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François Fillon à son tour rattrapé par ses vacances
Si MAM a passé les fêtes en Tunisie, le Premier ministre, lui, avait choisi l'Égypte. Où on apprend qu'il était l'invité d'Hosni Moubarak.  
« Je ne répondrai plus à rien », a dit MAM hier à l'Assemblée. D'autant plus vraisemblable que c'est au Premier ministre, à partir de maintenant, que l'on va demander des explications.
     
On comprend mieux pourquoi François Fillon a finalement décidé de voler au secours de Michèle Alliot-Marie. Tandis que se réunit comme chaque mardi le groupe UMP de l'Assemblée nationale, le Premier ministre sait déjà qu'il va être à son tour épinglé par « Le Canard enchaîné » du lendemain pour ses propres vacances en Égypte…

Devant les députés UMP, et en présence de la ministre des Affaires étrangères, François Fillon réaffirme donc « tout son soutien » à la numéro 3 de son gouvernement.

La perspective d'une démission de la ministre des Affaires étrangères commençait donc à s'éloigner tandis que la bourrasque se rapprochait, cette fois, de Matignon.

En ce début d'après-midi, le Premier ministre se trouve déjà au banc du gouvernement pour la séance des questions d'actualité quand ses services publient un communiqué inhabituel. Ils répondent par avance aux nouvelles révélations que s'apprête à faire « Le Canard enchaîné ».

 

Préférant prévenir que guérir, le Premier ministre reconnaît les faits. Oui, il voyage toujours sur des avions de la flotte gouvernementale, pour des raisons de sécurité. Mais il remboursera l'équivalent du billet, pour lui comme pour sa famille. Oui, il est allé dans le sud égyptien dans un avion du gouvernement de ce pays. Et il a rencontré Hosni Moubarak le 30 décembre. Bref, il y avait une partie travail dans les vacances du Premier ministre.

Rien, en revanche, dans le communiqué, sur l'hébergement par les autorités d'Égypte, de loin l'aspect le plus embarrassant de ces révélations.

Le communiqué de Matignon et les informations du « Canard » commencent à se répandre comme une traînée de poudre dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

 

 

 

 

L'hebdomadaire satirique est en effet mis en vente le mercredi, mais il est diffusé dès le mardi soir dans les ministères et les rédactions des journaux.

Or, cette fois, ce n'est plus MAM que « Le Canard » épingle, mais Fillon lui-même, pour ses vacances en Égypte. Non seulement il a utilisé un avion officiel français pour s'y rendre en famille, mais il a été accueilli et hébergé par les autorités égyptiennes, tandis que Moubarak lui prêtait son avion pour se rendre d'Assouan jusqu'aux temples d'Abou Simbel !

 

Le Premier ministre a séjourné à Assouan en Egypte du 26 décembre au 2 janvier avec son épouse et ses enfants, sur invitation des autorités égyptiennes, trois semaines avant le début des manifestations contre le régime de Hosni Moubarak.

Pour ce faire, il a utilisé un avion de la flotte française réservée aux membres du gouvernement, un Falcon 7X.

"Le Premier ministre effectue tous ses déplacements en avion à bord d'appareils de la flotte gouvernementale, pour des raisons de sécurité et de disponibilité. S'agissant d'un déplacement privé, son billet et celui des membres de sa famille lui sont facturés, sur ses deniers personnels, au tarif établi par l'armée de l'air", précise le communiqué.

Le Premier ministre "a été hébergé lors de ce séjour par les autorités égyptiennes", ajoute Matignon. Selon le Canard enchaîné, il s'agissait d'une maison privée dépendant d'un hôtel, sur l'île Eléphantine.

C'est pour se rendre d'Assouan à Abou Simbel où il a visité un temple, toujours à l'invitation des autorités égyptiennes, que François Fillon "a emprunté un avion de la flotte gouvernementale égyptienne."

Il a également effectué dans les mêmes conditions une sortie en bateau sur le Nil.

 

 

 

Des élus et partis de gauche ont dit y voir les raisons de l'empressement du Premier ministre à défendre le chef de la diplomatie française, dont ils réclament la démission.

"Après 'Air Ben Ali, voici Air Moubarak'. On comprend mieux l'enthousiasme de François Fillon à voler au secours de sa ministre des Affaires étrangères", écrit le Parti communiste dans un communiqué.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a demandé que des règles strictes soient désormais établies sur les voyages des membres de l'exécutif.

"Plus on est à un haut niveau de responsabilité, plus on doit être irréprochable. De révélations en révélations, le fossé se creuse entre les citoyens et les responsables politiques", a-t-il dit à des journalistes.

Le député écologiste Noël Mamère a également critiqué François Fillon .

"Si l'on était dans une démocratie réelle et non pas dans une république bananière, on pourrait se poser la question de savoir si M. Fillon a toujours sa place à Matignon", a-t-il dit sur i>Télé.

 

 

 

Le point commun entre les Laboratoires et les Etats ? Les Voyages d'agrément ? ....

http://lebiolavie.activebb.net/t947-un-visiteur-medical-qui-a-jete-l-eponge

Le visiteur médical, c’est l’homme à la sacoche que vous avez sans doute rencontré dans une salle d’attente. C’est lui qui vante au médecin les avantages des médicaments. Pour convaincre, le visiteur médical a dans sa besace plusieurs arguments qui ne relèvent pas tous de la science médicale.

