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Une commune belge située non loin de Roubaix compte près de 2.700 Français expatriés, grandes fortunes du Nord, notables lillois ou simples fonctionnaires. Et depuis ce week-end, l'acteur Gérard Depardieu.

 

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C'est dans cette maison, au croisement entre la rue de la reine Astrid et la rue Gibraltar à néchin, que Gérard Depardieu aurait élu domicile.
Depuis que l'arrivée de "Gégé" à Néchin a été confirmée ce weekend, ses habitants sont les témoins d'une agitation aussi inhabituelle qu'incessante. "On dirait qu'il y a eu un crash", lâche une employée de la maison communale d'Estaimpuis, la commune qui regroupe sept villages à la frontière franco-belge, dont Néchin. Effectivement, la file de journalistes ne désemplit pas devant le bureau du bourgmestre qui les reçoit un par un depuis ce matin.

Deux habitantes partagent l'attente des journalistes dans un couloir. "Depardieu, c'est pas mon truc", dit l'une en haussant les épaules. Elles commentent la future adresse avancée par la presse locale: "Cette maison quand on passe devant elle est affreuse. Mais il parait que dedans il y a une piscine. Je me demande s'il y a un bar", disent-elles en riant.

"Un coin rural, champêtre, buccolique"
Le bourgmestre Daniel Senesael, qui a le premier annoncé officiellement à la presse belge dimanche la venue de Gérard Depardieu, sourit aussi. "Il a voulu trouver un coin rural, champêtre, buccolique. Il a sillonné un mois la région et il a trouvé qu'ici à Estaimpuis on avait le bien-vivre, la convivialité, la générosité de coeur, des bistrots sympas et chaleureux, des restos pas mal du tout, des produits de terroir sympathiques", explique-t-il.

Mais "l'acteur Depardieu n'avait pas fait de mystère, il voulait rejoindre la Belgique pour des raisons fiscales. Je ne suis pas naïf, même s'il ne me l'a pas dit, je me doute bien que c'est ce qu'il l'a poussé à quitter ce beau pays qu'est la France", nuance-t-il.

 

 

27% de Français à Estaimpuis
La commune a effectivement l'habitude de recevoir de riches personnalités, plutôt du monde de l'entreprise. Néchin est connue pour abriter plusieurs membres de la famille Mulliez, qui contrôle le groupe Auchan. On y trouve des notables de Lille, métropole qui se trouve à seulement une vingtaine de minutes, ou de simples Français attirés pendant longtemps par une politique fiscale très favorable aux frontaliers, jusqu'à ce que, au nom de l'équité, les règles fiscales soient modifiées par les deux pays en 2009.

Quelque 300 fonctionnaires de l'hôpital de Roubaix habitent Estaimpuis, selon le bourgmestre, qui décrit sa commune comme "la plus française des villes belges", avec une population expatriée de 27%. Le bourgmestre est un fervent partisan de l'harmonisation fiscale en Europe. Les citoyens eux-mêmes sont divisés sur le sujet. Les deux dames belges dans le couloir d'attente trouvent cela un peu injuste. "Ma voisine est française et elle ne paie pas la taxe sur l'auto par exemple".

 

La Belgique, terre d'exilés fiscaux discrets
Gérard Depardieu n'est que le dernier en date d'une longue série de ressortissants français fortunés en Belgique, surnommée le "paradis des rentiers" pour son caractère fiscalement attractif. Si l'on ignore la proportion d'exilés fiscaux parmi les quelque 200.000 Français expatriés en Belgique, ils ne seraient pas plus de quelques milliers, pour la plupart installés dans des quartiers cossus de Bruxelles.Ce sont surtout des membres de familles à l'origine de grands groupes de la distribution, comme Carrefour ou Darty.

Nul besoin de changer de nationalité pour bénéficier du régime fiscal belge. Si la Belgique, où les revenus du travail sont plus lourdement taxés qu'en France, attire les Français fortunés, c'est notamment grâce à l'absence d'impôt sur la fortune et des droits de succession plus avantageux qu'en France. Le gouvernement français vient lui de relever cet impôt, avec une nouvelle tranche d'impôt à 75% pour les très hauts revenus. Autre avantage non négligeable: la taxation des plus-values, aussi avantageuse en Belgique qu'elle est élevée en France, où elle vient en outre d'être alourdie. C'est la raison pour laquelle la France a introduit une "exit tax" afin de dissuader les Français d'aller s'installer en Belgique au moment de transmettre leur entreprise.

