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Duncan Logan dirige l'accélérateur RocketSpace, où sont logés 130 jeunes entreprises, avec le soutien de grandes entreprises internationales.


Quelques briques rouges, des poutres claires, de confortables canapés et des dizaines d'ordinateurs portables surmontés de regards concentrés... A San Francisco, à la pointe nord de la Silicon Valley, le 181 Fremont Street accueille un formidable réservoir d'énergie: 130 start-ups désireuses de "changer le monde" sont hébergées par l'accélérateur RocketSpace.

Soutenu, entre autres, par GM, Deutsche Telekom, Microsoft et DropBox, cet incubateur d'entreprises technologiques a été lancé en 2011 par Duncan Logan, un Ecossais aux larges épaules. En deux ans, RocketSpace est devenu l'un des endroits les plus bouillants de la Californie version business. Aux étudiants français de HEC Entrepreneurs de passage downtown cette semaine, Duncan Logan a livré cinq conseils qui sont autant de constats sur ce qui fait (ou non) la réussite d'une start-up.

 

1. Savoir échouer... vite

"Ce que la Silicon Valley sait beaucoup mieux faire que l'Europe, c'est échouer, échouer et encore échouer. L'approche est totalement différente. En Europe, l'échec est perçu comme une catastrophe: 'Oh mon Dieu, on n'a pas réussi'. Ici, c'est quelque chose de normal, vu la compétition qui existe. Il y a une entreprise sur dix, vingt ou plus qui réussit, c'est le jeu accepté par tout le monde, et les concurrents reconnaissent que le vainqueur a gagné parce qu'il était le meilleur. Il n'y a pas de secret: si votre produit rencontre rapidement le marché, c'est que votre produit est bon. Si dans les trois mois il ne se passe rien, il faut arrêter."

2. Constituer son équipe avec soin

"Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la qualité d'une start-up qui démarre ne se mesure pas à l'idée qu'elle porte au premier jour, parce que ce ne sera pas celle-là qui arrivera sur le marché. Les choses bougeront forcément. C'est l'équipe qui est primordiale. Il faut réunir les talents qui vont savoir évoluer au gré des obstacles et des opportunités. Dans la Silicon Valley, au-delà du projet, les venture-capitalists (capital-risqueurs) regardent surtout si vous avez un chef technique qui vient de Facebook ou Google et où vous avez travaillé avant. Le critère numéro un sur lequel ils donnent de l'argent est: qui recrute les meilleurs?"

3. Tester son idée

"Le meilleur moyen de savoir si l'idée est bonne, c'est de la tester. Il y a beaucoup de start-ups à RocketSpace qui créent une application et la mettent sur l'App Store avant même d'avoir une équipe commerciale. Là aussi, il faut être ouvert à l'échec. L'ouverture, c'est le sens même de l'innovation."

4. Privilégier le coworking

"La technologie bouge si vite aujourd'hui que cela n'a absolument aucun sens de vous installer tout seul avec votre équipe dans un bureau. Il faut travailler dans un espace collectif et ne pas avoir peur de parler de votre idée. Beaucoup de start-ups sont réticentes, elles ont peur de se faire concurrencer. En réalité, la rencontre de compétences dont vous ne disposez pas en interne ne peut que vous profiter."

5. Réseauter

"Le fait de travailler dans un espace collectif ne vous fait pas seulement rencontrer des personnes aux compétences différentes, mais il vous permet de plonger dans l'écosystème. La Silicon Valley, c'est 2.000 ou 3.000 personnes qui comptent. On peut avoir accès à tout le monde par le biais d'une connaissance plus ou moins directe. L'exemple, c'est les venture-capitalists qui financeront votre projet. Ils ne vous prendront jamais directement au téléphone ou en rendez-vous, mais seulement parce que quelqu'un leur a parlé de vous."

 

Les dangers qui guettent les jeunes entreprises

 

1/ Ne pas parler de son idée, par peur de se la faire voler

Le simple fait d'énoncer son idée va inciter l'interlocuteur à se précipiter à l'INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) pour la déposer, voire à créer une entreprise concurrente.  Seule sa réalisation existe.

 2/ Perdre du temps à peaufiner le projet.

Le perfectionnisme peut nuire à la start-up : de toute façon, le produit ne sera jamais parfait du premier coup. Mieux vaut lancer une version prototype (les fameuses "versions beta" des sites Web) et attendre les retours des utilisateurs pour repérer et corriger les bugs. Attention à bien prévenir les utilisateurs qu'ils font partie d'une communauté, celle des pionniers, afin qu'ils ne soient pas surpris et déçus par les bugs.

 3/ Débattre sans arrêt du produit et de la stratégie

En phase de création, la tentation peut être forte de se lancer dans des "brain storming" permanents : "Et si on faisait ceci ?", "Et si on développait telle fonctionnalité ?" "Et si on ouvrait un bureau aux USA" ? Comme tout est toujours possible à ce stade, il est tentant de rajouter des idées ou de remettre en cause celles qui ont été adoptées. Stop. Une fois que le produit a été conçu, une fois que la stratégie a été définie, il faut s'y tenir. Tout en laissant la porte ouverte au débat : pour cela, il est judicieux de définir des "plages de discussion" dans la journée ou dans la semaine.

 4/ Croire qu’une idée est “techniquement impossible”.

Souvent, dans les nouvelles technologies et les startups, on a tendance à croire aveuglément ce que dit l’ingénieur, l’informaticien ou le technicien. Il ne faut jamais accepter de réponse du type : “c’est impossible”. Car en fait, quasiment tout est possible, techniquement. Simplement, une idée peut consommer plus ou moins de ressources financières ou temporelles, ce qui la rend plus ou moins opportune ou pertinente. Quand un technicien vous répond : “ton idée est impossible”, demandez-lui pourquoi. Creusez, approfondissez, et ensuite seulement, décidez de laisser tomber votre idée ou au contraire de persévérer.

 5/ Croire au miracle

Trop de créateurs de start-ups pensent qu’un miracle pourra les sortir de toutes les situations. Exemple : un VC (“venture capitalist”, capital-risqueur, NDLR), va investir à la dernière minute dans l’entreprise et la sauver. En fait, il n’y a pas de miracle. Seul le travail compte et paye. Par exemple, Facebook marche très bien, mais ce n’est pas le concept qui est miraculeux -des annuaires en ligne, il en existait des centaines avant Facebook. Simplement, c’est la qualité de l’exécution qui a rendu ce réseau social incontournable.

 6/ Mal s’entourer

C’est l’une des causes majeures d’échec de start-up. Le créateur doit absolument s’associer avec un profil complémentaire. Si les deux cofondateurs ont le même profil, ce sera vite ingérable. Par ailleurs, il vaut mieux avoir vécu de saines et bonnes engueulades avant de s’associer, que pendant l’aventure elle-même.

 7/ Ecarter les “fausses mauvaises idées”.

Une “fausse mauvaise idée” est l’inverse de la “fausse bonne idée” -laquelle est une idée brillante mais qui ne débouche sur aucun modèle d’affaires. Une “fausse mauvaise idée”, en revanche, est une idée qui paraît fade ou déjà vue, mais sur laquelle peut reposer un business florissant. Quand j’ai lancé Bankin’ (une application pour gérer ses comptes bancaires depuis son mobile NDLR) , tout le monde m’a dit que les banques avaient déjà toutes leur application mobile, que les utilisateurs ne nous feraient pas confiance pour leurs données bancaires car ils ne nous connaissaient pas, et que les banques ne nous permettraient jamais d’accéder aux données financières de leurs clients. Tous ces obstacles sont tombés un à un, car nous avions une conviction : notre application n’inventait certes rien, mais elle améliorait l’existant, et le public a plébiscité notre app’ car ils ne la considéraient pas comme une “idée” bonne ou mauvaise, mais comme un simple outil qu’ils ont trouvé utile.

 8/ Penser trop petit

En France, on aime penser petit et local. Aux Etats-Unis, on ne se donne pas de limite. Si la start-up est basée sur Internet, autant voir grand et international. Car ça change tout : le montant des investissements sera supérieur, le profil des salariés sera de meilleure qualité, vos interlocuteurs seront aussi d’un autre niveau -dans tous les domaines. En outre, si vous visez petit, un concurrent plus gros pourra facilement vous “bouffer”, et votre communauté d’utilisateurs sera trop petite.

