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Des rapports sur des allégations de prélèvements d'organes sur des pratiquants du Falun Gong en Chine ont été publiés à plusieurs reprises.

En mai 2006, le vice-président du Parlement européen, Edward McMillan-Scott se rend en Chine et recueille un témoignage attestant de prélèvements d'organes forcés sur des prisonniers membres du Falun Gong. Toujours en 2006, une investigation fut menée par l'avocat international des droits de l'homme David Matas et l'ancien secrétaire d'État du Canada (région Asie Pacifique) et avocat de la Couronne David Kilgour, qui accusent Pékin de prélever les organes des membres du Falun Gong contre leur volonté. Ils estiment qu'il y aurait eu 41 500 transplantations d'organes non expliquées entre 2000 et 2005[1],[2]. Malgré la contre-enquête présentée par Harry Wu[3] et les nombreux démentis du gouvernement chinois[4],[5], d'autres investigations indépendantes suivirent, et confirmèrent ces dires[6],[7],[8].

En 2010, le Congrès des États-Unis vota une résolution à l'encontre de telles pratiques, imité en 2013 par le parlement européen.

 

Une chaîne de télévision confirme le trafic d’organes en Chine
Sky TV a enquêté avec une caméra cachée.
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/une-chaine-de-television-confirme-10202
 

 

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La station de télévision néo-zélandaise Sky TV a diffusé un reportage dernièrement qui confirme les informations que détient La Grande Époque au sujet de prélèvements illégaux ou vols d’organes en Chine.
Le journaliste Dominic Waghorn et au moins un autre employé de la chaîne de télévision ont visité le Centre de transplantation d’organes d’Orient à Beijing avec une caméra cachée, prétendant que leur père avait besoin d’un foie.
M. Waghorn commence la narration du reportage en notant qu’en Chine, contrairement à l’Occident, il « semble y avoir un approvisionnement infini de foies... les raisons permettant cela sont profondément sinistres ».

L’infirmière qui l’a accueilli à l’hôpital lui a expliqué, tout sourire, que cet hôpital peut obtenir des organes « le plus rapidement » parce qu’il a les « meilleures connexions ». M. Waghorn explique que l’hôpital admet publiquement ses liens avec la police paramilitaire chinoise.


Le reportage confirme que :
• les organes destinés à des transplantations abondent en Chine
• ils sont disponibles sur demande
• les organes proviennent de prisonniers
• les prisonniers sont tués après qu’ils ont été jumelés avec un patient en attente d’un donneur d’organes.
Organes sur demande
Le conseiller en transplantation d’organes de M. Waghorn, le Dr Zhu, explique que l’hôpital n’aurait aucune difficulté à trouver un donneur. Selon M. Waghorn, Dr Zhu admet ouvertement que l’hôpital transplante des organes provenant de prisonniers exécutés.
Dr Zhu précise à M. Waghorn : Nous allons avertir votre père d’avance que nous avons un donneur. Nous l’avertirons une ou deux semaines par avance.
En d’autres mots, Dr Zhu explique que l’hôpital va trouver un donneur encore en vie, organisera la chirurgie du patient et, une fois que la date de la chirurgie sera déterminée, préparera l’exécution du prisonnier au temps opportun.
Dans une entrevue avec La Grande Époque, le docteur Pang Yubin, un ancien chercheur au US National Institutes of Health, explique pourquoi il faut que le prisonnier répondant au profil du patient soit exécuté pour lui fournir l’organe nécessaire.
J’appelle ça "le jumelage inversé". Pourquoi ? Un patient se présente avec un certain besoin et, dans l’espace de quelques jours, un organe compatible est trouvé. Comme j’ai dit plus tôt, la chance d’une compatibilité est d’environ 1%. Ceci veut dire qu’il ne peut y avoir un jumelage aussi rapide que si une centaine de donneurs vivants sont disponibles.
Pour qu’un tel phénomène se produise, il doit y avoir une énorme banque d’organes. Discutons en termes médicaux de ce en quoi consiste une banque d’organes. En réalité, cela veut dire qu’il y a une grande population de gens classés en tant que donneurs, qui, s’ils sont compatibles avec un receveur potentiel, se feront enlever leurs organes...
Le journaliste Waghorn a rapporté que l’hôpital offre des foies sur demande. Une conversation avec un patient de New York qui a eu une transplantation de foie est diffusée. Ce dernier affirme avoir attendu dix jours pour un foie.


