Les démissions successives d'Axel Weber et de Jürgen Stark, respectivement de la Bundesbank et du poste d'économiste en chef de la BCE, ne laissent guère de doute sur l'existence d'un courant hostile à la politique de Jean-Claude Trichet outre-Rhin.
Recours allemands devant la Cour constitutionnelle contre le sauvetage de la Grèce et le fonds de sauvetage créé en 2010 s'attaque à présent à la BCE.
Markus Kerber, professeur de droit à la Technische Universität de Berlin, doit annoncer ce lundi le dépôt d'une plainte devant la Cour de justice de l'Union européenne à Luxembourg. Il fait grief à la BCE de violer les articles 123 à 125 du traité européen qui proscrivent, selon lui, la politique de rachat d'obligations de dettes publiques menée depuis 2010. "Sans intervention du tribunal, la politique de la BCE [ira] au-delà de son mandat monétaire. Cela ferait échapper l'eurosystème [l'ensemble des banques centrales européennes] à tout contrôle juridique", écrit-il dans un communiqué de l'association Europolis attendu lundi.
"Mon plus grand allié, ce sont les faits", explique le juriste. Or le fait majeur à ses yeux est la dégradation du bilan de la Banque centrale européenne. "Depuis deux ans, Jean-Claude Trichet fait du "Quantitative Easing" sans le dire. Son discours sur la stérilisation [des liquidités injectées dans le système] est un mensonge", assure-t-il. Et d'ajouter : "au sein de la BCE, l'ambiance est celle du parti communiste russe avant la chute de l'empire soviétique".
Convaincu que l'édifice construit depuis 2009 (BCE et FESF) pour contrer les attaques contre la zone euro finira par s'effondrer, il juge que seul un départ des pays du Sud de la zone euro permettrait de sauver l'héritage précieux du deutsche mark.
Le débat continue au Bundestag". Le vote du 29 septembre devrait cependant passer sans problème pour le gouvernement, grâce à l'appui des sociaux-démocrates et en dépit des états d'âme des libéraux, membres de la coalition gouvernementale. "Juridiquement, la question de la FESF 2 n'est pas tranché", note cependant le juriste. "La FESF 2 représente un engagement de 220 milliards pour l'Allemagne, 400 milliards si on y ajoute les intérêts... C'est plus que le budget de l'Etat fédéral !"
Le FESF sera le point délicat au menu des discussions entre le président français et la chancelière . L'exécutif français est « très fortement favorable à un effet de levier dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF) », indique un ministre. L'idée est que ce fonds d'aide à un pays de la zone euro en difficulté, même renforcé à la suite du sommet européen du 21 juillet dernier, ne saurait suffire face à la chute d'un gros État membre comme l'Italie.
Le FESF devrait pouvoir se financer au-delà du niveau de risque fixé, espère-t-on. En langage ministériel cela se traduit par « utiliser les instruments existants [le FESF de façon optimale ». Mais à Berlin, on considère qu'une garantie ainsi presque illimitée donnée à des États dispendieux n'est pas la bonne solution pour stabiliser l'euro. « Le plafond de garanties de 211 milliards d'euros » est intouchable, estime-t-on à Berlin, rappelant que pour faire plus « il faudrait une nouvelle décision ad hoc du Parlement allemand ». Ce qui, au vu de la récente grande difficulté de la chancelière à ressouder sa majorité pour acquiescer au nouveau FESF, paraît tout à fait improbable.
« La France perdrait sa note triple A auprès des agences de notation si cet effet de levier était décidé », avertit Berlin, histoire de calmer les ardeurs françaises en la matière. La clé de ce dossier réside dans le rôle que la Banque centrale européenne (BCE) devrait ou non jouer vis-à-vis du FESF.
Le gouvernement français affiche clairement sa préférence pour des financements communautaires, via le Fonds européen de stabilité financière (FESF) lorsqu'il sera habilité à le faire. Ce que Berlin refuse.
Angela Merkel plaide ouvertement pour la recapitalisation des banques européennes alors que Paris reste prudent sur le sujet. Le renforcement du FESF prôné par les Français irrite les Allemands. La chancelière allemande et le président français discuteront des moyens d'éviter « l'inacceptable » pour leur pays dans l'actuelle crise de la zone euro. Nicolas Sarkozy aura à coeur de calmer les ardeurs de son ancienne ministre des Finances, Christine Lagarde qui, désormais à la tête du Fonds monétaire international (FMI), plaide pour une recapitalisation des banques européennes, en particulier celle, exposées à une possible faillite de l'État grec. Mais Angela Merkel a bien insisté en expliquant qu'une telle recapitalisation bancaire serait « de l'argent raisonnablement investi et qu'il ne faut pas hésiter ».
