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Elysée, gouvernement, PS: Hollande chamboule tout
François Hollande a poursuivi son chamboule-tout mercredi, au lendemain du vote de confiance accordé à Manuel Valls, avec la nomination de quatorze secrétaires d'Etat, un changement majeur à l'Elysée et le départ d'Harlem Désir de la tête du PS.

Après avoir changé de Premier ministre il y a une semaine, le chef de l'Etat a apporté la dernière pierre au "gouvernement de combat" qu'il a souhaité après la gifle des municipales.

 

L'équipe gouvernementale de seize ministres a ainsi été complétée mercredi après-midi par la nomination de quatorze secrétaires d'Etat, qui respectent la parité hommes-femmes du gouvernement et ne seront pas amenés à siéger chaque semaine au Conseil des ministres.

Ce mini-remaniement est marqué en particulier par l'entrée au gouvernement du premier secrétaire du PS, Harlem Désir. M. Désir, ancien dirigeant de SOS Racisme, eurodéputé, devient le troisième secrétaire d'Etat aux Affaires européennes du quinquennat.

Cette nomination permet ainsi d'exfiltrer le contesté numéro un du PS. Depuis 2012 à Solférino, M. Désir n'a en effet jamais convaincu et a été rendu en partie responsable de la débâcle de la gauche aux municipales.

Il sera remplacé par le député et secrétaire national du PS Jean-Christophe Cambadélis.

M. Désir a annoncé mercredi soir lors d'un Bureau national du parti qu'il "proposait" la candidature de M. Cambadélis pour lui succéder.

Les deux hommes s'étaient pourtant disputés la tête du PS en 2012, M. Désir l'emportant finalement avec l'appui de M. Valls, de Pierre Moscovici, Vincent Peillon et Stéphane Le Foll.

La méthode employée pour changer la tête du PS a déplu à certains courants du parti.

Les élus du collectif de la Gauche Forte ont ainsi réclamé un vote interne des militants socialistes "au plus vite" et jugé "pas acceptables" de telles pratiques. Emmanuel Maurel, un des principaux animateurs de l'aile gauche du parti devrait lui aussi être candidat, selon son entourage.

 

Au gouvernement cinq des secrétaires d'Etat étaient déjà membres de l'équipe de Jean-Marc Ayrault.

Kader Arif (Anciens Combattants), Frédéric Cuvillier (Transports), Geneviève Fioraso (Recherche) conservent le même maroquin. Fleur Pellerin hérite elle du Commerce extérieur, du Tourisme et des Français de l'étranger, sous l'autorité de Laurent Fabius (Affaires étrangères). Valérie Fourneyron passe des Sports au Commerce et à l'Artisanat.

M. Hollande a en outre confié à un proche, André Vallini, la tâche de mener la délicate réforme territoriale. La sénatrice PS Laurence Rossignol sera chargée de la Famille et des Personnes âgées.

Le député PS de Paris, Jean-Marie Le Guen, ancien proche de Dominique Strauss-Kahn, occupera le poste stratégique de secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. Quant à Christian Eckert, jusqu’ici rapporteur du Budget à l'Assemblée, il tiendra les cordons de la bourse avec le maroquin du Budget.

Les radicaux de gauche Thierry Braillard (Sports) et Annick Girardin (Développement et Francophonie), ainsi que les socialistes Ségolène Neuville (Personnes handicapées) et Axelle Lemaire (Numérique) complètent le casting. Ces nominations ont aussi permis de compléter le portefeuille de la ministre Marisol Touraine avec le secteur de la Santé, oublié lors du remaniement de la semaine dernière.

 

 

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- Une équipe resserrée

Au total, l'équipe resserrée de MM. Hollande et Valls comprend 30 membres, contre 38 dans l'équipe précédente en comptant M. Ayrault.

Tous ces ministres et secrétaires d'Etat seront réunis un jeudi sur deux à Matignon autour de M. Valls.

Pour marquer cette nouvelle étape du quinquennat, le chef de l'Etat avait déjà remanié dans la matinée son entourage proche à l'Elysée.

Le secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, a ainsi annoncé à l'AFP sa démission et son remplacement par Jean-Pierre Jouyet directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, qui fut ministre de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2008.

MM. Lemas et Jouyet ont la caractéristique d'être des proches du chef de l'Etat, issus comme lui de la promotion Voltaire de l'ENA.

"Dès lors qu'une nouvelle équipe s'installait à Matignon, je souhaitais qu'il y ait une nouvelle équipe à l'Elysée", a commenté dans Le Monde M. Hollande.

Il faut, a insisté le chef de l'Etat, "une cohérence absolue, une équipe quasiment fusionnelle, une véritable unité de commandement".