La Grande Époque rapporte les prélèvements illégaux d’organes
La Grande Époque annonçait en exclusivité le 9 mars dernier que des pratiquants de Falun Gong encore en vie se faisaient voler leurs organes dans un lieu appelé Sujiatun, dans le Nord-Est de la Chine. Des enquêtes subséquentes ont montré que des hôpitaux et des centres de transplantation à travers la Chine admettaient prélever les organes sur des pratiquants de Falun Gong toujours en vie, même après que l’installation de Sujiatun a transféré tous les détenus et disposé des preuves de prélèvements illégaux d’organes.
Même si l’Occident sait depuis le début des années 1990 que le régime chinois retire les organes des prisonniers exécutés, l’effervescence de l’industrie de la transplantation en Chine est survenue après le début de la persécution du Falun Gong en 1999.
Le reportage de M. Waghorn ne soulève pas la question des pratiquants de Falun Gong comme étant la principale source d’organes prélevés en Chine aujourd’hui, ni celle du prélèvement des organes de prisonniers encore en vie.
M. Waghorn rapporte néanmoins que les transplantations d’organes pour des étrangers aident à financer un boom de la médecine en Chine. Il souligne qu’au Centre de transplantation d’organes d’Orient à Beijing, les étrangers paient 30 000 livres (61 000 $ CA) pour une transplantation de foie.

 

 

Contexte
La Chine est dotée d’un programme de transplantation d'organes depuis les années 1960. C’est l'un des programmes de transplantation d’organes les plus importants au monde (deuxième mondial en 2006[9]). De 4 000 greffes enregistrées avant 1999[10], il aura culminé à plus de 10 000 greffes de rein et plus de 10 000 de foie pour l’année 2004[9], et atteindra le nombre record de 20 000 en 2006[11].

Chaque année environ 1,5 million de personnes ont besoin d'une transplantation et seulement 10 000 en bénéficient (par comparaison, aux États-Unis, 14 632 organes sont prélevés pour satisfaire 104 898 patients)[12]. En raison de la demande croissante d'organes en Chine et à l'international, divers observateurs du monde médical et organismes tels que l'ONU, l'AMM, Amnesty International, DAFOH, TTS ont observé une situation "non-éthique" se développer en Chine, à savoir l'exécution de prisonniers pour leur organes, et la mise en place d'un trafic très lucratif de ces derniers[13] D'autre part, les pratiquants de Falun Gong forment le groupe de prisonnier le plus important des camps de prisonniers chinois depuis le début de la persécution de leur pratique spirituelle en 1999, et c'est également depuis cette année que l'on observe une très forte augmentation du nombre de transplantations d'organes en Chine.

Situation en Chine[modifier | modifier le code]Dans le "Livre de la piété filiale", Confucius indiquait:"Notre corps, nos cheveux, notre peau proviennent des parents, ils ne doivent pas être endommagés -c'est le point de départ de la piété filiale-", un enseignement qui s'inscrit dans la tradition chinoise comme décrivant le corps "un et indivisible". Ces croyances traditionnelles ont été suivies durant des siècles et explique l'aversion des chinois à l'égard du don d'organe. Jiefu Huang, ancien ministre adjoint de la Santé, soutient cette observation; d'après lui, "beaucoup de chinois sont peu disposé à donner leurs organes en raison des rites et croyances traditionnelles; de plus, il manque une éducation publique concernant les dons"[14]. Entre 2003 et 2009, d'après le magazine NewsChina, il n'y aurait eu que 130 dons d'organes volontaires [15]. Par ailleurs, on constate l'absence de tout système de donations d'organe en Chine.

Une réglementation de 1984 a rendu légal le prélèvement d’organes sur les criminels exécutés, avec le consentement préalable du condamné à mort[16], l’autorisation écrite de sa famille ou si le corps n'est pas réclamé par celle-ci[17]. Amnesty International considère toutefois qu'un condamné à mort n'est pas « en état de décider librement »[16].

