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Engrenage , enlisement  ? ou renforts pour conserver une masse décisive pour le moment critique ?



Renforts pour l'Afghanistan : un choix très lourd en hommes et en argent
From :  Le Point , ....
      
La décision du président américain Barack Obama d'envoyer de nouveaux renforts en Afghanistan représente un énorme coût humain et financier pour un pays en guerre sur deux fronts depuis huit ans. Plus de 180.000 soldats américains au total sont déjà déployés en Irak (115.000) et en Afghanistan (68.000).


L'envoi probable de plus de 30.000 soldats supplémentaires, selon les chiffres circulant dans la presse américaine, va forcer à puiser dans le peu de brigades encore disponibles en cas de crise imprévue sur un autre théâtre, préviennent les analystes. La bonne marche du plan du président Obama dépend du retrait graduel des troupes américaines d'Irak d'ici fin 2011.

Mais si la situation devait se détériorer à Bagdad, l'envoi de milliers de soldats en Afghanistan pourrait en être freiné. Bien plus grave aux yeux de l'opinion, l'augmentation du contingent en Afghanistan promet d'être assortie d'une hausse du nombre de morts chez les militaires américains, aux prises avec des rebelles dont les bombes artisanales font des ravages. Environ 800 ont déjà péri en Afghanistan et le mois d'octobre a été le plus sanglant depuis le début du conflit fin 2001, avec 74 tués dans les rangs américains.

 

Selon Anthony Cordesman, expert au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), "le président Obama doit préparer les Etats-Unis et le monde au fait que le nombre de victimes américaines, mais aussi alliées, afghanes et pakistanaises vont certainement doubler voire tripler avant que s'esquisse une victoire".

Ce nouvel effort est enfin demandé à des forces armées épuisées par la violence des combats, la fréquence et la longueur de leurs missions en Irak et en Afghanistan, et qui souffrent aujourd'hui d'un taux alarmant de suicides, de dépressions et de traumatismes cérébraux. L'armée américaine a recensé 140 suicides dans ses rangs depuis le début de l'année, soit autant qu'en 2008, et s'attend à enregistrer un nouveau record en 2009. Malgré tout, selon le chef d'état-major Mike Mullen, les forces armées n'ont pas encore atteint un "seuil critique".

En pleine crise économique, l'aspect financier de la guerre attise l'impatience de l'opinion publique : la facture de l'engagement américain en Irak en Afghanistan promet d'atteindre cette année la barre des 1.000 milliards de dollars, tandis que les deux guerres ont déjà coûté 768,8 milliards au contribuable américain, selon le Pentagone. Le coût moyen des opérations américaines en Afghanistan s'élève déjà à plus de trois milliards par mois et promet d'augmenter: déployer soldats et matériel en terrain afghan, particulièrement difficile et pauvre en infrastructures, coûte plus cher qu'en Irak.

D'après le Pentagone, l'envoi et l'entretien d'un soldat en Afghanistan coûtent 500.000 dollars. Selon les experts de la Maison Blanche, ce prix est plus proche d'un million. Cette facture risque de gonfler encore l'énorme déficit public américain et inquiète la frange démocrate du Congrès américain, qui cherche actuellement à imposer une coûteuse réforme de la santé. Les partisans d'une augmentation du contingent américain en Afghanistan reconnaissent qu'une telle décision va peser sur les épaules d'une armée fatiguée. Mais selon Steve Biddle, expert au Centre sur les relations étrangères (CFR), une défaite contre les talibans consécutive à un retrait d'Afghanistan serait un coup encore plus dur porté aux militaires américains. "L'armée américaine a mis du temps à se remettre des effets de notre échec au Vietnam. Nous sommes donc confrontés à un vrai dilemme".



Des bavures de l'Otan qui font perdre la guerre
From : ???

Un bombardement a tué 90 _125 personnes dans le nord du pays. 
La nouvelle bavure de la coalition internationale en Afghanistan tombe on ne peut plus mal, alors que le pays attend toujours le résultat de l’élection présidentielle de la fin août. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un bombardement effectué par un avion de l’Otan a tué 90_125 personnes, dont un nombre important de civils, dans la province de Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan.

La frappe aérienne, demandée par l’armée allemande qui exerce le commandement dans la province de Kunduz, visait un groupe de rebelles qui s’étaient emparés de deux camions-citernes d’essence sur une grande route, près de la localité d’Angorbagh.

