Cette affaire économique est également devenue politique mardi, lorsque Renault a alerté le gouvernement de la mise à pied de ses trois cadres.
Selon Europe 1, l'Elysée et Bercy auraient alors exigé que le rapport d’enquête interne soit intégralement remis à la Direction centrale du renseignement intérieur, la DCRI. Mercredi soir, une réunion se serait tenue, d'après Europe 1, dans le bureau de Patrick Pellata, n°2 de Renault, afin de décider si le groupe comptait porter plainte ou non. A la sortie, il aurait été décidé de ne faire aucune poursuite, et de procéder à des licenciements pour faute grave.
Le ministre de l'Industrie Eric Besson avait tout de suite réagi à cette affaire d'espionnage industriel. "J'ai demandé à l'administration de Bercy de bien vouloir renforcer les obligations de protection des entreprises industrielles qui demandent l'aide de l'Etat, qui nous demandent une contribution financière pour innover", a-t-il déclaré jeudi à la presse.
Suite à la vive réaction du ministre, il aurait été demandé à Renault de porter finalement plainte pour l'exemple, selon les informations d'Europe 1. Les trois cadres risquent jusqu’à 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende.
_Vers un secret d'entreprise inspiré du secret défense
"Il y a une bataille mondiale pour l'innovation", a commenté samedi matin sur Europe 1 Eric Besson, avant de juger nécessaire la création d'un "confidentiel entreprise", inspiré de la classification secret-défense.
"Il y a une bataille mondiale pour l'innovation", a commenté samedi matin sur Europe 1 Eric Besson, avant de juger nécessaire la création d'un "confidentiel entreprise", inspiré de la classification secret-défense.
"On veut que le Conseil d'Etat donne son avis sur un éventuel projet de loi qui consisterait à créer un confidentiel entreprise, comme il existe un confidentiel défense. Autrement dit, un certain nombre de documents, de lettres, de mails, de croquis seraient classés confidentiels. Leur divulgation, leur utilisation non autorisée vaudrait pour l'auteur un risque civil ou pénal, comme cela existe pour le confidentiel défense", a-t-il précisé.
Une affaire pas très claire !
Le ministre de l'industrie, Eric Besson, a refusé, samedi 8 janvier, de confirmer que la piste chinoise était privilégiée dans l'affaire d'espionnage industriel qui secoue le constructeur automobile Renault. Plusieurs journaux ont assuré que les enquêteurs privilégiaient cette hypothèse.
"A ce stade, moi je ne peux pas l'affirmer et seule une enquête contradictoire pourrait le dire (...) La piste chinoise est privilégiée, peut-être, mais moi, je ne suis pas qualifié pour le dire", a répondu M. Besson sur Europe 1. Le ministre, qui a appelé à respecter la présomption d'innocence, a dit que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) n'avait pas encore été saisie dans un cadre judiciaire mais devrait l'être dès que Renault portera plainte, ce qui devrait avoir lieu lundi.
"A ce stade, moi je ne peux pas l'affirmer et seule une enquête contradictoire pourrait le dire (...) La piste chinoise est privilégiée, peut-être, mais moi, je ne suis pas qualifié pour le dire", a répondu M. Besson sur Europe 1. Le ministre, qui a appelé à respecter la présomption d'innocence, a dit que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) n'avait pas encore été saisie dans un cadre judiciaire mais devrait l'être dès que Renault portera plainte, ce qui devrait avoir lieu lundi.
L'utilisation des services secrets au nom du nationalisme économique
Alors que les multinationales ont démantelé progressivement les capacités de protection économique des Etats, elles sont pourtant les premières à utiliser leurs services lorsque ceux-ci sont à leur avantage. Ainsi les services secrets des grandes puissances sont loin de se cantonner à des missions liées à l'ordre public ou à la « guerre contre le terrorisme ». Ils sont aujourd'hui largement tournés vers les secteurs économiques et financiers.
Les Etats-Unis, l'Angleterre et la Suède ont, depuis longtemps, engagé leurs services spéciaux aux côtés de leurs champions nationaux. La Chine, le Japon ou la Russie leur ont entre-temps emboîté le pas.
Alors que les multinationales ont démantelé progressivement les capacités de protection économique des Etats, elles sont pourtant les premières à utiliser leurs services lorsque ceux-ci sont à leur avantage. Ainsi les services secrets des grandes puissances sont loin de se cantonner à des missions liées à l'ordre public ou à la « guerre contre le terrorisme ». Ils sont aujourd'hui largement tournés vers les secteurs économiques et financiers.
Les Etats-Unis, l'Angleterre et la Suède ont, depuis longtemps, engagé leurs services spéciaux aux côtés de leurs champions nationaux. La Chine, le Japon ou la Russie leur ont entre-temps emboîté le pas.