À partir des années 1990, les inquiétudes croissantes au sujet de possibles violations éthiques concernant un consentement obtenu sous la contrainte, ou la corruption, ont conduit à une condamnation de ce type de procédure de la part des groupes médicaux et des organisations de défense des droits humains[18].En juillet 2005, Huang Jiefu, ministre adjoint de la santé, reconnaît que 95% des organes transplantés proviennent de prisonniers exécutés[19]. Huang Jiefu renouvela ces déclarations en 2006, 2008 et 2010[20],[21].

L'explication officielle rapportée par les autorités chinoises est que le criminel veut se racheter, et donne ainsi son consentement. D'après le docteur Torsten Trey, citant l'AMM, le consentement dont parle les autorités chinoises "ne répond pas aux critères éthiques d'une donation d'organe librement consentie" [22].

D'après le docteur Arthur Caplan, "en Chine, le consentement d'un prisonnier n'existe pas"[23], et il est très probable que des exécutions de prisonniers soient programmées en fonction des besoins en organes. Car il n'y a aucune chance, dans le cas de touristes venus en Chine pour une transplantation, de pouvoir trouver par le seul hasard un organe de prisonnier correspondant à leur besoin de greffe durant le temps de leur séjour. Ainsi, cela suppose une sélection préalable de donneurs potentiel par les autorités carcérales; puis ces donneurs sont exécutés pendant le séjour du touriste en Chine[24],[25].

Répression du Falun Gong[modifier | modifier le code]Articles détaillés : Histoire du Falun Gong et Répression du Falun Gong.Le Falun Gong est une pratique de Qigong popularisée en Chine dans les années 1990 et, en 1999, certaines estimations chiffraient à des dizaines de millions le nombre de pratiquants[26],[27],[26]. À la suite d'une vaste démonstration visant à dénoncer la répression d'une manifestation précédente, en juillet 1999, la direction du Parti communiste a interdit la pratique et lancé une campagne pour éradiquer le groupe; le Bureau 610 en charge de superviser et de coordonner l’élimination du Falun Gong fut créé à cet effet[28],[29],[30].

La suppression qui s’ensuivra sera caractérisée par ce qu’Amnesty International qualifiera de «campagne de propagande massive»[31], mais aussi par la détention et l'emprisonnement de dizaines de milliers de pratiquants de Falun Gong. Les autorités auraient approuvé l'utilisation de la torture ainsi que d'autres techniques pour faire pression afin de permettre une «rééducation» coercitive des pratiquants de Falun Gong, celle-ci entraînant parfois la mort[32],[33],[34]. D'anciens détenus ont déclaré que, dans certains camps de travaux forcés, les pratiquants de Falun Gong étaient majoritaires, ce sont eux qu’on choisissait pour être maltraités[35]. Toutefois, du fait de l'accès limité aux victimes et aux installations des camps de travaux forcés, de nombreux rapports spécifiques concernant les mauvais traitements sont difficiles à corroborer indépendamment[30].

 

Origine des allégations

David KilgourEn mars 2006, le mouvement Falun Gong, depuis son siège aux États-Unis, avance des allégations concernant le prélèvement sauvage d’organes effectués sur des adeptes du mouvement en République populaire de Chine. Des milliers d’adeptes auraient été envoyés dans 36 « camps de concentration » à travers la RPC, en particulier dans le nord-est, et nombre d’entre eux auraient été tués afin de récupérer et de vendre leurs organes. Ces allégations se focalisent sur la prétendue existence d’un camp de ce type à Sujiatun, un quartier de la ville de Shenyang dans la province de Liaoning[36].

