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Clearstream : 2004, l'année où tout s'est noué
Mathieu Delahousse Le Figaro 18/09/2009


Les grandes étapes de l'enquête suggèrent que la machination aurait pu cesser dès l'été 2004. Cette période clé sera au centre du procès qui débute lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.
 
«Monsieur le juge, je vous écris pour vous informer de l'existence d'un groupe mafieux…» En mai 2004, la première lettre anonyme parvenue au juge Van Ruymbeke ne comporte que deux feuillets, mais elle est le point de départ du très volumineux dossier Clearstream. Le courrier, accompagné d'un premier listing de comptes bancaires, détaille des manipulations financières considérables qui auraient suivi la vente en 1991 des frégates françaises à Taïwan. Les soupçons du mystérieux corbeau concernent alors des personnalités du monde industriel et des figures de la mafia russe… L'affaire, qui survient en pleine période de rivalités internes pour le contrôle d'EADS, secoue immédiatement les milieux de l'aéronautique.

Le premier à porter plainte est Philippe Delmas, alors vice-président d'Airbus. L'industriel a compris que son nom était cité après des rumeurs parisiennes et surtout après que, pour vérifications, le juge Van Ruymbeke l'a brièvement fait interpeller à Toulouse, le 7 mai 2004, en marge des cérémonies d'inauguration de l'usine de l'A380. Devant les gendarmes, Philippe Delmas nie toute possession de compte occulte. L'ancien PDG de Thomson, Alain Gomez, accusé dans des circonstances similaires, fait de même. Et lui aussi porte plainte. Toutes les célébrités figurant dans les listings lui emboîteront le pas durant les mois suivants, notamment Nicolas Sarkozy, en janvier 2006. L'actuel chef de l'État apparaît dans le troisième envoi du corbeau où les comptes R6439 et R6440 sont attribués à Stéphane Bocsa et Paul de Nagy, mélange de ses patronymes complets. Deux comptes lui appartiendraient en Italie.


«Le nom du père d'un ministre»

L'accusation visant les personnalités épinglées par le corbeau est grave. Auraient-ils touché des rétrocommissions illégales dans l'affaire des frégates de Taïwan ? À l'été 2004, la question semble encore posée. Alors que Le Point a révélé l'affaire en précisant que «le nom du père d'un ministre» figurait dans les listings, le juge Van Ruymbeke multiplie les vérifications bancaires au Luxembourg, en Italie, en Suisse et en Colombie… Les réponses - négatives - n'arriveront que plusieurs mois plus tard. Seulement en décembre 2005, par exemple, pour ce qui concerne les comptes abusivement attribués à Nicolas Sarkozy en Italie. Mais, dès l'été 2004, Renaud Van Ruymbeke s'était inquiété de la véracité des listings. Et ses doutes avaient été renforcés par le consultant Florian Bourges, qui, face aux listings, avait eu la surprise de reconnaître des documents bancaires qu'il avait lui-même récupérés au sein de Clearstream trois ans auparavant pour ensuite les confier à un certain… Imad Lahoud.

Le scandale aurait-il pu s'arrêter à cet instant ? Les juges d'instruction d'Huy et Pons en sont persuadés : juillet 2004, c'est la date à laquelle Michèle Alliot-Marie est informée de la présence du nom de Nicolas Sarkozy dans les listings. Juillet 2004, c'est aussi la date à laquelle Dominique de Villepin, qui avait déjà ordonné au mois de janvier précédent une enquête secrète au général Rondot, interroge la DST. Le service lui répond par une note que les listings seraient des faux.


«Balancer» Sarkozy

La manipulation, pendant ce temps-là, continuera, amplifiant dans l'ombre les rumeurs de scandale jusqu'au dernier envoi du corbeau, le 4 octobre 2004.

Quatre ans et 37 perquisitions plus tard, la folle chronologie du premier semestre 2004 est encore la base de toute l'instruction des juges d'Huy et Pons… Selon leur ordonnance de renvoi devant le tribunal, la manipulation aurait précisément commencé le 1er janvier 2004 : une rencontre le jour de l'An entre Dominique de Villepin et Jean-Louis Gergorin aurait été suivie d'une deuxième, le 9 janvier, en présence du général Rondot. Enfin, en avril 2004, fondement du délit, Dominique de Villepin aurait, en se prévalant d'un ordre du président de la République, donné l'instruction de «balancer» Nicolas Sarkozy.