À Berlin, tout le monde n'est pas sur sa ligne et l'on indique « en off » ne pas pousser à une telle injection de fonds publics dans les établissements bancaires. En présence de Christine Lagarde, Angela Merkel a justement pris soin de souligner que « les recommandations des experts », c'est-à-dire en l'occurrence du FMI, « étaient à prendre très au sérieux ». Apparemment cette divergence entre Paris et Berlin sur la nécessité de réinjecter des fonds publics dans leurs banques naît du sentiment outre-Rhin que les banques allemandes n'auraient pas besoin d'une nouvelle aide.
D'après le quotidien « Die Welt », Berlin estime toutefois que l'on ne peut attendre l'issue des élections présidentielles françaises au printemps prochain pour procéder à une telle opération. « Ce que font les Français à propos de la recapitalisation de leurs banques, ce n'est pas notre problème », entend-on du coup dans la capitale allemande, de
sources proches du gouvernement, un rien irritées.
Paris et Berlin semblent surtout s'opposer sur les voies d'une recapitalisation.
La France se montre très réservée lorsqu'on évoque d'éventuels plans de renflouement public, via une entrée de l'Etat au capital de certaines banques --un sujet explosif à quelques mois de l'élection présidentielle.
En 2012, le ratio de la dette nette sur le PIB de ce pays culminera à près de 160 %, 2,7 fois ce qui est autorisé par le Pacte européen de stabilité et de croissance. Rien qu'au premier semestre de l'an prochain, Athènes doit restituer 23 milliards d'euros à ses créanciers. Somme à laquelle il faut ajouter 4,5 milliards d'euros d'intérêts. Il y a seulement deux mois, Georges Papaconstantinou, le ministre grec des Finances, déclarait aux « Echos » que le gouvernement entendait lancer en 2012 des émissions pour « 25 à 27 milliards d'euros de titres à moyen terme et 13 à 15 milliards d'euros de billets du Trésor (titres à maturité courte) ». Si l'on se fie à la situation actuelle sur les marchés vis-à-vis de la Grèce, ce projet relève de la mission impossible. C'est pourquoi les Européens élaborent déjà des plans alternatifs susceptibles d'éviter une restructuration même « soft » de la dette grecque. Restructuration qui aurait des conséquences dramatiques sur la devise européenne : on en a eu un avant-goût après les rumeurs d'une sortie de la Grèce de la zone euro.
Le cyclone prend de la force, et la Grèce en est l’épicentre. L’Europe ne peut pas la financer à fonds perdus.
L’estimation d’un besoin d’intervention de 40 milliards d’euros, s’ajoutant aux 110 milliards déjà prévus, nous renvoie à la brutale réalité : la solution ne peut venir seulement d’injections de capital par le Fonds Européen de Stabilité Financière ou d’autres fonds européens. Cette somme de 150 milliards d’euros représente près de la moitié de la dette grecque au début de la crise. C’est exorbitant.On ne voit pas de solution sur le plan de la dette grecque dont les rendements ne peuvent que conduire au désastre ; avec des rendements de plus de 25% sur les obligations à deux ans et 15% pour la dette à dix ans, la Grèce ne pourra pas, contrairement au plan initial, retourner sur le marché obligataire pour se financer l’an prochain. Elle est de facto dans l’impossibilité de se refinancer ailleurs qu’autres des Fonds européens.
La seule manière d’aborder la restructuration est de la lier à des mesures encore plus drastiques : elles devront viser une réforme en profondeur du secteur public grec, tant civil que militaire. Ce secteur public est pléthorique. Il serait absurde de perpétuer une économie qui n’a pas une composante essentielle : un secteur prive performant. Les Allemands sont particulièrement frustres de voir la lenteur de la privatisation d’actifs d’Etat. Ils ont raison. Cette mesure est essentielle pour réduire la dette. Il n’y a aucune raison que l’Europe finance ce secteur public.
A cela s’ajoute un problème spécifique dont personne ne parle : la fraude fiscale. On se souviendra de l’exemple des 8.000 piscines taxées a Athènes alors que plus de 100.000 sont visibles. Il y a en Grèce une classe dirigeante et extrêmement riche qui ne paie qu’une fraction de l’impôt qui est du. Les entreprises grecques ne paient presque pas d’impôts. D’autres pays sont dans le cas. Mais lorsque l’on demande aux contribuables de l’Union Européenne de se saigner pour venir en aide, le devoir civique s’impose. L’Europe ne peut pas continuer à soutenir un pays que les citoyens grecs fortunes ne soutiennent pas.
