Selon le journal norvégien Aftenposten, qui se base sur des câbles diplomatiques de WikiLeaks , la France est en tête en matière d’espionnage industriel en Europe. Elle surclasse la Russie et la Chine, deux pays connus pour leur activité d’espionnage économique à travers le monde. «L’espionnage français est tellement étendu que les dégâts pour l’économie allemande, dans leur totalité, sont plus importants que les dégâts provoqués par la Chine ou la Russie», est écrit dans une note non datée de l’ambassade des Etats-Unis à Berlin, reprise partiellement par Aftenposten.
De la veille technologique à l'espionnage industriel ....
« Une manière de faire la guerre »
Bernard Carayon, député-maire du Tarn, préside à l'Assemblée le groupe d'étude sur les politiques publiques d'intelligence économique.
Qu'est-ce que la guerre économique exactement ?
Il s'agit avant tout d'une guerre sans visage. Il s'agit pour les commanditaires d'actes d'espionnage industriel de voler des technologies mais aussi des idées ou des carnets d'adresses.
Une véritable activité économique
L'espionnage industriel est en effet une activité économique. D'ailleurs, les anglo-saxons utilisent l'expression « intelligence économique ». Il s'agit de gagner du temps dans la Recherche et Développement, la phase la plus coûteuse de la mise au point d'un produit. Sachant qu'un nouveau véhicule demande huit ans de travail, gagner deux ans sur la conception d'une batterie innovante représente des dizaines de millions d'euros d'économies. Les Français, notamment issus du milieu militaire, sont excellents dans ce type de productivité. Nos amis allemands et américains s'en plaignent dans des câbles diplomatiques révélés par Wikileaks. Il suffirait que nos experts en « intelligence offensive » enseignent la « paranoïa industrielle » au secteur privé pour que l'innovation - et les emplois qui en découlent - soient sécurisés.
6600 entreprises surveillées par le contre-espionnage français
6.600 entreprises vont être " suivies" en France par la future Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), devant regrouper à terme DST (contre espionnage) et RG (Renseignements généraux), a indiqué vendredi le directeur de la DST Bernard Squarcini dans un entretien à La Tribune.fr. La "patron" de la Direction de la surveillance du territoire (DST) explique que cette réforme du renseignement, actuellement en chantier, va permettre de rapprocher le travail, dans le domaine de l'intelligence économique, des RG et de la DST. "6.600 entreprises vont être suivies par le nouveau service de renseignement du ministère de l'Intérieur", déclare M. Squarcini précisant que "ce sont les plus en pointe au plan technologique dans les secteurs dits régaliens, de la défense ou de l'énergie" qui le seront. "Le rapprochement (RG/DST) permettra ainsi de limiter les doublons", ajoute-t-il. M. Squarcini, interrogé sur les "agressions électroniques" dont sont victimes les entreprises françaises déclare par ailleurs que "nous avons un vrai souci sur ce point".
On cite volontiers Friedrich Krupp comme le créateur de l'espionnage industriel et son fils comme le fondateur du contre-espionnage industriel mais on oublie de signaler que si le père pilla le secret de fabrication de l'acier anglais ce fut pour obtenir la récompense offerte par Napoléon à ceux qui lui apporteraient ce procédé. Quant au fils, il ne fit qu'appliquer ce vieux principe qui conduit les voleurs à vivre dans l'obsession d'être volés. Certains procédés ne sont d'ailleurs pas condamnables. Qui aurait condamné Colbert lorsqu'il attira en France des architectes navals hollandais pour créer une marine de guerre aussi performante que celle des Anglais ? Qui aujourd'hui condamne ceux de nos dirigeants qui vendent leur savoir-faire à des pays étrangers qui viendront ensuite nous concurrencer ?
L'espionnage économique est vieux comme le monde, mais il devient une pratique banalisée. Dans le passé, on a volontiers pris comme exemple de victime la Chine qui perdit le secret de fabrication de la soie car, plus de 15 siècles avant notre ère, quelques vers quittèrent ce pays dissimulés parmi les fleurs qui ornaient le chapeau d'une princesse chinoise. Ce cadeau fit la fortune de son amant hindou. Aujourd'hui, des milliers d'entreprises se font piller par des milliers d'autres entreprises qui n'appartiennent pas toujours à des pays étrangers. Une enquête confidentielle réalisée voici quelques années aux Etats-Unis n'a-t-elle pas révélé qu'un tiers des grands sociétés américaines interrogées reconnaissaient avoir pratiqué l'écoute électronique de leurs concurrents ?
