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Conférence sur le Climat à Copenhague
From :Le Monde ,Reuters , l'Express ...



Les représentants de 192 pays se réunissent à partir de lundi à Copenhague pour trouver un accord de lutte contre le réchauffement de la planète.

Dans les deux semaines qui s'ouvrent, pays industrialisés et grands pays émergents devront se mettre d'accord sur leurs engagements respectifs afin de limiter le réchauffement à venir à + 2 °C, et sur les mécanismes pour les faire respecter. Ils devront également assurer les pays les plus vulnérables au chaos climatique de leur soutien financier, et ce dès l'an prochain.

Les discussions se termineront par un sommet réunissant 105 chefs d'Etat et de gouvernement – le président américain Barack Obama sera présent le dernier jour, le 18 décembre – chargé de trancher les derniers différends entre pays pauvres et pays riches sur la manière de partager le coût de la réduction des émissions. Les chefs d'Etat et de gouvernement n'avaient pas participé à la précédente réunion des ministres de l'environnement en 1997, qui avait donné naissance au texte actuellement en vigueur des Nations unies sur le climat, le protocole de Kyoto.

Le nouvel traité international doit être arrêté à Copenhague afin d'être prêt à entrer en vigueur au 1er janvier 2013, dès expiration de la première période d'engagements du protocole de Kyoto.

Le sommet sur le climat se tient du 7 au 18 décembre 2009 à Copenhague au Danemark vise notamment à trouver un traité, qui succèdera au protocole de Kyoto.( Le protocole de Kyoto en vigueur depuis 2005 )

Ce premier traité, qui est à ce jour l'unique instrument multilatéral de lutte contre l'effet de serre contraignant sur le climat, a été conclu en décembre 1997 et il est entré en vigueur en février 2005. Il vise une réduction mondiale des émissions de six principaux gaz à effet de serre (GES), dont le CO2, d'au moins -5 % en 2012 par rapport à 1990.

Malgré ce protocole, une étude, publiée en novembre dans la rue Nature Geoscience, montrent que les émissions ont pourtant bondi de + 41 % par rapport à 1990. Quant aux émissions liées à l'utilisation d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), elles ont aussi bondi de 29 % entre 2000 et 2008, malgré un léger ralentissement l'an dernier dû à la crise.

Ces engagements contraignants inscrits dans le protocole de Kyoto ne concernent que 38 pays industrialisés pollueurs (dont l'Union européenne), qui ont accepté de le ratifier.
Il faut rappeler que les Etats-Unis est le seul pays dit développé à ne pas avoir ratifié ce traité. 

Ces pays (dits de l'Annexe 1) représentaient 46 % des gaz à effet de serre en 2004 (pour 20 % de la population mondiale et 57 % du PIB) : ils se sont vu imposer des "objectifs différenciés" de -8 % pour l'Union européenne à +15,0 % pour la Russie, -6 % pour le Canada ou le Japon.

Les pays émergents dont la Chine, devenue premier pollueur mondial (19 % des émissions) ou l'Inde sont exonérés au même titre que l'ensemble des pays en développement malgré leur croissance exceptionnelle. Le protocole de Kyoto prend fin en 2012.




Enjeux et tensions politico-économiques

Un projet de texte du Danemark, qui préside la conférence de l'ONU sur le climat à Copenhague, a semé le trouble mardi au deuxième jour des négociations, les ONG jugeant qu'il laisse de côté les demandes des pays en développement .

En l'état, ce document ne fait à aucun moment référence au Protocole de Kyoto, seul instrument juridique existant de lutte contre l'effet de serre, qui engage les pays industrialisés pour l'instant jusqu'en 2012. "Ce texte semble encore plus américain que si les Américains l'avaient rédigé eux-mêmes", soulignait un observateur (les Etats-Unis sont le seul pays développé à n'avoir pas ratifié Kyoto). Pour les pays en développement - la Chine ou le G77 (coalition de 130 pays en développement) l'ont maintes fois rappelé - il n'est pas admissible de tourner le dos à ce traité et de risquer ainsi que les plus riches en profitent pour s'évader de toute contrainte légale internationale.

Le texte danois reprend l'ambition largement partagée de limiter le réchauffement à +2°C et, pour y parvenir, vise une réduction de moitié des émissions mondiales d'ici 2050 par rapport à 1990 - ou de 58 % par rapport à leur niveau de 2005 -. Les pays développés assumant collectivement une baisse de 80 % de leurs émissions. Il ne propose pas d'objectif chiffré à moyen terme (2020) pour y parvenir, laissant sur ce point un blanc.