Les bilans des banques allemandes et françaises seraient aussi très affectés, en dépit des propos rassurants de certains grands banquiers. D'après Barclays Capital, l'exposition à la dette grecque des établissements financiers d'outre-Rhin était, à la fin du 3 e trimestre 2010, de l'ordre de 18 milliards d'euros. Celle de leurs homologues hexagonaux était comprise entre 13 et 14 milliards d'euros. A cela s'ajoutent 3,5 milliards d'euros d'exposition des banques allemandes et françaises aux banques grecques (dont près de 3 milliards d'euros, pour les premières). Sans compter l'exposition des institutions financières allemandes et françaises aux entreprises non financières du pays : 7 milliards d'euros pour les premières ; près de 30 milliards d'euros pour les secondes.
Des chiffres qui pèsent lourd dans le débat actuel. Pour « sauver » Athènes des attaques des marchés en 2012, il faut débourser entre 20 et 25 milliards d'euros. Une somme prohibitive pour la Grèce mais relativement raisonnable pour les grands pays de la zone euro. La question d'une aide supplémentaire n'est donc pas financière, mais politique et macroéconomique. En Allemagne, au Pays-Bas, en Finlande et dans d'autres pays de la zone euro, les exécutifs sont plutôt favorables à un nouveau soutien à la Grèce mais des segments importants de l'électorat et des majorités parlementaires y sont opposés. En Finlande, le rejet de l'aide aux pays « ClubMed » d'Europe vient de permettre à l'extrême droite de remporter un succès historique dans les urnes. En Allemagne, Angela Merkel doit compter avec une opinion publique massivement défavorable à tout nouveau soutien à la Grèce.
Participation française au plan de sauvetage grecque : financée par le plan d'austérité et recettes fiscales de 2012 ?
Les grandes lignes des mesures qui seront officialisées en Conseil des ministres mercredi sont connues, depuis le plan d'austérité annoncé par François Fillon le 24 août pour tenter d'apaiser les marchés et de préserver la note "triple A" enviée de la France. Ce plan représentera l'an prochain une enveloppe de 11 milliards d'euros, constituée pour l'essentiel d'un cocktail hétéroclite de recettes fiscales nouvelles, à commencer par un nouveau coup de rabot sur les niches fiscales des entreprises comme des particuliers. Un milliard seulement proviendra d'économies non encore précisées.
Mercredi matin, le député UMP Bernard Reynès a annoncé qu'il allait défendre d'ici une dizaine de jours un amendement élargissant la taxe sur les sodas décidée par le gouvernement dans le cadre de ses mesures de réduction des déficits publics à toutes les boissons au sucre, édulcorants compris (Coca Light ou Coca Zero par exemple). Selon Europe 1, qui révèlait l'information, cela se traduirait par une augmentation de 20 à 30 centimes sur chaque boisson.
Cần để Hy Lạp vỡ nợ?
Quốc hội Hy Lạp đã thông qua các biện pháp cắt giảm chi tiêu công, thắt lưng buộc bụng như sa thải công chức nhà nước, tăng thuế, giảm quyền lợi của nghiệp đoàn.Các dân biểu hy vọng nhờ đó sẽ có thêm quỹ cứu trợ tài chính từ Liên Hiệp Châu Âu (EU).Nhưng người dân Hy Lạp phản ứng bằng biểu tình bạo động và đình công.
Hiện còn chưa rõ EU sẽ ứng phó ra sao.
Câu hỏi cho Hy Lạp là nước này có nên tiếp tục lối mòn 'cố gắng thắt lưng buộc bụng' vốn chẳng có tác động gì nhiều để kiềm chế thâm thủng ngân sách, để rồi có đủ tiền cứu trợ từ EU nhằm tránh vỡ nợ, hoặc nên thừa nhận thực tế là đất nước cần tuyên bố vỡ nợ, bỏ đồng euro và tự lo cứu mình.
Nếu Hy Lạp vỡ nợ, đất nước sẽ ngay lập tức thoát được gánh nặng khổng lồ từ khoản lãi suất họ phải trả cho nợ nước ngoài, và để lại cho ngân sách một khoản thâm hụt khiêm tốn, không gồm cả món trả lãi suất rất lớn họ đang gặp phải.