The Epoch Times, un journal ayant son siège aux États-Unis et affilié au Falun Gong, est le premier à faire état de cette affaire en rapportant les affirmations d’une part d’une femme se présentant sous le pseudonyme d'« Annie » et comme étant l’ancienne épouse d’un docteur de l’hôpital provincial de médecine chinoise et occidentale intégrées de Liaoning et d’autre part d’un journaliste chinois demeurant au Japon, répondant au nom de « Peter »[37]. Selon Annie, qui affirme être elle-même une ancienne employée de l’hôpital, son ex-mari, qui n'est pas nommé, lui aurait confié qu’il avait prélevé les cornées de 2 000 pratiquants du Falun Gong à l’hôpital de Sujiatun sur une période de trois ans. L’hôpital, selon l'article, faisait office de camp de concentration et de centre de prélèvement d’organes. Des 6 000 détenus du Falun Gong qui y seraient passés, les trois-quarts auraient eu leurs organes prélevés puis auraient été incinérés ou auraient disparu. Selon Annie, les employés de l'hôpital rapportaient que les bijoux et les montres étaient récupérés avant que les corps des adhérents ne soient jetés dans la chaudière pour y être incinérés. Les employés disaient également que certains adhérents y étaient jetés encore vivants[38]. Les organes prélévés seraient vendus principalement en Thaïlande mais aussi dans d'autres régions du monde[39].

Réactions aux allégations du camp de Sujiatun[modifier | modifier le code]La publication des allégations par le journal Epoch Times suscita de très fortes réactions de la part de différents gouvernements, et fut portée à controverses. Le gouvernement chinois parla d'une pure invention du Falun Gong et déclara par le biais de l'agence de presse Xinhua que la photo du prétendu crématorium de Sujiatun (affiché sur les sites web du mouvement), où étaient censés être incinérés les corps, est en fait une photo de l'arrière d'un bâtiment, ouvert à tous, servant de chaufferie à l'hôpital et de cuisine pour les malades et les visiteurs[40].

Les dirigeants du district de Sujiatun et les autorités de l'hôpital de Sujiatun démentent ces rumeurs et invitent les médias étrangers à se rendre sur les lieux et à enquêter[41]. le 31 mars, des journalistes de la chaîne japonaise NHK, de Phoenix TV à Hong Kong et d'autres médias étrangers, après avoir inspecté les lieux, ne trouvent aucune trace d'un camp de concentration[42]. Par la suite, des responsables de l'ambassade américaine à Pékin et du consulat américain à Shenyang se rendent sur place et inspectent l'hôpital à deux reprises, la première fois sans annoncer leur venue et la deuxième fois avec la collaboration de responsables officiels : « ils ne trouvent aucun indice d'une utilisation du site à d'autres fins que celles d'un hôpital public normal »[43]. Harry Wu, célèbre dissident chinois, dépêche également ses collaborateurs en Chine enquêter à l’hôpital ainsi qu’à la prison de Kangjiasan et au camp de Jiutai Laojiao[note 1]. Les investigations, qui durent plus de trois semaines, ne débouchent sur aucune trace tangible permettant de corroborer les allégations de camp de concentration[3].

Mais pour les représentants du Falun Gong, les autorités chinoises ont largement eu le temps de déménager secrètement les installations présentes à Sujiatun avant les visites, et accusent le gouvernement de dissimulation[44]. En mai 2006, la Coalition d'Investigation sur la Persécution du Falun Gong, une ONG américaine créée par l'association Falun Dafa[45], invitent l'ancien député et avocat de la Couronne David Kilgour et l'avocat canadien des droits de l'homme David Matas à enquêter sur les allégations de prélèvements d'organes sur les pratiquants de Falun Gong à grande échelle en Chine. Les dépenses encourues du fait de l'enquête seront prises en charge par la Coalition[46]. Kilgour et Matas déclareront toutefois avoir mené leur enquête de façon indépendante[47],[48].

Enquête de McMillan-Scott en Chine[modifier | modifier le code]Parallèlement aux investigations de Kilgour et de Matas, Edward McMillan-Scott, député européen et vice-président du Parlement européen en charge de la démocratie et des droits de l’Homme[49] depuis 2004. se rend en Chine en mai 2006, en tant que vice-président pour la Démocratie et les Droits de l'homme au Parlement européen, dans le but d’établir les faits[50].

Son guide, Cao Dong, a affirmé être au courant des prélèvements d’organes. Ce dernier a déclaré avoir été en prison et avoir vu le cadavre de son ami pratiquant de Falun Gong « dans la morgue avec des trous là où les parties du corps avaient été prélevées »[51]. Après cette rencontre entre Cao Dong et Edward McMillan-Scott, l’intermédiaire a été arrêté. Les autorités l'ont transféré en septembre vers la province du Gansu et ont émis un mandat d’arrêt. Il a été poursuivi en décembre sur quatre chefs d'accusation. Les juges ont estimé que l'affaire ne pouvait pas aller au procès car elle relevait de la compétence du Bureau 610 à Pékin (le bureau en charge de la répression du Falun Gong)[52].

