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Crise du crédit immobilier: les bourses broient du noir

An New York Stock exchange, le 9 août. (Reuters)
La crise, née de défaillances du crédit immobilier américain, a continué d'affecter les places boursières vendredi, obligeant les banques centrales à intervenir.


Afp Liberation. : vendredi 10 août 2007      
La nervosité monte sur les marchés financiers. Les Bourses de Paris et de Londres ont plongé ce vendredi de plus de 3%, comme elles l'avaient déjà fait la veille. Aux Etats-Unis, l'indice Dow Jones a chuté de 2,8%. A l'origine de ces décrochages, la contagion au système bancaire mondial de la crise du crédit immobilier américain («subprime»). Hier jeudi, BNP Paribas, la première banque française, a fermé trois de ses fonds, suscitant l'inquiétude chez les investisseurs.  
  
 
Signe de l'ampleur de la crise, les banques centrales sont a nouveau montées au créneau vendredi pour injecter des liquidités sur les marchés. La Réserve fédérale américaine (Fed) a injecté en trois temps 59 milliards de dollars, tout comme la Banque d'Angleterre (BoE), la Banque nationale Suisse et celles du Japon (BoJ), d'Australie, de Norvège et du Canada.

 

La Banque centrale européenne a elle aussi de nouveau envoyé un signal fort vendredi pour rassurer les marchés, en mettant cette fois-ci 61,05 milliards d'euros à la disposition des banques via à un appel d'offre rapide sur trois jours. La veille, elle avait déjà injecté 94,8 milliards d'euros pour remédier à la pénurie de liquidités, un record.

La question qui est à présent de savoir où va s'arrêter le cyclone, alors que les incertitudes planent sur les pertes exactes que la crise du «subprime» va entraîner pour les banques touchées.

Pour certains observateurs, la tourmente actuelle pose de sérieuses questions sur le cycle de resserrement monétaire de la BCE, entamé fin 2005. Mais la grande majorité des analystes estime pour l'instant que l'institut monétaire ne fera pas machine arrière après avoir clairement fait comprendre qu'il allait encore relever ses taux en septembre. Ils parient plutôt sur un statu quo par la suite avant éventuellement, si la situation s'aggrave, des baisses de taux.

La BCE a quant à elle multiplié les déclarations rassurantes sur les remous actuels sur le marché, parlant de «tensions passagères».

 

 

 

 

 

 

 

Les banques centrales au secours des marchés financiers     
 par ???       
 
Les banques centrales européenes et américaines notamment ont injecté des dizaines de milliards de dollars dans le circuit monétaire en deux jours.
Ces mesures ont été prises pour faire face à une pénurie de liquidités, en raison de la crise du crédit à risque aux Etats-Unis.      
 

Jamais la banque centrale n'avait mis à disposition autant d'argent sur le marché : au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, elle avait injecté 69,3  milliards d'euros, puis 40,3 milliards. Dans la foulée, les Bourses de Paris et de Londres ont plongé de plus de 3%, comme elles l'avaient déjà fait la veille.

 

Les banques hésitent à se prêter mutuellement de l'argent

Extrêmement tendu jeudi, le marché semblait se calmer. En début  d'après-midi, le taux d'intérêt interbancaire en zone euro - la prime réclamée  par les banques pour se prêter mutuellement de l'argent - tournait autour de  4,10% alors qu'il avait grimpé jusqu'à 4,7% la veille. La crise du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis, ou "subprime",  s'étend inexorablement, du marché crédit, à celui du pétrole et même au marché  interbancaire. En clair, les banques de la zone euro, échaudées par la crise du crédit,  hésitent à se prêter mutuellement de l'argent.

La nervosité est montée en flèche jeudi sur les marchés financiers après  l'annonce par BNP Paribas du gel de trois fonds adossés sur des crédits à  risque.  Signe de l'ampleur de la crise, les banques centrales ont décidé d'agir de  manière concertée. La Réserve fédérale américaine (Fed) a injecté plusieurs milliards de dollars, tout comme la Banque d'Angleterre (BoE), la Banque  nationale Suisse et celles du Japon (BoJ), d'Australie, de Norvège et du Canada. La Fed de New York a précisé que les sommes apportées depuis trois jours  étaient les plus importantes depuis le 14 septembre 2001, lorsque la Fed avait  injecté 81,25 milliards de dollars dans le système financier américain après les  attaques du 11-Septembre.

"Les conséquences ne vont pas rester limitées aux marchés financiers"

"J'avais dit, le jeudi 2 août que nous allions continuer à prêter  grande attention aux développements des marchés dans la période à venir. C'est  ce que nous avons fait depuis et ce que nous faisons en donnant aux marchés les  liquidités appropriées", a justifié le président de la BCE, Jean-Claude Trichet,  dans une interview publiée vendredi soir sur le site internet du quotidien  régional Ouest France.

La question qui est sur toutes les lèvres est à présent de savoir où va  s'arrêter le cyclone, alors que les incertitudes planent sur les pertes exactes  que la crise du "subprime" va entraîner pour les banques touchées. Et "s'il y a une chose que les marchés détestent, c'est l'incertitude", souligne Gilles Moec, chef économiste de Bank of America. "Les conséquences ne vont pas rester limitées aux marchés financiers",  avertit Jörg Krämer, chef économiste de la Commerzbank. "La conjoncture aux Etats-Unis, et donc dans le monde, va encore longtemps souffrir des suites  négatives".

