Publicité

l'OCDE pour booster la compétitivité française
L'organisation internationale a établi une liste des principales mesures qui permettraient à l'économie hexagonale de rattraper son retard.
 
Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande a multiplié les initiatives en faveur de la compétitivité. Il y a bien sûr eu le rapport Gallois, la mise en place du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) mais aussi les 34 plans industriels d'Arnaud Montebourg pour relancer l'industrie ou encore les 7 ambitions d'Anne Lauvergeon pour la France de 2030.

 

* Le crédit d'impôt compétitivité devrait créer 152.000 emplois

Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui doit baisser le coût du travail de 20 milliards d'euros d'ici à 2015, devrait notamment rendre les entreprises françaises plus compétitives à l'export. (c) Reuters
 

 Le crédit d'impôt pour la compétitivité des entreprises, qui doit baisser le coût du travail de 20 milliards d'euros d'ici à 2015, permettra de créer 152.000 emplois en 2018 mais jouera un rôle très restreint concernant la croissance, selon une étude de l'OFCE publiée lundi 4 février.

En présentant en novembre cette mesure phare de son "pacte de compétitivité", le gouvernement avait assuré tabler sur 300.000 créations d'emplois et un demi-point de croissance supplémentaire à la fin du quinquennat.

  Selon Mathieu Plane, rédacteur de cette étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques, l'impact de cette mesure sera différent à court et à long terme, mais sera surtout globalement mitigé. A elle seule, selon lui, la mesure devrait permettre de baisser le chômage de 0,6% à l'horizon 2018.

Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) doit être versé aux entreprises à hauteur de 4% de la masse salariale rémunérée entre 1 et 2,5 Smic en 2014, puis à hauteur de 6% de cette même masse salariale en 2015 et en vitesse de croisière.

Un effet négatif sur la croissance à partir de 2015

"Le CICE aurait des effets positifs dès 2013, d'autant plus que les hausses de prélèvements et la réduction des dépenses publiques ne s'appliqueraient pas avant 2014", estime l'économiste, tablant sur 23.000 créations d'emplois cette première année.

Selon l'économiste, cet effet positif se ressentira sur la croissance, à hauteur de 0,2%.

En revanche, dès l'année suivante, la mise en place du financement de la mesure - hausses de TVA notamment - freinera la même croissance, selon lui, puisqu'elle entraînera une baisse de la consommation des ménages.

En 2015-2016, l'effet sur la croissance sera devenu négatif, observe l'économiste, toujours à cause de la perte de pouvoir d'achat des ménages qui se ressentira directement


* Les 7 ambitions d'Anne Lauvergeon pour la France de 2030
La présidente de la commission "Innovation 2030" et ancienne dirigeante d'Areva a rendu son rapport à François Hollande ce vendredi. Parmi ses idées : développer le big data, miser sur la "silver economy".

La commission "Innovation 2030" a identifié sept grandes ambitions pour la France sur le plan technologique et industriel, comme le stockage de l'énergie ou encore le recyclage des matières, a indiqué sa présidente Anne Lauvergeon.

Anne Lauvergeon a précisé sur France Info, en amont de la remise de son rapport à François Hollande vendredi 11 octobre au matin, qu'en analysant les besoins mondiaux et les forces de la France, la commission avait abouti à sept grandes ambitions pour répondre aux besoins des vingt prochaines années.

"Notre propos va même au-delà de l'industrie, c'est-à-dire comment imaginer, comment créer, comment développer une France qui innove, une France qui va de l'avant", a expliqué Anne Lauvergeon. "D'abord, il faut faire des choix car on est quand même spécialistes depuis un certain nombre d'années à la fois de la dispersion, et puis du zapping".

"On nous a demandé de faire des choix. On est arrivé à sept grandes ambitions", a-t-elle indiqué, donnant quelques exemples.

Stockage de l'énergie, recyclage et chimie du végétal parmi les propositions
A commencer par le stockage de l'énergie, secteur qu'elle connaît tout particulièrement pour avoir dirigé le géant du nucléaire Areva pendant dix ans.

