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La claque reçue par le PS au premier tour des élections municipales relance les spéculations autour d'un remaniement en profondeur du gouvernement, avec un nouveau Premier ministre.
Dimanche soir, Jean-Marc Ayrault, crispé, a livré une courte allocution à Matignon pour appeler les «forces démocratiques et républicaines» à «empêcher» des victoires du FN dimanche prochain.

Le Premier ministre, qui flirte depuis 2012 comme François Hollande avec les records d'impopularité, a estimé que «certains électeurs ont exprimé par leur abstention ou leur vote leurs inquiétudes, voire leurs doutes». Cette semaine, il va multiplier les rencontres avec ses principaux ministres et pourrait faire une intervention sur un média mercredi ou jeudi.

 

Si M. Hollande apprécie la fidélité de l'ancien maire de Nantes, M. Ayrault est-il encore en mesure de balayer ces «doutes» et d'impulser une nouvelle dynamique, au moins jusqu'aux régionales de mars 2015? Rien n'est moins sûr, selon des membres de la majorité.

Pour un parlementaire socialiste, qui a longtemps parié sur un maintien de l'actuel locataire de Matignon, «c’est fini» pour Jean-Marc Ayrault depuis dimanche soir et la «claque» reçue par la majorité. Il pronostique que le poste de Premier ministre se jouera entre le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, le plus populaire au vu des sondages, et Laurent Fabius, le plus expérimenté.

«Vu l’ampleur de la claque, il devrait y avoir un changement de Premier ministre, surtout si cela se confirme au second tour», abonde un député PS.

 

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui ne cache pas son intérêt pour le poste, a défendu mollement lundi sur RTL Jean-Marc Ayrault. «Il faut poser la question au président de la République», a-t-il répondu à une question sur un éventuel changement à Matignon. «Il y a un gouvernement, il y a des textes qui sont programmés pour la rentrée parlementaire la semaine prochaine. En ce qui concerne cet agenda, il n'y a rien de changé», a-t-il observé.  

 

Au mois de janvier, Anne Hidalgo se voyait en tête du premier tour des municipales à Paris. Dimanche soir, à l'annonce des résultats, la candidate à la succession de Bertrand Delanoë aurait piqué une grosse colère en voyant Nathalie Kosciusko-Morizet lui passer devant. Selon le Canard Enchaîné, la championne du PS à Paris aurait lancé: «Quelqu'un pourrait remercier ce gouvernement de branquignols qu'on devrait tous mettre à la porte?».

'Eviter un remaniement simulacre'-
La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a pour sa part expliqué sur France 2 qu'elle ne croyait pas que la question du remaniement «se pose cette semaine», dédiée à la mobilisation avant le second tour. Après dimanche prochain, «il appartiendra au président de la République d'en décider. Point», a-t-elle ajouté, appelant à ne pas se «détourner des enjeux locaux» des municipales.

«Les nombreuses triangulaires dimanche prochain devraient nous permettre de limiter la casse et puis ce n'est pas Ayrault le seul fautif de ce premier tour décevant», abonde un conseiller ministériel. Pour lui, «Hollande va tout faire pour garder Ayrault encore un an pour l'user jusqu'au bout, faire les deux dernières années du quinquennat et préparer 2017 avec un nouveau chef du gouvernement».

 

D'autres plaident pour un changement de politique plutôt qu'un changement de tête à Matignon. «La question de la présence de Jean-Marc Ayrault est pendante depuis un an, en fonction des jours pairs ou impairs», résume un député PS. Mais le véritable problème, se désole-t-il, est «cette difficulté à porter la politique pour laquelle la gauche a été élue».

Désormais, explique ce député, «il faut éviter un remaniement simulacre et imaginer une orientation nouvelle pour la seconde partie du quinquennat avec les équipes pour l’incarner». L'idée d'un gouvernement resserré, avec l'entrée de figures comme Ségolène Royal continue de faire son chemin.

Mais «s’il n’y a pas de réelle réorientation politique, la situation va s’aggraver mois après mois», pronostique ce parlementaire.