Au-delà de la tragédie pour la population civile, le bombardement témoigne de la dégradation de la situation dans le nord et le nord-est de l’Afghanistan. C’est ainsi que la route entre Mazar-i-Sharif, capitale du nord du pays, et Kunduz est régulièrement coupée en plein jour par les insurgés. Ceux-ci contrôlent aussi trois districts, majoritairement peuplés de Pachtounes.

Kunduz est l’un des rares endroits où les talibans ont effectivement combattu lorsque les forces de l’Alliance du Nord, soutenues par les Américains, sont intervenues en Afghanistan pour les chasser du pouvoir après le 11 Septembre. C’est aussi un fief du Hezb-e islami.

Cette région de l’Afghanistan a été confiée aux soldats allemands qui, en général, sortent très peu de leur base. Selon un chercheur allemand, ils «sont quasiment en situation d’assiégés et, comme ils ne veulent pas avoir de pertes, ils ont abandonné le contrôle d’une large partie de la province aux rebelles». Ils ont cependant modifié leurs règles d’engagement et peuvent tirer dès qu’ils se sentent menacés au sol. En revanche, leurs avions ne sont pas équipés pour bombarder et ils laissent ce soin aux Américains, Britanniques ou Français. La bavure de vendredi, de par l’ampleur des pertes, a causé un immense scandale outre-Rhin.

Cette situation n’est évidemment pas sans inquiéter l’Isaf, qui a commencé à organiser le ravitaillement de ses forces à partir de l’Asie centrale, via deux routes, l’une venant d’Ouzbékistan et l’autre du Tadjikistan, et qui se rencontrent dans la province de Baghlan. Cette solution avait été mise en place après les attaques dont font régulièrement l’objet ses convois sur la route traversant le Pakistan depuis Karachi, essentiellement à partir de Peshawar. «Les talibans se sont manifestés dans la région bien avant que l’Otan établisse ses deux routes en provenance d’Asie centrale. Mais cela va sans doute les pousser à intensifier leurs activités», souligne Mohammed Atta. Dans les districts tombés sous leur contrôle, les talibans ont mis en place un embryon d’administration, notamment un gouverneur et des religieux chargés de la stricte application de la loi islamique et de rendre la justice. Cette partie du nord de l’Afghanistan est aussi une voie de communication pour les insurgés étrangers, principalement ouzbeks, qui ont comme stratégie de relancer l’agitation islamiste en Asie centrale.


Des dissensions sont apparues parmi les alliés sur cette bavure, le haut commandement allemand ayant accusé les Américains de désinformation. Il reste que Berlin, qui commande régulièrement des opérations militaires impliquant des Américains dans cette région à risques, se voit à son tour reprocher des pertes civiles régulières et trop nombreuses. Les autorités allemandes se trouvent particulièrement isolées dans un pays marqué par une culture résolument antimilitariste. L'opinion publique multiplie les pressions en vue d'un plan de retrait des 4 200 soldats d'ici 2015. La bavure de Kunduz tend à s'imposer comme l'un des points centraux de la campagne pour les élections fédérales, qui débuteront le 27 septembre prochain. Ni les Chrétiens démocrates d'Angela Merkel, ni la direction du SPD ne sont pour l'instant clairement favorables à la mise en place d'un plan de retrait. Cet épisode pourrait profiter dans les urnes à Die Linke (gauche radicale), la seule formation favorable à l'évacuation immédiate des troupes.




L'OTAN épaule les renforts américains en Afghanistan
From : Le Monde , ???
L'Alliance atlantique est parvenue, vendredi 4 décembre, à mobiliser quelque 7 000 hommes pour appuyer la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan, qui prévoit le déploiement rapide de 30 000 personnels supplémentaires - trois brigades de combat, une autre chargée de l'entraînement des forces afghanes, en plus d'experts du renseignement, de la propagande.

 

43 pays participent à l'effort de guerre sous l'autorité de l'OTAN.

Les principaux contributeurs : Les Etats-Unis ont 34 800 hommes, la Grande-Bretagne 9 000, l'Allemagne 4 365, la France 3 095, le Canada 2 830, l'Italie 2 795, les Pays-Bas 2 160, la Pologne 1 910, l'Australie 1 350. Certains pays n'ont qu'une présence symbolique de quelques personnes comme la Géorgie ou l'Islande.

