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C'est samedi vers 17 h 45 que les avions français ont ouvert le feu en attaquant dans la région de Benghazi quatre véhicules blindés qui ont été détruits. Plus tard dans la soirée, cinq navires américains (sous-marins Scranton, Florida et Providence, destroyers Stout et Barry) et un sous-marin britannique de la classe Trafalgar se trouvant en Méditerranée ont tiré des missiles de croisière BGM-109 Tomahawk contre des cibles libyennes. Dans la nuit, des attaques ont été conduites par des bombardiers Tornado GR4 de la Royal Air Force à l'aide de missiles Storm Shadow (version britannique du Scalp EG) et des bombardiers furtifs B-2 de l'US Air Force.

 

 

Au deuxième jour de l'opération occidentale contre la Libye, et alors que les Français ont repris leurs vols au-dessus du pays dans une configuration proche de celle de la journée de samedi, de nombreux points ont été éclaircis. Il est très clair que les Américains sont aux commandes. Lors d'un briefing organisé samedi au Pentagone, le vice-amiral William E. Gortney a précisé que l'opération a été baptisée Odyssey Dawn (Aube de l'odyssée) et qu'elle est placée sous le commandement du général Carter F. Ham, chef du U.S. Africa Command (Africom), basé à Stuttgart (Allemagne). Une force navale portant la dénomination Task Force Odyssey Dawn est commandée à la mer par l'amiral américain Samuel J. Locklear III, dont l'état-major est embarqué à bord du navire de commandement USS Mount Whitney.

 

 

 


À ce stade, les conditions précises de l'organisation de l'opération Odyssey Dawn ne sont pas entièrement définies. Les autorités politiques françaises présenteront sans doute une version les plaçant en tête de gondole, mais la réalité est plus prosaïque : les Américains sont aux manettes et assurent le contrôle opérationnel de l'ensemble du dispositif (OPCON, pour Operational Control) en assurant la coordination de l'ensemble des missions et des moyens qui leur sont attribués. La raison en est simple : alors que la coalition pourrait compter jusqu'à une vingtaine de pays dans les jours qui viennent, seuls les Américains sont en mesure de gérer un tel dispositif. Les Français sont donc des "fournisseurs de moyens" à la coalition qui leur a accordé le "privilège" (ou vécu comme tel par Nicolas Sarkozy) de prendre l'air les premiers. Les Français ne s'engagent cependant qu'aux conditions qu'ils ont fixées. La maîtrise de leur stratégie et de leurs moyens, donc le commandement de leurs opérations (OPCOM pour Operational Command), demeure entre les mains du chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud.

 

Selon le Pentagone, cinq pays participent à l'opération contre la Libye, à savoir les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Canada et l'Italie. La coalition compte au total 25 navires dans la Méditerranée .

 

 

 

Africom

Le Département de la Défense des États-Unis a décidé de créer un commandement unifié pour l'Afrique (United States Africa Command), dont l'acronyme est USAFRICOM ou AFRICOM et qui est destiné à coordonner toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent.

 

Le porte-parole du commandement militaire Eric S. Elliott revient sur les missions stratégiques de cette présence plus affirmée des Américains en Afrique
Afrik.com : Pourquoi un commandement régional africain ?
Eric S. Elliott : Il y avait déjà un commandement militaire africain mais il était réparti au sein des trois autres commandements régionaux américains, à savoir du Commandement pour l’Europe (EUCOM, basé à Stuttgart, ndlr), du Commandement central (CENTCOM, basé en Floride,) et du Commandement Pacifique (PACIFICCOM, basé à Hawaï, ndlr). Mais aujourd’hui, nous disposons d’un commandement unique qui fait de la région Afrique, soit 53 pays, une véritable priorité, contrairement à la situation que nous connaissions auparavant. Tous les pays africains qui dépendaient des autres commandements régionaux, de même que ceux regroupés au sein du Commandement du centre (l’Afghanistan, l’Irak, l’Egypte, le Soudan, la Somalie et le Kenya, ndlr), tous sauf l’Egypte, seront transférés d’ici le 30 septembre 2008 sous l’autorité d’Africom.

 

Afrik.com : Quelles sont les missions stratégiques dévolues à Africom ?
Eric S. Elliott : L’Afrique est devenue un continent stratégique, c’est le deuxième le plus peuplé de la planète. C’est un continent qui échange de plus en plus avec les Etats-Unis, notamment ses ressources naturelles, et nous souhaitons lui apporter notre aide face aux problèmes de développement qui sont les siens. Africom répondra ainsi aux besoins humanitaires des pays africains en termes de logistique. Par exemple, quand il a fallu rapatrier en 2005 les prisonniers marocains détenus en Algérie par le Front Polisario, nous avons apporté notre appui militaire. L’autre mission de ce commandement régional africain est d’aider les pays africains à améliorer et à mieux assurer leur sécurité à travers, entre autres, la formation. Africom collaborera par ailleurs étroitement avec l’Union africaine.

 

Afrik.com : Africom sera aussi le moyen de préserver les approvisionnements américains en pétrole et de mener la lutte contre le terrorisme en Afrique...
Eric S. Elliott : En matière de lutte contre le terrorisme, nous avons déjà le camp Lemonier dont vous parliez tantôt. Africom devrait plutôt avoir des missions qui contribueront à aider les pays africains à lutter contre le terrorisme. Quant au pétrole, il s’agit surtout d’en garantir et de protéger le libre accès dans le monde entier, et plus particulièrement en Afrique. Africom souhaite aider les pays africains à défendre leurs intérêts, celui d’exporter notamment leur pétrole. Notre but est d’aider les pays africains à être plus indépendants en termes de sécurité, avec ou sans pétrole. Notre

aide n’est pas conditionnée.