La BCE a "simplement agi par précaution"

Pour certains observateurs, la tourmente actuelle pose de sérieuses  questions sur le cycle de resserrement monétaire de la BCE, entamé fin 2005. Mais la grande majorité des analystes estime pour l'instant que l'institut  monétaire ne fera pas machine arrière après avoir clairement fait comprendre  qu'il allait encore relever ses taux en septembre. Ils parient plutôt sur un  statu quo par la suite avant éventuellement, si la situation s'aggrave, des  baisses de taux.

La BCE voit toujours des tensions inflationnistes liées à la croissance  robuste en zone euro. Et elle a multiplié les déclarations rassurantes sur les  remous actuels sur le marché, parlant de "tensions passagères". "Le geste d'hier n'indique absolument pas que la BCE songe d'ores et déjà à  arrêter son cycle de durcissement monétaire ou à engager un cycle de baisse de  taux. Elle a simplement agi par précaution", notait entre autres Peter Müller,  de la Commerzbank.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les banques centrales abreuvent le système bancaire
par David Milliken et Glenn Sommerville Le Monde le 10/08/07

Reuters- La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) ont injecté des fonds dans le système bancaire pour la deuxième journée d'affilée vendredi afin de prévenir une crise du crédit mondiale.
 
Au cours des dernières 48 heures, les banques centrales d'Europe, d'Amérique et d'Asie ont injecté au moins 323,3 milliards de dollars sur le marché monétaire.

La crise du crédit immobilier subprime aux Etats-Unis provoque une lame de fond qui touche les banques et fonds exposés à ce type d'investissement à risque, faisant craindre un tarissement du crédit bon marché qui jusqu'à présent a alimenté la croissance mondiale.

Les craintes relatives à un assèchement supposé du crédit se sont intensifiées jeudi lorsque BNP Paribas a annoncé la suspension de trois de ses fonds, investis notamment dans des parts d'actifs immobiliers américains titrisés.

La rumeur de troubles dans le secteur bancaire va bon train par ailleurs en Allemagne, depuis que des banques ont dû se mobiliser pour porter secours au prêteur IKB, ce dernier faisant d'ailleurs à présent l'objet d'une enquête judiciaire. Un deuxième prêteur, SachsenLB, est examiné par la Bafin, l'autorité des marchés financiers allemande.

La Fed a injecté 24 milliards de dollars dans le système bancaire américain jeudi et a récidivé le lendemain en injectant encore 35 milliards, en deux appels d'offres à trois jours de 19 et 16 milliards respectivement.

Elle a précisé quelle fournirait la liquidité nécessaire pour assurer un bon fonctionnement du marché et ramener le taux au jour le jour au niveau de son objectif de 5,25%, ce qui s'est effectivement produit.

La Maison Blanche elle-même est montée au créneau pour souligner que les fondamentaux économiques étaient solides et que le président George Bush et ses conseillers suivaient la situation de très près.

La BCE a injecté 94,8 milliards d'euros de liquidités à 24 heures jeudi, un montant record, et a enchaîné avec une nouvelle injection de 61,05 milliards d'euros, à trois jours cette fois-ci le lendemain, faisant savoir de plus qu'elle continuait de suivre les conditions du marché monétaire de l'euro attentivement, ce qu'a confirmé encore son président Jean-Claude Trichet dans les colonnes d'Ouest-France.

 

Chateau de cartes

Cela n'a pas empêché les marchés boursiers de souffrir, surtout en Europe. L'indice FTSEurofirst 300 perdait 3,04% en clôture. Le FTSE britannique lâchait 3,71%, le Dax allemand 1,48% et le CAC-40 3,13%.

Les indices boursiers américains ont subi de grosses pertes une bonne partie de la matinée mais il les avaient fortement réduites à la mi-journée et repassaient même dans le vert.

Les Bourses européennes ont subi leur perte la plus forte depuis février, quand la Bourse de Shanghaï propagea une onde de choc sur l'ensemble des places de la planète.

Le fait que la Fed ait éprouvé le besoin de publier un communiqué pour assurer les marchés qu'elle ferait son possible pour assurer leur bon fonctionnement est exceptionnel. Il faut remonter aux attentats du 11 septembre 2001 pour voir une intervention de ce type et avant cela au 20 octobre 1987, au lendemain du Lundi Noir.

La Banque du Canada, la Banque nationale suisse, la Banque du Japon ou encore la Banque de Réserve d'Australie ont pareillement pourvu les banques en appoints de liquidité.

La Malaisie, l'Indonésie, les Philippines et Taïwan sont entrées en scène pour défendre leurs monnaies respectives en vendant du dollar américain, les soucis qui plombent les marchés du crédit affectant les actifs à risque de la région.

Sur le marché des changes, l'euro a glissé contre le yen, à son niveau le plus bas en trois mois, les cambistes dénouant leurs positions de "carry trade", soit des investissements opérés par le biais d'emprunts très bon marché en yen.

Puis les parités dollar/yen et euro/yen sont revenues pratiquement inchangées, avant d'aller dans le positif en réaction à la remontée de Wall Street.

Curieusement, la Banque d'Angleterre n'a pas réagi du tout - ni financièrement ni même verbalement - au fait que le taux au jour le jour britannique soit monté à 6,5%, soit 75 points de base au-dessus de son taux de refinancement, ce qui n'a pas manqué d'étonner les professionnels.

Les actions des banques centrales ont relativement apaisé les marchés mais de nouveaux problèmes risquent de se faire jour dans les semaines qui viennent, pense Moe Ibrahim, gérant de fonds de l'Asia Debt Fund de Singapour.

"On peut envisager bien des scénarios, en partant du phénomène relativement contenu dans l'espace et le temps à quelque chose qui aurait des implications bien plus larges, provoquant un effondrement au niveau mondial, comme un château de cartes", dit-il.

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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