Với kịch bản đó, sức ép về các khoản thắt lưng buộc bụng sẽ giảm nhiều, và sẽ cho phép Hy Lạp chọn lựa chính sách thúc đẩy tăng trưởng, thay vì cách làm nhằm giảm thâm thủng ngân sách nhưng bóp nghẹt tăng trưởng vì thuế cao.
Phục hồi tính cạnh tranh....Tại sao ngân hàng đổ bể
Bằng việc bỏ đồng euro và chấp nhận tiền tệ đúng giá trị, Hy Lạp có thể phục hồi lại tính cạnh tranh quốc tế.
Điều này có nghĩa là họ sẽ tăng được việc làm nhờ nhu cầu trong nước và quốc tế.
Phần tiêu cực của phương án vỡ nợ cho Hy Lạp sẽ có nhiều khả năng mất cơ hội vào thị trường tín dụng quốc tế, dù đầu tư sẽ an toàn hơn là vỡ nợ như bây giờ.
Nhưng bị cấm cửa khỏi các nguồn cho vay ngoại quốc trong vài năm không phải là thảm họa.Bất quá, nó chỉ khuyến khích việc cắt giảm những phần lãnh phí của chi tiêu công.
Một rủi ro nữa của phương án vỡ nợ là chấm dứt cuộc khủng hoảng có thể làm giảm đi sức ép nhằm cải thiện những vấn đề căn bản của kinh tế Hy Lạp: chủ nghĩa tư bản thân hữu, hệ thống thuế chằng chịt, kiểm soát quá mức, và bộ máy công quyền quá nặng nề.Nếu Hy Lạp không cải tổ được, nước này sẽ gặp cảnh tăng trưởng chậm và một cuộc khủng hoảng mới sẽ nhanh chóng ập đến, bất kể họ làm gì bây giờ.
Các bước cần thiết .....Vai trò Ngân hàng Trung ương Âu châu
Ngân hàng Trung ương Âu châu đóng vai trò gì khi các ngân hàng châu Âu cạn vốn.
Vỡ nợ không phải là thuốc bổ cho Hy Lạp và chỉ tuyên bố vỡ nợ không thôi cũng chẳng hề đảm bảo rằng nợ của cá nhân và doanh nghiệp sẽ quay trở lại tình trạng lành mạnh, vì điều này còn tùy vào các hoạt động tiếp theo.
Nhưng vỡ nợ là bước đi cần thiết đầu tiên để cho Hy Lạp nghỉ lấy sức nhằm giải quyết, sắp đặt lại chính sách kinh tế trong không khí bình tĩnh, có suy tính.
Nhiều cá nhân và doanh nghiệp và cả các quốc gia đều từng trải qua giai đoạn vỡ nợ và phục hồi sau đó.
Với các chủ nợ của Hy Lạp, để nước này vỡ nợ tức là khiến họ mất đi khoản tiền trả nợ, và làm tăng nguy cơ các nước khác, như Ý, bị vỡ nợ theo.Nhưng hai rủi ro này đều đang bị thổi phồng.
Khó có chuyện Hy Lạp đủ khả năng trả các khoản nợ lớn trong tương lai đoán trước được, hoặc chuyện này chỉ xảy ra khi các nước giàu hơn cho Hy Lạp tiền để trả nợ.
Nhưng rủi ro vỡ nợ ở các nước khác sẽ dễ tìm được giải pháp nếu châu Âu tránh được cảnh biến đồng tiền tốt thành tiền xấu và dùng tiền đó để giúp những nước gặp khó khăn nhưng vẫn cứu được.
Để Hy Lạp vỡ nợ sẽ giúp giảm cảnh bất an và nhờ đó tạo điều kiện để tìm hướng giải quyết nợ xấu.
Với người đóng thuế ở châu Âu, để Hy Lạp vỡ nợ còn có điều tốt nữa là thông điệp gửi ra cho các chủ tín dụng rằng cho vay tức là đem lại rủi ro thực sự.Họ nên cẩn thận hơn trong tương lai.
Thực tế là hiện nay, cả Hy Lạp và châu Âu đều vay quá nhiều và tiêu dùng quá mức trong những thập niên qua. Ai đó phải trả những khoản đó.
Cho vỡ nợ sẽ đạt mục tiêu đó nhanh chóng, và buộc những kẻ kiếm lời nhờ cho vay thời kỳ vàng son phải chịu gánh nặng thua lỗ bây giờ.Đó là một hệ quả hợp lý.
From : les Echos , la Tribune ,BBC (Jeffrey Miron Harvard), le Point , le Monde,...