Les mouvement de défense des auto-entrepreneurs refuse notamment une nouvelle limitation du chiffre d'affaires du statut à 19 000 euros.
Le mouvement de défense des auto-entrepreneurs "Poussins" s'est félicité mardi d'un possible revirement dans la réforme de l'auto-entreprise, tout en insistant sur la nécessité d'abandonner la limitation du statut d'auto-entrepreneur prévue par le gouvernement. Le quotidien économique Les Échos révèle mardi que le texte, qui doit être présenté le 21 août en conseil des ministres, revient en partie sur les annonces gouvernementales au sujet du statut des auto-entrepreneurs, abandonnant notamment la limitation par la loi du chiffre d'affaires à 19 000 euros à partir duquel il faudra basculer vers un régime classique, dans le secteur des services.
"C'est un premier signal positif, mais, tant qu'il n'y a pas d'annonce officielle d'abandon de limitation du régime, nous restons entièrement mobilisés pour faire entendre la voix des auto-entrepreneurs", a réagi sur France Inter Adrien Sergent, initiateur du mouvement des Poussins, créé pour défendre le statut des auto-entrepreneurs. Les Poussins refusent une limitation du "chiffre d'affaires, car il y a déjà un seuil de fixé à 32 000 euros pour les services, et 47 000 euros pour le commerce", insiste Adrien Sergent, pour qui ce seuil est "déjà relativement bas".
900 000 auto-entrepreneurs
Il suggère qu'"à partir d'un certain chiffre d'affaires, les auto-entrepreneurs pourraient être invités sur la base gratuite, et du volontariat, à avoir accès à des formations et à un accompagnement", afin d'être soutenus pour passer au régime classique. Le projet de la ministre de l'Artisanat Sylvia Pinel prévoit une limitation du statut d'auto-entrepreneur dans la durée au-delà d'un certain chiffre d'affaires, afin d'éviter une concurrence déloyale aux artisans, ce qui suscite de vives protestations des représentants des auto-entrepreneurs.
Ce plafond de 19 000 euros de chiffre d'affaires (contre 32 600 jusqu'à présent) concernerait les professions de services (artisanat et professions libérales) tandis qu'il serait de 47 500 euros pour celles du commerce. Mais aucune trace de cette limitation du chiffre d'affaires à 19 000 euros ne figure dans le texte présenté la semaine prochaine, selon Les Échos. Elle pourrait en revanche être fixée par décret, par la suite. La limitation de durée à deux ans serait, elle, conservée. Créé en 2009 pour encourager la création d'entreprises, le régime de l'auto-entreprise permet à des salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux. La France compte près de 900 000 auto-entrepreneurs.
2 000 chefs d’entreprises adressent un carton jaune au gouvernement
Le Medef et la CGPME ont présenté un « front commun » lors d’une manifestation de chefs d’entreprise à Lyon. Au centre de leurs récriminations : la pression fiscale et l’augmentation des dépenses publiques, le poids des charges sociales, la complexité administrative, l’imprévisibilité politique...
Quelque 2 000 chefs d’entreprise ont brandi un carton jaune, mais pas de carton rouge, envers le gouvernement lors d’une manifestation conjointe organisée par la CGPME et le MEDEF à Lyon dans le grand amphithéâtre de la Cité internationale. Sous l’œil d’Alain Mérieux, figure tutélaire du patronat lyonnais, et de Gérard Collomb, maire socialiste de Lyon, venus assister silencieux au premier rang à cette mobilisation rare dans les annales des deux syndicats patronaux. Une mobilisation qu’il ne faut pas interpréter comme une « rébellion », ni comme une « révolution », selon Pierre Gattaz, le président du Medef, mais davantage comme l’expression de « chefs d’entreprise en souffrance ».
« Vaches à traire »
Avec sa verve habituelle, François Turcas avait été chargé de chauffer la salle, restée malgré quelques sifflets épisodiques et quelques rares poussées de fièvre, relativement sage. Vilipendant « les actuels gouvernants et les précédents qui nous considèrent comme des vaches à traire », le président de la CGPME du Rhône a dénoncé « l’insécurité juridique et réglementaire », la « surtaxation permanente », l’« assomoir fiscal ». Faisant référence à la révolte des canuts lyonnais, il a déclaré « l’urgence d’entrer en résistance parce qu’il en va de la survie des entreprises ». Sur un registre plus retenu, Bernard Fontanel, président du Medef du Rhône, a relativisé : « Nous ne sommes pas des va-t-en guerre », a-t-il observé, tout en souhaitant « en finir avec les 150 impôts qui pèsent sur nos entreprises, avec le code du travail et ses 3.000 pages, avec les 35 régimes de retraite et les réformettes ».
La succession des discours des présidents de la CGPME et du Medef a été rompue par les témoignages de quatre chefs d’entreprise, créateur d’entreprise, patrons de PME, qui ont pourfendu une fiscalité galopante , le poids sans cesse accru des charges sociales, la complexité administrative, l’imprévisibilité réglementaire et juridique. Des thèmes repris dans leurs interventions par Jean-François Roubaud et Pierre Gattaz.
Pour la création d’un « bouclier emploi »
« Maintenant, il faut nous écouter, sans quoi nous saurons nous faire entendre », a menacé le président de la CGPME qui a réclamé la mise en place d’un « bouclier emploi qui consisterait à plafonner le poids des charges patronales ». « Nous ne demandons qu’une chose : la liberté de travailler », a-t-il conclu sous les applaudissements. Pierre Gattaz s’est lui présenté en « chef d’entreprise en colère » qui « voit depuis des années son pays tomber ». « Respectueux du pacte républicain », il a demandé au gouvernement de tout faire « à l’aune de la création d’entreprise et de la compétitivité ». Il en a appelé à une « immense mobilisation des chefs d’entreprise de ce pays », non pour un « combat de rue mais pour un combat pour la France ».
Malgré ces appels à la mobilisation, de nombreux chefs d’entreprise avouaient au terme de cette soirée leur relative déception par rapport à un discours un peu « mollasson », « trop soft » à leur goût, ou pour certains à contretemps, trop tardif par rapport à l’annonce de projets gouvernementaux ou à l’examen du budget.
From : le Point , les Echos,....