (-EE-LV) à l'élection  présidentielle, a dénoncé, vendredi 30 septembre, "la volonté du pouvoir de mettre un couvercle sur les affaires".


Selon l'ex-magistrat, cette volonté débute en 2009, avec notamment l'annonce par Nicolas Sarkozy, de supprimer le juge d'instruction. "La seule raison" de le supprimer, "c'est l'affaire Karachi", a-t-elle dit. "Depuis le début de son quinquennat, il a voulu empêcher que ce dossier sorte" mais "les magistrats indépendants sont très déterminés et [le chef de l'Etat] n'arrive pas à étouffer les affaires malgré son désir."

 

 

Que Brice Hortefeux, qui s'est expliqué vendredi pendant près de trois heures devant la police, "soit entendu, me paraît dans la logique des choses", car "il a été pris en flagrant délit de viol du secret de l'instruction et il en répond!", a lancé Eva Joly.

Pour la candidate, "toutes les élections présidentielles depuis quinze ans sont bidouillées en ce qui concerne les financements". Il faut donc, selon elle,  "renforcer le pouvoir de la commission des comptes de campagne pour intervenir en temps réel et pas a posteriori". Un texte devrait bientôt être déposé au Parlement par les élus EE-LV, a-t-elle dit, soulignant le "devoir d'exemplarité" des politiques.

 

 

 

 

 

 

Affaire Karachi

 

Ziad Takieddine, intermédiaire central dans les contrats d'armement conclus en 1994 avec Islamabad et Ryad, a été mis en examen le 14 septembre pour des malversations présumées, sur fond de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Les juges d'instruction parisiens Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire, qui enquêtent sur le volet financier du dossier Karachi, cherchent à savoir si des commissions, versées en marge des contrats d'armement Agosta et Sawari II, n'ont pas donné lieu à des rétrocommissions pour financer illégalement la campagne de M. Balladur, qui fut premier ministre entre 1993 et 1995.

M. Takieddine aurait été imposé peu avant la signature du contrat pakistanais par le cabinet du ministre de la défense de l'époque, François Léotard.

 

 

Soupçonné d'avoir financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, Ziad Takieddine se retrouve au cœur de trois scandales se rapprochant jour après jour du Président, et qui seraient liés à l'attentat de Karachi.

 

•Sawari 2 : contrat avec l'Arabie Saoudite pour la vente de trois frégates militaires, en 1993 (montant total : 28 milliards de francs). La justice soupçonne Takieddine d'avoir touché des

commissions sur ce contrat et d'en avoir reversé à Balladur, via Nicolas Bazire, son directeur de campagne.
•Agosta : vente de trois sous-marins par la France au Pakistan, en 1994 (montant total : 825 millions d'euros). Ce dossier touche aussi François Léotard, alors ministre de la Défense, qui aurait

imposé Takkieddine dans ces négociations pour permettre, là encore, le reversement de commissions à Balladur.
•Miska  : contrat de sécurisation des frontières de l'Arabie saoudite, signé en 1994, qui selon Libération, a donné lieu à une lutte sans merci entre Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur,

et le président Jacques Chirac. Là aussi, il s'agissait de récupérer des commissions pour la campagne présidentielle qui s'annonçait.
Et c'est de Miska dont Takieddine aimerait sans doute parler plus précisément avec Claude Guéant. L'homme d'affaires n'a pas aimé que l'actuel ministre de l'Intérieur déclare le 16 septembre dans Libération qu'il aurait commis des actes « que la morale réprouve ».

« J'exige des excuses de Claude Guéant »

Takieddine répond donc par le même canal médiatique. A Guéant qui affirme ne l'avoir jamais mandaté :

« Quand je parle des relations avec l'Arabie saoudite, si je n'avais pas eu l'accord de monsieur Guéant d'intervenir sur le contrat Miska, je n'aurais rien fait.

Chacune de mes interventions correspondait à une mission officielle. Je suis allé voir Kadhafi en Libye ou Assad en Syrie uniquement sur autorisation et demande expresse de la part du président de la République, relayée par Claude Guéant.J'exige des excuses ».


Les propos de Ziad Takieddine montrent également la fragilité dans laquelle semble se trouver Claude Guéant. L’intermédiaire n’hésite pas à le mettre directement en cause pour certains de ses propos comme s’il menaçait d’en dire beaucoup plus sur leurs anciennes relations.

Enfin, et ce n’est peut-être pas le moindre enseignement, Takieddine se permet d’interpeller directement Nicolas Sarkozy pour lui demander de se «débarrasser d’une équipe qui peut lui nuire». Il parle de proches, qu’il refuse de nommer mais que le chef de l’Etat n’aura guère de peine à identifier.

Sur les trois principaux dossiers , Takieddine ne parle pas au hasard, ni gratuitement. Il en sait évidemment beaucoup plus que ce qu’il nous déclare. Aujourd’hui, il se défend, et il envoie en même temps un message. Il peut en dire plus, beaucoup plus…

 

 

 

 

Ziad Takieddine, l'intermédiaire dans des contrats d'armement mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, a nié, jeudi sur BFMTV, toute implication dans cette affaire.