 

Rapport Matas/Kilgour

Le 6 juillet 2006, David Kilgour et David Matas présentent les résultats de leur enquête de deux mois dans un premier rapport. Une seconde version suivra en 2009 et sera publiée sous forme de livre, intitulé « Prélèvements Meurtriers: Prélèvements d'organes de Falun Gong»[53]. Les enquêtes menées par Kilgour et Matas se poursuivirent, et les éléments de preuve seront supérieurs à 50 en 2012[54]. Pris dans leur ensemble, et en l'absence de toute réfutation véritable des autorités chinoises[note 2], ces éléments ont mené les auteurs vers la conclusion que les prélevements forcés d'organes sur les pratiquants de Falun Gong existent bel et bien en Chine [2].

Principaux éléments rapportés par l'enquête
David MatasParmi ce que le rapport considère comme indices, il y a l'absence, à l'époque, d'un système organisé de don d'organes ainsi que la corruption régnant dans le pays[55]. De plus, une aversion culturelle par rapport à cette pratique persiste au sein des citoyens chinois, peu enclin à donner leurs organes.


La « persécution » du Falun Gong constitue une mesure politique officielle[56].
Le gouvernement de la Chine a sensiblement réduit le financement du système de santé. Les transplantations d'organes sont une source importante de fonds pour ce système et remplacent les subventions gouvernementales supprimées[56].
La Chine prélève les organes de condamnés à mort sans leur consentement. Le Falun Gong constitue une « population carcérale que les autorités chinoises vilipendient, déshumanisent, dépersonnalisent et marginalisent encore plus que les détenus condamnés à mort et exécutés pour des délits »[56].
Des 60 000 greffes d'organes officiellement enregistrées entre 2000 et 2005, 18 500 provenaient de sources identifiables (dont les condamnés à mort), ce qui implique 41 500 greffes dont l'origine n'est pas indiquée. Selon le rapport, les sources « traditionnelles » d'organes – détenus exécutés, donneurs, personnes en état de mort cérébrale – « sont loin de pouvoir expliquer le nombre total de greffes réalisées dans toute la Chine ». Kilgour et Matas en concluent que la seule autre origine pouvant expliquer la « montée en flèche » du nombre de greffes n'est autre que les pratiquants du Falun Gong[57].
Les pratiquants du Falun Gong, venus de tout le pays sur la place Tiananmen à Pékin pour réclamer ou pour protester, étaient tous arrêtés de manière systématique. Ceux qui communiquaient leur identité à leurs ravisseurs étaient renvoyés chez eux. Leur famille était alors impliquée dans leurs activités de Falun Gong et mise sous pression de façon à ce qu’elle se joigne aux efforts pour obtenir d’eux l’abandon de la pratique spirituelle. Si ces individus se rendaient à Pékin pour faire appel ou pour protester, leur supérieur hiérarchique, leurs collègues, les responsables de l’administration locale, tous étaient tenus pour responsables et pénalisés[56].
Pour protéger leurs familles et éviter l'hostilité des gens de leur localité, de nombreux pratiquants de Falun Gong détenus ont refusé de donner leur nom. Au résultat les autorités s’avéraient incapables d’identifier une grande population carcérale de pratiquants de Falun Gong. En outre, parmi leurs connaissances, nul ne savait où les trouver. Ceux qui ont refusé de s'identifier ont été particulièrement maltraités. D’autre part, ils ont été déplacés dans le système carcéral chinois sans obtenir de raison valable. La possibilité que cette population soit devenue la source d'organes prélevés sur les pratiquants de Falun Gong n’a pu être démentie[52].
Un certain nombre de membres des familles des pratiquants de Falun Gong morts en détention ont rapporté avoir vu les cadavres de leurs proches avec des incisions chirurgicales et des parties du corps manquantes. Les autorités n'ont fourni aucune explication cohérente pour ces cadavres mutilés[52].
Selon les tableaux d'Amnesty International établis sur les renseignements accessibles au public en Chine, le nombre moyen de détenus condamnés à mort puis exécutés entre 1995 et 1999 était de 1 680 par an. La moyenne entre 2000 et 2005, était de 1 616 par an[56]. Les chiffres ont oscillé d’année en année, mais le nombre moyen global pour les périodes avant et après le début de la « persécution » du Falun Gong est le même. Les condamnés à mort exécutés ne peuvent en aucun cas expliquer l'augmentation des transplantations d'organes en Chine, qui correspond au début de la persécution du Falun Gong[58], [59].
La législation concernant la transplantation d’organes est territoriale pour tous les pays. En d’autres termes il n’est nullement illégal pour un étranger d’aller en Chine, de bénéficier d'une greffe qui irait contre les lois de son pays, puis de revenir chez lui.
 
