A Puteaux (Hauts-de-Seine), Le Canard enchaîné vient d'exploser ses ventes.
Epinglée dans l'hebdomadaire, la maire UMP Joëlle Ceccaldi-Raynaud, aurait, selon l'hebdomadaire satirique, rapido fait acheter tous les exemplaires avant que ses administrés ne le découvrent.
Dans les pages de l'édition de mercredi, on apprend que Charles Ceccaldi-Raynaud a accusé sa fille d'avoir touché des commissions occultes. La députée-maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a été entendue en août comme témoin assisté par un juge de Nanterre dans une enquête de soupçons de malversations financières. Son père a été mis en examen pour « favoritisme, recel d'abus de bien sociaux et corruption passive » en 2007.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud vient d’annoncer son intention de porter plainte contre X pour « dénonciation calomnieuse », après un article du « Canard enchaîné » relayant des accusations formulées par son propre père , à propos de présumés pots-de-vin touchés lors du renouvellement du contrat de chauffage urbain de La Défense, en 2001.
L'affaire remonte à la fin des années 1990 et fait l'objet d'une information judiciaire ouverte à Nanterre depuis 2002. Les enquêteurs soupçonnent des pratiques de corruption lors du renouvellement de la concession de chauffage urbain de La Défense. Cette grosse usine, qui alimente en chauffage et en climatisation les tours du quartier de bureaux, est gérée par un syndicat mixte regroupant le département et les villes de Puteaux, Courbevoie et Nanterre. Un organisme présidé, à l'époque des faits, par Charles Ceccaldi-Raynaud, le père de Joëlle, à qui elle a succédé, en 2004, à la tête de la commune et de l'Epadesa.
Cela fait bientôt dix ans que le dossier s'épaissit, sans que les juges d'instruction successifs soient encore parvenus à démêler tous les fils. Isabelle Prévost-Desprez a été la première à ouvrir l'enquête. Elle a perquisitionné, dès fin 2003, au domicile de Charles Ceccaldi-Raynaud, dans sa résidence corse de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio et son bureau au Sénat. En avril 2004, la juge a continué ses investigations dans le bureau de Joëlle, à l'Assemblée nationale. Isabelle Prévost-Desprez est aujourd'hui mise au ban par sa hiérarchie, qui selon elle l'empêche de mener à bien les affaires gênantes pour le pouvoir, comme elle l'explique dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme Sarko m'a tuer, en citant notamment l'affaire Bettencourt dont l'instruction lui a été retirée.
Le juge Richard Pallain, qui lui a succédé, a mis Charles ceccaldi-Raynaud en examen, en 2007, pour favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive. Trois associés de la société qui gère la chaufferie ont également été mis en examen pour corruption, ainsi qu'un intermédiaire luxembourgeois, qui a dévoilé le pot aux roses aux enquêteurs, faute d'avoir perçu la commission qu'on lui avait promise.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud, pour sa part, n'a été entendue en témoin assisté - dernière étape avant la mise en examen - que l'été dernier, après la découverte par le juge de ses comptes bancaires dans des paradis fiscaux, qui auraient abrité, selon Le Canard, au moins 4 millions d'euros. Las... Le juge Pallain, comme le précise l'hebdomadaire, a été muté le mois dernier.
Pendant que la justice piétine, la famille Ceccaldi continue de veiller sur le chauffage de la Défense. Vincent Franchi, le fils de Joëlle, élu conseiller général des Hauts de Seine en mars 2011 - à la place de son grand-père! - s'est aussitôt fait nommer administrateur du Sicudef, le syndicat mixte qui gère la chaufferie
Révoltée, Joëlle Ceccaldi-Raynaud veut savoir « qui a donné les documents » que publie le journal, à savoir un extrait de demande d’ouverture de compte au Luxembourg datant de 1996, et signé de sa main. Elle envisage même « sérieusement » de « réfléchir à la mise en place d’une mesure judiciaire de protection » à l’égard de son père. L’élue estime-t-elle aujourd’hui nécessaire la mise sous tutelle ou curatelle de l’ancienne figure du 92, âgée de 86 ans? « Il y aura une réunion familiale à ce sujet, et il y aura une décision. Ce que je vis au quotidien n’est plus possible », nous expliquait hier soir l’intéressée. Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été entendue en août dernier comme témoin assisté par le juge d’instruction de Nanterre chargé de l’enquête sur la chaufferie de La Défense.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire UMP de Puteaux et présidente de l'Epad, aurait placé plus de 4 millions d'Euros dans des paradis fiscaux
La députée-maire UMP de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a été entendue en août comme témoin assisté par un juge de Nanterre dans une enquête sur des soupçons de malversations financières, a-t-on appris auprès de son avocat, confirmant une information du "Canard Enchaîné" à paraître mercredi 19 octobre.
