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France

La CDC mobilisée pour apporter 22 milliards aux banques et aux PME
le 03/10/08  Les echos

Le président de la République a annoncé hier un plan d'urgence en faveur des petites et moyennes entreprises. La collecte d'une partie de l'épargne réglementée restera à la disposition des banques. Le Livret A n'est pas concerné.
 
 
On ne touche pas au Livret A. Lors d'une réunion à l'Elysée tenue hier matin, en présence du Premier ministre, François Fillon, de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et du secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, le chef de l'Etat a arrêté un plan d'aide d'urgence aux PME. Contrairement à ce que souhaitait le chef du gouvernement (« Les Echos » du 1er octobre), il ne sera procédé à aucune réaffectation des excédents de collecte du Livret A. L'Elysée a certes opté pour une mobilisation de l'épargne réglementée, mais en intervenant sur le Livret de développement durable (LDD, ex-Codevi) et le Livret d'épargne populaire (LEP). D'un point de vue politique, il semblait très difficile de toucher au Livret A, quand bien même il n'en aurait rien coûté à l'épargnant français. Selon certaines sources, ce ne serait toutefois qu'une première étape. Le Livret A pourrait être mis à contribution plus tard pour pallier le problème de liquidités des banques.


L'idée générale du plan, officiellement du moins, n'est pas de résoudre le problème de liquidités des banques mais « d'anticiper un assèchement probable du crédit aux entreprises », assure l'Elysée. Et plus précisément aux PME (moins de 250 salariés). L'Etat mobilise une fois encore la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Du coup, il n'en coûtera « pratiquement rien » au budget national. Quatre mesures « d'application immédiate » entreront en vigueur « dans les jours qui viennent » pour injecter environ 22 milliards d'euros dans l'économie. Un chiffre à comparer aux 250 à 300 milliards d'encours dont bénéficient actuellement les PME, lesquels correspondent à quelque 50 milliards de crédits nouveaux chaque année. « Ce plan prend la mesure des difficultés que peuvent rencontrer les PME dans la crise actuelle », s'est félicité le Medef. Quant à la CGPME, elle s'est dite « très satisfaite » mais elle maintient sa demande, présentée mercredi, sur l'amélioration de la relation entre les banques et les entreprises.



Devancer tout naufrage
Première disposition d'envergure, les banques vont pouvoir accéder à 17 milliards d'euros de dépôts supplémentaires au travers de la collecte du LDD et du LEP. Les taux de centralisation à la CDC de ces livrets vont être abaissés : de 6,5 % à 0 pour le LDD et de 85 % à 70 % pour le LEP. Dorénavant, les banques conserveront ainsi la totalité des ressources du LDD et 30 % de celles du LEP pour une durée indéterminée, un point d'étape devant être réalisé « dans dix-huit mois ». Elles devront en retour s'engager à affecter les montants en jeu aux entreprises, par le biais d'une convention avec l'Etat. « On peut le faire maintenant parce que la collecte est très dynamique, de l'ordre de 20 à 30 milliards d'euros supérieure aux prévisions de début d'année », note l'Elysée. « Ce sont des bonnes mesures qui vont permettre aux banques de continuer à financer les entreprises malgré des circonstances difficiles », s'est félicité un banquier.


Deuxième disposition, la Caisse des Dépôts et Consignations va faire passer de 4 à 6 milliards d'euros la ligne de financement qu'elle accorde à Oséo. De cette façon, la banque publique des PME pourra augmenter de 50 % sa capacité de prêts. S'agissant de son activité de garantie (ex-Sofaris), Oséo verra ses dotations budgétaires, qui avaient déjà été fortement augmentées cette année, passer de 240 à 280 millions d'euros en 2008, puis en 2009. Ce qui devrait permettre d'accroître de 2 milliards l'enveloppe des garanties consenties aux banques qui accordent des prêts aux entreprises, calcule l'Elysée, dont l'objectif est de « servir la totalité des demandes adressées à Oséo, sans régulation ». De surcroît, toujours au sein d'Oséo, le Fonds pour le renforcement de la structure financière des entreprises, jusqu'à présent « en sommeil », va être « réactivé » au moyen d'une dotation de l'établissement public à hauteur de 70 millions d'euros. Cette structure, dont l'objet est d'allonger la durée de certains prêts, permettrait de garantir 1 milliard d'euros d'encours supplémentaires.

Enfin, mesure plus technique, le gouvernement va modifier son projet d'ordonnance sur la procédure de sauvegarde des entreprises en difficulté. Le texte, qui doit paraître dans les prochaines semaines en application de la loi de modernisation de l'économie (LME), facilitera la possibilité de transformer des créances bancaires en actions. Après le sauvetage de Dexia lundi et l'aide aux promoteurs immobiliers mercredi, l'exécutif espère devancer tout naufrage de l'économie française.

