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"Sarkozy mis en examen."  L'abus de faiblesse "est puni de trois ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende".
"L'affaire Bettencourt devait être derrière lui. C'était compter sans la pugnacité sans relâche du juge d'instruction Jean-Michel Gentil", commente Laurence de Charette dans Le Figaro.
"La justice a suivi son cours", précise sobrement Raymond Couraud dans l'Alsace."Il apparaît fragile, lui qui s'était forgé une image d'homme inébranlable", observe-t-il.Cette mise en examen "arrive au mauvais moment" pour l'ancien président, commente Raymond Couraud. "Face aux divisions de son camp, Nicolas Sarkozy avançait ses pions."

Pour Yann Marec (Midi Libre), c'est "une grosse tache dans son CV qui d'évidence freine son retour à sa vie normale, la politique." "Nul doute", reconnaît Christophe Bonnefoy (Le Journal de la Haute-Marne) avant de conclure et de prévenir : "Nicolas Sarkozy aime les combats. Il aura à cœur de mettre la même force dans cette bataille qui l'attend, judiciaire cette fois."

 

Concrètement, l'ancien chef de l'Etat est soupçonné d'avoir abusé de la faiblesse de Liliane Bettencourt, qui n'a plus toutes ses facultés depuis septembre 2006, pour lui demander de l'argent afin de financer sa campagne électorale.

L’ex-président est soupçonné d’avoir perçu de l’argent au domicile des Bettencourt. L'agenda de ces derniers, ainsi que le journal intime du photographe François-Marie Banier, proche de Liliane Bettencourt, laissent entendre qu’il a été reçu par l’héritière de L’Oréal pendant la période de la campagne de 2007. La défense de Nicolas Sarkozy a toujours affirmé qu'il ne s'était rendu qu'une seule fois chez les Bettencourt, en février 2007, pour une simple visite de courtoisie.

Mais d'ex-membres du personnel des Bettencourt, comme le majordome Pascal Bonnefoy, avec qui Nicolas Sarkozy a été confronté jeudi, ont affirmé que l'ancien président était venu chez la milliardaire à d'autres reprises début 2007.

Au même moment ont eu lieu deux retraits en espèces de 400 000 euros sur les comptes suisses du couple Bettencourt. Des retraits organisés par Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de la famille. Or, début 2007, Patrice de Maistre a rencontré Eric Woerth, qui était alors trésorier de l'UMP. Selon l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, une entrevue en janvier 2007 était destinée à la remise par Patrice de Maistre à Eric Woerth, tous deux déjà mis en examen, de 150 000 euros en liquide à Eric Woerth


Son avocat conteste cette décision ?
L'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, a dénoncé une décision "injuste et incoérente". Il a souligné que le juge avait laissé son client sous le statut de témoin assisté pour les faits d'abus de faiblesse qui auraient été commis contre Mme Bettencourt en 2008, et pour les faits de recel qui auraient été commis les 19 janvier et 5 février 2007.

La mise en examen de Nicolas Sarkozy ne vise donc pas la rencontre ayant eu lieu en 2008 avec Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre à l'Elysée, ni les rencontres de janvier et février 2007 entre Patrice de Maistre et Eric Woerth. Seule la venue reconnue par Nicolas Sarkozy au domicile des Bettencourt, en février 2007, est concernée.

L'"incohérence" dénoncée par Me Herzog pourrait résider dans le fait que, si Nicolas Sarkozy a commis un abus de faiblesse sur Mme Bettencourt en 2007, cela signifie que l'état de faiblesse de celle-ci était apparent et que l'ancien président s'en est rendu compte. Or, il pourrait sembler étonnant qu'il n'en soit pas de même un an plus tard, lors du rendez-vous de 2008.

 

 

L'ancien président a été confronté jeudi à au moins quatre anciens membres du personnel des Bettencourt, dont l'ex-majordome Pascal Bonnefoy, une ancienne femme de chambre, Dominique Gaspard, l'infirmière Henriette Youpatchou, et un autre maître d'hôtel.

Le majordome de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy, avait enregistré clandestinement dans le salon de celle-ci, de mi-2009 à mi-2010, les conversations qui s'y tenaient. Que peut-il dire à la justice au sujet des présumées visites de Nicolas Sarkozy à ce même domicile, début 2007?
Si Nicolas Sarkozy est confronté à Pascal Bonnefoy ce jeudi dans le cadre de l'affaire Bettencourt, c'est pour mieux déterminer les circonstances des visites de l'ancien président au domicile de Liliane Bettencourt. Et le nombre de ces visites, début 2007, juste en amont de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy n'est-il venu qu'une fois pour rencontrer André Bettencourt, et non son épouse, comme il l'assure? Ou a-t-il bien rencontré la milliardaire, combien de fois, et a-t-il pu recevoir des enveloppes dans ce cadre pour financer sa campagne?

 

Pascal Bonnefoy devrait fournir des éléments de réponse à la justice. Car il ne semble pas avoir la mémoire qui flanche. La presse a déjà reproduit une partie de ses souvenirs... Dans Paris Match, il "se rappelle avoir accueilli lui-même Nicolas Sarkozy" au 18 rue Delabordère, à Neuilly-sur-Seine, lors d'une de ces visites, le 24 février 2007: "Je l'ai conduit dans le salon rond où l'attendait M. André Bettencourt", a-t-il raconté lors de son audition, selon le magazine qui le qualifie de "disert". 