L'instruction judiciaire ouverte à Nanterre pour corruption et abus de biens sociaux est liée à l'attribution d'un marché par le syndicat intercommunal de chauffage urbain de la Défense (Sicudef) à la société Enerpart, créée pour l'occasion par trois associés, Jean Bonnefont, ex-dirigeant de Charbonnage de France, Bernard Forterre, ex-dirigeant de Vivendi et Laurent Gimel.
Dans cette affaire, le père de l'élue, l'ex-sénateur-maire UMP de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud, avec lequel elle est en conflit ouvert depuis plusieurs années, a été mis en examen en 2007 pour "favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive".Selon "Le Canard Enchaîné", dans le cadre de cette enquête, Charles Ceccaldi-Raynaud a accusé sa fille d'avoir touché des commissions occultes.
.
Le journal détaille que Joëlle Ceccaldi-Raynaud a ouvert en septembre 1996 un compte au Luxembourg sur lequel elle a déposé "20 millions de francs", "provenant d'un héritage de grand-mère". Plusieurs dépôts ont été faits sur ce compte, estimé en 2005 à "plus de 4 millions d'euros".( via les paradis fiscaux et les sociétés écrans ?)
Ce compte a été, selon le journal, clôturé en avril 2009 et "transféré vers une destination inconnue".
"Les choses sont claires, cet argent, qui était en Suisse quand elle en a hérité, est purement familial et elle en a fait don à sa fille il y a longtemps", a dit Me Drai, précisant que ces fonds se trouvent désormais en France et que les droits y afférant "sont ou seront payés".
Sollicitée par l'AFP, la députée-maire de Puteaux n'a pas souhaité faire de commentaire.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud est aussi la présidente du conseil d'administration de l'Epad, l'Etablissement public pour l'aménagement de la Défense. Elle occupe cette fonction depuis le scandale provoqué par la candidature à ce poste du fils du président de la République, Jean Sarkozy.
« L'ex-suppléante de Sarko planquait son magot dans des paradis fiscaux » titre le Canard du 19 octobre. La maire (une proche de Nicolas Sarkozy) aurait donc sorti les grands moyens.
Au tabac La Coupole d'argent, à Puteaux, un homme a poussé la porte peu après l'ouverture. Et a fait chauffer sa carte bleue pour emporter la pile de 85 exemplaires. Facture : 102 euros, à raison de 1,20 euro Le Canard. Contactée par Rue89, la buraliste rigole : « Les clients le demandent, on leur répond qu'on en a plus. Mais les gens ne sont pas bêtes, ils sont au courant de l'histoire. »
Idem chez la plupart des autres kiosquiers.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud y réfléchira certainement à deux fois avant de vouloir racheter tous les exemplaires d'un même journal. Mise en cause dans une affaire de pots-de-vin relatée par le Canard Enchaîné, la députée UMP des Hauts-de-Seine et maire de Puteaux a visiblement cru bon de faire acheter toutes les éditions de l'hebdomadaire satirique en vente en ville pour étouffer l'affaire et minimiser son impact sur les habitants de Puteaux.