Qui savait en 2004 que les listings étaient des faux ? Villepin, qui nie plusieurs rendez-vous secrets qu'on lui reproche à cette période avec le «corbeau», a toujours certifié qu'il l'ignorait et rappelé qu'il avait lui même ordonné aux services d'enquêter. Jean-Louis Gergorin, qui affirme s'être fait berner jusqu'au bout par Imad Lahoud, jure quant à lui qu'il a cru à l'authenticité des listings jusqu'en… 2007.

Cette semaine, le procès prendra quelques jours pour examiner la génèse de l'affaire, entre 2001 et 2003. Les débats sur 2004 occuperont ensuite de longues et cruciales audiences.



Clearstream : Sarkozy a "des idées"
AFP 12/09/2009 

Nicolas Sarkozy a, "sinon une certitude, du moins des idées" sur ce qui s'est passé dans l'affaire Clearstream, affirme le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, dans Le Journal du Dimanche.

Alors qu'on lui demandait si M. Sarkozy n'avait pas fait pression sur la justice en ayant évoqué le sujet lors de son voyage au Brésil, en début de semaine, M. Guéant a expliqué que c'était une affaire qui touchait le président "à la fois en tant que victime, humainement, et sur le plan des principes, tant il veut que certaines pratiques n'aient plus cours".

"Il veut savoir ce qui s'est passé. Il a, sinon une certitude, du moins des idées, qui lui viennent aussi de la lecture de la presse: Le Journal du Dimanche, la semaine dernière, en fait partie", a-t-il ajouté.

M. Guéant fait ainsi allusion à des déclarations d'Imad Lahoud, soupçonné d'avoir falsifié les listings Clearstream, qui figurent dans un procès-verbal datant du 9 décembre 2008 et publié par l'hebdomadaire la semaine dernière.

M. Lahoud reconnaît avoir lui-même ajouté sur les listings Clearstream le nom de Nicolas Sarkozy, sous les patronymes de Nagy Bocsa et "sous la connaissance de Dominique de Villepin", l'ancien Premier ministre.

"Nicolas Sarkozy souhaite que la justice aille jusqu'au bout de cette affaire. Et personne ne peut croire que la justice n'est pas indépendante en France", affirme également Claude Guéant.
 

"Je ne suis pas un homme qui renonce et je ne suis pas un homme qui plaisante avec les principes d'honneur et de probité", laissant entendre qu'il ne retirerait pas sa plainte.

"Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel .




Le cas Lahoud , une proie idéale pour les manipulateurs ?

Leur rencontre remonte au mois d'octobre 2002. Le premier, ancien trader, sort alors de la prison de la Santé où il vient de passer quatre mois pour escroquerie. Le second, vice-président d'EADS, est connu dans le Tout-Paris pour ses choix stratégiques. C'est le frère d'Imad Lahoud, PDG d'une filiale d'EADS, qui les met en relation. L'ancien trader veut retrouver un emploi et se «réhabiliter» en offrant à son pays des informations sur al-Qaida. Un café pris avec Jean-Louis Gergorin à l'issue d'un déjeuner entre les deux frères, et Lahoud est recruté pour une mission à EADS, puis mis en relation avec le général Rondot.


 Sorti de prison en octobre 2002, après trois mois de détention provisoire pour escroquerie, il souhaite se racheter.

« Il voulait participer à la traque des réseaux terroristes », expliquera son frère Marwan, qui l’a présenté à l’ex-numéro deux d’EADS, Jean-Louis Gergorin. Lequel le mettra en contact avec Rondot. Ses supposées connaissances sur les réseaux de financement d’Oussama Ben Laden, chef d’al-Qaida, intéressent le militaire.
Le 17 février 2003, au restaurant Tante Marguerite, le général invite Lahoud et plusieurs responsables de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), qui tombent sous le charme de l’informaticien : il leur décrypte les arcanes complexes du patrimoine de Ben Laden......

Rondot et Gergorin estiment avoir été « abusés » par Lahoud – l’accusation soutient au contraire que l’ex-responsable d’EADS a manipulé l’informaticien.

