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1 à 3 millions d'Américains pourraient perdre leur logement, selon un sénateur démocrate

 

Le Monde avec Afp | 21.08.07 | 20h01  •

Un à trois millions de personnes pourraient perdre leur logement" aux Etats-Unis, submergés par l'envolée des mensualités de leurs crédits hypothécaires à taux variables, a déclaré mardi 21 août le sénateur américain Christopher Dodd, président du comité bancaire du Sénat américain.


 
"A cause de certains types de crédits accordés entre 2004 et 2006, les modifications (d'intérêts) peuvent faire passer les mensualités de 400 dollars à plus de 1 500 dollars, pour les gens qui ont pris les typiques crédits hypothécaires à risques qui offraient des taux d'intérêt au rabais au démarrage", a ajouté le sénateur démocrate du Connecticut, candidat à l'investiture de son parti pour la présidentielle 2008.

M. Dodd s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec le président de la Fed, Ben Bernanke, et du secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Il a par ailleurs appelé les autorités à prendre davantage de mesures pour éviter les saisies.

 

 

Incertitude sur la politique du Fed

"Nous sommes au plus haut niveau des saisies de logements depuis 37 ans, et au plus bas niveau depuis 10 ans pour les mises en chantier de logements. Donc je demande instamment au gouvernement de faire tout le nécessaire pour que les gens puissent garder leur logement", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse à Washington."Un à trois millions personnes pourraient perdre leur logement, non pas parce qu'ils ont perdu leur emploi, ni parce que l'économie s'est effondrée, mais parce qu'ils ont eu de mauvaises conditions pour leur emprunt immobilier" a-t-il plaidé.

Ben Bernanke et Henry Paulson ont été invités à expliquer ce qu'ils comptaient faire face aux turbulences financières lors d'une réunion à huis clos avec le président de la commission bancaire du Sénat, le démocrate Christopher Dodd. Ni la banque centrale ni le Trésor n'ont communiqué sur cet entretien, mais M. Dodd s'est montré satisfait des assurances obtenues.

"J'ai demandé au président (de la Fed) s'il était prêt à utiliser tous les outils à sa disposition, et il a répondu que, oui, il était prêt à cela", a-t-il indiqué M. Dodd à l'issue de la rencontre. Selon lui, M. Bernanke n'aurait pas mentionné la possibilité d'une baisse du principal taux directeur de la Fed, ou Fed funds, qui est fixé à 5,25 %.

 

 

 


Subprime : licenciements en série aux Etats-Unis

 


Challenges.fr | 22.08.2007 | 08:45
Depuis le 1er août, les sociétés financières ont procédé à quelque 21.000 suppressions d'emplois, dont 11.040 depuis vendredi dernier.


Des négociants au New York Stock Exchange (c) Reuters
La crise des crédits hypothécaires à risque ("subprime") et du marché immobilier aux Etats-Unis est responsable de licenciements massifs dans le secteur de la finance, en particulier dans les sociétés de crédits.
C'est le résultat d'une étude du cabinet Challenger, Gray and Christmas rendue publique mardi 21 août au soir.
Ainsi, depuis le 1er août, on dénombre près de 21.000 suppressions d'emplois, dont 11.040 depuis vendredi dernier, dans les sociétés financières.
"A quelques exceptions près, ces suppressions d'emplois sont directement liées à la crise des prêts hypothécaires", est-il écrit.

 

Dans le détail, 2.400 licenciement sont à imputer à la banque SunTrust, et 8.640 aux sociétés de crédits First Magnus Financial, Countrywide et Capital One ces trois derniers jours.
Depuis le début de l'année, le secteur financier a supprimé 87.962 postes, soit deux fois plus qu'à la même époque l'an dernier et même plus que sur l'ensemble de 2006 (50.237).
Or 41% des suppressions d'emplois sont provoquées par la crise des "subprime", du fait de la faillite ou cessation d'activité de nombreuses sociétés.
Même si la finance embauchait toujours 8,5 millions de personnes aux Etats-Unis en juillet contre 8,4 millions un an plus tôt.

 

La banque, l'immobilier et la construction...

Les secteurs financiers connexes sont aussi touchés, avec par exemple chez la banque Bear Stearns la semaine dernière 240 licenciements dans la division de négociation des titres adossés aux crédits hypothécaires.
Mêmes effets dans les agences immobilières, où 1.950 emplois ont été supprimés depuis début 2007, "sans compter les centaines, voire les milliers d'agents indépendants qui ont quitté le métier".
Quant au secteur de la construction, il a annoncé 19.670 suppressions d'emplois depuis janvier, auxquelles il faut ajouter les réductions de personnel chez les sous-traitants et les fournisseurs de matériaux.

 

 

 

 

 A Los Angeles, les plus modestes piégés par la crise immobilière

Le Monde | 24.08.07 | 15h21  LOS ANGELES (Californie)

 

Pour inviter les automobilistes à visiter les "maisons modèles" des environs, les démarcheurs brandissent toujours leurs panneaux Homes for sale (maisons à vendre) sur l'artère principale de Hemet (Californie).

