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Fillon et Copé agacés par les mots de Sarkozy.

À son arrivée, lundi à l'UMP, François Fillon a été accueilli par beaucoup de «Nicolas! Nicolas!» et quelques lazzis qui couvraient les applaudissements. Et à la conclusion du discours de Nicolas Sarkozy, il a été l'un des premiers à quitter l'UMP. Sans un mot. L'ancien premier ministre n'est pas, à l'UMP, celui qui s'adonne le plus facilement aux joies du bain de foule ou se prête à l'exercice du commentaire à chaud devant les caméras.


Mais lundi, le député de Paris avait quelques raisons supplémentaires de serrer la mâchoire. Les critiques à peine voilées que l'ex-président lui a adressées durant son allocution n'étaient pas pour lui plaire. «Ça me fait plaisir de te voir ici, François, lui a-t-il ainsi lancé. Il faut toujours être fier de ce qu'on a fait ensemble. Tu vois, François, moi je suis fier de ce qu'on a fait

ensemble.» Allusion aux critiques que l'ancien premier ministre a rendues publiques sur le bilan du quinquennat.
Autre pique de Sarkozy concernant la présidentielle à venir. «Il y a quelque chose d'indécent à parler du rendez-vous de la présidentielle alors que les Français souffrent», a expliqué l'ancien chef de l'État devant celui qui se positionne comme le champion de la droite pour la primaire de 2016. «La claque des militants des Hauts-de-Seine et les missiles téléguidés… Tout ce cirque a beaucoup énervé Fillon», lâche l'un de ses soutiens à l'issue de la réunion. Le camp filloniste soupçonne d'ailleurs Patrick Balkany, député maire de Levallois, d'avoir «piloté» des militants pour siffler l'arrivée de Fillon à l'UMP. Ce dont l'intime de l'ancien président se défend.
Ce «cirque», il en a encore été question mardi matin. Au comité politique, qui réunit la direction de l'UMP chaque semaine, François Fillon s'est étonné de la nature du discours de Nicolas Sarkozy.

«On a parlé de l'Europe à deux vitesses, de la recherche en matière de gaz de schiste. Tout cela est très bien même si ce n'est pas très nouveau», a-t-il commenté. «Mais on n'a pas parlé de l'essentiel, de ce qui était le sujet du jour, c'est-à-dire les finances du parti», a poursuivi l'ex-premier ministre.


Copé a marqué la distance avec certains passages du discours de Sarkozy
Pour bien marquer le coup, Fillon a donc demandé des «précisions» sur l'état des finances, le programme de redressement financier, les conclusions de la rencontre avec le pool de banquiers lundi.

Ou la liste «des collaborateurs d'anciens ministres salariés à l'UMP et des contrats qui lient l'UMP à certains prestataires», selon un membre du comité. Dans le viseur, Geoffroy Didier, conseiller de Brice Hortefeux, et Guillaume Peltier, qui a notamment fourni des études d'opinion pendant la campagne présidentielle. Deux sarkozystes de choc qui animent le mouvement la Droite forte à l'UMP.

Jean-François Copé «ne s'est pas montré hostile» à ces requêtes et un rendez-vous entre François Fillon et la trésorière de l'UMP Catherine Vautrin serait à l'agenda la semaine prochaine.
C'est que Jean-François Copé, lui-même, «n'est pas complètement ravi de la journée de lundi», témoigne un élu copéiste. Si Sarkozy a salué l'initiative d'une souscription lancée par le président de l'UMP, celui-ci se démène pour tordre le cou à l'idée d'une «présidence sous tutelle». «Ce n'est pas son retour en politique, il a été très clair», explique-t-il au micro d'Europe 1 alors que le verbatim indique le contraire. «Je ne suis pas son porte-parole, vous l'imaginez bien», lâche-t-il encore, pressé de questions sur le retour de Sarkozy.
Quelques minutes plus tard, au petit déjeuner politique, Copé a marqué la distance avec certains passages du discours de Sarkozy. Lundi, l'ancien président avait expliqué ne pas vouloir «se restreindre à être de droite». «Car je ne suis pas conservateur», avait-il dit. À la grande surprise de plusieurs responsables du parti, Copé lui réplique le lendemain. «Je ne laisserai jamais dire que la droite est conservatrice», a-t-il expliqué une première fois lors du petit déjeuner. «Je n'accepte pas que l'on dise que la droite, c'est le conservatisme», a-t-il insisté dans un second temps, alors que François Fillon venait de les rejoindre. Il est probable que les deux hommes, cette fois, se sont compris .

 

L'ex-chef de l'État aurait critiqué en privé le physique de son successeur à l'Élysée, déjà humilié récemment par le président américain Barack Obama.
 http://www.lepoint.fr/politique/quand-sarkozy-ridiculise-hollande-en-prive-03-07-2013-1692848_20.php?google_editors_picks=true&google_editors_picks=true
Le physique est souvent la limite que l'on s'impose lorsqu'on veut critiquer autrui. On s'autorise parfois un écart, mais en privé. Cela serait notamment le cas de Nicolas Sarkozy, qui ne se gênerait pas pour railler le physique de son successeur en petit comité, selon L'Express. "Tu l'as vu, ce petit gros ridicule qui se teint les cheveux, aurait-il fait remarquer à un visiteur. T'en

connais, toi, des hommes qui se teignent les cheveux ?"

 

 

François Fillon ne digère pas les flèches que lui a lancées Nicolas Sarkozy, lundi 8 juillet, lors du bureau politique de l'UMP. "Cela l'a irrité", confie un de ses proches. L'ex-premier ministre a peu goûté d'avoir été rabaissé au statut de "collaborateur" quand l'ex-président a lancé : "Ceux qui ont travaillé pour moi, je leur en serai toujours reconnaissant..." Il n'a pas apprécié non plus de recevoir une leçon de morale de la part de M. Sarkozy, qui lui a reproché d'avoir "divisé" le parti lors de son duel avec Jean-François Copé.


Furieux d'être la cible de l'ex-président, M. Fillon n'a pas applaudi et ne s'est pas levé pour saluer le discours de son rival. Puis il a quitté la salle avec sa garde rapprochée, le visage fermé. "Le catéchisme est terminé ?", a-t-il demandé de manière ironique à un élu pour marquer son agacement.

 

"C'était du foutage de gueule ! Fillon aurait dû réagir au lieu d'essayer de faire bonne figure dans l'orage", juge un député qui l'a soutenu lors de la campagne pour la présidence de l'UMP. Mais M. Fillon n'a rien dit. Sa réponse, il la réserve pour jeudi soir, lors d'une réunion publique organisée à La Grande-Motte (Hérault). Le ton devrait être ferme et offensif.

"Il ne se privera pas de dire comment il voit les choses, y compris sur Nicolas Sarkozy", assure son porte-parole, Jérôme Chartier. L'ancien chef du gouvernement devrait se démarquer un peu plus de l'ex-président et ouvrir franchement l'inventaire du sarkozysme. "On se refuse toujours à un exercice sérieux et rigoureux sur le passé", a pesté M. Fillon, mardi, en privé, après le discours de M. Sarkozy.

 

MISE EN GARDE

Pour l'ex-premier ministre, le vrai-faux retraité de la politique aurait pu profiter de sa venue à l'UMP pour analyser les raisons de sa défaite à la présidentielle. Il n'en fut rien. Au contraire, M. Sarkozy a lancé une mise en garde à M. Fillon, visant à empêcher toute remise en cause de sa présidence : "Il faut être fier de ce que nous avons fait ensemble, François..."

Pour prendre le leadership à droite, M. Fillon compte justement se livrer à un bilan critique de l'action de M. Sarkozy à l'Elysée. Le récent coup de force de ce dernier le pousse à se lâcher. "Il est décidé à dire sa vérité de manière plus précise", prévient M. Chartier.
Après avoir souligné ces derniers mois qu'il aurait souhaité aller plus vite et plus loin sur la réduction des déficits ou le temps de travail, le député de Paris devrait insister sur la compétitivité. M. Fillon, qui juge l'ex-président "clivant", devrait aussi condamner plus directement la droitisation de la campagne présidentielle

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"ROMPRE AVEC CERTAINES HABITUDES"

Pour se poser en alternative au sarkozysme, M. Fillon a également l'intention de montrer qu'ils n'ont pas la même pratique du pouvoir. Il faut "rompre avec certaines habitudes", a noté le filloniste Eric Ciotti. "Fillon va montrer de plus en plus ce qui le différencie de Sarkozy, en mettant en avant ses marqueurs : la sincérité, la vérité et la réforme", résume un proche.

Pour décrédibiliser M. Sarkozy, le camp Fillon compte souligner son "insincérité" et le faire passer pour un homme cherchant plus à assouvir ses ambitions qu'à défendre l'intérêt collectif. "Le principal moteur de Sarkozy, c'est la revanche", tranche un filloniste. Mardi matin, lors du comité politique de l'UMP, M. Fillon a d'ailleurs regretté que M. Sarkozy se soit peu exprimé, la veille, sur la situation financière du parti et il a demandé davantage de transparence sur les comptes de l'UMP. Une manière de montrer qu'il se préoccupe davantage de sa formation que son rival.

 

Prêt à affronter M. Sarkozy lors de la primaire de 2016, M. Fillon pense pouvoir l'emporter sur le fond, grâce à son projet de redressement (productif, national et européen). Lundi, il n'a "rien de très nouveau" dans les thèmes (Europe, compétitivité, progrès) mis en avant par l'ex-président.

L'épisode de lundi n'a pas altéré sa volonté d'être candidat à la présidentielle, en défiant M. Sarkozy si nécessaire. Au contraire... "Il est encore plus motivé", jure M. Chartier. "Rien n'entravera sa détermination. Il avance et rien ne l'arrêtera", assure M. Ciotti. La preuve : il a nommé mercredi les représentants de Force républicaine, son microparti, dans 53 départements.

 

M. Fillon trouve également "cocasse" que son rival lui reproche d'être déjà candidat déclaré. M. Sarkozy a jugé cela "indécent" ; un filloniste ironise : "C'est drôle, cette leçon de morale venant d'un homme qui ne pense qu'à ça !"

 

 

Sarkozy-Fillon : le couple infernal

Nicolas Sarkozy et François Fillon ont une intime connaissance de l’autre qui aurait pu les souder à jamais. C’est l’inverse qui s’est produit.
François Fillon lance ce jeudi soir à La Grande-Motte son « offensive » contre Nicolas Sarkozy. Le mot est de ses proches. Lundi, l’ex-président prononçait à l’UMP un discours qui se lisait, entre les lignes, comme une réaction à la montée en puissance de son ancien Premier ministre. Dites dans le secret pour être répétées, les phrases assassines fusent. Entre Nicolas Sarkozy et François Fillon, une mécanique redoutable s’est installée, de rivalité et de rancœurs, d’hostilité même.

 

Le duo des contraires a généré du positif
Le cinéma a démonté comme nul autre les ressorts intimes des couples infernaux. Deux opposés s’irritent et se disputent, mais happy end oblige, ils finissent toujours par trouver la clef qui les rendra complémentaires. Dans la vraie vie politique, le schéma s’est inversé.

Nicolas Sarkozy et François Fillon ont commencé par fonctionner ensemble pendant cinq ans. Leurs différences les ont servis. Sarkozy l’impétueux a vu son image tempérée par le flegme de son Premier ministre. Les défauts de François Fillon – un peu terne, manquant d’audace – sont devenus qualités – sang-froid, recul – dans le contraste avec le président.

Malgré des heurts et des incompréhensions, le duo des contraires a généré du positif. Chacun en a tiré bénéfice. Chacun a tiré de l’expérience une connaissance profonde de l’autre. Cette connaissance aurait pu les souder : elle est devenue un activateur de leur ressentiment.

 

Orgueil blessé, sentiment de trahison...
Les deux hommes ont fini par ne plus supporter ce que l’autre leur apportait. Ils ont tiré de leur épopée commune l’intime conviction des faiblesses de l’autre et de leur propre supériorité. Sarkozy ne voit en Fillon qu’un velléitaire, incapable d’affronter les événements et les êtres. Fillon ne voit en Sarkozy qu’un agité sans colonne vertébrale, ballotté au gré des sondages.

Que Fillon finalement s’affirme et s’organise, que Sarkozy soit populaire et tente de repenser l’approche programmatique de la droite, tout cela est insupportable à l’autre. « Il n’a pas changé, il ne peut pas changer » est le leitmotiv de chacun sur l’autre. Orgueil blessé, sentiment de trahison et certitude de connaître l’autre se mêlent. Fillon hausse le ton, piqué au vif, dès que Sarkozy a l’air de considérer qu’il n’est pas taillé pour la présidentielle ; Sarkozy ne pense qu’à rompre son silence lorsqu’il voit pousser les ailes de son ancien Premier ministre. Cercle vicieux.

 

 

Dans le courant de la journée, un de ses proches, Jérôme Chartier, assurait que François Fillon était ressorti de la prestation de Nicolas Sarkozy à l'UMP avec «le sentiment d'un affranchissement total» vis-à-vis de l'ex-président

 

Charge contre Sarkozy : «Fillon a tort», selon Balkany Démonstration faite, en début de soirée, au cours de son meeting de La Grande Motte (Hérault). L'ancien Premier ministre, silencieux depuis la réunion de crise de lundi, n'a pas retenu ses coups. Devant plus de 700 supporteurs, il est apparu combatif, l'oeil rivé sur la primaire de 2016.

Grâce à cette compétition interne organisée en vue de la présidentielle de 2017, assure-t-il , «les conciliabules secrets pour désigner notre candidat c'est fini». «L'auto-proclamation, c'est fini.» Fervent défenseur de la primaire -contrairement à Jean-François Copé ou aux sarkozystes qui n'imaginent pas leur champion s'y soumettre- l'ancien chef du gouvernement veut galvaniser les militants : «En 2016, c'est vous qui désignerez celui que vous jugerez le plus à même de rassembler les Français.»

 

«L'UMP ne peut vivre dans l'attente d'un homme providentiel !»

«Chacun a le droit de vouloir servir son pays et chacun aura le droit d'être candidat aux primaires, mais personne ne peut dire: circulez ! Il n'y a rien à voir, le recours c'est moi ! Ça n'est pas ma conception de notre famille politique qui doit vivre, avancer, débattre et qui doit s'interroger aussi», lâche-t-il. «Rester sur son piédestal en attendant que la gauche s’effondre et en espérant être plébiscité des Français : ça c’est l’assurance d’échouer.» Selon lui, tout le monde doit «refaire (ses) preuves». «Moi le premier», ajoute-t-il.

La prestation de Nicolas Sarkozy devant l'UMP, l'ex-Premier ministre l'a «écoutée avec intérêt et respect». Cependant il «ne lie pas l'avenir de l'UMP à un homme». Alors que les spéculations sur le retour de l'ancien chef de l'Etat vont bon train, François Fillon engage au contraire son parti à aller de l'avant : «L'UMP ne peut vivre immobile, congelée, au garde à vous, dans l'attente d'un homme providentiel !»

L'ancien chef du gouvernement ne se montre pas plus indulgent lorsqu'il évoque l'invalidation par le Conseil constitutionnel des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, qui plonge l'UMP dans de gros ennuis financiers. S'il reconnaît que «la sanction est sévère et peut paraître disproportionnée», il estime que l'«on ne peut exiger des Français qu'ils respectent les règles, si nous mêmes nous les réfutons»... Et de trancher, sans ambiguïté : «Il faut solder le passé.»

 

 

 

From : le Figaro,le Monde,les Echos , le Parisien,.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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