 

 

 

Patrimoine de Depardieu

Doté d'un solide sens paysan des affaires avec une préférence pour les placements sûrs comme la pierre, ­Gérard Depardieu, 64 ans, est aussi un entrepreneur très actif, notamment dans la bonne chère. Aux États-Unis, on pourrait le comparer à Robert De Niro, propriétaire d'un empire immobilier avec restaurants et hôtel à New York, mais aussi à Francis Ford ­Coppola pour la partie vignobles. Rien qu'en France, Depardieu emploie plus d'une centaine de personnes à travers une quinzaine de sociétés. Très discret, il publie rarement ses comptes annuels. À tel point qu'il est quasiment impossible d'évaluer avec précision le montant de sa fortune.

• Restaurants de luxe
À Paris, Rive gauche, près du Bon Marché, Depardieu possède un bar à vin Le Bien Décidé (3 salariés) où l'on s'attable devant de solides côtes de bœuf en dégustant ses vins angevins suivis de fromages affinés. Rive droite, sur une jolie place à deux pas de l'Opéra ­Garnier, Depardieu emploie 39 salariés dans La Fontaine Gaillon et l'Écaille de la Fontaine. Il y a pour associés ­Bernard Magrez et la société Pharaoh SA, de droit luxembourgeois, représentée par Roger ­Zannier, le roi du textile exilé en Suisse.
• Petits commerces
À Paris, la rue du Cherche-Midi pourrait être rebaptisée la rue Depardieu. Outre la poissonnerie Moby Dick au no 50, où il lui arrive d'officier en tablier derrière le comptoir, l'acteur féru du Japon et coprésident de l'Association des amateurs de saké a ouvert au no 110, une épicerie fine japonaise avec le groupe Issé.

• Investissements dans le cinéma
Comme Dany Boon et Jean Dujardin, Gérard Depardieu aime être coproducteur de ses films. Dès 1983, il a créé DD productions. Grâce à son agent Claire Blondel chez Artmedia, Depardieu possède par exemple 10% de son prochain film, L'homme qui rit, qui sortira le 26 décembre. Il peut ainsi tirer profit de la carrière des films via la cas­cade de droits dont le pourcentage sur les recettes, avant et après amortissement, les ventes DVD, télévision… Surtout, il se constitue un catalogue qu'il pourra revendre à un grand groupe (comme Pathé, EuropaCorp…) quand l'envie lui en prendra. DD productions loue aussi du matériel de tournage dont des caravanes loges et des cantines roulantes.

• Vignobles
Depuis la fin des années 1980, Depardieu investit tous azimuts dans la vigne. Outre le Château de ­Tigné en Anjou, il s'est associé avec le puissant Bernard Magrez dans la société Clé du Terroir. L'acteur possède des terres en Bourgogne, dans le Médoc et dans l'Hérault, mais aussi au Maghreb, en Europe de l'Est et en Amérique du Sud. Rien que des parcelles de qualité. Dans le lot de stars qui s'amusent à se lancer dans le vin, Depardieu fait partie des rares qui, tel Francis Cabrel, arrivent à en tirer profit.

• Immobilier
Comme Johnny Hallyday, Gérard Depardieu adore investir dans la pierre. Mais, contrairement au rocker, l'acteur inves­tit beaucoup en France. Dans le Val de Loire, il possède le château de Tigné. Dans les Yvelines, à l'ouest de la capitale, il possède la SCI La Maison bleue à ­Bougival. À Paris, outre les murs de certains commerces, il a acheté en 1994, pour 25 millions de francs payés comptant, le magnifique hôtel particulier du 95, rue du Cherche-Midi. En travaux, ce lieu doit devenir un hôtel chic. À Trouville, l'acteur a vendu à la fin de l'été à un couple de Parisiens sa splendide villa en cèdre rouge entourée d'arbres fruitiers et de pins centenaires. C'est pour aussitôt en cons­truire une autre, toujours sur les hauteurs de la ville. Dessinée par un cabinet d'architectes rennais, cette villa de 242 m2 sera entourée d'un immense terrain. À cela, il faut ajouter son nouveau pied-à-terre belge, à ­Néchin, à deux pas de la frontière française.