Sur son blog, le conseiller municipal d'opposition Christophe Grébert ironise :
« Je vous propose de participer à l'opération “Offrez un Canard” à un habitant de Puteaux : achetez un Canard (enchaîné), trouvez l'adresse d'un Putéolien dans les Pages blanches (au hasard) et envoyez-lui ! »
Pas besoin : l'hebdomadaire satirique a prévu de réapprovisionner les kiosques rapidement. Mais bémol, explique Hervé Liffran : « Les kiosquiers n'en veulent plus, ils ont été intimidés. Et ça, c'est du jamais vu. »
Une buraliste réfute les menaces : « On ne veut surtout pas se mettre en porte-à-faux avec la mairie. Enfin, on ne veut pas d'histoires. Ils nous achètent des journaux tous les jours... »
Christophe Grébert, Putéolien et opposant notoire à la politique conduite par Joëlle Ceccaldi-Raynaud, cite les propos de Hervé Liffran, journaliste au Canard et auteur de l'article en question. "Nous avons déjà vu des villes acheter un maximum d'exemplaires, mais jamais elles n'ont cherché à empêcher le réapprovisionnement" des kiosques avec de nouvelles éditions, a-t-il expliqué à l'AFP.
"Non seulement le maire de Puteaux a fait acheter la quasi-intégralité des 600 exemplaires du Canard enchaîné mis en vente mais il fait régner un climat de peur sur les kiosquiers, certains d'entre eux refusant d'être réapprovisionnés en raison d'éventuelles représailles" a-t-il ajouté, ajoutant que des "kiosquiers ont reconnu des personnes de la mairie" venir récupérer les exemple.
"L'un d'entre eux m'a assuré qu'en cas de nouvelle livraison, il mettrait les nouveaux exemplaires sous son comptoir et les renverrait la semaine prochaine pour invendus". Une situation inacceptable pour Christophe Grébert, qui a décidé de lancer l'opération "1 Canard pour chaque Putéolien" dont l'objectif est de photocopier la page de l'article en question et de l'envoyer à un habitant de Puteaux sélectionné au hasard. Et d'organiser samedi, si nécessaire, une distribution de l'article dans les rues de Puteaux.
Une tactique inefficace à l'heure d'Internet .Joëlle Ceccaldi-Raynaud a néanmoins peut-être oublié que sa stratégie d'étouffement aurait pu fonctionner à une époque où Internet ne connaissait pas ce niveau de développement. Avec le net, les tentatives de censure - car il s'agit clairement d'une tentative de limiter la diffusion d'un article de presse - aboutissent souvent à l'effet inverse de celui recherché.
Au Canard enchaîné, on rit aussi. Hervé Liffran, qui a signé l'article sur la maire de Puteaux :
« C'est un classique fait par des gens un peu étonnants. Il y a un petit côté Corée du Nord en plus riche... »
Le journaliste recense plusieurs précédents :
•Saint-Martin-Vesubie : « L'aile du roitelet Estrosi sur la baie des anges » (2008). Le Canard relate les petits arrangements entre amis pour la succession de Christian Estrosi (UMP) à la présidence du conseil général des Alpes-Maritimes. Ses proches auraient du coup raflé tous les exemplaires du Canard de la vallée ;
•Saint-Barthélemy : « Un facho précédent à Saint-Barth' » (2008). Le Canard dévoile le fâcheux passé du nouveau directeur de cabinet au conseil territorial UMP, Christophe Beaupère. Tous les journaux disparaissent des kiosques peu après ;
•Aix-les-Bains : « Le nouveau trésorier de l'UMP spécialiste de la raclette de pub » (2010). Dominique Dord, maire d'Aix-les-Bains, fait paraître un ouvrage vantant sa politique. A l'intérieur, des dizaines de réclames étrangement liées à sa ville. Dès l'ouverture des points de vente à Aix-les-Bains et Chambéry, de mystérieux acheteurs raflent le Canard par paquets. 600 exemplaires sont réexpédiés. Mais le vendredi, nouvelle razzia. Et nouvel envoi de 500 journaux, que relate l'hebdomadaire :
« Grâce au zèle des amis de Dominique Dord, Le Canard a pu multiplier ses ventes en Savoie. Il ne peut que l'en remercier... »
•Grimaud : « La note qui démolit le bâtisseur Joyandet » (2010). L'hebdomadaire accuse Alain Joyandet d'avoir bénéficié d'un permis de construire illégal pour une villa près de Saint-Tropez, à Grimaud (Var). Le jour de la parution, l'un des proches du secrétaire d'Etat à la Coopération aurait fait le tour de Grimaud pour racheter les Canard.
From :Rue 89 ,Numerama , NouvelObs, l'Express ,le Parisien ,...