 

 

Un FN qui s'impose comme une "troisième force politique" en France, et qui sonne le "glas du bipartisme" : la percée du Front national au premier tour est très commentée ce matin dans les journaux. Revue de presse. 
 La spectaculaire poussée du Front national dimanche au premier tour des élections municipales est très largement soulignée par les éditorialistes ce lundi 24 mars au matin. Un constat largement partagée : le FN s'affirme désormais comme "la troisième force politique" en France, sonnant "le glas du bipartisme".

Tous notent également le taux record d'abstention même s'il était "prévisible" et voient dans les résultats de dimanche une "sanction" envers le gouvernement.

 
"Le désaveu", titre en une "Le Figaro" :

"Un scrutin de défiances" écrit "l'Humanité", "la gauche sanctionnée" et "percée du Front national", écrit de son côté "La Croix". "Libération" titre de son côté Front national "peur sur les villes".

"Les électeurs ont indiscutablement sanctionné la gauche au pouvoir et son bilan", assure François Ernenwein, dans "La Croix".

 

"La sanction est sévère"
"Une sanction nette à l'égard de la politique gouvernementale", abonde Patrick Apel-Muller, pour "l'Humanité". "Un vote sanction", reconnaissent aussi Philippe Waucampt ("Le Républicain lorrain") et Hubert Coudurier ("Le Télégramme").

Pour Eric Decouty ("Libération"), "elle avait beau être prévisible, la sanction est sévère". "Il est rare de le faire dans de telles proportions", relève Michel Urvoy, dans "Ouest France".

"Une déroute magistrale, un rejet profond, un désaveu cinglant", juge Matthieu Croissandeau, dans "Le Parisien".

 

Une fois ce constat fait, les éditorialistes s'attardent longuement sur la conséquence du vote des Français qui permet au Front national de réaliser "des scores supérieurs aux anticipations" et de s'affirmer "comme la troisième force politique", commente Michel Urvoy ("Ouest France").

Dominique Jung, pour les "Dernières Nouvelles d'Alsace", voit également dans le FN "la troisième force" et "sans doute la fin du système gauche-droite plus ou moins hermétique".

 

Même son de cloche, pour Bruno Dive dans "Sud Ouest", pour qui le Front national "bouleverse la scène" et "c'est bien le glas du bipartisme qui a résonné hier [dimanche], avec la confrontation de trois blocs : la gauche, la droite et le FN", ajoute-t-il.

Le Front National s'installe comme un arbitre de la vie politique française", estime Jean-Michel Bretonnier, pour "La Voix du Nord".
Ce résultat "ressemble de plus en plus à un véritable enracinement", prévient Philippe Marcacci, pour "l'Est républicain". "C'est un coup de barre à l'extrême droite que la France électorale a donné hier [dimanche]", affirme Michel Muckensturm, dans "l'Alsace".

Alexis Brézet, dans "Le Figaro", note un "vote Front national puissant" et "la forte poussée du FN" qui est "un désaveu clair pour la majorité".

Patrick Apel-Muller ("L'Humanité"), s'alarme car "la progression du Front national est sérieuse".

 

"Une victoire pour Marine Le Pen"
Pour Philippe Waucampt, dans le "Républicain lorrain", "c'est [même] l'image forte de ce scrutin : le FN Steeve Briois emportant dès le premier tour la ville de Hénin-Beaumont".

"Le FN récolte les fruits du climat délétère qui règne au sein de la classe politique", explique Christophe Bonnefoy, pour le "Journal de la Haute-Marne".
"C'est une victoire pour Marine Le Pen. Le FN poursuit sa lente montée vers le pouvoir par un maillage d'élus", observe Jean-Marcel Bouguereau, dans la "République des Pyrénées".

"La dédiabolisation menée par la présidente du Front National fait son effet. Les vieilles rengaines sur la patrie en danger ne fonctionnent plus", prévient Jérôme Glaize dans "Le Maine Libre".

"Le Front national [...] ramasse une rançon faite d'aigreurs et de colère", déplore Jean-Claude Souléry, de "La Dépêche du Midi". Et voilà comment un "premier tour des élections municipales vient déterrer, avec stupeur et inquiétude, le spectre de l'extrême droite", selon Philippe Palat, dans le "Midi Libre".

 

 Niort a basculé à droite après près de 60 ans de gouvernance de la gauche, tandis que les sorts de Strasbourg et Toulouse, que le PS avait enlevé à la droite en 2008, sont très incertains.

 

Marseille semble devoir échapper à Patrick Mennucci (PS), les premières estimations le donnant devancé par le FN de Stéphane Ravier, avec un Jean-Claude Gaudin (UMP) faisant la course en tête.

 

A Paris, la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a fait mentir les pronostics en se classant en pole position sur l'ensemble de la capitale devant Anne Hidalgo (PS), selon les estimations concordantes de deux instituts. NKM a jugé "le changement possible", "tout proche" après deux mandats de Bertrand Delanoë (PS). Certes, elle est en mesure de gagner le IXe voire le IVe arrondissement mais la bataille s'annonce difficile dans les plus stratégiques XIIe et XIVe.

A Limoges, le maire sortant PS Alain Rodet subit un séisme politique en s'effondrant à 30%, ce qui le contraindra à affronter un second tour pour la première fois depuis 1995, alors que le FN perce à près de 17%.

La gauche risque aussi de perdre Amiens, Angers, Reims, Saint-Etienne et Laval. Au Havre, le maire sortant UMP, Edouard Philippe, est réélu dès le premier tour, comme Alain Juppé à Bordeaux ou Xavier Bertrand à Saint-Quentin (Aisne).

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, réélu dès dimanche à Meaux, a appelé les électeurs du FN à reporter leurs voix sur les candidats de son parti au second tour, estimant que "les conditions d'une grande victoire" de la droite étaient réunies.

 

Mais cette éventuelle "vague bleue" dépend pour partie du nombre de triangulaires qui opposeront dimanche prochain gauche, droite et FN et d'éventuelles consignes de désistement pour faire barrage au FN.

 

C'est un avertissement sévère pour la politique gouvernementale. Une partie des électeurs de gauche nous a dit : 'Arrêtez vos conneries !'" Voilà comment François Rebsamen, maire de Dijon et proche de François Hollande, analyse les résultats du premier tour des municipales, dimanche 23 mars, raconte Le Parisien.


A Quimper, Nancy, Reims, Saint-Etienne, Toulouse, les candidats PS sont en ballotage défavorable. Pire, ils sont laminés à Nîmes, Pau, Amiens, Béziers… sans compter Marseille où les socialistes arrivent troisième, derrière l'UMP et le FN. L'exécutif s'attendait à de mauvais résultats, mais pas à une telle débâcle. Comment a-t-elle été rendue possible ? Francetv info a interrogé plusieurs élus de la majorité pour identifier les erreurs du tandem Hollande-Ayrault.

 

1 Il a sous-estimé la dimension nationale du vote
"Les maires socialistes ont bien géré leurs villes, et sont proches de leurs habitants", se rassurait un poids lourd du gouvernement cité par Le Monde en décembre. Et le gouvernement, comme les barons locaux, n'a eu de cesse de séparer enjeux locaux et nationaux. Encouragés en ce sens par différents spécialistes et sondages, comme dans Le Figaro ou Les Echos.

Finalement, "le premier tour a pris une dimension politique et nationale forte, les électeurs de gauche ont été très absents", reconnaît la sénatrice PS Laurence Rossignol, interrogée par francetv info. "La logique qui consiste à accroître la pression fiscale sur le citoyen et faire des cadeaux aux entreprises, le pouvoir d'achat qui est stagnant, ça pèse..." énumère, intarissable, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, qui lâche : "Contrairement à ce qu'on croit, en France, les gens votent politique, ou avec les pieds, c'est-à-dire qu'ils s'abstiennent."

La porte-drapeau de l'aile gauche du PS fulmine : "Prenez Arras et Marseille, des villes où il y a beaucoup de fonctionnaires. On leur dit qu'on va réduire le budget de l'Etat de 50 milliards d'euros et après on s'étonne que les fonctionnaires ne votent pas pour nous ? Comment s'étonner qu'à Florange, le maire PS soit battu ?" "Ceux qui sont étonnés des résultats, c'est qu'ils sont dans une bulle, et c'est peut-être le problème de notre parti aujourd'hui", abonde le député d'Ardèche Pascal Terrasse.

 

2 Il n'a pas encore eu de résultats
"On s'y attendait, les résultats du redressement sont moins rapides que le mécontentement", analyse prudemment le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis sur son blog. "Les Français veulent sortir de la crise, et cela ne va pas assez vite", confirme Laurence Rossignol, de la Gauche durable : "Le gouvernement fait une politique de redressement des comptes publics, avec des avancées sociales, et elles ne sont pas encore arrivées dans les assiettes de Français." Et de marteler : "La France n'est pas passée à droite. On a un électorat de gauche qui veut plus, plus de réforme, plus de redistribution sociale, plus de réduction des inégalités."

"Nos électeurs des précédentes échéances ne sont pas allés voter, soit parce qu'ils sont déçus, soit parce qu'ils sont impatients de voir des résultats", détaille Olivier Dussopt, l'un des rares socialistes réélus dès le premier tour, à Annonay (Ardèche). "Sur les marchés, on m'a parlé d'emploi, de difficulté à boucler les fins de mois", explique le "rescapé" du naufrage, qui note deux griefs récurrents : ne pas avoir rétabli la demi-part fiscale pour les veufs, et le gel des retraites complémentaires, décidé à 15 jours du premier tour. "L'électorat de François Hollande a fondu comme neige au soleil. Depuis le début, c'est mal parti avec le choix de l'austérité", assène encore la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann.

"L'électorat de gauche (...) s'est abstenu. Parce qu'il est mécontent de la gauche qui gouverne et voulait lui mettre une taloche", enchaîne Jean Glavany. Le député et ancien ministre socialiste avait réclamé un "changement de cap" vers "le chemin de l'autorité-cohérence-clarté-exemplarité" dès octobre. "Les Français ne veulent pas des réformes sociétales :  ils veulent des réformes de fond, sur l'emploi, sur la sécurité", analyse pour sa part Pascal Terrasse, qui n'entend surtout "pas une demande de gauche, mais une demande d'ordre".

 

3 Il n'a pas su tenir son camp
"Il aurait dû changer le gouvernement à la fin de l'année", estime un ténor de la majorité cité par Le Parisien. A défaut, "il faut plus de clarté : les gens ont le sentiment qu'il y a une forme d'amateurisme, un manque de solidité" au plus haut sommet de l'Etat, concède un élu socialiste du Sud-Est qui ne compte plus les couacs : procréation médicalement assistée, droit de vote des étrangers, nucléaire, fiscalité, affaire Leonarda...

"Il faut que le PS dise les choses, nomme les choses et fasse les choses", martèle Pascal Terrasse, fidèle hollandiste. "Le PS a une vision trop comptable et pas assez politique", regrette-t-il. "Ce ne sont pas les bonnes personnes au bon endroit, Harlem Désir [premier secrétaire du PS], Bruno Le Roux [président du groupe PS à l'Assemblée] et Jean-Pierre Bel [président du Sénat] ne sont pas à leur place", attaque un autre socialiste, qui déplore : "On manque de courage, il faut un discours clair, pas sur de la moitié ou de l'à peu près".

"Tout le monde se méfie de tout le monde : le PS se méfie des présidents des groupes au Sénat et à l'Assemblée qui se méfient du gouvernement qui se méfie du PS", glisse-t-il. "Si on ne veut pas plonger durablement, il faut travailler ensemble derrière le chef de l'Etat", prévient encore Pascal Terrasse. Et Laurence Rossignol d'abonder : "Les électeurs veulent savoir où on va, et surtout qu'on y va fermement."

 

 

From : FranceTVInfo , 20 minutes,Figaro ,........

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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