 

Les petits arrangements avec la loi Kouchner
La loi dite « Kouchner », a introduit depuis peu des limites dans le montant des cadeaux et autres gratifications que peut recevoir un médecin de la part d’un laboratoire : voyages, invitations régulières dans de prestigieux restaurants, week-ends à deux dans un cadre très agréable… sont aujourd’hui sévèrement contrôlés et les « cadeaux » sont limités à un montant de 42 e. Cependant, le contrôle des « gratifications » provenant des filiales étrangères des laboratoires sont plus difficiles à pister et rien n’interdit à cette filiale d’inviter un praticien pour un séminaire ou une journée d’étude, tous frais payés.

 

 

Les études bidon
C’est encore le visiteur médical, qui propose au médecin de participer à des études baptisées pudiquement « enquêtes d’opinion ». On interroge le médecin sur sa pratique en lui proposant de dire ce qu’il prescrirait à des patients fictifs ou bien on lui demande de le faire sur la base de dossiers de patients réels. Ces enquêtes sont rémunérées sur la base de 35 e par cas évoqué. Pour remplir dix cas, le médecin mettra moins de trois minutes et se

verra remettre 300 e, ou l’équivalent, par le laboratoire.

 

 

Les faux congrès
Dès lors qu’ils obtiennent l’aval du Conseil de l’Ordre sur la qualité du contenu des congrès qu’ils organisent, les laboratoires peuvent inviter autant de médecins qu’ils le souhaitent, souvent accompagnés de leurs conjoints. Organiser un congrès d’une semaine, dans une ville exotique de bord de mer, n’est alors plus un problème. Une journée de travail suffit souvent à justifier une semaine de farniente au bord de la piscine.

 

 

Séduction et matraquage
En vingt ans, le nombre de visiteurs médicaux est passé de 7 000 à 20 000 alors que, dans le même temps, la population totale de médecins a sensiblement diminué. Les laboratoires entretiennent par ailleurs plusieurs réseaux de visiteurs médicaux différents et concurrents. Ce qui fait qu’un même médecin peut se voir présenter le même produit 2 à 3 fois dans une journée. Notons parallèlement que 70 % des visiteurs sont des visiteuses médicales, 70 % des médecins sont des hommes. Séduction, séduction… Certes le médecin a son libre arbitre, il a un esprit critique, mais le matraquage outrancier finit par marquer des points.

 

 

Le ciblage
Toutes les pharmacies sont affiliées au Gers (Groupement d’études et de réalisations statistiques) qui produit, au jour le jour, des éléments chiffrés sur les ventes de médicaments. Les zones géographiques de ces études sont de plus en plus étroites et vont parfois jusqu’à la taille d’un quartier. Il existe également un fichier Icomed qui interroge chaque année les médecins sur leurs prescriptions habituelles au moyen d’un questionnaire (en échange de sa collaboration, le médecin recevra un petit cadeau). On recense une vingtaine d’études mais les deux études précitées, une fois croisées par un organisme indépendant, permettent de savoir exactement qui a prescrit quoi… et d’aller voir le médecin pour le convaincre de modifier ses habitudes ou, au contraire, de les conforter.

 

 

Le relais des pharmaciens
Les laboratoires disposent d’une force de vente spécialisée pour les pharmacies. Lors du lancement d’un nouveau produit, on proposera d’importantes remises aux pharmaciens. Dans une petite ville, lorsque les deux professionnels s’entendent bien, le pharmacien sera tenté de convaincre, lui aussi, le médecin. Aujourd’hui, il peut même exercer son « pouvoir de substitution ». Bien souvent la « substitution » en faveur du médicament le plus intéressant commercialement se fait avec l’accord téléphonique du médecin.

 

 

Les « trucs » des grossistes
Même chose chez les grossistes et répartiteurs. Le pharmacien leur commande le médicament indiqué sur l’ordonnance du médecin. Mais si le grossiste a une meilleure remise sur le produit concurrent, il lui est facile d’invoquer des problèmes de stock ou de livraison pour opérer la substitution, car le patient, lui, veut son médicament immédiatement. Un coup de téléphone au pharmacien (qui appelle parfois le médecin) et le tour est souvent joué.
Lorsque les organismes de formation professionnelle des médecins demandent à leurs adhérents quelles sont leurs principales sources de formation continue, ils répondent que les visiteurs médicaux, et les laboratoires sont parmi les premières. On voit en effet que c’est une source  " des plus  fiables et des plus désintéressées" ???

 

 

 

 

 

Dans les affaires de Fillon et d'Alliot-Marie,ce qui est problématique c'est que leurs expéditions en Égypte et en Tunisie entrent en résonance avec l'actualité. L'un et l'autre donnent le sentiment d'une collusion avec des pouvoirs dictatoriaux. En outre, cela tombe assez mal avec la séquence internationale dans laquelle est engagée Sarkozy.

Cette affaire Fillon n'est-elle pas en contradiction avec l'image droite et sérieuse que le Premier ministre donne de lui-même depuis des années ?

La distinction entre Sarkozy et Fillon s'en trouve diminuée. Cela banalise l'image de Fillon. Cette affaire est surtout en contradiction avec les préoccupations des Français qui sont centrées sur le pouvoir d'achat.

 

 

Ne risque-t-elle pas de polluer l'image de la France? Morale politique : ses dirigeants  nourris et blanchis  par des puissances étrangères , vivent une dolce vita aux frais des pays étrangers !?

Ce qui  complique encore  la tâche de Président car cela rend inaudible tout le reste. Mais on n'imagine pas Sarkozy sanctionner Fillon et Alliot-Marie car cela serait discordant avec le dernier remaniement qui voulait faire la part belle à de bons professionnels. Pourtant ce sont ceux-là même qui ont fait preuve de grande légèreté en Égypte et en Tunisie.

From : la Dépêche , l'Express , le SudOuest ,

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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