Comparaison de la moyenne des temps d'attente[Quand ?], en jours, pour une greffe de rein adulte, dans différents pays (source Kilgour & Matas)[2],[60]Le temps d’attente dans les hôpitaux chinois pour une transplantation est particulièrement court. Un hôpital se félicitait d’un temps d’attente d’une semaine pour une greffe, un autre affirmait pouvoir fournir un foie en deux semaines. Au Canada, le temps d'attente pour un rein peut aller jusqu'à 32,5 mois. Parallèlement, la période de survie d’un rein est comprise entre 24 et 48 heures, celle du foie est d'environ 12 heures. Selon les auteurs seule une immense banque de « donneurs » pourrait expliquer des délais d'attente « incroyablement courts ».
Les receveurs d'organes en provenance de Chine affirment que les conditions de l’opération sont « presque entièrement secrètes », le destinataire n'est pas informé de l'identité du donneur, ni ne se voit présenter son consentement écrit, l'identité du médecin et des infirmières est souvent dissimulée, les opérations se déroulent parfois au milieu de la nuit, «tout le processus est mené sur les bases suivantes : Ne posez pas de questions, ne dites rien»[2].
Des enquêteurs parlant le mandarin et se présentant comme de potentiels receveurs d’organes ou bien comme leurs proches, ont appelé plusieurs hôpitaux chinois pour se renseigner sur les organes disponibles; on leur a admis l’utilisation d’organes provenant de membres du Falun Gong[61].
Les informations sur les sites des hôpitaux chinois ont été jugées comme des « documents accusateurs », en ce que certains hôpitaux admettent que le temps d’attente pour un organe, ou l’intervalle pour échanger son organe, sera d’une semaine. De nombreux sites de transplantation chinois ont enseigné les graphiques de l’envolée du nombre de transplantations d'organes, exhibant une forte hausse alors qu’avait tout juste commencé la persécution du Falun Gong.
Avec un rein valant 45 000 euros, un cœur estimé de 95 000 à 120 000 euros, la transplantation d'organes constitue une industrie rentable en Chine[62]. Avant 1999, il n'y avait que 22 centres à travers le pays prenant en charge la transplantation du foie, mi-avril 2006 il existait 500 centres de ce type. Le nombre d'établissements de transplantation du rein est passé de 106 en 2001 à 368 en 2005 et 600 en 2007[63].
Les prisonniers, membres du Falun Gong, font l'objet d'examens médicaux spécifiques ; radiographie, sang, urine, alors que par ailleurs ils subissent des tortures. Dans ces conditions de tels examens n'ont pas vocation à assurer le bien être de ces prisonniers[64].
Conclusions du rapport

Selon David Kilgour, la moitié des détenus des camps de rééducation par le travail sont des pratiquants du Falun Gong[65]. Les pratiquants de Falun Gong, durant leur incarcération, sont testés pour leur groupe sanguin, et leurs organes sont examinés[66]. Ces derniers font alors l'objet d'une sélection par les médecins et autorités carcérales, puis les organes sont prélevés au cours d'une opération, entraînant le décès du pratiquant.

Les auteurs affirment également que depuis 1999, les pratiquants de Falun Gong constituent la source principale des organes prélevés en Chine, et que ces derniers sont vendus à des prix très élevés

 

 

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