« Un seul type aurait réussi à manipuler les plus hautes autorités de la République ? Ça ne tient pas », s’insurge Me Olivier Pardo, avocat d’Imad Lahoud.
Nombre de noms frauduleusement introduits dans les faux annuaires sont ceux de rivaux personnels de M. Gergorin, que M. Lahoud, a priori, ne connaissait pas.



Samedi 5 septembre, le JDD publie des extraits d'un procès verbal d'audition d'Imad Lahoud qui date du 9 décembre 2008 : ce dernier reconnaît avoir bidonné les fichiers Clearstream en ajoutant notamment le nom du père de Nicolas Sarkozy.

« J’ai recopié sur une feuille Excel deux noms avec des comptes bancaires attachés qui se sont retrouvés dans les faux listings Clearstream. Je reconnais devant vous aujourd’hui l’avoir fait ». Avant de s’expliquer en détail : « J’ai fait ce travail à la demande de Jean-Louis Gergorin… J’ai en effet recopié en février ou mars 2004 des noms soit de Nagy Bocsa, soit de Bocsa Nagy, je ne souviens plus dans quel ordre. J’ai recopié ces deux noms sur une feuille Excel vierge avec 5 ou 6 colonnes, noms, pays, banque, numéro de compte, ouverture clôture… C’est Gergorin qui m’avait donné le modèle manuscrit et je n’ai fait que recopier sur une feuille Excel le modèle… Je m’en voudrais toute ma vie ».



C'est dans un procès-verbal tenu secret jusque-là qu'Imad Lahoud reconnait avoir rajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les listings Clearstream. Il y raconte avoir agi à la demande de Jean-Louis Gergorin et "sous la connaissance de Dominique de Villepin".

"Je reconnais devant vous l’avoir fait." Dans un procès-verbal jusque-là secret, parce qu’il figure dans un autre dossier d’instruction, Imad Lahoud a reconnu avoir rajouté le nom de Nicolas Sarkozy, sous les patronymes de Nagy Bocsa, "à la demande de Jean-Louis Gergorin". "La cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin", a ajouté Lahoud lors de cette séance d’aveux… Cette petite bombe, dont le JDD révèle l’existence, a eu lieu le 9 décembre 2008, quelques jours après la clôture de l’enquête Clearstream. Ce 9 décembre 2008, Lahoud était interrogé par le juge d’Huy, mais dans le cadre d’une autre affaire, la plainte d’EADS le visant pour escroquerie et abus de confiance: "Avez-vous effectué des choses illégales ou à la limite de la légalité… à la demande de Jean-Louis Gergorin?", questionne le juge d’Huy. Cette question, Imad Lahoud se l’ai vu poser des dizaines de fois, sur tous les tons, dans le cadre du dossier Clearstream. Devant le juge d’Huy, jusque-là, il n’a jamais rien concédé. Mais ce 9 décembre, l’informaticien se jette à l’eau: "J’ai recopié sur une feuille Excel deux noms avec des comptes bancaires attachés qui se sont retrouvés dans les faux listings Clearstream. Je reconnais devant vous aujourd’hui l’avoir fait." Avant de s’expliquer en détail: "J’ai fait ce travail à la demande de Jean-Louis Gergorin…


En clair, Lahoud s’accuse d’avoir confectionné la matrice informatique initiale de ce qui va devenir les faux comptes Clearstream, qui seront ensuite envoyés, de mai à octobre 2004 au juge Van Ruymbeke. "Gergorin avait un projet pour moi. Il m’a encerclé partout, poursuit Lahoud devant le juge. Toutes ces histoires de secret. C’était me conditionner sur ma sécurité, pour que le jour J on me demande de faire un acte. C’est ce qui s’est passé… Je suis rentré dans leur jeu de secret. C’est ce que je reconnais devant vous aujourd’hui", poursuit l’informaticien. Le juge d’Huy l’interroge sur le "jeu de secret"… "Le jeu de secret c’était de monter une cabale contre Nicolas Sarkozy, embraye Imad Lahoud. C’est ce que m’a expliqué Jean-Louis Gergorin quand il m’a demandé de rajouter les noms de Nagy et Bocsa. Il m’a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu’il fallait à tout prix l’écarter. En faisant cela je contribuais à écarter Nicolas Sarkozy. Je savais que Jean-Louis Gergorin était en contact avec Dominique de Villepin et que la cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin. C’est ce que m’a dit Jean-Louis Gergorin au moment où il m’a demandé de recopier le nom de Nagy et Bocsa sur cette feuille… Jean-Louis Gergorin a fait pression sur moi pour que je rajoute ce nom. Il insistait énormément pour que je le fasse. J’ai cédé et je n’aurais pas dû."