 


« Rien n'est changé pour les épargnants »
« Une partie supplémentaire des ressources collectées sur les livrets d'épargne réglementée (livret de développement durable, livret d'épargne populaire) sera laissée à la disposition des banques et affectée au financement des PME. Une convention passée entre l'Etat et chaque établissement bancaire définira les conditions de l'affectation de cette ressource supplémentaire.
Compte tenu du dynamisme de la collecte de l'épargne réglementée, qui est supérieure de plus de 20 milliards d'euros aux prévisions, cette mesure ne conduira pas à une diminution des ressources affectées au financement du logement social.
Par ailleurs, rien n'est changé pour les épargnants, dont les livrets d'épargne réglementée sont garantis par l'Etat. » (Communiqué de l'Elysée, hier soir).


Commentaires:"... quand bien même il n'en aurait rien coûté à l'épargnant français.." , "rien n'est changé pour les épargnants "  : ce sont plutôt des propos pour rassurer les épargnants , car en fait il y aura une dépréciation possible  de  l'argent , et cela peut créer un vent de panique qui pousse les épargnants à retirer leurs billes .etc.....






Europe

Accord sur des contre-mesures
From : ???  le 05/10/08

La table de conférence réunissant Mme Merkel et MM. Sarkozy, Brown, Berlusconi, Juncker, Barroso et Trichet, le président de la Banque centrale européenne.
Le mini-sommet européen à quatre a pris l’engagement de soutenir les banques européennes face à la crise financière. Les mesures nationales seront coordonnées, mais l’Europe n’aura pas l’équivalent du plan de sauvetage américain.

Les dirigeants quatre membres européens du G8 (Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni, désormais surnommés le G4) n’ont pas endossé l’idée d’un fonds européen de soutien, qui avait été avancée avant la réunion mais catégoriquement rejetée par l’Allemagne. Il n’y aura donc pas en Europe de grand plan de sauvetage, analogue au plan Paulson aux États-Unis.
À l’issue d’un mini-sommet de quelque trois heures, à Paris, auquel participaient aussi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président de l’Eurogroupe (les pays qui utilisent l’euro), le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, la chancelière allemande Angela Merkel autant que le président Nicolas Sarkozy pouvaient se prévaloir d’avoir imposé une partie de leurs vues.
Mme Merkel a ainsi fait admettre le principe que chaque pays doit « prendre ses responsabilités au niveau national » face à la crise des banques, mais sans porter atteinte aux intérêts des autres États européens, ni aux règles d’une concurrence loyale entre banques européennes.


Dans une vigoureuse critique de l’Irlande, la chancelière a d’ailleurs déclaré n’être « pas satisfaite » de l’initiative du gouvernement de Dublin d’apporter une garantie massive — 400 milliards d’euros, soit deux fois le PIB annuel du pays — aux dépôts des plus grandes banques de ce pays.
M. Sarkozy a déclaré de son côté qu’« en cas de soutien public à une banque en difficulté, chaque État membre » du G4 « s’engage à ce que les dirigeants qui ont failli soient sanctionnés ». Il a reçu en cela le soutien de Mme Merkel, pour qui il faut « demander des comptes aux responsables et nous doter des règles et dispositifs qui empêcheront ces crises à l’avenir ».


La chancelière allemande se trouve d’ailleurs confrontée au cas de la banque Hypo Real Estate, menacée de faillite après l’échec d’un plan de sauvetage initial de 35 milliards d’euros (voir ci-dessous).
En revanche, le chef de l’État français n’a pas réussi à faire l’unanimité autour d’une autre de ses revendications : l’assouplissement des règles européennes en matière de déficits.
Sur ce registre, Nicolas Sarkozy a jugé hier que « la Commission européenne devrait faire preuve de flexibilité dans l’application des règles en matière d’aide d’État aux entreprises, comme dans les principes du marché unique ».
Plusieurs banques dans différents pays européens ont dû être renflouées, voire nationalisées, avec de l’argent public, ce qui, en principe, peut constituer une entorse aux règles européennes sur la concurrence.
Selon le président Sarkozy, « l’application du pacte de stabilité et de croissance devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons ». Entendons qu’il faudrait assouplir les différents plafonds pour faciliter les éventuelles opérations de sauvetage dans le secteur financier avec de l’argent public.



Désaccord sur le Pacte de stabilité

Mais le Pacte de stabilité européen doit être respecté « dans son intégralité », a immédiatement répondu le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Il a été soutenu en cela par le président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso.
Par contre, le G4 a été unanime pour demander un sommet international « le plus tôt possible », pour revoir les règles du capitalisme financier.
Initiateur du sommet de Paris, Nicolas Sarkozy a reçu le soutien remarqué du directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. « Le président Sarkozy veut une coordination des Européens. Il veut une réponse collective. Il veut éviter qu’il y ait une absence de solidarité entre les Européens. Cette réponse est juste », a déclaré hier le patron du FMI, après avoir été reçu à l’Élysée par le chef de l’État.






