Les éditorialistes estiment, jeudi 22 septembre, que la mise en cause de deux proches de Nicolas Sarkozy dans l'affaire de Karachi pourrait annoncer des difficultés durables et profondes pour le chef de l'Etat, à quelques mois de la présidentielle.
"Les affaires de gros sous qui risquent d'éclabousser l'Elysée, ressemblent bel et bien, après la crise économique, à la deuxième mâchoire d'un étau dont il sera difficile pour Sarkozy de se défaire", écrit Paul Quinio dans Libération, dont la "une" titre que la "Sarkozye [est] en garde à vue".
"On entre dans une affaire d'Etat politique et financière qui pourrait avoir de lourdes conséquences", renchérit Daniel Ruiz dans La Montagne.
"L'étau se resserre malgré les blocages au plus haut niveau de l'Etat", poursuit l'éditorialiste, estimant que "pour avoir voulu ouvrir la boîte de Pandore avec Clearstream et les valises de la Françafrique, Nicolas Sarkozy reçoit de plein fouet un premier boomerang".
"Le puzzle commence lentement à s'ordonner. Et pas nécessairement au meilleur moment pour celui qui se trouve au centre de la mire : le chef de l'Etat", relève également Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain. "Nicolas Sarkozy se trouve lesté d'un soupçon qui, en fournissant un angle d'attaque sur la République irréprochable, ne va pas lui faciliter une campagne qui, en tout état de cause, s'annonçait déjà difficile."
L'enquête du juge Renaud Van Ruymbeke sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 s'est accélérée mercredi avec la mise en examen d'un ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, et la garde à vue d'un autre proche du chef de l'Etat, Nicolas Bazir.
Mais ce que ce communiqué affirme est en grande partie infirmé par des pièces du dossier ou des révélations de presse. Revue de détail.
Nicolas Sarkozy a été cité à plusieurs reprises dans l'affaire. Notamment car il a fait l'objet, comme d'autres dirigeants de la majorité, de lettres de chantage adressées par un ancien dirigeant de Heine, Jean-Marie Boivin. Celui-ci aurait cherché à obtenir des compensations financières, au moyen de missives menaçant de "faire des révélations".
Alexandre Galdin, ex-employé à la Trésorerie du candidat Balladur : "Ces mises en examen étaient inéluctables (...) Moi-même j'étais mêlé à ce transport (...) J'ai fait une vingtaine de déplacements, ...." L'Elysée a vivement réagi jeudi après la mise en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy dans le volet financier du dossier Karachi, en dénonçant "calomnie et manipulation politicienne". Le Palais a démenti tout lien entre le Président de la République et le financement de la campagne d'Edouard Balladur, assurant que le chef de l'Etat n'avait "jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne", dont il était le porte-parole, et que son nom "n'apparaît dans aucun des éléments du dossier".
A quel moment vous a-t-il parlé du ou des destinataires de cet argent ?
Il semble que votre mari ait été retirer l'argent, à Genève, en compagnie de Ziad Takieddine.
Pourquoi, après tout ce temps, avez-vous parlé à la police, le 8 septembre ?