Durant l’après-midi de ce 9 décembre, l’audition d’Imad Lahoud reprend. Le juge, peut-être passé le moment de surprise des aveux de la matinée, recommence l’interrogatoire en demandant davantage de détails. Il veut savoir dans quelles conditions Lahoud a effectué ce travail, où, avec qui, sous quelle forme, dans quelles circonstances… La réponse, elle aussi, va le surprendre. "Jean-Louis Gergorin m’a demandé à plusieurs reprises dans son bureau à EADS, boulevard Montmorency, de faire ce travail avant que je ne l’accepte, répond Imad Lahoud sur procès-verbal. Je n’ai pas exécuté ce travail dans les locaux d’EADS. Je l’ai fait dans le bureau d’Yves Bertrand au ministère de l’Intérieur, place des Saussaies, et en présence d’Yves Bertrand et de Jean-Louis Gergorin qui m’a donné l’ordinateur portable." Dans le détail, Lahoud explique ensuite qu’il s’est rendu dans le bureau de l’ancien patron des Renseignements généraux avec Jean-Louis Gergorin. Lahoud assure qu’il avait rencontré Yves Bertrand "courant 2003", "juste pour faire connaissance", par l’entremise de la commissaire des RG Brigitte Henri.
From : Marianne , Figaro , Jdd ,...




Les Services de renseignements

* Yves Bertrand a été directeur central des Renseignements généraux de 1992 à 2003.

Début 2006, Yves Bertrand a été suspecté d'avoir fourni de faux listings dans l'affaire Clearstream 2, ce dont il se défend. Le 16 janvier 2008, son domicile et son bureau sont perquisitionnés dans le cadre de l'affaire Clearstream.

Dans Le Point du 26 novembre 2008, Imad Lahoud a affirmé qu'il a notamment vu Yves Bertrand, dans son bureau pour ajouter le nom de Nicolas Sarkozy sur les faux listings. « La dernière fois que j'ai vu Bertrand, c'était dans son bureau, pour ajouter le nom de Sarkozy sur les faux listings. C'est le seul nom que j'ai ajouté. C'était en présence d'une troisième personne, dont je préfère pour l'instant taire l'identité », a déclaré M. Lahoud. M. Bertrand affirme lui qu'il n'a « jamais vu ni entendu M. Lahoud, ni dans (son) bureau ni ailleurs ».

Le 20 mai 2009, Yves Bertrand a decidé de se désister de la plainte pour diffamation qu'il avait déposée contre l'hebdomadaire Le Point et contre l'informaticien Imad Lahoud.


* Philippe Rondot
Général de division à la retraite depuis décembre 2005, il est un « vétéran » du renseignement français. Après avoir reçu un listing Clearstream des mains de Jean-Louis Gergorin, il a enquêté sur ordre du ministère de la défense, tout en rendant compte à Dominique de Villepin. Selon Le Monde du 29 avril 2006, il a déclaré aux juges que Dominique de Villepin lui aurait confié le listing mentionnant le nom de Nicolas Sarkozy fin 2003 et lui aurait demandé d’enquêter sur lui et ses prétendus comptes occultes chez Clearstream. Selon le général Rondot, son rapport qui ferait état d’une liste de bénéficiaires de comptes chez Clearsteam serait « bidon ».

Des notes compromettantes pour Dominique de Villepin ont été retrouvées sur son disque dur après avoir été effacées. Le général Rondot a confirmé l'existence de ces notes et qu'elles avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin. Stéphane Queroy, qui est à la fois la nièce et l'assistante du général Rondot, a confirmé le 4 juillet 2007 devant les enquêteurs le contenu de ces notes qu'elle a tapé et que ces notes avaient été effacées à la demande de Dominique de Villepin.