Dans ce domaine, les Etats-Unis disposent avec la NSA (National Security Agency) d'un atout maître. La NSA s'apparente vraiment aujourd'hui au Big Brother de 1984 , de Georges Orwell. Ses moyens matériels et humains, capables de surveiller et de collecter des dizaines de millions de communication, sont sans équivalent. La découverte d' « Echelon », réseau planétaire de stations d'écoute et de satellites espions mis en place par les Etats-Unis avec la coopération du Royaume-Uni de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie, a mis en lumière l'ampleur des moyens de surveillance de la NSA.
La collusion entre les multinationales et l'administration américaine permet aisément d'imaginer les précieux avantages dont les financiers américains disposent sur leur concurrence.
Mais les entreprises se méfient aussi des services secrets de l'Etat , lesquels services peuvent aussi bien travailler pour certaines firmes concurrentes , ou pour certaines personnalités ... qui sont des agents des pays étrangers ou qui sont en relation avec des firmes concurrentes ... Paranoïa !
_Le Blackberry au coeur de l'espionnage des ministères et entreprises ?
Certaines entreprises et même des Ministères français auraient pris le parti d'interdire à leurs cadres l'utilisation du Blackberry, cet appareil très à la mode qui permet de lire ses courriers électroniques via le réseau GSM. Leurs responsables de la sécurité prendraient la menace de l'interception de ses communications très au sérieux. À tel point que le sujet a été abordé lors d'un séminaire récemment organisé à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
Certaines entreprises et même des Ministères français auraient pris le parti d'interdire à leurs cadres l'utilisation du Blackberry, cet appareil très à la mode qui permet de lire ses courriers électroniques via le réseau GSM. Leurs responsables de la sécurité prendraient la menace de l'interception de ses communications très au sérieux. À tel point que le sujet a été abordé lors d'un séminaire récemment organisé à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
Le Blackberry fleurit dans les vestons des cadres et des hauts-fonctionnaires français, et cela n'est pas forcément sans risque. C'est en tout cas la conclusion qu'ont pu tirer les participants à un séminaire consacré aux "menaces d'investigations extérieures", organisé à Paris par l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
Parmi les menaces évoquées durant ce Think Tank militaro-civil, il semblerait que la prolifération des Blackberries en entreprise inquiète même les services de renseignement. Selon Le Nouvel Observateur, les responsables informatiques de grandes entreprises françaises et de certains Ministères auraient même déjà banni l'usage du petit récepteur de poche pour leurs cadres.
Le Blackberry, dont les communications empruntent le réseau GSM/GPRS traditionnel, est en effet soumis aux mêmes faiblesses que les récepteurs GSM classiques. Mais il y a pire : la totalité des courriers envoyés aux récepteurs sur le terrain transitent par un serveur situé à l'étranger, appartenant à l'éditeur du service, et échappent donc au contrôle de l'entreprise.
Research In Motion (RIM).Mais chiffré ou pas, le courrier sort bien du giron de l'entreprise, et c'est justement ce qui inquiète les services de renseignement. La France n'est d'ailleurs pas la première à se méfier du Blackberry. En Australie, le Defence Signals Directorate, une branche des services de renseignements, a interdit la transmission par Blackberry de documents gouvernementaux confidentiels. Il exige en outre -pour les communications non confidentielles- que soit utilisée la version Enterprise du service, que soient désactivées les options de peer-to-peer, de client web ou de redirection automatique.
Mais tout cela ne fait finalement que renforcer la sécurité de l'ensemble contre des pirates locaux, et non contre une vraie opération de renseignement. Car les courriers partiront toujours à l'étranger : RIM a confirmé que tous les courriers reçus sur des Blackberries australiens transitaient bien par le Canada. En France, ils passeraient par des serveurs situés en Angleterre
_Les fonds d'investissement américains, plus particulièrement les «hedge funds», peuvent également, dans un rôle d'éclaireur, contribuer à cette stratégie. Du Carlyle Group à Capital Strategy, nombreux sont ceux qui disposent d'une part du capital de très nombreuses entreprises à travers le monde, dont certaines sont spécialisées dans les technologies de pointe. S'il est peu crédible d'imaginer que ces fonds obéissent au doigt et à l'oil aux directives de la Maison-Blanche, il paraît beaucoup plus réaliste de penser que ces acteurs sont avant tout des informateurs de premier plan. Cet avantage dans le domaine de la prospection est encore renforcé par le concours d'autres organismes « spécialisés » dans l'intelligence économique, dont l'Advocacy Center. Ce dispositif de veille et d'influence fonctionne selon la méthode suivante : les consulats américains envoient des émissaires visiter des sociétés innovantes qu'ils savent en mal de financement pour leur proposer soit un coup de pouce, soit… une délocalisation sur le sol américain. Comme on le voit au travers de ces exemples, l'intelligence économique peut parfois prendre des formes inattendues. Ce qui en revanche est certain, c'est qu'aux Etats-Unis, le renseignement d'Etat et les entreprises privées collaborent main dans la main, sans le moindre complexe.
From : le Monde , Europe 1 , Moteurnature , Contrepouvoir ...
Publicité