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 La France est en perte de vitesse en terme d’implantation d’entreprises étrangères, selon le baromètre annuel Ernst & Young. Tour d’horizon des difficultés de l’économie française vues de l’étranger et de ses capacités de rebond.
 
"La France a des réserves de créativité et d’entrepreneuriat qui ne sont pas moins importantes que dans d’autres pays européens. Le problème, c’est les conditions de réalisation des projets", souligne Marc Lhermitte, auteur du  baromètre annuel Ernst & Young.

Les chiffres sont là. Le nombre d’implantations de groupes étrangers en France a chuté de 13 % en 2012 par rapport à 2011, avec 471 projets. Quand, dans le même temps, l’ensemble de l’Europe n’a connu qu’un fléchissement de 3 %, selon le baromètre annuel Ernst & Young. Si le pays conserve la 3e place du classement européen des pays les plus attractifs, derrière le Royaume-Uni (697 projets) et l’Allemagne (624), ce n’est que grâce à son avance confortable sur l’Espagne ou la Belgique.

Côté embauches, ces projets n’ont engendré la création que de 10 540 emplois, soit 20 % de moins qu’en 2011. Dans ces conditions, la France décroche par rapport aux leaders européens. Le pays conserve néanmoins des avantages qui lui permettent aujourd’hui de rester attractif, mais pour combien de temps ?

 

Points forts

Des atouts, la France n’en manque pas. En tête, sans toutefois se démarquer nettement : sa situation géographique en Europe, sa main-d’œuvre qualifiée, la qualité de vie qu’elle offre et un réseau d’infrastructures développé. Mis en avant également le dynamisme des grandes agglomérations du territoire. Mais la vraie évolution du regard que portent les décideurs sur le pays concerne l’esprit d’entreprise français, en progression de 10 points en un an. "La France a des réserves de créativité et d’entrepreneuriat qui ne sont pas moins importantes que dans d’autres pays européens. Le problème, c’est les conditions de réalisation des projets", souligne Marc Lhermitte, auteur de l’étude. Encore faut-il que ces réserves soient exploitées.

Paradoxalement, les dirigeants installés en France se montrent plus pessimistes sur l’attractivité future du pays (34 %) que les non implantés (9 %). Un avis critique qui alimente une morosité ambiante pas toujours fondée mais aux effets définitivement nuisibles.

 

Points faibles

Pas d’ambiguïté. Selon les décideurs économiques, la France est plombée par sa compétitivité. Véritable critère d’investissement, le coût du travail est jugé trop élevé en France avec un montant horaire moyen de la main-d’œuvre de 34,20 euros en 2012, contre 23,40 euros dans l’ensemble de l’UE. "Les investisseurs jugent que la France a dépassé la ligne jaune du prix que la France peut justifier par sa qualité", commente Marc Lhermitte.

La fiscalité, jugée trop lourde et instable, s’avère également dissuasive. Enfin, contrairement au Royaume-Uni ou à l’Allemagne, l’Hexagone n’a pas su attirer les investisseurs en provenance des pays émergents, qui n’y ont réalisé que 14 projets en 2012, contre respectivement 70 et 63 projets chez ses concurrents.

Pistes d’améliorations

C’est donc en direction de l’amélioration de la compétitivité-coût et de la fiscalité des entreprises que les investisseurs expriment leur principales attentes. L’assouplissement du cadre administratif ou la réduction de la dette publique apparaissent pour l’instant secondaires. A ce titre, "si les mesures du gouvernement comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, inspirées du rapport Gallois, semblent aller dans le bon sens, elles ne sont pas jugées encore suffisantes par les investisseurs étrangers", note Marc Lhermitte.

Malgré son décrochage, la France garde en ligne de mire son principal concurrent, l’Allemagne. "Un revirement de situation est tout à fait possible. La France est peu ou prou dans la situation que connaissait l’Allemagne en 2002. Depuis, notre voisin a multiplié par quatre le nombre de projets qu’il a attirés sur son sol", précise l’expert.

 

 

Elle a vu ses implantations étrangères reculer. Elle n’arrive pas à attirer les projets qui émanent des pays émergents. L’heure est grave. 
« la France n’évolue plus dans un univers de compétition mondiale. » Marc Lhermitte, associé Ernst & Young, en charge de ce baromètre de l’attractivité de la France.

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Les implantations étrangères en France diminuent d’année en année, c’est grave ?


Oui. La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France se livrent un match pour accueillir les sièges sociaux étrangers ou les fonctions industrielles stratégiques à venir. Or la France recule chaque année dans ce match. 471 projets d’implantation internationale en 2012 contre 540 l’année d’avant. 10 450 emplois associés, en diminution de 20 %. Là où l’Allemagne a vu une hausse de 4,5 % de ses implantations (624) et où la Grande-Bretagne caracole en tête avec 697 projets. Si la France arrive encore à rester à la troisième place, elle n’arrive que cinquième dans cette course en terme d’emplois créés. Elle n’a notamment pas réussi à capter les projets des BRICS (2). Seulement 14 implantations de ces pays contre 23 en 2011. Alors que la Royaume-Uni en attirait 70.

