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L'espionnage industriel ou espionnage économique est l'espionnage qui vise le commerce, par opposition à celui, plus habituel, qui vise la sécurité nationale. Il peut être effectué par un gouvernement ou une entreprise privée. C'est le complément de l'intelligence économique , mais le terme espionnage inclut aussi ces méthodes, dans le langage courant. Ses méthodes particulières ainsi qu'illégales incluent les pots-de-vin, le chantage, la surveillance électronique et parfois même la violence. Il peut y avoir avantage pour un gouvernement d'espionner des entreprises privées et aussi à l'inverse, par exemple afin de pouvoir soumissionner pour un montant plus bas.

 

 

La plupart des grandes entreprises admettent financer d'importants départements dédiés aux aspects légaux de l'« investigation » industrielle.

À l'heure de l'économie de l'immatériel, la frontière entre espionnage industriel et investigation légale est particulièrement floue :

_l'accès à l'information est très aisé par le réseau internet (voir sources ouvertes, Robert Steele) et par les pratiques d'influence exercées lors des multiples colloques et salons professionnels,
_le droit est complexe, voire flou (voir sécurité juridique). On peut même se demander si le flou juridique n'est pas entretenu afin de justifier des pratiques à la limite de la légitimité (information grise).
_la prise en compte du capital immatériel dans la comptabilité des entreprises (IAS 38) instaure une quasi-légalisation des pratiques d'investigation et de copiage, via les immobilisations incorporelles.
_le développement de certains moteurs de recherche permet de collecter les informations à partir de micro-ordinateurs distribués en réseau et de reconstituer relativement facilement le détail des informations qui ont donné lieu à des rapports de synthèse.

 

Signe des temps, les espions opèrent aujourd’hui au cœur des systèmes informatiques grâce à des malwares qui ramènent à leurs auteurs des informations sensibles. « Pourquoi prendre le risque d’utiliser quelqu’un en interne quand on peut récupérer l’information assis devant un ordinateur dans un autre pays ? », avance Richard Power. « Quand l’entreprise réalise ce qui s’est passé, c’est trop tard. Même si on réussit à condamner

quelqu’un, cela ne change rien. »

Les experts en sécurité attirent l’attention sur la vulnérabilité de nombreux logiciels commerciaux, y compris ceux de Microsoft dont le navigateur Internet Explorer est soupçonné d’avoir permis l’attaque contre Google. « Les systèmes financiers sont aujourd’hui moins sécurisés qu’il y a dix ans parce qu’ils utilisent des logiciels commerciaux qui sont vulnérables aux attaques. Les écoles n’enseignent pas sérieusement la sécurité aux développeurs », explique Richard Power. « Nous devons repenser la sécurité autrement. Il n’y a plus d’architecture et de porte. »
Les entreprises peuvent méconnaître certaines de leurs vulnérabilités.

 

 

Les gouvernements se mobilisent dans l'espionnage

« On compte 13 pays dans le monde qui pratiquent l’espionnage économique même si aucun ne l’avoue. Il y a plusieurs cas de figures, nations contre nations, nations contre entreprises, entreprises contre nations, mercenaires, employés motivés par l’argent ou l’avancement », décrit l’expert en sécurité. « Avec la globalisation, les choses deviennent plus complexes. Si une firme de consultant  fusionne avec une agence  pour travailler ensemble en Europe , en Amérique ,  Asie,  ou en Arique ..... où sont les murs qui protègent les données ? Car il y a des chances que l’agence ait des liens avec l’état  et puisse compromettre des informations de la firme. »

En 1996, les Etats-Unis se sont dotés d’un Economic Espionnage Act pour poursuivre ces actes contre les intérêts commerciaux américains. Mais 14 ans plus tard, rares sont les cas de condamnations. « La cyber sécurité avait beaucoup d’élan dans le gouvernement Clinton et le Economic Espionage Act était puissant. Mais après le 11 septembre, nos priorités ont changé. Dans le monde de la sécurité, on parle de la décennie perdue », avoue

Richard Power.

Les experts estiment que la sécurité, y compris la protection des intérêts commerciaux, est aujourd’hui une priorité du gouvernement américain et d’autres états .......

http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1621

 

   

Les activités du Département 7 soviétique visant à récupérer les blueprints des bombes test du projet Manhattan, afin de combler leur retard dans leur projet atomique à la fin de la guerre, associent l'espionnage industriel à la raison d'État.
Le développement de l'avion supersonique Tupolev Tu-144, avec sa conception similaire au Concorde, est l'un des exemples les plus cités de l'espionnage industriel au XXe siècle. Il ressemble tellement au Concorde qu'il a été surnommé Concordski.
Le gouvernement des États-Unis a admis avoir employé l'espionnage commercial, par exemple, en surveillant des appels téléphoniques pour déterminer qu'un concurrent français d'une société américaine soudoyait des fonctionnaires brésiliens pour obtenir un contrat de radar de commande de trafic aérien (il a été révélé plus tard que la société américaine soudoyait également des fonctionnaires.

