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Un ministre a réussi l’exploit de déraper  par deux fois en moins de trois jours. Au-delà de la pagaille qui a entouré l’épisode neigeux, le ministre de l'Intérieur s’est surtout illustré par son commentaire sur la condamnation de sept policiers par le tribunal de Bobigny.Les policiers ont été reconnus coupables d'avoir établi un procès-verbal mensonger accusant un automobiliste d'avoir renversé l'un d'eux - alors que ce policier avait été touché par une voiture de police. L'homme dénoncé à tort encourait la perpétuité si le mensonge n'avait pas été dévoilé.

 

Après la condamnation des sept policiers, vendredi, une manifestation avait été organisée devant le tribunal de Bobigny par environ 200 policiers, dont certains en civil, pour montrer leur colère. L'action n'avait été condamnée ni par le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, ni par le ministre de l'Intérieur. A cette occasion, M. Hortefeux avait qualifié cette décision de justice de "disproportionnée". Consternés, les syndicats de magistrats avaient vivement critiqué l'attitude de M. Hortefeux et la manifestation des policiers.

 

Les sept policiers reconnus coupables de violences et de fausses accusations de tentative d'homicide contre un homme ont écopé de peines allant de six mois à un an de prison ferme.
Le tribunal correctionnel de Bobigny a, en outre, ordonné l'inscription au casier judiciaire pour cinq d'entre eux de la sanction, ce qui entraînerait une radiation automatique de la police si le jugement était confirmé en appel.


« La faute commise est indéniable […]. Je suis pour autant très étonné de la décision du tribunal », a déclaré Lambert après avoir rencontré les sept agents condamnés.
Hier matin, Hortefeux a dit ne pas vouloir aller plus loin « si ce n'est pour dire une chose simple » : « Je m'en suis entretenu hier (vendredi) après-midi et encore ce (samedi) matin avec le garde des Sceaux, Michel Mercier, et je me réjouis de la décision du parquet de faire appel de ce jugement », a-t-il déclaré en marge du conseil national de l'UMP.

 


Pour l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), ces réactions sont « ahurissantes ». « Le métier de la police n'est pas de faire des faux et de frapper des suspects. Ces faux auraient pu conduire une personne en cour d'assises, où il encourait la réclusion à perpétuité », dixit son président, Christophe Régnard. Si des policiers commencent à établir impunément des faux procès-verbaux pour accuser des innocents , on aura bientôt  un Etat policier et des goulags pleins à craquer !

 

 

 

De pagaille en pagaille ...  " indescriptible " : un pays mal géré ?!

Rien ne va plus pour le ministre de l'Intérieur. En effet, Brice Hortefeux enchaîne les bourdes .... Auparavant, mercredi dernier, le ministre s'est pris les pieds dans le tapis de neige : alors que des milliers d'automobilistes en Ile-de-France peinaient à rentrer chez eux à cause d'importantes chutes de neige ; que les aéroports de Roissy et d'Orly étaient paralysés et que le trafic ferroviaire était fortement perturbé, le ministre donnait un point de presse à 16 h 30 en assurant que tout allait bien, qu'il n'y avait pas de pagaille.

 

Le ministre jugeait « impossible » que des milliers de personnes puissent se retrouver bloquées par la neige. Pire, le jeudi matin, contre l'évidence, Brice Hortefeux persistait dans son erreur en niant avoir minimisé les difficultés qui s'étaient pourtant prolongées toute la nuit.

 

 

Brice Hortefeux n'en est pas à son premier faux pas : de ses propos sur les Roms cet été dont une circulaire - retoquée

depuis - claironnait que « la moitié des camps illégaux [seraient] démantelés d'ici trois mois » ,.... et avec « Quand il y a

un ça va… C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes » devant un jeune militant  français auvergnat d'origine " arabe  " (ce qui lui a valu une condamnation en première instance pour injure raciste) , .... jusqu'à l'affaire du niqab nantais dont le PV a été annulé hier, Brice Hortefeux s'est construit une réputation sujette à controverse...

 

Les relations entre Besson et Hortefeux ont pâti de la polémique estivale sur les expulsions de Roms, qui ont suscité un tollé en France et à l´étranger. Alors qu´Éric Besson promet à la Commission européenne que Paris respecte « scrupuleusement » la loi interdisant les discriminations ethniques, une circulaire de l´Intérieur ciblant les Roms vient le contredire début août.