Le consensus européen ébranlé par le rebondissement de la crise en Allemagne
le 06/10/08   les echos


Face à une crise financière dont les conséquences s'annoncent plus graves encore que prévu, les grands pays européens ont tenté samedi, à Paris, de se mettre en ordre de bataille pour affronter le G7 des ministres des Finances cette semaine. Mais, dès hier, l'Allemagne faisait une première entorse apparente à l'unité affichée par la veille. Dans la soirée, l'Autriche lui a emboîté le pas.



A peine séchée l'encre de la déclaration d'unité des grands pays européens face à la crise financière, l'Allemagne a fait une première entorse au texte adopté, entachant la crédibilité de la démarche européenne. L'échec du plan de sauvetage de la banque immobilière allemande Hypo Real Estate (HRE) était annoncé samedi soir au moment même où la chancelière Angela Merkel quittait l'Elysée. Et tandis que le chef de l'Etat français se félicitait des positions communes de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de l'Italie sur la gestion coordonnée de la crise et sur la nécessité d'une refondation du système financier international, le gouvernement allemand découvrait l'ampleur d'une défaillance bancaire dont il n'avait apparemment pas été informé. Pour « tenter de sauver la banque de la faillite et éviter une crise financière généralisée », selon les termes de la chancelière, celle-ci a annoncé hier après-midi que le gouvernement apporterait la garantie de l'Etat pour tous les dépôts d'épargne de particuliers. La veille, à Paris, elle avait ouvertement critiqué l'Irlande pour avoir annoncé mardi le même type de mesures et les dirigeants des quatre grands pays européens s'étaient mis d'accord pour s'informer mutuellement de ce genre de décision. Ils avaient demandé à la Commission européenne de préparer une directive relevant le seuil minimal des dépôts garantis (20.000 euros actuellement) et rapprochant les systèmes nationaux. Dans la soirée, le gouvernement autrichien a décidé lui aussi d'augmenter la garantie de l'Etat pour les dépôts bancaires et les produits d'épargne des particuliers, suivant l'exemple allemand. La décision formelle sera prise mercredi en Conseil des ministres.


Le coup est rude pour l'unité européenne, à quelques jours de la réunion des ministres des Finances du G7 de vendredi. Les quatre pays européens du G7 avaient pourtant réussi samedi à démontrer leur volonté commune de changer les règles du jeu de la finance internationale.



Engagements clairs
Autour de Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, la chancelière allemande, les chefs de gouvernement britannique et italien et les présidents de l'Eurogroupe - Jean-Claude Juncker -, de la BCE - Jean-Claude Trichet - et de la Commission européenne - José Manuel Barroso - avaient pris des engagements clairs à « soutenir les établissements bancaires et financiers en difficulté », selon les termes de Nicolas Sarkozy.

Puisque l'idée d'un plan de sauvetage européen - vaguement comparable au plan américain Paulson de 700 milliards de dollars - avait été tuée dans l'oeuf dès jeudi par Angela Merkel, au motif que les Etats n'ont pas à faire de chèque en blanc aux banques, c'est l'option d'une gestion nationale des défaillances bancaires qui l'a emporté, tempérée par l'engagement des dirigeants à « travailler de manière coordonnée ».


Les dirigeants européens ont aussi décidé, samedi, de modifier les règles comptables des établissements financiers pour les mettre au diapason de leurs concurrents américains, déjà autorisés à suspendre la valorisation des actifs au jour le jour. Les « Quatre » se sont aussi engagés à demander des comptes aux dirigeants et aux actionnaires des établissements défaillants. Les autorités de régulation devront aussi réformer les systèmes de rémunération des cadres dirigeants et des traders.


La crise financière s'étant déjà traduite par un fort ralentissement de l'activité, les Européens ont voulu s'assurer que la Commission ne les sanctionnerait ni pour les milliards d'aides injectés dans le capital des banques fragilisées ni pour les inévitables infractions aux règles du Pacte de stabilité. Les « circonstances exceptionnelles » seront invoquées si nécessaire pour justifier - provisoirement - les atteintes à la concurrence en Europe et le creusement des déficits publics. Cette marge de manoeuvre offerte « ne signifie pas que la France s'engage dans cette voie », a assuré hier le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Quant au président de la Commission européenne, s'il assume cette tolérance, il a rappelé qu'elle « ne saurait être une excuse générale pour dépasser la limite des 3 % ». Le sommet de Paris se devait aussi de préparer l'avenir. « Nous demandons l'organisation d'un sommet international qui travaille à une véritable refondation du système financier. Nous voulons jeter les bases d'un capitalisme de l'entrepreneur et non du spéculateur », résumait Nicolas Sarkozy au nom de ses partenaires. Un objectif qui s'annonce hautement laborieux.

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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