 

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Pourquoi la France devient moins attractive ?
Deux constats. La France n’évolue plus dans un univers de compétition mondiale. L’Allemagne se projette mieux sur l’Europe de l’Est ou la Russie par exemple. La place de Londres reste en tête pour les services et technologies. Le coût du travail et les prix élevés en France reviennent sans cesse. Comme la fiscalité. 32 % des investisseurs étrangers pensent que la France propose une politique d’attractivité « business friendly » (propice aux affaires). Mais ils sont 64 % à l’accorder à l’Allemagne.

Des rebonds sont-ils possibles ?
Oui. Ce constat de recul n’est pas vrai partout sur le territoire. Lyon a enregistré ses meilleurs chiffres d’implantations depuis 25 ans. Les grandes métropoles s’en sortent comme Nantes dans l’Ouest. Les dirigeants étrangers continuent de voir ici de vraies croissances autour de l’énergie, des services et des transports. Pour que la destination France reprenne du sens à l’étranger, il faut qu’elle se sorte du « buzz » ambiant pessimiste et mette plus en avant ses atouts. Sans peur. La marque Française veut encore dire quelque chose. Je pense à Seb ou Eurofins. C’est le dernier appel pour rester dans le train de l’attractivité. Un ultimatum.

(1) Le baromètre de l’attractivité d’Ernst & Young existe depuis 1997 et repose sur 212 dirigeants d’entreprises dans 25 pays différents en trois langues.

(2) BRICS : Brésil, Inde, Russie, Chine et Afrique du Sud.

 

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La France a accueilli 471 projets d’implantation étrangers en 2012, en baisse de 13 %, selon Ernst & Young. Au troisième rang européen, la France perd des parts de marché au profit du Royaume-Uni et de l’Allemagne.

C’est un nouveau clignotant orange sur le tableau de bord de l’économie française. Après avoir résisté en début de crise, l’attractivité du site France est en nette perte de vitesse. D’après le baromètre publié ce mardi par Ernst & Young, l’Hexagone a accueilli 471 projets d’implantation étrangers en 2012, soit 13 % de moins qu’en 2011. Jamais depuis neuf ans, la France n’avait attiré aussi peu de projets internationaux. Qui plus est, la taille de ces investissements est de plus en plus modeste : seuls 10.542 créations d’emplois sont associées à ces projets, un nombre en baisse de 20 %.

Ces chiffres sont bien plus sombres que ceux de l’Agence françaises pour les investissements internationaux (l’Afii), dont le bilan 2012, portant sur un périmètre plus large et sur des données qui ne sont pas toutes publiques, fait lui état d’une stabilité des décisions. « Les résultats de la France sont d’autant plus décevants lorsqu’ils sont observés à la lumière des résultats européens », ajoute Ernst & Young.

 

L’Allemagne talonne le Royaume-Uni
Après avoir perdu son rang de deuxième terre d’accueil au profit de l’Allemagne en 2011, la France demeure certes sur la troisième marche du podium, mais « s’éloigne des leaders européens ». Car, dans le même temps, la Grande-Bretagne et l’Allemagne attirent plus d’investisseurs. Avec des projets d’investissement étrangers ayant doublé en cinq ans, l’Allemagne talonne désormais le Royaume-Uni.

A lui seul, ce duo de tête capte désormais plus du tiers des implantations sur le Vieux Continent. « Jugés plus flexibles et plus compétitifs, ces deux pays s’inscrivent dans une compétition mondiale que notre territoire a du mal à suivre », estime Marc Lhermitte, associé au cabinet d’audit.

Selon lui, les incertitudes liées à la présidentielle en France « ont peu joué car les décisions fermes d’investissement sont l’aboutissement de réflexions de long terme ». Plus fondamentalement, « la faible compétitivité, l’inquiétude sur les perspectives de croissance, une perception d’instabilité fiscale et l’attentisme doublé d’un effet retard de la crise sont les facteurs susceptibles d’expliquer le décrochage français ».

 

« Retour en force » de l’Europe centrale et orientale
La compétition européenne est de plus en plus rude pour attirer les projets créateurs d’emplois. Et si la France perd des parts de marché au profit des deux leaders, elle doit aussi prendre garde à ses arrières. Sa troisième place n’est pas menacée à court terme, mais 2012 a été marquée par « le retour en force » de l’Europe centrale et orientale (le nombre de projets a bondi de 22 % en Pologne) tandis que certaines économies en difficulté, comme l’Espagne ou l’Irlande, « ont su valoriser leur flexibilité et les opportunités à saisir sur le territoire », note l’étude

Au vu des résultats, Marc Lhermitte estime que les investisseurs étrangers « adressent un dernier appel à la France pour qu’elle devienne un acteur à part entière de l’économie mondiale ». Entre les réformes récentes (pacte de compétitivité, accord emploi…) et des signaux jugés hostiles (Arcelor, Dailymotion…), « le message qu’envoie la France est brouillé », juge-t-il. Pour rompre l’attentisme des investisseurs, il n’a pas intérêt à le rester. D’autant que le gouvernement s’est fixé pour objectif d’augmenter de 40 % le nombre d’investissements étrangers d’ici à 2017.


A noter
La réunion du Conseil stratégique de l’attractivité, instance dans laquelle une vingtaine de dirigeants de groupes internationaux sont invités à faire des recommandations, a été reportée à la rentrée par le gouvernement. Elle devait initialement se tenir avant l’été.

 

 

 

From : Metro , Echos , OuestFrance,.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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