 9/ Faire un business-plan dès le début

Personnellement, j’ai utilisé les trois premiers mois de mon activité à bâtir un business-plan. Ce fut une perte de temps. Il faut le bâtir uniquement au moment où on cherche à lever des fonds. Il faut qu’il soit légèrement pessimiste (“conservateur”, dans notre jargon) pour que vos investisseurs apprennent plutôt des bonnes nouvelles et des dépassements d’objectifs, lors de vos réunions avec eux.

 10/ Avoir trop d’argent.

Souvent, grâce à une levée de fonds réussie, la start-up peut se retrouver à la tête d’une montagne de cash.Sans argent, vous allez conquérir vos utilisateurs vous-même, un à un, et les connaîtrez bien mieux. Avec de l’argent, vous allez être tenté de sous-traiter. Or il vaut mieux développer en interne. Avec de l’argent, vous allez dépenser beaucoup, et rapidement. Sans argent, vous allez vous organiser pour tenir le plus longtemps possible. Avec de l’argent, les recrutements risquent d’être trop rapides et bâclés. Sans argent, vous sélectionnerez avec soin vos collaborateurs, car vous n’aurez pas le droit de vous planter.

 

 

Elles sont désormais 400, les jeunes pousses à avoir été sélectionnées par Challenges pour permettre aux particuliers de participer à leur croissance. Depuis l'édition 2010, le principe est simple: trouver de jeunes sociétés (moins de 4 ans) réparties dans cinq secteurs, ayant déjà débuté leur activité (à l'exception des biotechnologies, où la présence de brevets suffit), sans que le chiffre d'affaires ne dépasse 4 millions d'euros.

Pour la promotion 2013, la rédaction a examiné près d'un millier de candidatures spontanées et de dossiers issus d'amorceurs, incubateurs, accélérateurs et autres structures qui épaulent les créateurs d'entreprises. Nous nous sommes aussi appuyés sur une base de données qualifiée fournie par Oséo, filiale de la Banque publique d'investissement (BPI) spécialisée dans le financement de la croissance et de l'innovation, ainsi que sur Fundme.fr, le site leader de la rencontre entre start-up et business angels.

 

 

Exemples de Start Up

1001 Pharmacies
Santé et biotech

Capitaux recherchés en 2013 : 2 M€

Ils n’ont pas 30 ans et veulent surfer sur le très prometteur marché de la vente de médicaments sur Internet. -Cédric O’Neill, pharmacien, et Sabine Safi, spécialiste du webmarketing, ont conçu une plateforme marchande qui devra permettre aux clients de passer leur commande de Doliprane ou d’Actifed et de se faire livrer à domicile ou dans la pharmacie la plus proche. La start-up ne se pose pas en concurrent des pharmaciens d’officines. Elle leur propose un outil pour trouver des revenus complémentaires grâce au Net.

Dans le même secteur
•Auticiel
•Biolie
•BodyCap
•Cell Prothera
•Ecrins Therapeutics
•Fitnext
•Global Bioenergies
•GMP-Orphan
•Infinite Vision Optics
•Nodea Medical
•ODPM
•Ose Pharma
•Presbeasy
•Santech SAS
•TonPsy.fr

 

http://www.challenges.fr/classements/start-up/2013/complet.html
http://www.challenges.fr/classements/start-up/2013/sante-et-biotech.html
http://www.challenges.fr/classements/start-up/2013/services-et-commerces.html
http://www.challenges.fr/classements/start-up/2013/re-seaux-et-communaute-s.html
http://www.challenges.fr/classements/start-up/2013/developpement-durable.html
http://www.challenges.fr/classements/start-up/2013/technologies-et-te-le-coms.html

 

 

Il va nous faire bosser comme des Chinois !


DR Matt Barrie, fondateur de Freelancer.com, met en concurrence sur son site des free-lances de tous les pays. Le moins cher obtient le job. Lui empoche le pactole.


« Embauchez en ligne à moindre coût !» Ce slogan, on le retrouve partout sur la page d’accueil et les publicités de Freelancer.com. Et la promesse n’a rien d’un coup de bluff, comme on peut le constater en naviguant sur le site. Bump Promotions, une société australienne, vient de poster son annonce : «Nous recherchons un consultant marketing spécialiste d’Internet maîtrisant parfaitement l’anglais. Salaire : jusqu’à 50 dollars australiens de l’heure.» Quelques instants plus tard, 17 candidats du monde entier ont déjà proposé leurs services. Des Espagnols, des Japonais, des Indiens, des Pakistanais, etc. Rémunération moyenne demandée : 15 dollars de l’heure. Mais un Roumain a l’air décidé à rafler la mission : il est prêt à se mettre au boulot sur-le-champ. Pour 2 dollars. Glaçant…

Inventeur du dumping social 2.0. Voilà comment fonctionne le site Freelancer.com. Un peu comme eBay, mais à l’envers. Ceux qui annoncent ici, des responsa­bles marketing, informatique ou web de PME en quête de candidats pour des missions ponctuelles, ne font pas monter mais baisser les tarifs des jobs qu’ils proposent. Effec­tuer des saisies, traduire un contrat en portugais, créer un logo, concevoir un site, réaliser une étude marketing, dessiner un packaging ou les plans d’un bureau, tout est possible sur Freelancer.com. Et à prix cassé : le site regorge de prestations confiées à des travailleurs – souvent issus de pays émergents – pour quelques centaines d’euros alors qu’elles sont facturées cinq à dix fois plus en France aujourd’hui.

L’inventeur de cette forme de dumping 2.0, c’est Matt Barrie, un Australien de 39 ans. Carrure de boxeur, crâne rasé et regard bleu acier, cet ex-consultant en sécurité informatique diplômé de Stanford et devenu entrepreneur semble tout droit sorti d’un film de gangster. «Il a le physique de l’emploi», raillent d’ailleurs ses détracteurs. Barrie, lui, ne semble pas s’embarrasser avec les cas de conscience : «D’abord, l’employeur reste libre de choisir entre le Roumain à 2 dollars de l’heure ou le Japonais à 50. Ensuite, il faut arrêter avec toute cette hypocrisie : la délocalisation des services des pays riches vers les pays émergents est irréversible. On vit dans une économie mondialisée, il va falloir s’y­ habituer !»

Revenus exponentiels. Lui s’y est fait très vite, à l’économie mondialisée. Depuis le lancement de Freelancer.com, en 2009, Matt Barrie a fait signer 4 millions de projets entre employeurs et travailleurs, pour une valeur totale de 1 milliard de dollars. Mi-février, le site a dépassé les 7 millions d’utilisateurs. Dont 24 000 de nos compatriotes, à la suite de l’ouverture du site français, en septembre dernier. Freelancer.com est aujourd’hui présent dans plus de 230 pays. «Un petit empire sur lequel le soleil ne se couche jamais, plaisante son PDG. Ce qui me fait de bonnes semaines !» Le patron ne parle pas seulement de «jetlag», un mal dont il souffre à force de quitter son bureau de Sydney toutes les semaines pour se rendre en Asie et en Europe, où son site se développe à la vitesse grand V. Mais aussi de «jolies semaines» de chiffre d’affaires. Matt Barrie prélève en effet 3% de commission aux employeurs et 10% aux freelances à chaque contrat signé. Ce qui a rapporté à sa boîte plus de 35 millions d’euros de revenus en 2011. «Et ce n’est qu’un début, s’enflamme le PDG. Lorsque les 5 milliards d’individus qui n’ont pas accès à Internet y seront raccordés pour faire du business, les transferts d’emplois augmenteront exponentiellement !» Et son compte en banque avec.

 

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Adoubé par le gotha de l’économie. On insiste de nouveau sur le débat moral que pose son invention, sur l’évolution du taux de chômage en Europe et aux Etats-Unis. Barrie finit par prendre un air concerné. «Ce sont surtout les tâches les plus basiques qui vont disparaître : les économies occidentales se développeront sur des jobs à plus forte valeur ajoutée.» Cynique ? Pragmatique ? Visionnaire ? Le gotha de l’économie, en tout cas, l’a unanimement adoubé. Ces deux dernières années, il a été élu entrepreneur de l’année par la revue «BRW», le «Fortune» australien, et meilleur entrepreneur technologique du pays par Ernst & Young, a intégré le classement national Deloitte des entreprises high-tech connaissant les plus fortes croissances et a raflé trois Webby Awards, le prix international qui honore les réussites du Net.

 

Un milliard de prestataires dans dix ans. Matt Barrie dit avoir obtenu ces titres à la sueur de son front. A en croire ses collaborateurs, le boss vérifie ses e-mails dès 7 heures du matin, arrive à 9 heures à son bureau de King Street Wharf, dans d’anciens docks reconvertis en quartier ultrachic, et en repart douze heures plus tard, week-ends compris. Le patron, qui aime fonctionner en clan et «place la loyauté et la confiance au-dessus de tout», dixit Darren Williams, son directeur technique et ami d’enfance, attend de ses troupes le même investissement. «Il laisse en règle générale peu de place à l’improvisation, poursuit Williams. Il attend de nous qu’on fasse les choses comme il les ferait lui-même. Le problème c’est qu’il est ultra-exigeant.» Le seul moment où Matt Barrie accepte de relâcher la pression, c’est le vendredi, quand il réunit son équipe autour du sacro-saint barbecue qui annonce le week-end. Il est vrai qu’étant donné son objectif – 1 milliard de prestataires de services sur son site dans dix ans –, le patron de Freelancer n’a pas une minute à perdre. On ne sait pas à combien sera tombé le tarif horaire d’ici là. Ce qui est sûr, c’est que dans l’intervalle, il aura fait fortune.

 

Des problèmes avec l’Etat et le fisc. En toute légalité ? A voir. La conclusion d’un contrat de travail à l’issue d’une surenchère à la baisse des salaires est interdite en France, par exemple. L’Australien, qui a évidemment bien pris soin de ne jamais mentionner sur son site ou dans ses déclarations l’expression «enchères inversées», rappelle que le salaire demandé par le free-lance n’est pas le seul critère de choix utilisé par l’employeur. Mais un autre détail pourrait faire tiquer les autorités : le mode de paiement. Les règlements via Freelancer se font par PayPal, le site déclenchant le virement une fois que l’employeur en donne l’autorisation. Comment dès lors contrôler que l’argent encaissé va être déclaré au fisc ou que la TVA et les cotisations sociales seront acquittées ? Julien Tardy, le responsable pour la France, parie sur l’honnêteté des free-lances : «Pour être en règle avec les impôts et l’Urssaf, nous préconisons à nos adhérents d’opter pour un statut d’autoentrepreneur, a minima.» Pas plus de précision, la réponse est a minima, elle aussi… Troisième point litigieux, la possibilité pour l’employeur de ne pas payer la prestation s’il n’est pas satisfait. Les experts du domaine pointent là une porte ouverte aux pires dérives.

L’avatar digital du plombier polonais. Cette possibilité est-elle légale ? «Nous sommes dans le cas spécifique d’une prestation de service entre deux entités véritablement indépendantes, en l’occurrence un donneur d’ordre et un prestataire, donc on sort du cadre du droit du travail classique», confirme Lucien Flament, avocat en droit du travail au barreau des Hauts-de-Seine. Si vous avez un litige avec celui qui vous a fait travailler, c’est donc le tribunal de commerce qui est compétent. Problème : si ce donneur d’ordre est hors de France, il y a assez peu de chances que vous puissiez récupérer le moindre kopeck. A moins de lui ternir sa réputation sur le Web… via le système de notation de Freelancer, qui vous note également. Tout est prévu. Etonnamment, les syndicats français ne sont pas encore montés au créneau pour dénoncer cet avatar digital du fameux «plombier polonais». «Ce genre de prati­que qui contribue à la grande braderie du marché du travail prospère surtout grâce à un vide juridique», s’alarme Isabelle Depuydt, conseillère confédérale à la CGT

 

Traversée du désert. Matt Barrie confesse ne pas avoir connu le monde des petits boulots. Mais affirme en avoir bavé quand même. Après ses études d’ingénieur à Sydney et son master à Stanford, en 1998, il a d’abord travaillé comme consultant en sécurité pour le groupe Kroll, à San Francisco, avant de rentrer en Australie pour monter sa propre société de sécurité informatique, Sensory Networks. Il l’a développée jusqu’en 2007, avant de se faire débarquer par ses actionnaires pour mauvais résultats. Il a alors vécu sa traversée du ­désert, pendant deux ans, mais n’a jamais cessé de penser à remonter une boîte. «Difficile d’y arriver quand on n’a plus un dollar en poche, confesse-t-il aujourd’hui. Et ça a été d’autant plus dur de remonter la pente que j’étais grillé partout.»

L’idée de Freelancer, il la trouve alors qu’il recherche lui-même un prestataire sur le Web. «J’avais besoin d’un programmeur pour me concevoir un petit logiciel. Je suis tombé sur un développeur vietnamien. Le boulot rendu était parfait. Et dix fois moins cher que ce que j’aurais pu imaginer.» Voyant vite les gains qu’il peut tirer d’une mise en relation de donneurs d’ordre un peu paumés avec des free-lances prêts à travailler pour pas cher, il monte sa plateforme. Mais plutôt que de démarrer de zéro, il rachète un petit site existant créé par un Suédois, GetAFreelancer.com, grâce à l’argent prêté par ses proches. Barrie rebaptise vite le site Freelancer.com, «un nom plus facile à comprendre dans les pays non anglophones et plus facile à placer dans les moteurs de recherche».

Guérilla marketing. Pour protéger sa marque, il dépose des dizaines de noms de domaines connexes. Puis il commence à créer le buzz. A moindre coût, bien entendu. Tous les trois ou quatre mois, il offre 15 000 dollars à celui de ses membres qui réalisera la meil­leure opération de guérilla marketing pour faire la promotion de Freelancer.com. Récemment, des Népalais ont hissé une banderole de 20 mètres de long frappée du logo du site sur la plus haute tour de Katmandou, avant de se faire déloger par la police. Pour faire croître encore sa base d’employeurs et de freelances, il rachète régulièrement des concurrents. En novembre dernier, il a avalé vWorker, le numéro 4 mondial, avec 2,5 millions de membres. Il ne précise pas où ont été recrutés les avocats qui ont bossé sur le dossier

 

Son site fonctionne comme un ebay de l’emploi

Sur Freelancer.com, les missions sont formalisées comme des enchères sur eBay : les principaux indicateurs sont le nombre de candidats et les
tarifs proposés. Le moins cher ne l’emporte pas forcément. Mais souvent.

 

Bio Express :

1998 : Diplôme d’ingénieur à Stanford
1998-2009 : Occupe différents postes dans des sociétés de sécurité informatique puis dans des fonds de capital-risque
2009 : Lance Freelancer.com
2011 : Webby Award du meilleur site d’emploi. Elu meilleur entrepreneur technologique de l’année par Ernst & Young
2012 : Rachète Worker.com

 

 

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A partir d'un témoignage d'une association bénéficiaire d'un financement solidaire France Active, Hauts-de-Seine Initiative vous invite à échanger sur les besoins de financements des associations et entreprises solidaires, et les solutions que nous pouvons vous apporter.

.Informations
Lieu : Hauts-de-Seine Initiative
40 rue Salvador Allende 92000 Nanterre

Inscriptions :
Thomas Chamberlin
fines@hdsi.asso.fr
01 49 67 00 46
A partir de 17h00, inscription recommandée.

Pionnier de l'économie sociale et solidaire, France Active agit au quotidien pour mettre la finance au service des personnes, de l'emploi et des territoires. Outre une expertise financière, France Active offre une gamme complète de solutions de financements solidaires. Parce qu'un projet bien accompagné et bien financé a plus de chances de réussir et de créer des emplois pérennes, France Active accompagne les initiatives qu'elle finance.

Le réseau France Active est représenté sur les territoires par l'intermédiaire de 40 fonds territoriaux. Dans les Hauts-de-Seine, l'association Hauts-de-Seine Initiative (HDSI) est votre interlocuteur France Active.

 

 

From : Challenges , Capital , le Monde,....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Economie Commerce Finances Monnaie
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