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Washington a reconnu mercredi 21 août que la National Security Agency (NSA) avait bien violé la loi encadrant la surveillance des communications électroniques entre 2008 et 2011. Des dérives liées à "un problème technologique (...) et non à un excès de l'(agence)", a expliqué un responsable sous couvert d'anonymat.


La justice a secrètement mis fin en 2011 au programme, jugé illégal au regard des protections constitutionnelles garanties aux Américains. C'est cette décision, rendue par un magistrat de la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), le tribunal secret chargé de superviser les écoutes et valider ou rejeter les programmes de la NSA, qui a été déclassifiée par le gouvernement.

Pendant trois ans, alors qu'elle interceptait les données internationales passant par les réseaux de fibre optique américains, l'agence n'aurait pas été capable de séparer les communications d'étrangers et celles d'Américains. Quelque 56 000 courriers électroniques de citoyens des Etats-Unis auraient ainsi été récoltés, selon le Washington Post. La loi exige pourtant des mandats individuels dès que la surveillance concerne des nationaux ou des étrangers se trouvant sur le territoire américain.

 

 75 % DU TRAFIC SOUS SURVEILLANCE
Mercredi, le Wall Street Journal (WSJ) a également affirmé que la NSA conservait le contenu de certains e-mails envoyés par des citoyens américains et filtrait les appels locaux passés par Internet. Dès lors qu'elle dispose d'un mandat signé par un juge, l'agence est en mesure d'intercepter pratiquement toutes les informations qui existent en ligne, conclut le titre.

 

Par ailleurs, le quotidien américain révèle qu'elle a également la capacité de surveiller 75 % du trafic sur Internet aux Etats-Unis. Citant d'actuels et anciens responsables de la NSA, le journal souligne que ce chiffre est supérieur à celui qui avait été fourni par les autorités après les révélations d'Edward Snowden sur les programmes de surveillance américains.

Début août, la NSA jurait dans un communiqué de sept pages ne s'intéresser qu'à 1,6 % des données circulant sur Internet, dont seulement 0,025 % est "effectivement sélectionné pour un examen".

 

"Ces nouvelles révélations de la presse anglo-saxone viennent s'ajouter à une liste qui s'allonge chaque semaine. Auparavant, le Washington Post, s'appuyant sur une analyse d'un audit interne, rapportait que la NSA avait commis des "milliers" d'infractions aux lois sur le respect de la vie privée depuis qu'elle a été dotée de nouveaux pouvoirs en 2008.

Mardi, le quotidien britannique The Guardian, parmi les premiers à diffuser les documents secrets obtenus auprès de l'ancien consultant Edward Snowden, a raconté les pressions du gouvernement britannique, qui l'a notamment obligé à détruire des disques durs.

David Miranda, le mari du journaliste Glenn Greenwald arrêté à Londres par la police, a indiqué son intention de porter plainte contre le ministère de l'intérieur. Il avait été arrêté à sa sortie de l'avion, questionné pendant huit heures et cinquante-cinq minutes dans l'aéroport londonien d'Heathrow, avant d'être délesté de ses effets personnels, puis relâché.

Son récit pourrait figurer sur le site Schedule 7 Stories ("Histoires de l'article 7"), qui compile les témoignages de "communautés suspectes" victimes de contrôles aux frontières jugés abusifs au nom de l'article 7, clé de voûte de la législation antiterroriste britannique.

 

 

 

La National Security Agency (NSA) américaine  a " volontairement  et illégalement  " intercepté jusqu'à 56.000 emails privés par an entre 2008 et 2011 dans le cadre d'un programme dont un tribunal secret a jugé qu'il pourrait avoir violé les lois et la Constitution des Etats-Unis, montrent des documents publiés mercredi.

Ces documents jusqu'ici classés secret ont été déclassifiés par la Maison blanche, qui tente de faire retomber le scandale provoqué par les révélations de l'informaticien Edward Snowden sur l'ampleur des programmes de surveillance des agences de renseignement américaines.

 

Selon des responsables américains, les documents en question montrent que les programmes de collecte de renseignements qui ont conduit la NSA à empiéter "par inadvertance" sur la vie privée des Américains ont été identifiés et corrigés.

L'interception de courriels entre ressortissants américains doit normalement être autorisée par un mandat.

Or cela n'était pas le cas, ce qui a conduit le Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), un tribunal secret qui supervise les activités de renseignement, à s'interroger dès 2011 sur la légalité des actions de la NSA.

La collecte extrajudiciaire de dizaines de milliers d'emails semble, "à certains égards, manquer de bases juridiques et constitutionnelles", a ainsi jugé John Bates, un magistrat du FISC, en octobre 2011, lit-on dans un des documents déclassifiés mercredi.

Selon les responsables américains et un document judiciaire déclassifié par la Maison blanche, la NSA a décidé de "détruire" ces éléments collectés  et de renforcer ses procédures de contrôle.