• Objets d'art
Discret collectionneur, Depardieu vend, de temps en temps, un tableau. En mai dernier, c'était Le Lézard aux plumes d'or, une grande gouache du peintre surréaliste Miro cédé à un Américain aux enchères chez Christie's pour 1 million d'euros.

• Motos
Amateur de deux-roues, Depardieu a inauguré fin 2009, à Roissy-en-France (95), Les 2 Roues, l'une des plus grandes concessions Yamaha d'Europe (3000 m2) via sa SCI Carré d'As.

 

 

 L'installation en Belgique de l'acteur français Gérard Depardieu, dans un village accueillant nombre d'exilés fiscaux, a été unanimement jugé déplorable à Paris par les responsables de gauche et de droite, qui mettent ce départ sur le compte de raisons fiscales.
Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste (PCF), "en refusant de payer ses impôts, de participer à la solidarité nationale, le très oubliable soutien de Nicolas Sarkozy durant la dernière campagne électorale entache durablement son image auprès des Français".

A droite, Jean-François Copé, président proclamé de la première formation d'opposition, l'UMP, a qualifié ce départ de "désolant pour notre pays et pour son image", demandant ""une politique fiscale progressive". "Sinon ce sera des délocalisations de fortunes en permanence au détriment de ceux qui restent, les classes moyennes", a prévenu l'ex-ministre délégué au Budget (2004-2007), alors qu'une sénatrice centriste, l'ex-ministre Chantal Jouanno, demandait de son côté "une harmonisation fiscale européenne".

"Toutes ces personnes en revanche en général reviennent en courant dès qu'elles ont un problème de santé", a ironisé Marine Le Pen, présidente du Front national (extrême droite), au sujet des Français partis à l'étranger pour convenances .

 

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Payer ses impôts en France ou perdre sa nationalité ?

C’est la question que les exilés fiscaux pourraient désormais se poser avant de partir installer leur capital à l’étranger. Yann Galut, député PS du Cher, propose de déchoir de leur nationalité française les exilés fiscaux. Avec cette loi, un Français qui irait habiter en Belgique par exemple, comme c’est le cas du comédien français Gérard Depardieu, devrait continuer à payer à la France le différentiel entre le montant des impôts belges et celui qu’il aurait dû payer en France s’il était resté. Dans ce cas-là, l’exilé français garderait sa nationalité. En revanche, un Français résidant à l’étranger et qui refuserait de payer la différence à la France serait alors sanctionné par une perte de la nationalité.

 

« Un coup de colère contre ces privilégies » 

« Je vois la pauvreté augmenter. Je vois des gens qui ont du mal à boucler leurs fins de mois. Je vois des gens qui vivent entre 500 euros et 800 euros de revenus, déplore Yann Galut. Face à cette désespérance sociale, on a des individus qui estiment qu’ils doivent fuir leurs responsabilités alors qu’ils sont milliardaires. C’est un vrai coup de colère contre ces privilégiés qui fuient notre pays ».
Pour le député du Front national Gilbert Collard, on ne perd pas sa nationalité de cette manière. « Etre Français, a-t-il déclaré, ça ne peut pas se perdre comme ça ». Chaque année, ce sont 30 à 60 milliards d'euros de pertes pour l’Etat à cause de la fraude ou l’évasion fiscale. Pour autant, les avis divergent sur l’efficacité d’une telle mesure.

 

 

Voir :

http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-ces-personnalites-et-symboles-hauts-en-couleurs-de-la-france-qui-chantent-la-marseillaise-a-tue-tet-113478698.html

 

http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-ces-fran-ais-de-souche-qui-denigrent-la-nationalite-fran-aise-113635702.html

 

From : figaro, expansion ,rmc,....

 

 

 

 

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Tag(s) : #Société
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