Sur la piste des espions français .....
_Les services secrets français auraient-ils tenté d'espionner le PDG d'une comptagnie aérienne chinoise en visite à Toulouse? Un mystèrieux sac censé contenir du matériel d'enregistrement a été découvert dans la chambre d'hôtel du patron de China Eastern Airlines.
Shaoyong Liu était à la tête d'une délégation de la compagnie aérienne China Eastern Airlines en visite chez Airbus.Quinze jours après la découverte de curieux intrus dans la suite d'un prestigieux hôtel toulousain réservé par le PDG de China Eastern Airlines, ce dossier classé sensible s'emballe. Un ultime rebondissement vient en effet de donner à cette affaire des airs de véritable roman d'espionnage.
Les trois personnes surprises la main dans le sac, mardi 30 novembre, vers 19 heures, en train de fouiller dans les valises du responsable de la compagnie aérienne chinoise, Shaoyong Liu, seraient ni plus ni moins des membres des services secrets français. En plus d'un ordinateur portable, d'un lecteur DVD et des clés, un sac censé contenir du matériel d'enregistrement et de récupération de données a aussi été découvert par la délégation chinoise.
Celle-ci avait réservé neuf chambres, dont une suite présidentielle, dans le palace de luxe quatre étoiles situé place du Capitole, à Toulouse. Ce matériel de professionnel a été abandonné sur place par les trois agents présumés qui ont été surpris dans la suite du PDG, par un des membres de la délégation.
Bévue diplomatique
Très vite repartis, ces trois individus n'ont bien sûr pas laissé d'adresse. En revanche, les méthodes utilisées ainsi que le matériel sophistiqué retrouvé tendent à désigner des services d'espionnage français qui manifestement n'ont pas réussi leur coup.
Reste une question cruciale : pourquoi des agents des services secrets français s'intéresseraient-ils au contenu des bagages du PDG de China Eastern Airlines ? Une compagnie basée à Shangaï et qui possède une flotte de 200 avions dont de nombreux Airbus. Les projets de développement et de construction d'aéroports sur le sol chinois d'ici les 20 prochaines années aiguisent peut-être toutes les convoitises.
Arrivée à Toulouse, fin novembre, la délégation chinoise était en visite dans la Ville rose afin de visiter les installations d'Airbus. Ces dirigeants venaient de prendre possession de leur chambre d'hôtel, ce mardi 30 novembre.
Peu avant 19 heures, l'un des membres est retourné dans la chambre du PDG et c'est à ce moment-là que le trio suspect s'est fait piéger avant de filer à l'anglaise. Pas de vol, pas d'effraction, pas de dépôt de plainte. Judiciairement, l'affaire fait pschitt.
Les Chinois ont plié bagage durant la soirée se contentant d'exiger « une enquête » auprès des services de police. Mais diplomatiquement, ce qui ressemble fort à une bévue, risque de créer des tensions dans les hautes sphères politico-economiques chinoises et françaises. Reste une trace : la visite éclair de ces présumés espions français n'a pas échappé aux caméras de surveillance de l'hôtel de luxe.
_Longtemps les services français, s’intéressaient à l’Algérie.....Grâce à ses bases d’écoute sur le plateau de Domme (Périgord), ces trois autres bases d’interception des communications satellitaires) Kourou (Guyane), à Mayotte et sur le plateau d’Orgeval (Ouest de Paris), la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) a déployé ses grandes oreilles pour espionner toutes les communications dans le Maghreb. Tous les types de satellites utilisés dans les communications quotidiennes des Algériens sont filtrés que ce soit Eutelsat, Molniya, Inmarsat, Panamsat ou Arabsat. Grâce à des ordinateurs puissants, les services français traquent les faisceaux et choisissent les segments qui les intéressent dans le cadre de l’accumulation du renseignement. Les canaux loués par les militaires, diplomates et entreprises économiques sont particulièrement suivis et leurs conversations décortiquées par des experts. Des renseignements faisaient état, que l’ensemble des institutions algériennes sensibles, est espionné par la DGSE depuis la base d’écoute de Saint-Laurent de la Salamanque, près de Perpignan, sur le mont de Canigou. Ce système d’une vingtaine d’antennes parapluies filtre l’ensemble des communications militaires (écoutes des casernes de l’ANP), mais également les institutions civiles comme la présidence de la République, les Affaires Etrangères, les partis politiques et quelques journaux, dont l’interception des e-mails.
