La France déplore son déclassement industriel, attesté par la perte de 800 000 emplois industriels en dix ans (10% des effectifs), un secteur industriel ne représentant plus que 16% de la valeur ajoutée (alors que la moyenne européenne se situe à 22.4%,évidence qu’il n’y a pas que l’Allemagne qui ait maintenu son statut industriel parmi nos voisins) et un déficit commercial de l’ordre de 70 milliards d’euros en 2011.
Après l’échec de plusieurs politiques de relances keynésiennes, les gouvernements français ont fait un choix peu convaincu, et à tâtons,celui d’un modèle libéral financier, par opposition au modèle commercial industriel allemand, nordique ou japonais.La production industrielle française est en déclin, un symptôme manifeste des problèmes de l’économie française…La préférence pour les services, le petit commerce et l’artisanat a eu un impact marqué en termes de pertes d’emplois pour la société française, du fait de leur faible multiplicateur de valeur ajoutée.
Le tournant des années 2000 a été marqué par une réduction de l’emploi industriel, une contraction de la part des exportations françaises dans le commerce mondial et son corollaire, à savoir le creusement de la balance commerciale.
En attendant la remise du rapport de Louis Gallois, le commissaire général à l’investissement, le Premier ministre et les sept ministres logés à Bercy pourront toujours s’exercer les yeux en parcourant le rapport de la Documentation française présenté ce mercredi. Commandé par la Fonds stratégique d’investissement (FSI), ce document lève le voile sur la réalité du Mittlestand allemand, ce tissu d’entreprises dont le dynamisme dans les domaines de l’innovation et de l’export expliquerait la puissance de la première économie européenne.
« Premier enseignement, le Mittlestand n’est pas composé d’une catégorie d’entreprises, dont les critères seraient le chiffre d’affaire ou les effectifs. C’est un continuum d’entreprises pour la plupart familiales et indépendantes qui se trouvent toutes sur le chemin de la croissance. Leurs points communs : l’esprit d’innovation et l’esprit de conquête », résume Jean-Daniel Weisz, l’un des deux coauteurs de ce rapport.
Jean-Yves Gilet, le directeur du FSI avoue également avoir été surpris par la réalité du Mittlestand. « En France, nous avons une approche statistique de la croissance des entreprises. La création du statut d’ETI en 2008 illustre cet état d’esprit. En Allemagne, le Mittlestand recouvre des dimensions structurantes et culturelles », explique-t-il
Structurantes ? « Les entreprises allemandes sont intégrées à différents réseaux. Elles évoluent pour la très grande majorité d’entre elles dans des écosystèmes financiers, technologiques et de formation qui leur sont propres au niveau local, régional et national », constate Dorothée Kohler, l’autre co-auteur de ce rapport.
La coopération entre les entreprises constitue également un écosystème à part entière. Si les sous-traitants et les fournisseurs français dénoncent régulièrement l’allongement des délais de paiement et les relations déséquilibrées avec les grands donneurs d'ordre publics et privés, qui relèveraient parfois de rapports féodaux de vassalité, les entreprises travailleraient davantage main dans la main en Allemagne. Toutefois, cette cohésion ne serait pas seulement le fruit d’une volonté farouche d’aider son prochain. « Les entrepreneurs allemands sont frileux, voire peureux. C’est la raison pour laquelle ils préfèrent collaborer avec des entreprises qu’ils connaissent. C’est pour la même raison qu’ils emmènent leurs fournisseurs à l’étranger », explique Guy Maugis, le président de Bosch France et président de la chambre de commerce et d’industrie franco-allemande. On comprend mieux les difficultés des entreprises françaises à percer chez nos voisins allemands...
Le Mittlestand serait également « inséparable » d’une recherche de qualité, « symbolisée par la figure de l’artisan et de l’ingénieur qui œuvrent constamment pour atteindre la « perfection du banal ». « Plus que la recherche d’une innovation de rupture qui fera date, l’accent est mis sur une innovation incrémentale plus modeste, le plus souvent innovation de process, qui renforce la qualité du produit ou du service », complète Dorothée Kohler. C’est encore un point qui différencie nos deux pays. En France, le crédit impôt recherche (CIR) pousse depuis 2004 les entreprises à découvrir la pierre philosophale. Il aura fallu attendre le projet de loi de finances 2013 pour que quelques dépenses dans le domaine de l’innovation fassent partie des dépenses éligibles au dispositif.
Mécaniquement, cette recherche obstinée de la qualité place les produits allemands dans le segment haut de gamme, segment au sein duquel les taux de marge sont élevés, favorisant ainsi l’auto-financement des investissements. En 2011, l’Allemagne a affiché un excédent commercial de 158 milliard quand la France déplorait un déficit de 70 milliards. CQFD ?
Les pistes de redressement industriel
Un Plan de reconquête industrielle bientôt dévoilé
Avec les délégués au redressement productif, "nous avons fait le choix d'emmener dans chaque région un interlocuteur afin de disposer d'un outil de veille, d'une vigie, d'un médiateur, d'un négociateur. L'objectif est de trouver des solutions à l'amiable sur les restructurations des dettes, de trouver un accord avec le chef d'entreprise, les créanciers, les banquiers, les fournisseurs, les organisations syndicales, les collectivités locales… C'est un travail au cas par cas qui est fait dans des conditions de protection des intérêts de l'entreprise. Tout le monde bouge autour d'une table : tous les métiers du sauvetage doivent être coordonnés…", a expliqué Arnaud Montebourg pour qui les délégués auront pour mission "d'organiser autant qu'il est possible le soutien de l'État."
Les délégués auront deux missions principales :
animer une cellule régionale de veille et d'alerte précoce : elle se réunira au moins deux fois par mois et veillera à ce que soient prises en amont les mesures destinées à identifier et prévenir les difficultés des entreprises de la région. Elle sera composée de représentants des principaux services de l’État, et élargie, le cas échéant, aux opérateurs concernés, aux collectivités territoriales et aux autres acteurs locaux ;
soutenir les entreprises dans la résolution de leurs difficultés : les délégués au redressement productif travailleront aux côtés des entreprises et, le cas échéant, de concert avec les mandataires de justice pour proposer des solutions globales et pérennes pour les entreprises en difficulté.
Par-delà la mise en place de ce dispositif d'urgence, "notre travail est de reconstruire le tissu productif", a déclaré Arnaud Montebourg qui a annoncé un Plan de reconquête industrielle qui sera présenté "dans les semaines à venir." Le ministre du Redressement productif a également indiqué qu'avec Michel Sapin, il soumettra des propositions aux partenaires sociaux pour "favoriser la recherche de solutions alternatives à la fermeture de sites ou d'entreprises", au cours de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet prochains.
Créer un Guichet Unique en ligne pour la création d'entreprises ...
Intégrer les excellences sans discrimination ( école , université , recherche , emploi, ....)
.........
From : Reuters , le Figaro ,....