La France a jusqu'à fin novembre pour livrer le premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie, faute de quoi Moscou formulera «d'importantes réclamations» financières, rapporte aujourd'hui l'agence de presse russe Nia Novosti, citant une source russe haut placée. Cet ultimatum présumé a suscité l'agacement du premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis qui a réaffirmé l'indépendance de la France dans ce dossier sensible sur fond de résurgence des tensions en Ukraine.
«M. Poutine non seulement veut fixer des ultimatums vis-à-vis de Kiev et de l'Ukraine mais à la France? Ce n'est pas comme cela que ça marche, M. Poutine», a dit le patron du PS sur Europe 1. «La France est un pays indépendant qui décide de ce qu'elle fait de la livraison ou pas des Mistral.» «S'il y a une avancée démocratique et une paix en Ukraine, on peut voir», a-t-il souligné, précisant que si la décision était prise à Paris, la balle était dans le camp de Moscou.
Le sujet devrait être abordé lors de la rencontre bilatérale prévue ce week-end entre François Hollande et Vladimir Poutine en marge de la réunion du G20 de Brisbane, en Australie.
Selon la source russe citée par Ria Novosti, la Russie se prépare «à différents scénarios d'évolution des événements». «Nous attendrons jusqu'à la fin du mois avant d'émettre nos réclamations», a dit cette source, précisant que les experts examinaient le montant possible du préjudice dû à la non exécution du contrat. «Ce montant ne sera pas tenu secret.»
Aucun commentaire à la DCNS
Le porte-parole du groupe français DCNS, qui construit les Mistral, s'est refusé à tout commentaire. «Nous sommes en attente des autorisations gouvernementales d'exportation nécessaires», a-t-il dit. «Nous n'avons toujours aucune date de livraison à ce stade».
Paris et Moscou ont conclu un contrat en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, prévoyant la livraison de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie pour un montant d'environ 1,2 milliard d'euros. La livraison du premier des deux, le Vladivostok, devait initialement intervenir en octobre, puis en novembre, mais le gouvernement français estime que les conditions «ne sont pas réunies» en raison des tensions persistantes en Ukraine. La France n'évoque désormais plus d'échéance concernant la livraison du premier bâtiment à Moscou, indiquant simplement que la décision serait prise «le moment venu». La livraison du deuxième navire est prévue pour 2015.
"Hollande ridiculise la France" en empêchant la livraison du Mistral
Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, a estimé vendredi que François Hollande "ridiculisait la France en empêchant la livraison" d'un premier navire Mistral à la Russie.
"La France aurait dû livrer aujourd'hui (vendredi) à la Russie un premier navire Mistral sur lequel 400 marins russes se sont formés à Saint Nazaire depuis plusieurs mois", écrit-il dans un communiqué.
M. Hollande "parle de +conditions non réunies+ concernant l'Ukraine, sans que ces conditions n'aient jamais été précisées. Cette diplomatie floue et hypocrite n'est que le paravent de l'alignement odieux de notre pays sur la politique guerrière des Etats-Unis contre la Russie", ajoute-t-il.
Selon M. Mélenchon, "ce retard de livraison expose le pays à un nouveau gâchis financier et industriel. Ce nouveau coup pourrait être fatal aux chantiers de Saint Nazaire. Il ruine la réputation de l'armement français pour tous ceux qui se tournent vers lui dans le but de conserver leur indépendance et de se soustraire à la domination des empires".
"Le refus français serait une trahison de la parole donnée", prévient-il, exhortant le chef de l'Etat à "honorer le contrat signé avec la Russie".
La France a jusqu'à fin novembre pour livrer un premier navire de guerre Mistral à la Russie si elle ne veut pas s'exposer à de "sérieuses" demandes de compensation, a déclaré vendredi une source russe "haut placée" citée par l'agence Ria Novosti.
Voir :
From : le Figaro, l'Obs ,...................
la France doit tenir ses engagemets