* Pierre de Bousquet de Florian
Directeur de la DST depuis septembre 2002, il aurait reçu la demande de Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, d’enquêter sur l’affaire Clearstream 2 le 5 juillet 2004. Le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud fut chargé de superviser une cellule d’enquête aujourd’hui dispersée. Dominique de Villepin lui aurait dissimulé l’existence des investigations du général Rondot et des doutes de ce dernier. Nicolas Sarkozy, redevenu ministre de l’Intérieur lui reprocherait d’avoir enquêté sur ses prétendus comptes occultes et d’avoir conclu à une manipulation sans jamais l’en informer. Selon le directeur de la DST, il s’agissait d’un simple « recueil de renseignements ».

Pierre de Bousquet a appris à l’automne 2004 par Philippe Rondot que ce dernier avait entrepris des vérifications sur des hauts fonctionnaires de la défense cités dans les listings Clearstream, mais il semble[évasif] avoir ignoré tout le reste.

Dans ses notes saisies par les juges, M. Rondot avait écrit, à la date du 27 juillet 2004, avoir lui-même suggéré de « travailler avec P. de Bousquet ». Il ajoutait : « Pour D de V, qui est d’accord, « il manque d’imagination ». » La proposition n’aurait donc été suivie d’effet qu’avec plusieurs mois de retard, et très partiellement. À la DST, on assure n’avoir mesuré l’ampleur des investigations du général qu’à la lecture de la presse en avril-mai 2006. Le 10 juillet 2004, la DST obtient le document publié par le Point. Très vite, la falsification apparaît. Peu après, M. de Bousquet prévient Claude Guéant, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, de la présence du nom du ministre dans le listing.
From : Marianne , Figaro , Jdd ...




Villepin nie tout rôle passif ou actif .
From : Reuters

Le procureur de Paris, qui refusait de le poursuivre quand il était à Matignon, lui a finalement imputé dans son réquisitoire de fin d'enquête en octobre 2008 un rôle de "complice par abstention" dans la dénonciation calomnieuse.

Selon cette version, il n'a pas organisé la manipulation mais a négligé de la dénoncer et de la désamorcer alors qu'il l'avait découverte avec certitude le 21 juillet 2004, dans les conclusions d'un rapport de la DST (Direction de la surveillance du territoire, contre-espionnage) commandé par ses soins.

 

Les deux juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons sont allés plus loin, lui imputant un rôle actif dès avril 2004, lors de la transmission des faux listings à la justice par Jean-Louis Gergorin.

"Il ressort de l'information que M. de Villepin a donné à M. Gergorin l'instruction de transmettre à l'autorité judiciaire les faux listings (...) une telle instruction étant susceptible d'aboutir à l'élimination du rival politique que représentait M. Nicolas Sarkozy", lit-on dans l'ordonnance de renvoi.

Dominique de Villepin, à l'époque des faits ministre des Affaires étrangères (mai 2002-mars 2004), de l'Intérieur (mars 2004-mai 2005) puis Premier ministre (mai 2005-mai 2007) conteste cette conclusion et nie avoir donné un ordre quelconque.

Il confirme avoir demandé une première enquête au général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement, en janvier 2004, puis une seconde à la DST en juillet 2004, mais c'était selon lui pour examiner le problème général posé par les listings.

Il conteste avoir visé Nicolas Sarkozy et dit avoir cru de bonne foi que les listings pouvaient être authentiques.
Jean-Louis Gergorin a mis en cause Dominique de Villepin en évoquant un ordre de sa part, mais seulement à son septième interrogatoire, alors qu'il l'avait jusque-là blanchi.

Imad Lahoud a commencé, lui, à mettre en cause Dominique de Villepin après la fin de l'instruction, en 2008.

Fait établi cependant, Dominique de Villepin connaissait Jean-Louis Gergorin de longue date et l'a décoré de l'Ordre national du mérite dans les jours précédant la transmission des listings à la justice en avril 2004.

Il l'aurait, selon des témoignages versés au dossier, souvent vu secrètement lorsque l'affaire s'est nouée, ce qu'il nie.

Les juges d'instruction voient aussi comme preuve de la mauvaise foi du prévenu le fait que, comme ministre des Affaires étrangères, il n'avait aucune qualité pour demander une enquête

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