"Quand il y a une opération aussi complexe sur le plan technologique, dans laquelle des milliers de personnes sont impliquées, il y a forcément des erreurs", a plaidé un responsable du renseignement américain.

La NSA passerait chaque année au crible quelque 250 millions d'emails dans le monde, ainsi que des millions de conversations téléphoniques

Le sénateur républicain Bob Corker a quant à lui écrit au président Obama pour que le directeur de la NSA, le général Keith Alexander, revienne s'expliquer devant les sénateurs à la rentrée parlementaire, en septembre.
Depuis juin, 19 propositions de loi ont été déposées au Congrès par des élus frustrés du manque de transparence entourant les nombreux programmes de surveillance de la NSA, selon un décompte de l'association de défense des libertés civiles ACLU.

 

 

 La NSA surveille aussi les banques
L'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) stocke une multitude d'informations sur les flux financiers internationaux, mais aussi sur les transactions par cartes bancaires. De quoi filer l'itinéraire d'un individu.
De grandes sociétés bancaires comme Visa ou Mastercard sont régulièrement espionnées par la NSA

 

Un homme d'affaires du Proche-Orient voulait transférer 50 000 dollars dans un autre pays de la région en toute discrétion, et il savait parfaitement comment s'y prendre : il ne fallait pas que l'opération passe par les Etats-Unis, et le nom de sa banque devait rester secret. Le transfert s'est fait à l'été 2010, selon ces modalités, et n'est pourtant pas passé inaperçu : il apparaît dans des documents confidentiels de la NSA.

Ces documents, que Der Spiegel a pu consulter, montrent que la NSA surveille les flux d'argent internationaux pour les enregistrer dans une banque de données puissante, spécialement conçue à cet effet. La branche de la NSA chargée de cette mission s'appelle Follow the Money [Suivez l'argent].
Les transferts d'argent sont le talon d'Achille des terroristes, expliquent les analystes de la NSA dans un rapport interne. Outre la lutte contre le terrorisme, le renseignement financier peut permettre de repérer des livraisons d'armes illégales et des activités de cybercriminalité, ainsi que de révéler des crimes d'Etat et des génocides ou de vérifier le bon respect de sanctions internationales.

 

"L'argent est la cause de tous les maux", plaisantent les barbouzes de la NSA. Ils visent essentiellement des régions comme l'Afrique ou le Moyen-Orient – et souvent des cibles qui entrent dans le cadre de leur mission d'observation. Cependant, en matière de finance comme dans les autres domaines, la NSA mise sur une exploitation maximale des données – ce qui la met manifestement en conflit avec les lois nationales et les accords internationaux.

 

180 millions de fichiers en 2011 contre 20 millions en 2008

Les agents des services secrets eux-mêmes s'en inquiètent. La collecte, le stockage et le partage des données "politiquement sensibles" sont profondément invasifs car ils portent sur "des masses de données pleines d'informations personnelles" dont "beaucoup ne concernent pas nos cibles", considère un document du GCHQ (un des services secrets britanniques qui examinent d'un point de vue juridique la question des données financières et sa collaboration avec la NSA dans ce domaine).

Tracfin, la banque de données financières de la NSA qui regroupe les résultats de l'opération Follow the Money concernant les virements, les transactions par cartes de crédit et les transferts d'argent, contenait 180 millions de fichiers en 2011 contre 20 millions seulement en 2008. La plupart des informations sont conservées pendant cinq ans.

Selon les documents de la NSA, l'agence dispose de plusieurs accès aux données internes de la société SWIFT, par laquelle transitent les transactions de plus de 8 000 banques dans le monde. Elle a également d'autres institutions dans le collimateur et possède une connaissance approfondie des processus internes de sociétés de cartes de crédit comme Visa et Mastercard. Même des nouveaux moyens de paiement supposés anonymes, comme la monnaie virtuelle Bitcoin [une monnaie que l’on peut gagner – ou, dans le jargon du réseau, "extraire" – en mettant ses moyens informatiques au service du réseau], ne lui échappent pas. Les résultats de cette surveillance donnent souvent une image complète d'un individu : déplacements, contacts et communications.

A titre d'exemple de réussite, la NSA a détecté des agissements qui ont valu à certaines banques du monde arabe de se retrouver sur la liste noire du ministère des Finances américain.

 

Coup de froid sur les relations Etats-Unis/UE

Le plus délicat politiquement, ce sont les incursions furtives auxquelles [la NSA] se livre dans le réseau SWIFT. Cette société, qui a son siège en Belgique, effectue des transferts d'argent pour des banques et autres institutions financières. Après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont fait pression pendant des années pour avoir accès à ces informations sur lesquelles la société jouit d'un quasi-monopole. Un premier accord à cet égard a été conclu en 2009, mais a été rejeté par le Parlement européen début 2010. Quelques mois plus tard, une version légèrement atténuée a été signée – avec la bénédiction du gouvernement allemand

 

 

 

 

From : le Monde , les Echos ,.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Stratégie - Défense - Relations Internationales
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