On croit généralement que la plupart des grands services de renseignements sont impliquées dans la pratique. Une commission du Parlement européen suspecte que Echelon, un système d'espionnage de communications actionné par la NSA et des agences du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, soit employé pour l'espionnage politique et pour, à l'occasion, aider les compagnies américaines contre les concurrents européens.

 

 

Notes diplomatiques

La France est « l'Empire du Mal » en matière de vol de technologies et les effets de sa politique d'espionnage industriel seraient plus néfastes que ceux de pays comme la Russie ou la Chine ! Tels sont les propos d'un dirigeant d'un groupe allemand cité par une note diplomatique obtenue par WikiLeaks. ... Le journal norvégien Aftenposten a mis en ligne hier un télégramme de l'ambassade des États-Unis à Berlin, écrit le 20 novembre 2009 et qui cite le directeur général du petit fabricant allemand de satellites OHB Technology, Berry Smutny. Selon lui, l'Allemagne, avec son gouvernement décentralisé, ne serait pas disposée à contrecarrer les activités françaises d'espionnage industriel.

 

OHB Technology s'est fait connaître du grand public en janvier 2010 en remportant aux dépens d'Astrium, filiale du géant EADS, un contrat pour la construction de plusieurs satellites destinés au programme de navigation Galileo, futur "GPS" européen.

La France, plus encore que la Chine et la Russie, est le pays le plus actif en matière d'espionnage industriel chez ses alliés européens, rapporte aujourd'hui le journal norvégien Aftenposten sur la foi de télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks.

"L'espionnage français est tellement étendu que les dégâts pour l'économie allemande, dans leur totalité, sont plus importants que les dégâts provoqués par la Chine ou la Russie", selon une note non-datée de l'ambassade des Etats-Unis à Berlin. Aftenposten.

Aftenposten avait déjà fait état d'une concurrence franco-allemande en matière de satellites espions. Selon des notes obtenues par WikiLeaks, l'Allemagne chercherait à développer, avec l'aide des Etats-Unis, son propre programme de satellites d'observation optique (HiROS) malgré les objections de la France qui pilote les efforts européens dans ce domaine avec ses satellites Hélios.

 

Sur la foi d'autres notes diplomatiques, Aftenposten avait révélé que, derrière sa façade commerciale, le programme  *HiROS avait des finalités militaires, l'Allemagne souhaitant se doter de sa propre capacité d'observation optique, au grand dam de la France qui exploite les satellites espions Hélios.
La PME allemande OHB est aussi le principal acteur dans le programme allemand de construction de satellites d'observation optique (HiROS).
« Le projet initial était qu'EADS-Astrium à Friedrichshafen (Allemagne) conçoive, construise et exploite HiROS conjointement avec l'agence spatiale allemande DLR », lit-on aussi dans le télégramme.
« Mais quand il est apparu évident aux yeux de DLR et des dirigeants allemands d'Astrium que la France, à travers son influence dans EADS-Astrium, essaierait de saborder le projet de peur que HiROS n'entre en concurrence avec les activités satellitaires commerciales françaises (satellites Spot), la décision a été prise de faire d'OHB le principal contractant », ajoute la note.

 

 

 

* Hiros

Les Etats-Unis et l’Allemagne développent conjointement et secrètement, sous couvert d’activités commerciales, de nouveaux satellites espions malgré de vives oppositions françaises, selon des câbles diplomatiques obtenus par WikiLeaks et publiés lundi par le journal norvégien Aftenposten.

Le projet, baptisé HiROS, verrait la construction d’un nombre indéterminé de satellites d’observation de haute résolution, capables de discerner des objets de 50 cm, d’envoyer leurs images sur Terre beaucoup plus rapidement que les satellites actuels, ou encore de prendre des photos infrarouges la nuit. Officiellement destiné à des fins environnementales civiles — 70 % de la capacité des satellites serait vendue à des acteurs privés —, le programme serait en fait "sous le contrôle complet" des services secrets allemands (BND) et de l’agence patiale allemande (DLR).

Les notes de l’ambassade des Etats-Unis à Berlin, citées par Aftenposten, couvrent la période février 2009-février 2010. Il en ressort aussi que certains pays, "tout particulièrement la France", ont tenté de faire capoter le projet par tous les moyens. Mais l’opposition française aurait été balayée par les responsables allemands qui, toujours selon les notes, seraient excédés "d’être manipulés par la France", dont ils remettent en question les pratiques commerciales douteuses et la politique de subventions cachées.

 

 

Des Satellites opérationnels en 2012 ou 2013

"Absolument aucune coopération n’est prévue avec la France ou un quelconque autre Etat de l’UE pour le projet HiROS", aurait déclaré un responsable de la DLR, Andreas Eckart, cité en norvégien par Aftenposten. Selon le journal, les satellites, d’un coût total de 1,6 milliard de couronnes (205 millions d’euros) devraient entrer en exploitation en 2012-2013.

Officiellement, la France et l’Allemagne sont engagées dans le programme commun d’imagerie spatiale Musis (Multinational space-based system) aux côtés également de la Belgique, de l’Espagne, de la Grèce et de l’Italie. L’ambassade des Etats-Unis à Oslo se refuse à commenter toutes les informations liées à WikiLeaks.

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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