« C'était une visite impromptue. (...) J'étais assez fier qu'il s'agisse de M. Sarkozy  »
Une autre fois, le 14 mars 2007, il se souvient que le "la visite était courte car leur temps à tous les deux était compté", selon des propos reproduits dans Le Monde. Cette fois, il n'est plus tout à fait sûr de la salle, cependant: était-ce "le salon Monet ou le salon du fond"? En tout cas, "c'était une visite impromptue. (...) J'étais assez fier qu'il s'agisse de M. Sarkozy". 

Disert, fier... et visiblement doué d'un sens de l'humour particulier. L'infirmière de la milliardaire, Henriette Youpatchou, a de son côté raconté un autre détail de cette rencontre. "J'ai dit que j'aurais bien aimé prendre une photo mais il m'a dit que ce n'était pas possible parce que les téléphones étaient brouillés et qu'il y avait des tireurs d'élite sur les toits. Il a dit ça en rigolant", selon cette femme citée par le quotidien du soir.

 

L'homme des enregistrements pirates
Une plaisanterie qui prend une saveur supplémentaire lorsque l'on sait que Pascal Bonnefoy est l'homme des enregistrements clandestins qui furent à l'origine de l'affaire Bettencourt. Ce n'est pas comme une béquille pour sa mémoire, mais par prudence qu'il avait réalisés ces enregistrements audios de mai 2009 à mai 2010. Pour "se défendre" lui-même, et défendre celle qu'il servait. 

Il ne supportait pas de "rester sans rien faire" en voyant l'entourage de la milliardaire profiter d'elle: "Je ne pouvais pas accepter l'inacceptable et c'était pour moi comme l'image d'un accident de la route et de quelqu'un qui ne s'arrête pas pour porter secours", a-t-il raconté lors d'une audition en juillet 2010, dans le cadre supplément d'information pour "abus de faiblesse" visant le photographe François-Marie Banier. 

Pas d'enregistrements audios, cependant, à l'appui de ses souvenirs liés à Nicolas Sarkozy, avec qui il est confronté ce jeudi, devant la justice. Peut-il devenir un témoin-clé, alors qu'une autre voix, celle de l'ex-comptable Claire Thibout, sur laquelle s'appuyait l'accusation, est en train de montrer ses failles? Quel impact peuvent avoir les propos de Pascal Bonnefoy pour l'ancien président de la République? 

Même si sa version mettait en lumière d'éventuels mensonges de Nicolas Sarkozy, il est peu probable qu'elle constitue une preuve d'abus de faiblesse aux dépens de Liliane Bettencourt. Cette confrontation avec l'homme des enregistrements pirates pourrait même être le dernier acte important de l'enquête sur ce volet de l'affaire Bettencourt.

 

 

Le 22 novembre dernier, auditionné pendant près de 12 heures par le même juge Gentil, l'ancien président était finalement sorti du palais de justice de Bordeaux sous statut de témoin assisté

Avant de reprendre les rênes de ce dossier, en 2010, seuls les gens du "milieu" avaient entendu parler de ce natif de Saumur, formé à Sciences Po Bordeaux puis à l'école nationale de la magistrature. Pourtant, cet homme de 52 ans, a déjà une longue carrière derrière lui. Nommé à Nanterre après sept années passées dans le Nord, Jean-Michel Gentil sort de l'ombre dans les années 1990, en s'attaquant aux réseaux de proxénétisme parisiens. Même détermination en 2001, un an après son arrivée à Ajaccio, quand il met en examen Me Antoine Sollacaro, l'avocat d'Yvan Colonna récemment assassiné, pour "violation du secret de l'instruction". Pour protester, les avocats corses cadenassent les grilles du tribunal. Jean-Michel Gentil "est descendu devant nous (une soixantaine d'avocats) et nous a demandé d'ouvrir", se souvient Me Camille Romani, alors bâtonnier du barreau d'Ajaccio. Et d'ajouter: "Il n'est pas du genre à se laisser impressionner, mais pas non plus à reconnaître ses torts".

« Il ne faut pas s'attendre à ce qu'il fasse plus de cadeaux à la droite qu'à la gauche  »
Silhouette fine, regard noir, physique passe-partout, Jean-Michel Gentil jouit au tribunal d'une image d'un professionnel "rigoureux". "Il ne faut pas s'attendre à ce qu'il fasse plus de cadeaux à la droite qu'à la gauche", disent en choeur, pro et anti, ceux qui l'ont croisé. "Il n'était pas de gauche", glisse un camarade de Sciences Po, et un collègue le qualifie d'"anar de droite".

Pour parvenir à ses fins, celui qui fuit les médias n'hésite pas à utiliser des méthodes musclées qui lui assure la "Une" de tous les journaux. Avant de convoquer Nicolas Sarkozy, il a réussi le tour de force de faire accepter à Liliane Bettencourt de passer une expertise médicale qui avait prouvé que la milliardaire était affaiblie psychologiquement. Récemment, il a également convoqué Philippe Courroye, en charge de l'affaire avant lui et qui a rencontré l'ex-chef de l'Etat a plusieurs reprises pendant l'instruction.

 

 

From : le Monde , l'Express ,....

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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