Des satellites qui lui permettent d’écouter le monde entier. En 2003, le ministère français de la Défense avait mis en service un système d’écoute électronique spatial que seuls les Etats-Unis et la Russie possèdent. Ce système a été dénommé Essaim. Il permet à la France de surveiller l’activité radio et radar de la planète à partir d’une orbite située à 680 km d’altitude. La DGSE dispose actuellement de l’un des plus grands centres d’écoute du monde. Il s’agit de la base de Domme, Sarlat. Ce centre est considéré comme les «grandes oreilles» de la République française. Elle permet aux services d’espionnage français d’écouter quotidiennement des centaines de milliers voire même des millions de discussions téléphoniques, d’accéder à des e-mails, des fichiers et des fax, dans les quatre coins du globe. On dit gouverner, c’est prévoir. Et pour prévoir, il faut bien savoir... par tous les moyens, même en abusant de la confiance d’un partenaire ou d’un allié.
Les Etats-Unis, possèdent eux aussi au cœur du Maghreb, une station d’écoute de la NSA (Sécurité Nationale Américaine) au Maroc, dans le département de Tanger.
L’Algérie s’est équipée de nouveaux systèmes de défense électronique et d’antennes puissantes qui permettraient de contrer tout type d’écoute. L’Algérie est entrée en partenariat stratégique dans le domaine du contre-espionnage... Ce nouveau système électronique de protection équipé d’antennes satellitaires, capable de crypter les communications stratégiques et de se protéger contre les « intrusions » et les opérations d’espionnage électronique.....
_La justice belge accuse Suez d’espionnage industriel au dépends d’Electrabel. Le groupe énergétique français est accusé de piratage informatique.
Les faits remontent à 2004. Le parquet belge a demandé que la société et cinq individus soient déférés devant la justice pénale. Une instance juridique doit statuer sur la question le mois prochain.
Wenke Roggen, procureur-adjointe de Bruxelles : “De l’enquête qui a suivi, il est apparu qu’effectivement on avait placé un instrument que l’on appelle un mouchard sur l’ordinateur et par lequel on parvient à intercepter ce qui est tapé sur l’ordinateur”. Suez avait racheté l’an dernier les actionnaires minoritaires d’Electrabel devenue ainsi filiale à 100% de la société française. Des accusations plutôt embarrassantes pour Suez qui attendait aujourd’hui de connaître les conditions que poserait la Commission européenne à sa fusion avec le groupe énergétique français GDF.
Il y a chez les Asiatiques , les Européens , les Américains , etc ... une culture , une tradition de copier , d'espionner ... Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE : Il y a trois ans, une note des renseignements généraux français indiquait que les entreprises françaises se faisaient piller en premier lieu par les entreprises françaises, puis par les Alliés (Européens, américains) et ensuite seulement par les autres pays comme la Chine ...
Sur la piste des espions chinois .....
_«Guerre économique» : Eric Besson n'a pas mâché ses mots, hier, en évoquant l'affaire d'espionnage qui secoue Renault. Il faut dire que c'est l'un des fleurons de l'économie française qui est touché. Trois hauts responsables de la marque au losange sont soupçonnés d'avoir diffusé à l'extérieur des informations sensibles. Les sanctions ne se sont pas fait attendre. Les trois cadres ont été mis à pied et sommés de quitter leurs postes immédiatement. Renault va «inévitablement» porter plainte. Parmi les trois cadres incriminés, l'un siègerait au comité de direction qui compte seulement 27membres dont le P-DG, Carlos Ghosn. Le deuxième serait directeur des avant-projets véhicules et le dernier travaillerait exclusivement, selon Le Figaro, sur le programme-phare de Renault : les véhicules électriques. Un secteur sur lequel Renault-Nissan mise énormément et qui serait au coeur de cette affaire d'espionnage. Le groupe a déjà investi quatre milliards d'euros dans le développement de la voiture électrique et mobilise pas moins de 1.700 ingénieurs sur cette gamme. Avec l'objectif de devenir leader mondial du secteur qui représentera, selon lui, 10 % des ventes mondiales en 2020. En attendant, ses premiers modèles font leur apparition sur le marché avec d'abord la Nissan Leaf, lancée en décembre dernier, et bientôt la berline familiale Fluence et l'utilitaire Kangoo Express en version électrique chez Renault, attendues à la mi-2011.
