Il y a sept mois, balayé par l'affaire Diallo, DSK avait été contraint de démissionner de la direction générale du FMI et d'abandonner toute ambition présidentielle. Il ne s'était pas exprimé publiquement depuis, même avec sa casquette d'expert des questions macroéconomiques. Avant même les déclarations de DSK, Marine Le Pen avait, elle, affirmé que le seul fait qu'il puisse faire son retour sur la scène publique est «une marque d'humiliation pour les Français».
Apparemment cette sortie était une réussite, puisque certains patrons chinois interrogés par Europe 1 n'ont pas hésité à déclarer que DSK est l'une des deux personnalités françaises les plus importantes, avec le général de Gaulle.
Ce forum chinois a pour thème les perspectives de l'économie mondiale et les perspectives de croissance de l'économie chinoise. DSK fait partie d'un panel des 45 économistes de renom originaires du monde entier, sollicités pour participer à l’évènement.
L'ancien directeur du FMI a également donné son avis, plutôt pessimiste, sur l'Union Européenne : "un radeau semblant sur le point de sombrer".
"Nous voyons les pays européens passer d'un plan (de sauvetage) à un autre, d'un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance", a déclaré M. Strauss-Kahn.
"Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant", a-t-il affirmé en parlant de l'eurozone. "Le fait que l'euro soit encore au milieu de la rivière et que l'union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable et le radeau semble sur le point de sombrer".
"Il est absolument nécessaire pour les Allemands et les Français de travailler ensemble. Le problème est qu'ils n'ont pas la même vision des choses et je ne suis pas sûr que madame Merkel et monsieur Sarkozy se comprennent et c'est probablement une des raisons pour lesquelles l'Europe a du mal à avancer", a-t-il déclaré.
Au sujet du couple Merkel-Sarkozy, justement, DSK a affirmé n'être «pas persuadé que M. Sarkozy et Mme Merkel se comprennent bien entre eux». Plus largement, l'ancien patron du FMI s'est montré très critique à l'égard des mesures prises par les dirigeants de la zone euro pour tenter de sauver la monnaie unique. «Nous voyons les pays européens passer d'un plan (de sauvetage) à un autre, d'un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance», a déclaré DSK. Autant de salves qui ne pouvaient passer inaperçues.
En comparant la zone euro à un «radeau sur le point de sombrer», Dominique Strauss-Kahn a notamment provoqué la colère de Valérie Pécresse, ministre du budget et porte-parole du gouvernement, qui a jugé «très malvenues» les déclarations de l'ancien patron du FMI, des propos qu'elle a attribués à son «amertume» d'être passé du rang d'«acteur» à celui de «commentateur».
Arguant, comme Valérie Pécresse, que l'ancien favori des socialistes n'est «plus un acteur de la politique nationale» française, le porte-parole du PS Benoît Hamon a, lui, simplement souhaité qu'on le «laisse tranquille», tandis que Roselyne Bachelot l'a pour sa part invité à s'abstenir de faire des commentaires. Selon la ministre des solidarités, ce serait «le meilleur service qu'il puisse rendre à la France». Dans le même registre, Valérie Pécresse a ajouté ne pas croire «que ça le grandisse aujourd'hui de faire ce genre de commentaires»
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