Ces renforts proviendront de douze pays membres de l'Alliance (la Grande-Bretagne augmentera son contingent de
1 200 unités, l'Italie de 1 100), de pays partenaires (un contingent de 925 soldats pour la Géorgie) et de pays tiers (Corée du Sud, Colombie, Monténégro...).

Le total d'environ 10 000 hommes espéré par Washington n'est pas atteint et certains contributeurs (Canada, Pays-Bas, Australie) annoncent plutôt des retraits. Mais "l'engagement important" des alliés satisfait la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, présente à Bruxelles pour une réunion avec ses 28 homologues de l'Alliance et des 16 autres pays qui participent à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS). "Ces nouveaux engagements démontrent un fort soutien à la décision de M. Obama sur l'Afghanistan et le Pakistan", a estimé Mike Hammer, le porte-parole du Conseil de sécurité national, à Washington.


Paris et Berlin, ont confirmé que l'envoi de renforts ne leur semblait pas nécessaire. Elles attendent une conférence prévue en janvier et au cours de laquelle, espèrent-elles, sera définie une vraie stratégie pour l'Afghanistan. D'ici là, la France et l'Allemagne pourraient ébaucher une initiative européenne.


Quelle utilité pour les renforts ? "Il fallait envoyer plus de soldats, il faut s'engager sur le long terme", affirment les Etats-Unis et l'OTAN. Problème : malgré des renforts américains (21 000 hommes en mars), 2009 aura été l'année la plus meurtrière depuis le début de la guerre et les forces de la coalition ont à nouveau perdu du terrain au profit des talibans. Le passage à 150 000 hommes sera-t-il déterminant ? Ou est-ce la stratégie suivie qui est en cause ? L'augmentation du nombre de soldats étrangers renforcera non seulement la résistance des talibans, mais aussi l'hostilité de la population, estiment, quant à eux, des experts.


Quel crédit pour le régime Karzaï ? Le discours de la coalition a évolué : il évoque la nécessité d'une "afghanisation" et d'une campagne visant à "gagner les coeurs" de la population. En luttant contre la corruption, la pauvreté, le manque d'équipements, etc. Réélu dans des conditions très douteuses, le président afghan a promis un effort et une amélioration de la gouvernance, du développement social et de la lutte contre la drogue. "Un signe encourageant", juge l'OTAN. Mais l'aide internationale est toujours détournée à hauteur de 90 %, a estimé récemment Bernard Kouchner. La mission d'assistance de l'ONU n'a, elle, jamais publié de rapport sur l'affectation de ses aides. Et des ministres sont directement liés au trafic d'opium. Le dilemme, pour Washington, est de forcer M. Karzaï à changer de cap sans l'affaiblir davantage.

Comment former l'armée et la police ? Selon le commandement américain, il faut 240 000 soldats et 160 000 policiers pour sécuriser le pays.
Actuellement, il en possède respectivement 96 000 et 68 000. Selon la FIAS, 200 équipes de formateurs comprenant chacune de 25 à 40 membres devront être constituées. Des experts militaires diagnostiquent d'autres problèmes : un niveau général très faible, des salaires peu motivants, des désertions, des rivalités entre ethnies. Et une incertitude quant à la possibilité d'incorporer, comme cela est prévu, les milices de défense locale.



Le Pakistan s'interroge sur son rôle en Afghanistan .
Quelle relation avec le Pakistan ? Mme Clinton évoque "l'élargissement de la coopération avec le Pakistan", lequel réclame des "éclaircissements" sur le nouveau projet américain.

«Le Pakistan est impatient de coopérer étroitement avec les États-Unis pour faire en sorte que la nouvelle stratégie n'engendre pas d'effets néfastes pour lui», a déclaré le ministère de Affaires étrangères pakistanais à l'issue du discours d'Obama.
Islamabad n'en a jamais fait mystère, l'une de ses principales craintes est de voir affluer en territoire pakistanais les rebelles islamistes chassés d'Afghanistan par les troupes de la coalition. Cela ne manquerait pas de compliquer la tâche de l'armée pakistanaise dans sa lutte contre les talibans et al-Qaida. Pis, ce pourrait être la porte ouverte à une intervention directe des forces américaines dans les Zones tribales pakistanaises et au Baloutchistan, où se cacherait le mollah Omar, le chef spirituel des talibans. Un cauchemar pour le gouvernement d'Islamabad, qui devrait jongler entre son alliance avec les États-Unis et son opinion publique de plus en plus antiaméricaine.



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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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