"On ne peut pas développer les (énergies) renouvelables, on ne peut pas imaginer des mix-énergétiques dans l'avenir si on n'est pas capables, aussi, dans l'avenir de stocker l'énergie", a-t-elle expliqué. "Les pays qui sauront maîtriser ce sujet ont une arme fantastique dans l'avenir".

Autres ambitions identifiées: le recyclages des matières ou encore les protéines végétales et la chimie du végétal.

Dans un monde de neuf milliards d'habitants, pour "les nourrir tous dans une planète vivable (...), il va falloir manger, tous, un peu plus de protéines végétales".

Parmi les autres propositions, on retrouve aussi la valorisation des recherches marines, la médecine individualisée, la "silver economy" (les personnes âgées) et le big data.

7 concours mondiaux lancés début décembre
La France est "formidablement placée" grâce à la "force de son agriculture", à son industrie agroalimentaire et à son innovation culinaire.

Elle a jugé "très complémentaires" les 34 plans industriels du gouvernement qui s'appuient sur des "filières existantes pour construire l'avenir immédiat", et les 7 ambitions pour les dix à 15 prochaines années.

Anne Lauvergeon a indiqué que sept concours mondiaux allaient être lancés début décembre pour "attirer toutes les initiatives", avec mise en oeuvre sur le territoire français.

 

 

* Les priorités de la politique industrielle de la France
Au terme d’un an de travail conduit au sein du Conseil national de l’industrie (CNI), le Gouvernement a engagé une réflexion stratégique destinée à déterminer les priorités de politique industrielle de la France.

 

Présentées le 12 septembre à l'Elysée par François Hollande, ces priorités sont le résultat d’une analyse approfondie des marchés mondiaux en croissance et d’un examen précis de la place de la France dans la mondialisation pour chacun de ces marchés. Elles prennent la forme de 34 plans, retenus au regard de trois critères :

se situer sur un marché de croissance ou présentant des perspectives de croissance forte dans l’économie mondiale ;
se fonder essentiellement sur des technologies que la France maîtrise, sur leur diffusion dans l’économie et leur développement ainsi que sur l’industrialisation d’une offre industrielle nouvelle ;
occuper une position forte sur ce marché avec des entreprises leaders, ou disposer d’un écosystème académique, technologique, économique et industriel permettant d’y occuper une place forte.
Le travail a été mené par la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS), appuyée par le cabinet McKinsey, en lien avec les pôles de compétitivité et les comités stratégiques de filières, au sein desquels les chefs d’entreprises, les partenaires sociaux, les administrations et les fédérations professionnelles prennent une part active.

34 plans de reconquête


Parmi les 34 plans de reconquête annoncés par François Hollande figurent les énergies renouvelables, la voiture pour tous ou encore l'hôpital numérique. Ces plans représentent « les contours de la société de demain, de nouvelles manières de nous déplacer, de nouvelles manières de nous loger, de nous soigner, de nous transporter, de nouvelles manières de produire, de consommer, de nous nourrir, de nous habiller et même de fabriquer », a déclaré le président de la République lors de son intervention

 

Voir:

http://www.redressement-productif.gouv.fr/nouvelle-france-industrielle#34


Energies renouvelables
La voiture pour tous consommant moins de 2 litres aux 100 km
Bornes électriques de recharge
Autonomie et puissance des batteries
Véhicules à pilotage automatique
Avion électrique et nouvelle génération d'aéronefs
Dirigeables - charges lourdes
Logiciels et systèmes embarqués
Satellites à propulsion électrique
TGV du futur
Navires écologiques
Textiles techniques et intelligents
Industries du bois
Recyclage et matériaux verts
Révovation thermique des bâtiments
Réseaux électriques intelligents
Qualité de l'eau et gestion de la rareté
Chimie verte et biocarburants
Biotechnologies médicales
Hôpital numérique
Dispositifs médicaux et nouveaux équipements de santé
Produits innovants pour une alimentation sûre, saine et durable
Big data
Cloud computing
E-éducation
Souveraineté télécoms
Nanoélectronique
Objets connectés
Réalité augmentée
Services sans contact
Supercalculateurs
Robotique
Cybersécurité
Usine du futur

 

  nlle plan

 

 

chefs_projet_NFI_1.png

 chefs_projet_NFI_2_.png

 

Les cinq mesures phares préconisées par l'organisation de coopération et de développement économiques. 