Mais il recommande un "pic" pour les émissions des pays en développement - lui aussi laissé en blanc - au-delà duquel celles-ci devront commencer à baisser, ce que à quoi se sont collectivement et fermement opposés la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud lors d'une réunion à Pékin, fin novembre.
"Il est trop tôt pour parler d'un pic pour les pays en développement", a d'ailleurs réaffirmé mardi à Copenhague le négociateur chinois Su Wei, interrogé sur ce document.

"Les tactiques de négociations en coulisse sous la présidence danoise se sont centrées sur la volonté de complaire aux pays riches et puissants, plutôt que de servir la majorité des États qui réclament une solution équitable et ambitieuse", estime Kim Carstensen, du WWF, tandis que Martin Kaiser, de Greenpeace, juge qu'elle "nourrit la méfiance". Pour Antonio Hill, d'Oxfam, "les Danois ont désormais la responsabilité d'éclaircir la situation".

Le négociateur chinois, Su Wei, a déploré que les promesses des États-Unis, de l'Union européenne et du Japon restent bien en deçà des exigences des scientifiques. Le Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) préconise une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 % en 2020 par rapport à 1990 pour contenir le réchauffement dans une limite raisonnable. L'engagement américain, actuellement sur la table, équivaut par exemple à une baisse de 3,5 % seulement. On ne peut pas appeler cela «significatif», a ironisé le délégué chinois .


Todd Stern, le négociateur principal des Etats-Unis au sommet de Copenhague, a déclaré, le 4 décembre, dans un entretien au Wall Street Journal, que les pays en développement allaient devoir non seulement s’engager sur des réductions de leurs émissions, mais aussi faire preuve de “transparence” en acceptant des contrôles extérieurs. Il a en outre affirmé que la Maison-Blanche ne suivrait pas l’exemple de l’Union européenne, qui souhaite fixer la somme que les pays riches devront donner aux pays pauvres dans les dix ans à venir pour les aider à faire face au changement

climatique. Autant dire que des frictions vont sans doute se manifester pendant les deux semaines du sommet à Copenhague.

De grands pays en développement, comme la Chine et l’Inde, ont d’ores et déjà refusé que leurs engagements en matière de réductions d’émissions soient soumis à une vérification internationale, sauf si ces réductions sont financées par les pays développés. Entre-temps, la Commission européenne a déclaré qu’entre 22 milliards d’euros et 50 milliards d’euros allaient devoir être puisés dans les budgets des pays riches pour aider les pays pauvres. M. Stern a donc fait savoir que l’administration Obama ne se focalisait pas “sur un chiffre pour 2020”, mais qu’elle essayait plutôt de déterminer quel devrait être “un chiffre global de la part des pays développés” pour les deux ou trois années à venir. Il a par ailleurs refusé de commenter les récentes propositions de la Chine et de l’Inde en vue de réduire l’intensité de leurs émissions ou encore la quantité d’émissions de dioxyde de carbone par point de PIB.


La réticence de M. Stern à préciser quelle sera la position américaine dans les négociations révèle l’impasse politique dans laquelle se trouve la Maison-Blanche alors même qu'elle tente de parvenir à un accord planétaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Sénat américain, accaparé par la législation sur le système de santé et par le débat sur la politique américaine en Afghanistan, a remis au printemps 2010 le vote des textes sur la réduction des gaz à effet de serre. Résultat, M. Obama se trouve dans une relative incapacité à prévoir quelle somme les Etats-Unis

pourront apporter à un programme de financement à long terme pour les pays en développement. La législation adoptée par la Chambre des représentants il y a quelques mois permettrait cependant de débloquer des crédits à cette fin, en obligeant les entreprises américaines à payer pour avoir le droit d’émettre des gaz à effet de serre.

Et le débat secoue toujours les Etats-Unis. Dans une lettre adressée à M. Obama le 4 décembre, le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, John Boehner, a invité instamment le président à “préciser clairement que les négociateurs américains [n’allaient] pas s’engager au nom de notre gouvernement sur un protocole de réduction des émissions”, affirmant qu’une telle initiative coûterait “des emplois aux Etats-Unis”. En réponse, de hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche et des diplomates européens ont déclaré que le sommet de Copenhague ne déboucherait pas sur un accord légal imposant aux différents pays de fortes réductions des émissions de gaz à effet de serre. Ils estimaient qu’il en sortirait plutôt un accord “politiquement contraignant”, avec des engagements spécifiques de la part des Etats à réduire leurs émissions et à aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique. Les dirigeants chercheraient à aboutir à un accord officiel, juridiquement contraignant , lors  d’une deuxième conférence, dont la date reste incertaine.




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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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