M. Lemas, a précisé l'Elysée, "sera prochainement proposé pour exercer d'importantes responsabilités dans une grande institution publique". Peut-être à la Caisse des dépôts.

M. Jouyet avait été nommé secrétaire d'Etat aux Affaires européennes après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, qui en avait fait l'un des piliers de sa stratégie d'ouverture.

 

Harlem Désir sur une chaise éjectable ?

Il était numéro un du Parti socialiste (PS), premier secrétaire de la Rue de Solférino, il accepte de devenir simple secrétaire d'Etat dans le gouvernement Valls. Il était député européen, il accepterait de ne pas être tête de liste comme prévu en Ile-de-France aux prochaines élections communautaires du 25 mai, mais devient secrétaire d'Etat aux affaires européennes…

 

La rumeur circulait depuis ce week-end : Harlem Désir intègre donc le gouvernement, mais dans sa division 2, celle des secrétaires d'Etat. Un moyen surtout, pour l'Elysée et pour Matignon, de l'exfiltrer du PS, où il n'a guère brillé depuis sa nomination, à l'automne 2012, au congrès de Toulouse.

 

TROISIÈME AUX AFFAIRES EUROPÉENNES DEPUIS 2012

Prime à l'échec pour certains socialistes, petites combines entre dirigeants du PS pour d'autres, sa désignation, même si Harlem Désir connaît les dossiers communautaires pour siéger au Parlement de Bruxelles depuis 1999, est une fois de plus un signe d'instabilité pour le portefeuille des affaires européennes : il est en effet le troisième à en hériter depuis mai 2012, après Bernard Cazeneuve et Thierry Repentin.

L'installation de M. Désir en octobre 2012 à la tête du PS avait déjà été le produit d'une négociation entre poids lourds socialistes. Alors qu'il était à l'époque soutenu par les ministres Manuel Valls, Vincent Peillon, Pierre Moscovici et Stéphane Le Foll comme plus petit dénominateur commun contre son concurrent, le député Jean-Christophe Cambadélis, sa légitimité avait été entamée dès son entrée en fonctions, malgré la confirmation de sa nomination par un vote des militants socialistes.

 

HOLLANDE « DÉÇU » PAR DÉSIR

M. Désir n'a jamais réussi à s'imposer à la tête du PS ni à trouver la juste distance par rapport au gouvernement. Soit trop dans la défense pavlovienne des réformes, soit en retard dans la réaction contre l'opposition, le PS sous l'ère Désir a souvent été inaudible et incapable de nourrir le débat public. Seule fois où Harlem Désir a fortement fait entendre sa voix, l'affaire Léonarda, en octobre 2013, lorsqu'il a défendu la position strictement inverse de celle de François Hollande juste après l'intervention télévisée du chef de l'Etat. Un véritable fiasco.

Ces derniers mois, M. Désir avait à plusieurs reprises confié qu'il refusait d'être le « bouc émissaire » des « couacs » au gouvernement. La semaine dernière encore, il ne comptait pas céder sa place, mais le député européen, qui a perdu l'ensemble de ses soutiens, s'est retrouvé de plus en plus isolé dans l'appareil socialiste.

« Déçu » par le premier secrétaire, le président envisageait de s'en séparer depuis plusieurs mois. Avant Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault avait lui aussi plaidé pour un changement à Solférino. La défaite des élections municipales, campagne durant laquelle la direction parisienne du PS a été quasi invisible, a donc sonné le glas de M. Désir. L'ancien leader dans les années 1980 de SOS-Racisme, rebaptisé méchamment depuis par ses camarades « SOS-Charisme », devrait être remplacé par intérim par son rival Jean-Christophe Cambadélis.

 

 

Christiane Taubira serait sur le départ

Selon les informations du "Figaro", la garde des Sceaux, reconduite le 2 avril, sera remplacée par le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas.

 La garde des Sceaux Christiane Taubira quitterait le gouvernement une fois votée la réforme pénale.

Christiane Taubira, reconduite le 2 avril dernier à la tête du ministère de la Justice contre toute attente, s'apprêterait à quitter ses fonctions, d'après Le Figaro.

Selon le quotidien, elle sera remplacée "avant l'été" par le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas, l'actuel président de la commission des Lois à l'Assemblée nationale. Une hypothèse probable, le nom de ce proche de Manuel Valls ayant circulé lors du remaniement.
  "J'ai envie de rentrer chez moi"

"J'ai envie de rentrer chez moi. Ça suffit. Tout ça me gonfle", aurait-elle confié à des proches, cités par Le Monde dans son édition du 5 avril dernier. "Moi, j'ai plus envie de mon Amazonie", avait-elle encore confié.


Christiane Taubira avait d'ailleurs tout d'abord décliné l'offre de François Hollande d'être reconduite à la Justice, avant d'accepter à une condition : conserver la main sur la chancellerie et boucler la réforme pénale.