L'attitude de l'exécutif à l'égard des entreprises est cependant ambivalente, en alternant mesures en leur faveur (CICE, suppression de l'impôt forfaitaire sur le chiffre d'affaires) et politiques défavorables (taxe à 75%, fin de l'exonération sociale sur les heures supplémentaires).

 

Entre 2012 et 2014, la nouvelle majorité aura ainsi augmenté d'environ 5 milliards d'euros les prélèvements sur les entreprises, une fois déduites les nouvelles baisses d'impôts, alors que les ponctions sur les sociétés avaient déjà progressé de 15,5 milliards en 2011 et 2012 sous le gouvernement Fillon.

Aussi, malgré quelques avancées dans les réformes structurelles, la France peine toujours à trouver sa place dans la compétition mondiale. Entre 2000 et 2010, l'Hexagone a perdu en moyenne plus de 2% de parts de marché dans les exportations mondiales chaque année. Contre un recul moindre chez les autres grandes puissances et une hausse de plus de 1% par an pour les Allemands.

 

Un rapport de 90 pages
Soulignons qu'à ce titre, les entreprises ont aussi leur part de responsabilité, en particulier en ce qui concerne la compétitivité hors-coût : gamme et qualité des produits, positionnement par rapport à la concurrence, efforts d'innovation, management, etc. Le spectre de solutions à apporter est donc très large.

Pour aider la France à sortir de l'ornière et à retrouver de sa superbe, l'OCDE publie ce jeudi 14 novembre un rapport de 90 pages intitulé "France, redresser la compétitivité".

 

 

1. Réformer l'Education nationale

C'est certainement la priorité pour préparer l'avenir. Une main d'œuvre qualifiée est un élément clé en matière de compétitivité. Or, alors que la situation s'était largement améliorée depuis la seconde guerre mondiale, le niveau de performance stagne depuis une dizaine d'années. Et l'OCDE pointe du doigt "un système éducatif dichotomique". L'origine sociale des parents a de plus en plus d'influence sur les résultats scolaires des enfants, en particulier en mathématiques. Son impact est parmi les plus élevés des pays de l'OCDE.

De l'autre côté du miroir, près de 150.000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme chaque année. Ainsi, 16,6% des Français de 20 à 24 ans sont dans cette situation aujourd'hui. Et cette proportion est bien plus importante chez les fils et filles d'ouvriers et d'employés (21%) que chez les enfants des cadres (8%). D'ailleurs, les inégalités dans l'Education nationale commencent dès la maternelle! Elles perdurent ensuite jusqu'à la sortie de l'école et pendant les études supérieures.

Or, le coût du travail, notamment avec le SMIC, est trop élevé pour encourager l'embauche de personnes non qualifiées. Autrement dit, ces personnes ne sont pas suffisamment rentables du point de vue du coût du travail pour trouver un job.

L'allocation des moyens pose par ailleurs problème. Les dépenses par élève du secondaire, à 10.877 dollars, sont supérieures de 21% à la moyenne de l'OCDE, alors que celles du primaire (à 6.622 dollars) sont inférieures de 17% à la moyenne.

Afin d'améliorer le niveau, l'OCDE recommande de mieux former les enseignants sur leurs compétences pédagogiques, en alternant théorie et pratique simultanément (et non pas en privilégiant d'abord la théorie puis en s'intéressant ensuite à la pratique comme c'est le cas aujourd'hui). L'organisme est également en faveur de mesures (notamment salariales) incitant les professeurs les plus expérimentés à travailler dans les établissements les plus défavorisés.

Il conviendrait également de revoir le temps de travail des enseignants : trop d'heures de cours dans le primaire et pas assez dans le secondaire par rapport à la moyenne observée dans les pays de l'OCDE. L'organisme international souhaite aussi limiter le redoublement, coûteux et inefficace, diminuer les vacances scolaires pour mieux étaler les heures de cours et, dans l'enseignement supérieur, développer un système de frais d'inscription plus importants combiné avec des bourses.