56 brevets ne concernant que le véhicule électrique ont ainsi déjà été déposés. 34 devaient suivre très rapidement et une centaine d'autres sont dans les cartons. Au coeur de ses brevets: la batterie électrique. Le défi majeur pour les services de recherche et développement du constructeur français et de son partenaire japonais, comme de leurs concurrents, est d'améliorer les performances des batteries pour améliorer l'autonomie des véhicules électriques, condition sine qua non à l'essor de ce marché. Vu l'enjeu, la tentation paraît donc grande. Résultat, les constructeurs automobilies sont devenus des cibles de choix de l'espionnage, au même titre que les industries pharmaceutique, de défense et d'aérospatiale. «Parvenir à se procurer de façon malveillante des secrets de fabrication permet de gagner plusieurs années de développements», explique Olivier Darrason, président de la Compagnie européenne d'intelligence stratégique.
«Quand il faut dix ans pour sortir un véhicule, douze ans pour mettre sur le marché une molécule pharmaceutique, vingt ans pour un avion ou vingt-cinq ans pour un programme spatial, la tentation est effectivement grande de rapiner», ajoute le député UMP Bernard Carayon, expert des questions d'intelligence économique. «Plus le cycle industriel est long, plus il est difficile de maintenir le secret et plus la tentation est forte, c'est mécanique», souligne encore le parlementaire, auteur de plusieurs rapports sur ces questions. Résultat, pour se prémunir, certains industriels n'hésitent pas à faire appel à la Direction centrale du renseignement intérieur ou à avoir recours à... l'espionnage.
«La DCRI est sur le coup»
«C'est un sous-traitant automobile français qui aurait servi d'intermédiaire entre eux et des interlocuteurs chinois», affirme le site. Ce serait Renault qui aurait remonté le fil via une «société privée». Interrogé, le constructeur automobile français s'est refusé vendredi soir à tout commentaire. «Le Figaro» avait déjà évoqué une «piste chinoise» privilégiée par les services secrets et par Renault.
Les trois cadres incriminés pourraient avoir vendu des brevets non encore déposés à un ou plusieurs intermédiaires spécialisés dans l'intelligence économique, estimaient jeudi des sources internes. Concernant le destinataire final de ces informations, Renault soupçonne un acteur chinois, selon plusieurs sources internes. Les services secrets français, qui prennent cette affaire au sérieux, ont démarré une enquête qui privilégie également la piste chinoise...
Le constructeur français, qui lancera 4 voitures électriques sur 2011-2012, a déposé 56 brevets sur la voiture électrique ; 34 dépôts sont imminents et 115 autres sont en cours d'analyse. Au total, Renault-Nissan a investi 4 milliards d'euros dans cette technologie, dont 1,5 milliard dans la batterie, le nerf de la guerre. L'ensemble des constructeurs chinois talonne le groupe, avec 1,36 milliard investi dans la batterie électrique, selon le cabinet Roland Berger. La Chine a lancé un ambitieux programme de développement des véhicules électriques regroupant 16 constructeurs publics. Elle prévoit d'investir environ 15 milliards de dollars en dix ans sur les véhicules verts.
Le plus gradé des trois hommes incriminés, Jean-Michel Balthazard, membre du comité de direction et directeur de la division «amont et projets», était réputé pour son implication dans le groupe. Embauché en 1980, il avait piloté le développement de la Laguna 3 jusqu'à fin 2005. Son adjoint, Bertrand Rochette, en charge des avant-projets, a également été mis à pied. De même que Matthieu Tenenbaum, adjoint du directeur du projet véhicules électriques.
Un des trois cadres se dit «abasourdi»
Par l'intermédiaire de son avocat, un des cadres soupçonné par Renault, Mathieu Tenenbaum, directeur adjoint du programme des voitures électriques du constructeur, s'est dit «abasourdi par les accusations d'espionnage». . Tenenbaum a été expulsé lundi de ses locaux professionnels «en quelques minutes, sans aucune justification qu'un laconique et énigmatique 0n sait ce que vous avez fait, vous feriez bien d'avouer», selon son défenseur, Me Thibault de Montbrial. L'avocat a dénoncé «ce décalage entre le mutisme de sa hiérarchie lundi et la véritable prédéclaration de
culpabilité de la communication publique de Renault depuis quatre jours».
Une affaire pas très claire ! La technologie de Renault n'est pas au top mondial .....Un coup de Pub ? Un moyen pour réclamer de l'aide publique ? L'Etat veut -il surveiller de près la firme Renault et toutes les autres entreprises ? à suivre ....
From : Wikileaks , Figaro , Telegramme , la Depêche , ElWatan , l'Expansion ,Blog R.Papin ,le Monde , le Parisien , ....