La Chine a annoncé la mise en place d'une zone aérienne d'identification en mer de Chine, qui chevauche celle du Japon au dessus de certaines îles. Pékin réclame le plan de vol des avions qui s'y aventureraient.
La tension monte au dessus de la mer de Chine. Pékin a établi unilatéralement une zone aérienne d'identification (ZAI) au-dessus de cette mer: la Chine exige des compagnies aériennes qu'elles lui soumettent leurs plans de vol dans cette région et obéissent le cas échéant à ses ordres. Eléments d'explication sur cette décision controversée.
Que représente cette zone?
A son extrémité, la zone s'étend jusqu'à 130 km des frontières des voisins de la Chine. Pékin souligne que la propre ZAI du Japon s'approche à la même distance de la côte chinoise.
Mais les zones des deux pays se chevauchent et couvrent toutes deux des îles de mer de Chine orientale, les Senkaku. Elles sont contrôlées par le Japon mais revendiquées par la Chine sous le nom de Diaoyu.
Une partie de la ZAI couvre en outre une zone de défense aérienne de la Corée du Sud et un espace contesté entre Pékin et Séoul comprenant un rocher, Ieodo, contrôlé par la Corée du Sud mais revendiqué par la Chine.
La zone couverte par la ZAI.
Depuis quand dure ce différend?
Ce différend territorial entre les deux puissances asiatiques s'est aggravé depuis septembre 2012, lorsque le Japon a nationalisé trois de ces cinq îles qui appartenaient jusque-là à un propriétaire privé nippon. Cette décision avait entraîné une semaine de manifestations antijaponaises en Chine, et une forte contestation de Pékin qui envoie régulièrement ses navires croiser près de cet archipel depuis.
Le Japon fait de son côté patrouiller ses garde-côtes dans les mêmes eaux et ce chassé-croisé suscite les craintes d'un éventuel incident armé entre les deux puissances, d'après des analystes.
Que dit la loi?
Il est admis qu'un Etat peut exercer le contrôle des cieux au-dessus de son territoire terrestre et de ses eaux territoriales, soit une bande atteignant aux maximum 12 milles nautiques à partir de la côte (22 km).
La Convention de 1944 sur l'aviation civile internationale, connue aussi sous le nom de Convention de Chicago, accorde aux compagnies commerciales plusieurs "libertés", dont celles de voler sans restriction au-dessus d'un territoire.
Mais le respect de cette convention n'est pas obligatoire et les détails sur l'accès à l'espace aérien dépend en fait de chaque pays. Ainsi, un Etat peut demander un paiement à une compagnie qui utilise son espace aérien, ou un espace aérien dont il gère le trafic.
Tous les pays n'ont pas de zone aérienne d'identification. Ceux qui en ont une aiment à savoir quels avions s'en approchent. Les Etats-Unis possèdent quatre zones de ce type: autour de l'Amérique continentale, de l'Alaska, de Guam et de Hawaï.
Quels changements après l'annonce chinoise?
La Chine a annoncé ce week-end que tout avion s'aventurant dans sa ZAI sur cette mer devrait fournir au préalable son plan de vol précis, afficher clairement sa nationalité et maintenir des communications radio permettant de "répondre de façon rapide et appropriée aux requêtes d'identification" des autorités chinoises, sous peine d'intervention des forces armées.
Plusieurs gouvernements ont réagi avec indignation à ces exigences portant sur des territoires contestés, le Japon bien sûr mais aussi les Etats-Unis. Du côté des compagnies aériennes toutefois, les enjeux commerciaux sont tels qu'elles n'ont d'autre choix que de se conformer aux demandes de Pékin, si elles ne veulent pas se mettre à dos le vaste marché chinois.
L'annonce soudaine et unilatérale de Pékin de la création d'une zone de défense aérienne chinoise au-dessus de la mer de Chine orientale continue de créer des tensions. Si les deux principales compagnies aériennes japonaises ont décidé de s'y conformer, malgré un avis contraire du gouvernement nippon, l'Australie a annoncé mardi avoir convoqué l'ambassadeur de Chine, pour protester.
"Le moment de cette annonce et la manière dont elle a été faite par la Chine n'aident pas, au regard des tensions actuelles régionales, et ne contribueront pas à la stabilité régionale", a indiqué la ministre des affaires étrangères australienne, Julie Bishop. "L'Australie a clairement exprimé son opposition à toute action coercitive ou unilatérale visant à changer le statu quo en mer de Chine orientale", a-t-elle ajouté.
La décision d'imposer un contrôle aérien sur une grande partie de la mer de Chine orientale, annoncé samedi par Pékin, suscite depuis deux jours les protestations, souvent indignées, des voisins de la Chine et des Etats-Unis. Tokyo notamment a vivement réagi contre la mise en place de cette zone, qui englobe les îles Senkaku, un archipel contrôlé par le Japon mais revendiqué par la Chine sous le nom de Diaoyu. Pékin a convoqué l'ambassadeur japonais et Tokyo l'ambassadeur chinois. Washington a pour sa part regretté cette annonce qu'il qualifie d'"incendiaire".
“RÉPONDRE AUX REQUÊTES D'IDENTIFICATION”
Les deux principales compagnies aériennes japonaises ont décidé de se conformer à la "zone aérienne d'identification" décrétée par Pékin. Japan Airlines (JAL) et All Nippon Airways (ANA) ont indiqué qu'elles soumettaient désormais leurs plans de vols dans cette zone aux autorités chinoises, essentiellement pour la sécurité de leurs passagers. La Chine exige désormais que tout appareil s'aventurant dans cette zone fournisse au préalable son plan de vol précis, affiche clairement sa nationalité et maintienne des communications radio permettant de "répondre de façon rapide et appropriée aux requêtes d'identification" des autorités chinoises, sous peine d'intervention des forces armées.
Les autorités japonaises ont immédiatement répliqué que cette "zone" n'avait "aucune validité". Mardi, le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, a indiqué que les compagnies aériennes avaient pris cette décision sans consulter le gouvernement. "Le ministère des transports les a contactées [lundi] pour leur dire que les mesures prises par la Chine ne font pas autorité dans notre pays, et que la position du gouvernement est qu'il faut continuer à voler selon les règles antérieures", a-t-il ajouté, disant espérer que les compagnies allaient "tenir compte" de cet avis.
Les investisseurs à la Bourse de Tokyo n'ont guère apprécié cette situation ambiguë et tendue. Ils ont sanctionné les compagnies concernées. L'action d'ANA a baissé de 1,42 %, à 208 yens, et celle de JAL a fléchi de 1,33 %, à 5 190 yens.
Le ton était déjà très nettement monté lundi entre Tokyo et Pékin. Le même jour, la présidence américaine avait qualifié la mesure chinoise d'"incendiaire". Selon un sondage publié mardi, 85 % des Chinois interrogés par le quotidien Global Times, journal réputé pour son nationalisme et sa proximité avec le Parti communiste au pouvoir, pensent que la "zone aérienne d'identification" aidera à "préserver la sécurité aérienne" de la Chine
Deux bombardiers américains B-52 ont pénétré dans la zone controversée de défense aérienne mise en place par la Chine, sans en référer à Pékin, ont indiqué des responsables américains mardi 26 novembre.
Les avions, qui n'embarquaient aucune arme, ont décollé de l'île de Guam dans le Pacifique lundi. "La nuit dernière nous avons mené un exercice prévu de longue date au cours duquel deux appareils ont décollé de Guam pour retourner à Guam", un territoire rattaché aux Etats-Unis, a expliqué à la presse le colonel Steve Warren, un porte-parole du Pentagone.
LA MISSION S'EST DÉROULÉE "SANS INCIDENT"
Aucun plan de vol n'a été déposé au préalable auprès de la Chine et la mission s'est déroulée "sans incident". Les deux avions sont restés "moins d'une heure" dans la "zone aérienne d'identification" décrétée unilatéralement par Pékin et que Washington qualifie d'"incendiaire", a poursuivi le colonel Warren. Un responsable du Pentagone a confirmé sous couvert d'anonymat que les deux appareils étaient des B-52.
