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Un outil de repérage des élèves présentant des risques pour les apprentissages : c’est ainsi que le ministère de l’Éducation nationale présente son projet d’« aide à l’évaluation des acquis en fin d’école maternelle ». Une mesure qui doit entrer en vigueur en novembre et qui génère des remous sur la forme et sur le fond.

 

L’idée de catégoriser les élèves de grande section de maternelle, âgés de 5 ans, à l’issue de leur évaluation, en RAS (Rien à signaler), risque et haut-risque, est vécue par certains comme une stigmatisation ... maladive .

 

   

Le dossier est explosif. Peut-on, dès la maternelle, repérer les enfants "à risque" et à "haut risque" ? Passer au crible les comportements et les apprentissages des élèves dès 5 ans ? L'idée devait être proposée par le ministère de l'éducation nationale aux inspecteurs reçus par petits groupes, rue de Grenelle, à compter du mercredi 12 octobre. Objet des réunions : l'éventuelle mise en place d'une évaluation de tous les élèves de grande section de maternelle. Un livret appelé "Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle", que Le Monde s'est procuré, détaille précisément, en vingt-deux fiches, un protocole très normé.

L'évaluation est prévue en trois phases. Entre novembre et décembre, une première phase dite de "repérage" : l'enseignant passerait au crible le comportement à l'école, le langage, la motricité et la "conscience phonologique" des élèves. La deuxième phase consisterait en un "entraînement progressif (…) avec les enfants repérés à risques lors de la phase1". Enfin, une étape bilan, entre mai et juin, permettrait de faire le point sur les acquis des élèves par des "séries d'épreuves collectives ou en petits groupes – d'une durée d'environ trente minutes par série".

 

Les parents déplorent l’absence de concertation qui accompagne la mise en place de cette mesure « mais surtout, on revient sur un “fichage” des enfants dès l'âge de 5 ans, après avoir proposé, il y a quelque temps, la même chose pour les enfants de 3 ans. Cette évaluation est destinée à “marquer” les élèves, à être fichés par rapport à un certain nombre de comportements. Le rôle des enseignants, en maternelle, c’est d’abord de veiller à ce que les enfants apprennent, grandissent, s’épanouissent… Il ne faut pas oublier le lien que les enseignants tissent avec les parents, dès la 1 re année de maternelle.

 

   

Le nouveau dispositif se présente comme un outil de lutte précoce contre l'échec scolaire. Pas sûr que l'argument convainque les organisations syndicales. L'évaluation en maternelle n'est pas tout à fait nouvelle, mais le dispositif actuel est facultatif : il s'agit d'une liste de fiches, proposées comme un outil que les enseignants utilisent ou non. "Cela reste un choix individuel", témoigne Laetitia Bordeau, 35 ans, professeure des écoles dans le Val-d'Oise. "Evidemment qu'en évaluant les élèves, on est aussi attentif à leur comportement, et ce dès la petite section de

maternelle, l'idée étant de les préparer au mieux au CP, reconnaît-elle. Il faut aider l'enfant à devenir élève. Mais de là à le cataloguer…"

 

 

CLASSEMENT DES ENFANTS EN TROIS CATÉGORIES

Une partie du livret d'évaluation porte sur le "devenir élève". Une façon politiquement correcte d'évoquer le comportement des enfants.

L'enseignant devrait, entre autres, noter si l'élève "respecte les autres" et "contrôle ses émotions". "L'enfant devenu élève agit de manière à respecter l'intégrité de toutes les personnes et de son environnement ; il ne les agresse pas, il a recours à la parole en cas de désaccord ou de conflit", peut-on lire dans le document. On n'est pas loin du bilan médical – et confidentiel – que les médecins faisaient passer aux enfants dans leur 6e année. Le protocole prévoit d'ailleurs d'"articuler le bilan de santé et l'évaluation des acquis".

 

 

Enfin, le vocabulaire choisi risque de faire grincer des dents, de même que le classement des enfants en trois catégories : "RAS" (pour "rien à signaler"), "risque" et "haut risque". Le maître devrait remplir une "fiche élève" et une "fiche classe" reprenant les "scores" obtenus par les enfants aussi bien pour leur comportement que pour leur maîtrise du langage, leur motricité ou leur conscience des syllabes (phonologie).

Ainsi, un enfant qui, à 5 ans, obtiendrait moins de 2 points en comportement à l'école serait classé "à haut risque". Une approche qui n'est pas sans rappeler la proposition faite par le secrétaire d'Etat à la justice, Jean-Marie Bockel, en novembre 2010, de repérer les troubles du comportement dès 3 ans. Ou encore une expertise de l'Inserm, rendue publique en septembre 2005, qui pointait l'insuffisance du "dépistage du trouble des conduites" chez les enfants.

 

   

Ce nouveau protocole d'évaluation pose, de fait, la question du rôle de l'école maternelle. "Les enseignants savent très bien identifier les enfants qui ont besoin d'un accompagnement particulier", estime Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA. "Ils n'ont nul besoin d'un dispositif inadapté qui va transformer la maternelle en structure de sélection, alors qu'elle n'a pas vocation à trier les élèves", s'insurge-t-il.

 

Même constat, inquiet, de la part de Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l'éducation nationale : "Tests en CE1, en CM2, et aujourd'hui en maternelle… L'évaluation gangrène tout le système. La place que la maternelle accordait au jeu, au plaisir quotidien, me semble aujourd'hui fortement menacée par ce type de procédé." Dans le livret à destination des enseignants, il est précisé que "les taux nationaux de réussite seront calculés sur échantillon représentatif et diffusés pour permettre à chaque école de se situer par rapport à une valeur nationale". Revoilà

exactement ce dont les enseignants ne veulent pas : une possible publication des résultats école par école, donc un palmarès des meilleurs établissements dès la maternelle ! "En évaluant toutes les écoles, on crée un potentiel instrument de classement que quelqu'un finira bien par exploiter", craignait déjà Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, à propos des évaluations mises en place à l'école élémentaire en 2008.

 

 

  

Le projet de repérage des élèves présentant des "risques" pour les apprentissages dès la maternelle a été condamné par les syndicats d'enseignants. Ce dispositif permettrait aux enseignants de classer les élèves en trois catégories : "rien à signaler", "risque" et "haut risque".
Le SNUipp-FSU, majoritaire en primaire, a appelé au boycott du "dispositif de marquage des élèves s'il devait se mettre en place". "C'est un outil supplémentaire (…) qui ne sera pas obligatoire", a répondu, à l'AFP, Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire.


Le syndicat enseignant SGEN-CFDT a estimé, lui, que ce projet est "à la fois absurde, contre-productif et pour tout dire un peu effrayant", alors que la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) dit "refuser catégoriquement tout classement ou fichage des élèves, qui plus est d'enfants de 5 ans".

 

 

 

Le gouvernement a tenté de justifier ce dispositif, qui sera mis à la disposition des enseignants à partir du mois prochain. "Il n'est pas question de cataloguer, il n'est pas question de classer, il n'est pas question de discriminer, a assuré le ministre de l'éducation, Luc Chatel. Il s'agit simplement de détecter la difficulté, pour faire en sorte que nous apportions une remédiation."

Le ministère précise qu'il n'en est pour l'instant qu'à l'étape de la présentation aux inspecteurs de l'éducation nationale et ajoute que l'outil ne sera "pas obligatoire." "Nous sommes engagés dans un travail de longue haleine de lutte contre l'échec scolaire. Il est donc important de repérer les élèves en difficulté dès le plus jeune âge et nous allons proposer à nos enseignants des outils supplémentaires de repérage de ces élèves", a ajouté le ministre.


Pour Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire, "les professeurs sont en attente d'un outil comme ça". A ses yeux, ce projet s'inscrit dans le plan de lutte contre l'illetrisme, qui prévoit une "prévention précoce" dès l'école maternelle.

 

 

François Hollande, candidat à la primaire socialiste, s'est également emparé du sujet, jeudi, dénonçant "une politique de fichage précoce des enfants". "C'est par l'accompagnement dès la maternelle et le primaire que l'on pourra corriger, dès le début de la scolarité les problèmes que peuvent rencontrer les enfants qui connaissent des difficultés", écrit-il dans un communiqué, rappellant les "discours de Nicolas Sarkozy sur le repérage précoce des troubles du comportement pour identifier les futurs délinquants dès l'âge de 2 ans."

 

  

 

Repérage précoce des troubles du comportement  et identifier les futurs délinquants ... dès le jeune âge ??? ....Sur le Modèle d'une traçabilité renforcée ???

 

La crise de la vache folle est une crise sanitaire, puis socio-économique caractérisée par l'effondrement de la consommation de viande bovine dans les années 1990 quand les consommateurs se sont inquiétés de la transmission de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l'homme via l'ingestion de ce type de viande.

 

Cette maladie est une infection dégénérative du système nerveux central des bovins. C'est une maladie mortelle, analogue à la tremblante des ovins et des caprins, causée par un prion. Une épizootie importante a touché le Royaume-Uni, et dans une moindre mesure quelques autres pays, entre 1986 et les années 2000, infectant plus de 190 000 animaux, sans compter ceux qui n'auraient pas été diagnostiqués. Cette épidémie trouve son origine dans l'utilisation pour l'alimentation des bovins de farines animales, obtenues à partir de parties non consommées des carcasses bovines et de cadavres d'animaux. L'épidémie a pris une tournure particulière quand les scientifiques se sont aperçus en 1996 de la possibilité de transmission de la maladie à l'homme par le biais de la consommation de produits carnés. La maladie a fait à ce jour 204 victimes humaines, touchées par des symptômes proches de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie de même nature que l'ESB.

 


Diverses mesures ont été prises pour enrayer l'épidémie et préserver la santé humaine, comme l'interdiction d'utiliser les farines animales dans l'alimentation du bétail, le retrait de la consommation des produits considérés à risque, voire de certains animaux (animaux âgés de plus de 30 mois au Royaume-Uni), le dépistage de la maladie en abattoir et l'abattage systématique des troupeaux où un animal malade a été observé.

 

Le Royaume-Uni et la France ont parfois employé des tactiques différentes pour maîtriser l'épizootie. Ainsi, au Royaume-Uni, où l'ESB est soumise à déclaration obligatoire depuis juin 1988, le gouvernement a pris la décision d'interdire la mise à la consommation d'animaux âgés de plus de 30 mois, âge où se développe la maladie. Il n'est donc pas nécessaire de dépister les cas en abattoir, les animaux consommés n'étant pas en âge d'avoir développer la maladie et donc assurément sains.

La France a quant à elle choisi d'adopter un contrôle systématique des animaux abattus à plus de 48 mois, âge auquel il est possible de détecter la maladie le plus précocement. La détection de la maladie dans les tissus précède de 6 mois les premiers symptômes cliniques et est complémentaire de la simple surveillance clinique des animaux]. La surveillance clinique est restée toutefois obligatoire pour tous les bovins entrant à l'abattoir, et a même été renforcée en 2000 avec le recrutement et l'affectation de personnels vétérinaires supplémentaires en abattoir.

 

 


La traçabilité est la capacité de retrouver l’origine d’une pièce de viande afin de poursuivre deux objectifs : d'une part la prévention des risques alimentaires (possibilité de retirer de la vente des lots de viande suspectés a posteriori de présenter un risque pour le consommateur), d'autre part l’information des consommateurs (indication de la provenance exacte des produits achetés).

Suite à la crise de la vache folle, les mesures prises concernant l’identification et la traçabilité des animaux au niveau européen ont permis à la filière d’améliorer largement les pratiques dans ce domaine. Ainsi, les boucles, déjà obligatoires en France depuis 1978, doivent depuis 1997 être apposées dans les 48 heures qui suivent la naissance, et à chaque oreille. Dans la semaine qui suit la naissance, l’éleveur doit rapporter à l’établissement départemental de l’élevage (EDE) la naissance du veau, son type racial et l’identité de sa mère. C’est surtout dans les ateliers de découpe et les abattoirs que la traçabilité apparaît comme une nouveauté. Tous les intermédiaires de la filière bovine doivent pouvoir assurer le suivi des produits de manière à pouvoir retrouver l’animal auquel appartient chaque produit final. Ainsi, depuis 1999, le numéro de tuerie doit être inscrit à l’encre alimentaire sur les carcasses, demi-carcasses, quartiers et découpes de gros avec os dans les abattoirs. La réglementation concernant l’étiquetage des produits a également été rendue plus stricte. À partir de 2000, l’étiquette des viandes bovines en Europe doit obligatoirement faire figurer un numéro ou code de référence assurant le lien entre le produit et l’animal dont il est issu, le pays d’abattage et le numéro d’agrément de l’abattoir, le pays de découpage et le numéro d’agrément de l’atelier de découpe.

 
Logo VBF apposé sur les étiquettes des viandes françaises Du point de vue de la traçabilité, la France est globalement en avance sur l’Europe, et a une législation encore plus contraignante. Dès 1996 et dans l’optique de rassurer les consommateurs, l'association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev), avec l'appui du ministère de l'agriculture, crée la marque collective VBF (viande bovine française) indiquant qu'un animal est né, élevé et abattu en France. Puis, en 1997, la France rend obligatoire l’apposition sur les étiquettes de la provenance de l'animal, de son type racial (race laitière, race à viande, ou race mixte) et de sa catégorie (taureau, bœuf, jeune bovin, génisse, vache).

 

 

From : le Monde , Bien Public ,Wikipedia ,.... 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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