A 150 kilomètres de Los Angeles, l'agglomération californienne du comté de Riverside - un des plus pauvres de l'Etat -, connue pour ses trailer parks (des campings améliorés), est l'une de ces villes qui ont connu un boom immobilier sans précédent depuis dix ans.


Countrywide sauvé par Bank of America
Countrywide, le numéro 1 des prêts hypothécaires aux Etats-Unis, voit le spectre de la faillite s'éloigner. Le groupe Bank of America a annoncé qu'il investirait 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) dans cette entreprise. "C'est un signe de confiance dans Countrywide et dans l'idée que tout le secteur hypothécaire ne va pas exploser", estime Peter Cardillo, analyste d'Avalon Partners. Selon le site mortgagedaily.com, 84 établissements de crédit hypothécaire ont fait faillite ou cessé leur activité aux Etats-Unis depuis le 1er janvier.

 
 
La construction de ces cités champignons a été le moteur d'un développement intensif, spécialement en Californie du Sud. Là, des ménages aux revenus modestes ont pu devenir propriétaires après s'être engagés dans l'obtention de prêts hypothécaires à taux variables, ces fameux subprime consentis aux emprunteurs à risque...

Or, avec la crise du secteur du subprime, rien ne se vend plus dans ces zones suburbaines. Pire, des milliers de petits propriétaires trop endettés ne peuvent plus rembourser les échéances de leurs crédits, et risquent de perdre leur propre logement.

Aux Etats-Unis, les procédures de saisie ont doublé en juillet, atteignant 179 599, selon le site Internet spécialisé RealtyTrac, qui dénombre plus d'1,1 million de procédures depuis le mois de janvier, soit une moyenne d'une procédure sur 112 foyers.

La Californie figure parmi les cinq Etats américains où les saisies de logements s'accélèrent, avec la Floride, le Michigan, l'Ohio et la Géorgie. Certaines zones urbaines, plus aisées, sont moins touchées (à Beverly Hills, on compte une seule saisie, et à Malibu... zéro !). Mais partout, la crise du crédit entraîne une chute des valeurs immobilières. "S'il y a quatre maisons saisies dans le voisinage, le prix de vente baisse d'au moins 20 %", affirme Robert Gnaizda, du Greenlining Institute de Berkeley, dont le but est d'encourager l'accès à la propriété pour les revenus faibles. "La crise présente affecte surtout les milieux défavorisés."


"Prêteurs prédateurs


La situation est critique dans le comté de Riverside : au 2e trimestre 2007, la ville de Hemet a enregistré 68 saisies (contre 6 pour le 2e trimestre 2006) ; Murrieta en a compté 142, Temecula 136, Perris 147, Moreno Valley 309... L'histoire de la famille "J." est exemplaire. Il y a dix ans, ce couple a acheté un pavillon de quatre pièces à Corona, pour la somme de 148 000 dollars (110 000 euros), en en empruntant la quasi-totalité. Suite à des soucis de santé, leurs revenus ont diminué. Ne pouvant plus rembourser, ils ont refinancé en 2000, et à trois autres reprises, augmentant chaque fois le montant du prêt, pour tirer des liquidités.

Car, avec l'envolée spectaculaire des prix de l'immobilier dans la région, les sociétés de prêts, certaines de pouvoir revendre les crédits à Wall Street, ont sollicité très agressivement tous les propriétaires (par courrier, téléphone ou courriel), pour les inciter à monétiser leur plus-value immobilière.

En septembre 2005, les "J." ont emprunté à hauteur de 450 000 dollars, mais se sont vus contraints de mettre la maison en vente, pour faire face aux échéances. Estimé alors à 480 000 dollars, leur pavillon n'a pas trouvé d'acquéreur. Alors, le créancier, GMAC Mortgage, un des plus importants avec 34 bureaux en Californie, a engagé la procédure de saisie.

""Subprime" est un mot poli pour décrire des prêts scandaleux, commente ce lecteur du Los Angeles Times, il s'agit d'une escroquerie qui fait de l'acquéreur une victime." Aujourd'hui, des associations de consommateurs réclament des mesures pour protéger les propriétaires en difficulté. Le Greenlining Institute propose un fonds de 10 milliards de dollars, financé par les grandes banques, afin de les aider à restructurer leur dette.

Acorn (Association of Community Organizations for Reform Now), une organisation nationale vouée à la protection des consommateurs défavorisés, appelle à un moratoire d'un an sur toutes les saisies immobilières et à la suspension des ventes aux enchères de propriétés saisies, "afin que les victimes des prêteurs prédateurs puissent réaménager les termes de leurs emprunts", explique Larry Hynson depuis le siège d'Oakland.

Kerry Killinger, PDG de Washington Mutual, le 3e prêteur immobilier aux Etats-Unis, déplore le laxisme en cours dans la profession et réclame un meilleur encadrement de ses courtiers : "Nous avons des normes de sécurité pour tous les autres produits du marché. Notre bien-être économique exige un contrôle plus strict de ce secteur." D'autant qu'une étude récente de la Federal Trade Commission indique que la plupart des emprunteurs ont du mal à comprendre les termes des contrats de crédit, même les plus simples.

Claudine Mulard

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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