"Je répète qu'il n'y a eu aucune négociation et aucune tractation commerciale avec la personne dont vous avez cité le nom", a-t-il martelé.Il a par ailleurs demandé au président Nicolas Sarkozy la levée totale du secret défense dans ces contrats, afin de démontrer son innocence.

"Je dis au président de la République, je lui suggère : 'Arrêtez tout de suite, puisque vous êtes garant de la Constitution, levez le secret défense sur tous les contrats et notamment sur Agosta, et notamment sur Sawari II'", a-t-il déclaré, en parlant des contrats de vente de sous-marins Agosta et de frégates Sawari II, respectivement au Pakistan et à l'Arabie saoudite en 1994.

"Qu'on arrête de parler de n'importe quoi sur n'importe quoi!", a plaidé l'homme d'affaires franco-libanais sur la chaîne d'informations en continu.Parlant encore du chef de l'Etat français, M. Takieddine a lancé : "Franchement, il lui appartient de faire ça tout de suite, dans les vingt-quatre heures. C'est digne, il est digne, il le fera".

 

 

"M. Guéant est un ami que j'ai accompagné dans toutes les démarches que j'ai faites, toutes y compris la Libye", a-t-il dit sur BFMTV en référence à la libération des infirmières bulgares en juillet 2007, époque à laquelle M. Guéant était secrétaire général de l'Elysée.

De son côté, Claude Guéant a récemment déclaré qu'il n'y "a eu aucune tractation commerciale" en faveur de l'homme d'affaires lors de la libération de ces infirmières à Tripoli."J'ai eu parfois M. Takieddine au téléphone, je ne permets pas qu'on dise que je mens, effectivement, il me donnait des éléments d'ambiance sur ce qui se passait à Tripoli, mais les négociations ont eu lieu directement avec M. Kadhafi et son premier ministre", a affirmé M. Guéant.

 

 

 

 

Affaire Woerth-Bettancourt

Quant à la probable mise en examen du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, dans l'affaire Bettencourt, l'eurodéputée a rappelé avoir "dénoncé depuis le début le fait qu'il ne jouait pas le rôle du procureur. Il avait choisi son camp, il était l'homme du président et son objectif était d'empêcher le dossier de sortir".

 

Selon Le Monde, le parquet de Nanterre aurait « soigneusement évité » de s'y intéresser. Les juges d'instruction vont maintenant entendre deux témoins-clés, la comptable de Liliane Bettencourt et la juge Prévost-Desprez.
Ce mardi, Le Monde explique avoir eu accès aux « milliers de pages » de l'enquête préliminaire menée par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye. Selon le quotidien, cette enquête a été très minutieuse sur les volets familiaux de l'affaire Bettencourt, mais beaucoup moins fouillée sur le volet politique : « La piste du financement politique a été soigneusement ignorée : aucune vérification des comptes de campagne de l'UMP, aucune investigation précise autour d'Eric Woerth ou de Valérie Pécresse, qui ont tous deux bénéficié des largesses de la famille Bettencourt. »


Fin août, les soupçons ont été relancés par le livre « Sarko m'a tuer », de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. La juge Isabelle Prévost-Desprez y évoque deux témoignages – mais hors procès verbal – mettant en cause l'UMP et, surtout, Nicolas Sarkozy. Elle va être entendue ce mercredi par les juges d'instruction de Bordeaux qui ont hérité de l'affaire Bettencourt.

Les déclarations de la juge suscitent en effet des interrogations. A la sortie d'une audition, l'ancienne infirmière de Liliane Bettencourt aurait fait une révélation explosive à la greffière qui la raccompagnait :

« J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy mais je ne pouvais le dire sur procès-verbal. »


Dans une interview à Marianne, l'infirmière a démenti avoir tenu ces propos. En précisant avoir subi des pressions pour rester discrète, y compris « des menaces de mort ». L'Elysée avait aussi démenti, parlant d'« allégations scandaleuses, infondées et mensongères ».

La juge Prévost-Desprez devra donc s'expliquer mercredi devant ses collègues de Bordeaux. Selon Le Monde, elle aurait d'ores et déjà été sanctionnée par sa hiérarchie, en se voyant retirer le dossier du Mediator.

 

Les juges de Bordeaux vont entendre un second témoin-clé dans ce volet politique : Claire Thibout, l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt. C'est elle, à ce jour, qui a fourni les détails les plus précis sur un éventuel financement des campagnes de l'UMP et de Nicolas Sarkozy par la milliardaire.

Claire Thibout avait assuré, dans un entretien à Mediapart puis chez la juge Prévost-Desprez, que des enveloppes circulaient chez Liliane Bettencourt. Elle affirme que Patrice de Maistre lui avait demandé de retirer 150 000 euros en janvier 2007. Selon elle, cette somme devait être remise à Eric Woerth en vue de la campagne de Nicolas Sarkozy.

 

Les auditions de Claire Thibout et d'Isabelle Prévost-Desprez risquent donc de relancer l'affaire Bettencourt, alors que la mère et la fille étaient parvenues à un accord sur le différend familial.

 

From : Rue 89 , le Monde,Libération,...

 

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :