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Bettencourt: interrogations sur le rôle du couple Woerth auprès de la milliardaire
http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/bettencourt-interrogations-role-couple-woerth-aupres-milliardaire-23281


Les enregistrements de conversations entre Liliane Bettencourt et ses conseils, transmis à la police, suscitent des interrogations sur le rôle joué par le ministre du Travail Eric Woerth et son épouse auprès de la milliardaire, selon des extraits publiés jeudi par Médiapart.

 

 

Dans l'un de ces extraits, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrick de Maistre, évoque l'implication d'Eric Woerth, alors ministre du Budget, dans un dossier concernant la construction d'un auditorium "André Bettencourt", du nom du mari défunt de l'héritière de L'Oréal.

"Ils ont obtenu un bâtiment de l'Hôtel de la Monnaie (...) Et ça, c'est mon ami Eric Woerth dont la femme travaille pour nous, qui s'en est occupé. Et maintenant, il faut faire des travaux pour faire un auditorium (...) Là, vous vous engagez pour donner au maximum 10 millions (...) J'ai demandé au ministre Eric Woerth, qui est un ami, d'être là, parce que c'est grâce à lui qu'il y a eu l'Hôtel de la Monnaie", déclare M. de Maistre à la milliardaire, dans cette conversation du 27 octobre 2009.

 

 

Faisant référence à la femme du ministre, Florence Woerth, chargée de la gestion de la fortune Liliane Bettencourt entre 2007 et début 2010, M. de Maistre indique à Mme Bettencourt: "je pense qu'il faut que j'aille voir son mari et que je lui dise que avec le procès (...) on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui, on lui donnera de l'argent et puis voilà."

Interrogé sur RTL, pour savoir si Liliane Bettencourt lui avait donné de l'argent, Eric Woerth a répondu: "Non, bien sûr que non. Enfin, je ne sais même pas de quoi il s'agit. C'est un procès qui arrive, donc il y a un vent énorme qui tourne". Il a ajouté que son épouse a travaillé durant trois ans "dans le family office de Mme Bettencourt. Elle ne le dirige pas, elle y travaille. Elle est salariée, c'est une salariée normale".

Dans ces conversations, le rôle joué par l'Elysée dans l'affaire opposant l'artiste François-Marie Banier à la fille de Liliane Bettencourt est aussi évoqué. "Je vais à l'Elysée cet après-midi puisque le conseiller de Sarkozy m'a appelé ce matin - je ne lui avais rien demandé (...) Peut-être que cet après-midi, j'aurai quelque chose de nouveau", souligne ainsi M. de Maistre à la milliardaire le 3 juillet 2009.

 

 

Une enquête préliminaire pour "atteinte à la vie privée" a été ouverte en début de semaine par le parquet de Nanterre sur ces enregistrements embarrassants, qui auraient été réalisés de manière clandestine par l'ancien maître d'hôtel de Liliane Bettencourt, dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine.

Le maître d'hôtel a été placé mercredi en garde à vue.

 

 

 

 

Affaire Bettencourt: Woerth se défend d'avoir touché de l'argent
From : yahoo
http://www.mediapart.fr/journal/france/140610/sarkozy-woerth-fraude-fiscale-les-secrets-voles-de-laffaire-bettencourt

 

Le ministre français du Travail, Eric Woerth, s'est défendu jeudi soir d'être intervenu pour la situation fiscale de Liliane Bettencourt ou d'avoir reçu de l'argent de la femme la plus riche de France.

Dans un communiqué, le ministre estime que ces allégations visent à porter atteinte à sa réputation, "au moment où, en tant que ministre du Travail", il présente la réforme des retraites, "ce qui ne me semble pas relever du hasard."

Il ajoute qu'il se réserve, compte tenu de la gravité des allégations, la possibilité de porter plainte pour diffamation.

 

Le site Mediapart a publié des enregistrements pirates réalisés entre mai 2009 et mai 2010 par un maître d'hôtel de Liliane Bettencourt, qui a été placé en garde à vue par la police pour atteinte à la vie privée.

 

Le nom d'Eric Woerth y apparaît à plusieurs reprises, au côté de celui de son épouse, Florence, qui travaillait alors pour Clymène, société chargée de gérer le patrimoine de l'actionnaire principale du géant des cosmétiques L'Oréal

Les enregistrements remis à la police laissent présumer des interventions de l'entourage de Nicolas Sarkozy en faveur de Liliane Bettencourt dans le procès qui l'oppose à sa fille, ainsi que des dons financiers à plusieurs personnalités de la majorité, dont Eric Woerth et Valérie Pécresse.

 

Evoquant les propos selon lesquels il serait intervenu pour la situation fiscale de Liliane Bettencourt, le ministre assure: "Ce sont des allégations totalement dénuées de fondement. Elles sont d'autant plus ridicules que je rappelle qu'en tant que ministre du Budget j'ai mené une lutte acharnée contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux."

De même, Eric Woerth dément avoir imposé sa femme dans la société Clymène. "Jamais, en aucune façon, je ne suis intervenu pour que mon épouse obtienne ce poste. Florence Woerth est entrée chez Clymène par choix professionnel, grâce à sa formation et à son expérience", dit-il.

 

 

Enfin, le ministre assure que les allégations selon lesquelles sa femme ou lui aurait reçu de l'argent de Liliane Bettencourt sont "totalement dénuées de fondement".

Dans la matinée, sur RTL, Eric Woerth, qui est trésorier de l'UMP, avait cependant jugé "possible qu'il y ait eu des dons dans le cadre de la campagne" pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2009".

"La loi le permet. Tout Français peut contribuer à la vie d'un parti politique", a-t-il dit.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, était la candidate de la majorité en Ile-de-France.

 

 

Dans l'un des enregistrements, Patrice de Maistre s'adresserait à Liliane Bettencourt en ces termes:

"Elle (Valérie Pécresse) va perdre, mais il faut que l'on montre votre soutien. Le deuxième, c'est le ministre du Budget (Eric Woerth à l'époque). Il faut aussi l'aider. Et le troisième, c'est Nicolas Sarkozy", dit le gestionnaire.

La garde à vue de l'ancien employé de Liliane Bettencourt à l'origine d'enregistrements clandestins a été prolongée jeudi de 24 heures, a-t-on appris au parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Cet homme a enregistré clandestinement pendant plusieurs mois en 2009 des conversations entre sa patronne et d'autres personnes, notamment son gestionnaire de fortune.

Une procédure a été ouverte par le parquet de Nanterre pour "atteinte à la vie privée", ce qui pourrait valoir des poursuites à cet homme.

Françoise Meyers-Bettencourt, fille de la milliardaire, a remis les enregistrements à la police. Elle cherche depuis deux ans à faire condamner pour "abus de faiblesse" un photographe, François-Marie Banier, à qui sa mère, âgée de 87 ans, a fait don de près d'un milliard d'euros.

 

 

 

 

Affaire Bettencourt : Woerth, Pécresse et Sarkozy mentionnés
Par Augustin Scalbert | Rue89

 

Liliane Bettencourt, la richissime héritière de L'Oréal, a-t-elle toute sa tête, et toute sa fortune ? A deux semaines du procès qui devra déterminer si le photographe mondain François-Marie Banier a commis un abus de faiblesse pour jouir d'une somme comprise entre 630 millions et un milliard d'euros, l'affaire Bettencourt devient de plus en plus rocambolesque. Mediapart révèle le contenu de 21 heures d'enregistrements effectués à l'insu de tous par un maître d'hôtel.

 


Engagée depuis de longs mois dans une bataille médico-judiciaire contre Banier, qui garde le soutien de sa mère, Françoise Bettencourt a remis ces enregistrements, que le maître d'hôtel lui aurait donnés « spontanément », le 10 juin à la brigade financière.

L'entourage de Liliane Bettencourt l'ayant convaincue de se séparer de plusieurs employés de maisons -qui avaient témoigné sur son supposé état de faiblesse-, le maître d'hôtel a décidé de les venger en plaçant un dictaphone dans le bureau de sa patronne, entre mai 2009 et mai 2010.

« Un procédé déloyal », mais un document « édifiant »

« Un procédé parfaitement déloyal », écrit Mediapart, ce qui a conduit le parquet de Nanterre à ouvrir vendredi une enquête préliminaire pour « atteinte à la vie privée ». Reste que le contenu des enregistrements est édifiant, selon nos confrères, qui ont écouté les 21 heures pour n'en garder qu'une partie :

« Figurent dans ces verbatims les seuls passages présentant un enjeu public : le respect de la loi fiscale, l'indépendance de la justice, le rôle du pouvoir exécutif, la déontologie des fonctions publiques, l'actionnariat d'une entreprise française mondialement connue. »

 

 


Personnage principal du document sonore avec l'héritière de 87 ans, Patrice de Maistre est le patron de Clymène, la société qui gère la fortune de Liliane Bettencourt. Sous son autorité, c'est Florence Woerth, épouse de l'actuel ministre du Travail et ex-titulaire du Budget Eric Woerth, qui gérait jusqu'en 2010 les deniers de la dame. Sa fortune, l'une des plus importantes de la planète, est évaluée à 22 milliards de dollars.

 

 

De l'argent pour Pécresse, Woerth et Sarkozy

Selon le document, Woerth a demandé à de Maistre d'engager sa femme. On apprend aussi que Liliane Bettencourt a financé la campagne des régionales de Valérie Pécresse et versé de l'argent à Nicolas Sarkozy :

- Liliane Bettencourt : « Bon alors, il faut donner pour Précresse… »

- Patrice de Maistre : « Mais ce n'est pas cher. »

- LB : « C'est elle qui a demandé cette somme-là ? »

- PdM : « Non, c'est le maximum légal. C'est 7 500, ce n'est pas très cher. Vous savez, en ce moment, il faut que l'on ait des amis. Ça, c'est Valérie Pécresse. Ça, c'est Eric Woerth, le ministre du Budget. Je pense que c'est bien, c'est pas cher et ils apprécient. »

- LB : « Et Nicolas Sarkozy ? »

- PdM : « C'est fait, c'est dedans. »

 

 


Patrick Ouart, ex-conseiller justice de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, est aussi très présent. Grâce à lui, de Maistre peut annoncer à sa patronne une décision du procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, avec un mois et demi d'avance !

Bettencourt oublie avoir fait de Banier son légataire universel

Les documents révélés par Mediapart montrent aussi comment les conseillers de Liliane Bettencourt cherchent à faire échapper plusieurs dizaines de millions d'euros au fisc français.

Enfin, une conversation entre Liliane Bettencourt et son notaire, Me Jean-Michel Normand, semble montrer que la vieille dame perd parfois la mémoire, même sur un sujet primordial comme son testament :

- LB : « […] Combien j'ai laissé à François-Marie Banier, quelles proportions ? »

- JMN : « Légataire universel. »

- LB : « C'est-à-dire ? »

- JMN : « Tout. »

- LB : « Ah, non… »

- JMN : « Si. C'est vous qui me l'avez dit. »

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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