La "zone aérienne d'identification" a été décrétée samedi par la Chine au-dessus de la mer de Chine orientale, malgré l'opposition du gouvernement japonais. Cette zone englobe notamment un petit archipel contrôlé par Tokyo, les îles Senkaku, mais fermement revendiqué par Pékin sous le nom de Diaoyu.
La Chine a affirmé, mercredi 27 novembre, avoir effectué une surveillance constante du vol de deux bombardiers américains qui ont pénétré, sans en référer à Pékin, sa très controversée nouvelle zone de défense aérienne.
« L'armée chinoise a surveillé dans son intégralité le processus [de vol], a procédé rapidement à l'identification [des appareils] et a établi de quelle sorte d'avions américains il s'agissait », a assuré le ministère de la défense chinois. « La Chine a la capacité d'exercer un contrôle efficace de son espace aérien », a-t-il ajouté.
Samedi, Pékin a décrété unilatéralement une « zone aérienne d'identification » au-dessus d'une grande partie de la mer de Chine orientale, zone qui englobe les îles Senkaku, administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine sous le nom de Diaoyu.
La Maison Blanche a regretté une annonce qualifiée d'« incendiaire », tandis que le ton est monté entre Tokyo et Pékin, chacun convoquant l'ambassadeur de l'autre. En réponse, le Japon envisagerait d'étendre sa propre zone aérienne d'identification. L'Australie a également convoqué l'ambassadeur de Chine pour protester contre cette nouvelle mesure de Pékin, dont les ambitions maritimes inquiètent la région Asie-Pacifique. L'Organisation des Nations unies (ONU) a de son côté suggéré à la Chine et au Japon de négocier pour trouver une solution à leurs différends territoriaux.
PLANS DE VOL
C'est dans ce contexte tendu que deux bombardiers américains B-52, après avoir décollé de l'île de Guam, dans le Pacifique, ont pénétré lundi dans la zone aérienne chinoise. Les avions, qui n'embarquaient aucune arme, ont effectué leur mission sans prévenir les autorités chinoises. Ils n'ont pas rencontré d'avions chinois.
Selon les nouvelles règles annoncées par Pékin, les avions doivent déposer leur plan de vol, faire connaître leur nationalité et rester en contact radio avec les autorités chinoises le temps qu'ils passent dans la zone aérienne. En cas de non-respect de ces règles, Pékin a annoncé qu'il pourrait décider de prendre des « mesures de défense d'urgence ».
Outre le Japon, la Corée du Sud et Taïwan ont prévenu qu'elles n'entendaient pas se plier à ces nouvelles règles. Et les deux principales compagnies aériennes japonaises ont annoncé mercredi ne plus communiquer leurs plans de vol aux autorités chinoises. L'Association des compagnies aériennes du Japon a affirmé que la Chine lui a assuré que les vols commerciaux traversant cette zone ne seraient pas empêchés.
Depuis plus d'un an, les relations sino-japonaises sont au plus bas du fait du rachat par l'Etat nippon de trois des îles Senkaku à leur propriétaire privé japonais en septembre 2012, une décision qui a provoqué la fureur de Pékin. La Chine envoie depuis régulièrement des navires dans les eaux territoriales de cet archipel, tout comme le Japon y fait patrouiller ses garde-côtes, un chassé-croisé qui fait craindre un éventuel incident armé.
LE TON MONTE ENTRE PÉKIN ET TOKYO
La Chine exige désormais que tout appareil s'aventurant dans cette zone fournisse au préalable son plan de vol précis, affiche clairement sa nationalité et maintienne des communications radio permettant de "répondre de façon rapide et appropriée aux requêtes d'identification" des autorités chinoises, sous peine d'intervention des forces armées.
Les autorités japonaises ont immédiatement répliqué que cette "zone" n'avait "aucune validité". Le ton est très nettement monté lundi entre Tokyo et Pékin, chacun convoquant l'ambassadeur de l'autre, suite à la décision chinoise d'imposer cette zone de contrôle aérien. Le même jour, la présidence américaine avait qualifié la mesure chinoise d'"incendiaire
From : le Monde , l'Express,.....