Après un passage éclair au Travail, Brice Hortefeux connaît des débuts chahutés place Beauvau, où il entre en juin 2009, rattrapé par la loi prévoyant des tests ADN pour le regroupement familial, mesure phare de son passage à l´Immigration. Vilipendé, ce texte « est l´exemple de ce qu´il ne faut pas faire »,( Nicolas Sarkozy, trois mois après l´arrivée de son poulain à l´Intérieur). Son successeur à l´Immigration, Éric Besson, ne signera jamais le décret d´application.
Un an plus tard, le président arbitrera en faveur de l´ex-socialiste, pour qui la « polygamie de fait » ne peut constituer un motif juridique de déchéance de nationalité, comme le souhaitait Hortefeux.

 

En s'en prenant à la décision du tribunal de Bobigny et en "désavouant" ses juges (parlant d'un jugement "disproportionné" vendredi, ndlr), M. Hortefeux "a violé la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice garantis par la Constitution de la Vème République".
"Cet acte doit être sévèrement condamné par le Conseil constitutionnel et le président de la République, tous les deux garants du respect de l'ordre constitutionnel en France", poursuivent les écologistes.


En effet, expliquent-ils, "il va à l'encontre de la volonté du gouvernement de punir d'un emprisonnement d'au moins 6 mois les personnes reconnues coupables d'atteinte à l'intégrité physique d'autrui, peine que le gouvernement a introduit dans le projet de loi Loppsi 2" examiné à partir de mardi par les députés.
"En soutenant les manifestations des policiers, Brice Hortefeux a aussi incité les forces de l'ordre au désordre, fait rarissime et irresponsable". "Nous demandons la démission de Brice Hortefeux et la mise en place d'un contrôle constitutionnel et parlementaire élargi sur les activités et les prises de position des membres du gouvernement", ajoute Europe Ecologie les Verts .

 

 

Interrogé sur ce que lui inspirent les propos de Brice Hortefeux, le garde des Sceaux Michel Mercier répond : «Je rappelle simplement que lui n'est pas ministre de la Justice, mais qu'il est chargé des policiers». S'il reconnaît qu'il n'a pas été surpris par le communiqué du ministre de l'Intérieur, il se refuse toutefois à commenter les propos de son collègue.


Ce n’est pas la première fois que Brice Hortefeux déborde de son cadre en s’engageant sur le terrain du commentaire judiciaire. A plusieurs reprises d’ailleurs, l’ancienne garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie avait jugé bon de remettre le fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy à sa place.

 

Le ministre de l´Intérieur a aussi rendez-vous avec la justice vendredi, quand le TGI de Paris dira s´il a porté atteinte à la présomption d´innocence de David Sénat, ex-conseiller de Michèle Alliot-Marie à la Justice, qu´il a accusé d´être à l´origine de fuites aux médias dans l´affaire Bettencourt. M. Hortefeux a aussi été critiqué pour des soupçons d´enquête policière illégale destinée à surveiller des journalistes. L´affaire a valu au ministère de l´Intérieur, en octobre, un rappel à l´ordre formel de Matignon.

 

 

 

La bourde malienne

En visite au Mali pour le cinquantenaire de l'indépendance de ce pays, le ministre français de l'Intérieur a commis un lapsus malheureux ,une bourde qui ne manquera pas de passer à la postérité. S'adressant au chef de l'Etat malien Amadou Toumani Touré, alias ATT, le "premier flic de France" a rendu hommage au "président Sékou Touré".  

Lapsus d'autant plus délectable que le Guinéen Ahmed Sékou Touré fut, en 1958, le seul leader subsaharien à refuser -sèchement- le contrat d'association "offert" par le général de Gaulle aux colonies promises à l'indépendance, ce qui lui valut de passer pour la figure de proue du refus de toute tutelle hexagonale.  

Aussitôt après l'erreur de casting historique de Brice Hortefeux, l'ambassadeur de France à Bamako Michel Reveyrand de Menthon s'est empressé d'implorer les journalistes présents de passer sous silence la gaffe. Raté.


From : le Monde , Médiapart , UnionPresse , l'Express , la Dépêche, NouvelObs , l'Alsace...

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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