 

2. Changer la fiscalité

Le ras-le-bol fiscal, qui fait la Une de l'actualité depuis plusieurs mois, ne date pas d'hier. La France est l'un des pays où les prélèvements sur le travail sont parmi les plus élevés au monde. Un célibataire percevant un salaire moyen ne dispose à la fin du mois que de la moitié de ce qu'il coûte au total à son employeur. C'est certes à peine un peu moins qu'en Allemagne mais seule la Belgique fait pire.

L'OCDE recommande à la France de réduire la fiscalité globalement, en réduisant principalement les dépenses publiques. L'organisation internationale soutient en parallèle une réduction des niches fiscales qui entraîne de nombreuses distorsions (certains secteurs sont privilégiés par rapport à d'autres).

Elle loue aussi, sans mentionner directement son nom, le principe de la TVA sociale, c'est-à-dire le basculement des prélèvements qui pèsent sur le travail vers la consommation. L'OCDE propose également d'alléger les charges sur les bas salaires et d'envisager une CSG sur les allocations chômage. Le but: rendre moins attractif l'inactivité.  

 

3. Modifier la politique du logement

Le boom des prix de l'immobilier dans l'Hexagone a eu tendance à détourner les ressources disponibles au profit du BTP et à faire augmenter les salaires dans le secteur de la construction plus rapidement qu'ailleurs. L'OCDE estime que la hausse des prix des logements a ainsi contribué à la baisse des exportations puisque une partie des ressources s'est détournée des secteurs exportateurs.

Afin d'améliorer la situation globale, l'organisation recommande de mettre à jour les valeurs locatives cadastrales (et de mettre en place un mécanisme de revalorisation périodique), de relever le taux d'occupation des sols et de réduire au maximum les avantages fiscaux pour les investissements dans la pierre. Enfin, elle veut supprimer le numerus clausus des notaires.

 

 

4. Réformer le marché du travail

Le marché du travail français est comparable à une centrifugeuse. Alors que le taux d'emploi des 25-54 ans est dans la moyenne des pays de l'OCDE, celui des jeunes (15-24 ans) et des seniors (55-64 ans) est parmi les plus bas. Il est de 28% chez les jeunes de 15 à 24 ans (contre 39% dans l'OCDE) et de 46% pour les personnes âgées de 55 à 64 ans (contre 56% dans les pays de l'OCDE).

Dans le même temps, le CDI a tendance à surprotéger les salariés en place et à rendre plus précaires les profils les plus fragiles, habitués aux CDD, à l'intérim ou au chômage.

L'OCDE recommande de lancer un plan d'action en faveur des jeunes, en développant l'apprentissage et les contrats en alternance et de concentrer les aides sur cette population. L'organisation internationale souhaite aussi réduire le coût du travail en modérant la hausse du SMIC et réformer la protection de l'emploi pour réduire l'écart entre les contrats à durée indéterminée et les autres.

 

 

5. Rendre l'administration plus efficace

Le "choc de simplification" annoncé par François Hollande est salué par l'OCDE. Comme les dépenses publiques représentent près de 56% du PIB, "l'obtention de gains de productivité au sein de l'économie française ne peut, dans ces conditions, être limitée aux activités privées marchandes", souligne le rapport.

A ce titre, l'OCDE estime que la révision générale des politiques publiques (RGPP), sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a "constitué une avancée importante" dans la modernisation du secteur public. Fin 2012, le gouvernement a remplacé cette initiative par un plan de modernisation de l'action publique (MAP). Celui-ci doit notamment permettre de simplifier les normes et les démarches administratives, et améliorer l'efficacité des services publics.

L'OCDE recommande un effort de réduction de 1% par an des coûts de production du secteur public pendant quatre ans. Elle assure que le gel du point d'indice des fonctionnaires est la clé pour regagner de la "compétitivité structurelle". Il convient aussi, conjointement, de mieux motiver les agents, qui comptent parmi ceux qui travaillent le moins d'heures comparé à leurs homologues dans l'OCDE. Il faudrait aussi réduire la "pesanteur réglementaire". L'organisation internationale revient par ailleurs sur le mille-feuille administratif, qui génère des coûts de gestion très élevés au vu des services rendus.

 

 

 

 

From : Challenges , Gouvernement .fr ,....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :