Intitulée Honte à la police française, une vidéo de 8 minutes montre une interpellation musclée dans un quartier de Joué-les-Tours. Le parquet est saisi de l'affaire. Manuel Valls confirme une enquête de l'IGPN.
La vidéo d'une interpellation musclée en Indre-et-Loire attise les critiques des internautes autour des méthodes de la police.
En l'espace de quelques jours, elle a été vue plus de 1.250 000 fois. Postée le 18 août sur Youtube, une vidéo intitulée Honte à la police française et montrant l'interpellation musclée d'une femme ne cesse de susciter les critiques autour des méthodes des forces de l'ordre.
Durant la séquence de 8 minutes, on voit un policier frapper une femme à la matraque avant de lui envoyer un jet de gaz lacrymogène. "Une bavure", juge l'auteur de la vidéo.
"Je n'accepte pas les mots 'Honte à la police française'", a réagi Manuel Valls ce mardi sur BFMTV. "Il n'y a pas de place dans la police pour de la violence ou pour des propos qui n'auraient rien à voir avec l'idée que l'on se fait d'une police républicaine", a-t-il assuré.
Selon La Nouvelle République, les faits se sont déroulés dans un quartier de la Rabière, à Joué-les-Tours (Indre-et-Loire). A l'origine, la police voulait interpeller le conducteur d'une voiture qui "zigzaguait", visiblement en état d'ébriété, rapporte le journal local.
C'est là que la situation serait devenue incontrôlable. Des habitants du quartier, dont la femme qui a reçu des coups de matraque dans la vidéo, s'en seraient pris aux forces de l'ordre. Les policiers auraient ensuite fait usage de la force en guise de représailles.
Le procureur de Tours Bruno Albisetti s'est immédiatement saisi de l'affaire. "Je suis en contact avec la direction départementale de la sécurité publique pour savoir ce qu'il s'est passé. Je veux visionner à nouveau cette vidéo avec les agents de police impliqués. Après, je verrai si cela mérite d'ouvrir une enquête", a indiqué le procureur, interrogé par 20 minutes.
Selon Le Parisien, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) aurait, elle aussi, été saisie. Manuel Valls l'a confirmé ce mardi.
Face à cette femme, le policier a utilisé plusieurs fois contre elle sa matraque (appelée Tonfa) puis du gaz lacrymogène. Des renforts ont fini par arriver puis les deux personnes ont été interpellées. D'abord conduit à l'hôpital, le conducteur a accepté de souffler : il avait plus d'1 g d'alcool par litre d'air expiré. Cet homme faisait l'objet d'une fiche de recherche, il a donc été écroué à la maison d'arrêt de Tours.
Quant à la femme matraquée, elle fait l'objet d'une convocation par officier de police judiciaire pour se rendre devant le tribunal, en octobre, pour outrages et rébellion. Le policier filmé ne fait pas l'objet d'une enquête interne.
Hier soir, on a appris que le parquet de Tours avait été saisi de cette affaire. Le substitut du procureur de la République souhaite entendre les deux policiers filmés lors de l'interpellation pour entendre leur version des faits. A l'issue de cette audition, il jugera de l'éventualité d'ouvrir une enquête.
Interrogé par France 3 Centre, l’auteur de la vidéo, prénommé Sélim, a expliqué avoir décidé de diffuser la scène sur internet en constatant que l’intervention des policiers allait trop loin.
«Il y a un coup qui est passé à côté de la tête de la dame. S’il l’avait touchée, on ne sait pas ce qui se serait passé. C’était beaucoup trop pour rien», a-t-il dit.
From : la Nlle republique , Liberation , l'Express http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/tours-la-police-accusee-de-bavure-dans-une-video-amateur_1274453.html