 

 

L'AFRICOM est composé des commandements suivants:

U.S. Army, Africa (USARAF) de l'United States Army
U.S. Naval Forces, Africa (NAVAF) de l'United States Navy
U.S. Air Forces, Africa (AFAFRICA) de l'United States Air Force
U.S. Marine Corps Forces, Africa (MARFORAF) de l'United States Marine Corps
U.S. Special Operations Command, Africa (SOCAFRICA) du United States Special Operations Command
Combined Joint Task Force - Horn of Africa (CJTF-HOA)

 

 

 

 

Obama décide , Sarkozy éxécute ... les attaques s'opèrent sous le commandement américain .

 

Selon la presse américaine le New-York Times http://www.nytimes.com/2011/03/19/world/africa/19policy.html?_r=4&pagewanted=1&hp et le Washington Post http://www.washingtonpost.com/world/international-coalition-launches-strikes-on-libya/2011/03/19/ABlT8bw_story.html :

1) Ce sont les Etats-Unis, seuls, qui ont décidé qu'il était enfin possible de se lancer dans l'opération diplomatique  à l'ONU ouvrant la voie à l'emploi de la force contre la Libye.

2) Une fois ces opérations  diplomatiques entamées , la force de la coalition franco-britannique été placée sous commandement américain et obéit depuis au doigt et à l'oeil à ce que disent et décident Hillary Clinton et le président Obama.

 

Le Washington Post précise que l'ensemble de ces opérations est placée sous le commandement des forces américaines en Afrique.  "The French sorties were followed quickly by the wave of missile strikes against Libyan air defenses. More than two dozen warships and a large number of warplanes made up the initial strike force, which was led by the U.S. military’s Africa command, a senior U.S. military official said.

"The strikes, which included 15 U.S. fighter jets, were part of a broader mission to halt the advancement of Gaddafi’s military on the rebel strongholds in the eastern portion of the country and to prevent him from using helicopters and fighter jets to pound the rebels...British and French fighter jets also took part in the strikes on the advancing Libyan forces, Gortney said."

  

 
 
L'unité internationale affichée samedi lors du sommet d'urgence à Paris semble montrer une première fissure.

 

Ainsi la Ligue arabe, qui soutenait cette semaine les alliés dans leur projet d'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, a émis des critiques dimanche contre les actions qui sont effectivement menées. Au lendemain des premières opérations alliées, le secrétaire général de la Ligue Amr Moussa a critiqué les frappes aériennes, estimant qu'elles vont au-delà de la mission réclamée par l'organisation et causent des pertes civiles. «Ce que nous voulons c'est la protection des civils et pas bombarder plus de civils», a déclaré Amr Moussa.
 

 

D'autres pays, qui eux n'avaient jamais caché leurs réticences vis-à-vis d'une intervention internationale, ont maintenu leur position dimanche. La Russie, qui s'était abstenue lors du vote de la résolution 1973, a exprimé une position similaire à celle de la Ligue arabe, appelant la coalition internationale à cesser de recourir à la force de manière «non-sélective» et de faire ainsi des victimes civiles en Libye. «Il est inadmissible d'utiliser le mandat du Conseil de sécurité (...) afin de mener à bien des objectifs qui vont clairement au-delà de ses dispositions, prévoyant uniquement des mesures pour protéger la population civile», dit le communiqué de la diplomatie russe. La Russie a été plus claire aujourd’hui en appelant la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis à cesser les raids aériens contre ce qu’elle a qualifié de "cibles non militaires" en Libye. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Alexander Loukachevitch a souligné que les attaques avaient fait des victimes civiles et estimé que les frappes aériennes outrepassaient le mandat donné par la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies : "Nous appelons dès lors les pays impliqués à cesser le recours non sélectif à la force".
 
 
De même la Chine, qui s'était aussi abstenue jeudi, regrette les bombardements de la coalition internationale, a indiqué son ministère des Affaires étrangères. «Nous espérons que la Libye pourra rétablir la stabilité aussi vite que possible et éviter de nouvelle victimes civiles liées à l'escalade d'un conflit armé», a-t-il ajouté.
 
En Amérique du Sud, le Venezuela, la Bolivie et l'Equateur avaient en revanche clairement rejeté vendredi toute intervention militaire en Libye.
Enfin l'Iran a également émis des réserves dimanche. Téhéran dit soutenir les «revendications légitimes» des Libyens face au régime de Mouammar Kadhafi, mais «doute» des réelles intentions des Occidentaux, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne.
L’Iran a exprimé des doutes en ce qui concerne les réelles intentions de la coalition. "Le passé et l’action des pays dominateurs (Occidentaux, ndlr) pour occuper les pays opprimés met toujours en doute leurs véritables intentions dans ce type d’action", a déclaré Ramin Mehmanparast, ministre iranien des affaires étrangères ; "ces pays entrent en général en action avec des slogans trompeurs de soutien aux peuples, mais en réalité ils cherchent leurs intérêts et notamment pour établir des bases militaires afin de poursuivre leur politique colonialiste et leur domination sous des formes nouvelles.
From : le Point , le Figaro , le Post,... 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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