Interrogé lors d'une conférence de presse ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a dit n'avoir "aucune info" sur cet éventuel départ. "Je n'ai vu chez elle aucune envie, aucune décision qui irait dans ce sens", a-t-il assuré.

 

 

  Le discours de politique générale de Manuel Valls en sept points clés

  À l’occasion de sa déclaration de politique générale devant les députés cet après-midi, le Premier ministre a fait de très nombreuses déclarations. L’assemblée a voté la confiance à Manuel Valls, à une large majorité. Le point sur les plus importantes et sur les moments forts du discours.

 

L’Assemblée nationale a voté mardi la confiance au gouvernement de Manuel Valls par 306 voix contre 239 et 26 abstentions. Le nouveau Premier ministre a obtenu largement plus que la majorité absolue des 577 membres de l’Assemblée nationale (289 voix), mais n’a pas fait le total des voix des trois groupes de la majorité (socialistes, écologistes et radicaux de gauche) qui totalisent 325 députés. La très grande majorité des socialistes, les radicaux de gauche et la plupart des écologistes ont approuvé la déclaration de politique générale de Manuel Valls, tandis que l’UMP, l’UDI et le Front de gauche l’ont rejetée.

Une baisse de charges pour les bas salaires

Le Premier ministre promet une baisse des cotisations salariales au 1er janvier 2015 au niveau du Smic. « Le meilleur moyen, c’est d’agir sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l’on touche à la fin du mois. Dès le 1er janvier 2015, elles seront diminuées pour les salaires au niveau du Smic », a-t-il indiqué. Selon M. Valls, la mesure permettra de « procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire » aux salariés concernés, qui touchent le salaire minimum.

« Ce gain sera dégressif entre le Smic et 1,3 fois le Smic », a précisé le Premier ministre. Les hauts salaires, présents dans les secteurs et industries haut de gamme en concurrence avec les pays les plus industrialisés, ne devraient être pas exclus. Dans la droite ligne du pacte de responsabilité, le Premier ministre satisfait ainsi aux revendications patronales demandant une baisse du coût du travail.

Baisse de l’impôt sur les sociétés de 28 %

Le taux normal de l’impôt sur le résultat des sociétés sera « abaissé à 28 % d’ici à 2020, avec une première étape en 2017 ». Il s’est engagé aussi à la suppression en trois ans de la « CS3 – contribution sociale de solidarité des sociétés » et a confirmé celle de « plusieurs dizaines de petites taxes complexes et de faible rendement ».

50 milliards d’économie en trois ans

« L’État et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros, 10 milliards proviendront de l’assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales », a-t-il détaillé. Et « le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations », a-t-il déclaré, sans davantage de détails, réitérant la promesse de 50 milliards d’économies dans la dépense publique entre 2015 et 2017.

 

Stratégie bas carbone et réduction du nucléaire

La loi sur la transition énergétique sera présentée « avant l’été » et comprendra l’objectif de limiter le nucléaire à 50 % de la production d’électricité d’ici à 2025, a confirmé Manuel Valls.

« La transition énergétique sera l’une de mes priorités » autant qu’une « une formidable opportunité économique », a affirmé le Premier ministre, soulignant que « le climat est probablement le domaine où le besoin de régulation se fait le plus pressant ». « Nous (y) répondrons en nous dotant d’une véritable stratégie bas carbone », a-t-il dit.

Deux fois moins de régions et plus de conseils généraux

Manuel Valls a proposé mardi une vaste réforme territoriale, avec notamment une réduction de moitié du nombre de régions d’ici à 2017 et la suppression des conseils départementaux « à l’horizon 2021 » (nouvelle appellation des conseils généraux).

Le nouveau chef du gouvernement a en outre proposé « la suppression de la clause de compétence générale » pour les collectivités territoriales, leur permettant d’intervenir dans tous les domaines qu’elles jugent nécessaires. Évoquant « quatre changements majeurs susceptibles de dépasser les clivages partisans », il a enfin annoncé « une nouvelle carte intercommunale, fondée sur les bassins de vie » qui entrera en vigueur « au 1er janvier 2018 ».

 

Assouplissement sur les rythmes scolaires

La réforme des rythmes scolaires sera « assouplie », « après les concertations nécessaires avec les enseignants, les parents et les élus », a annoncé mardi le Premier ministre Manuel Valls lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale.

Le chef du gouvernement a estimé qu’il s’agissait d’une « bonne réforme », moins de cinq mois avant sa généralisation, mais a assuré avoir « entendu les remarques de bonne foi venant des élus ».

Plusieurs envolées lyriques

Le Premier ministre a eu des mots pour les déçus, les sans-voix ou les désespérés de la politique ou de leur situation personnelle. Il a évoqué « ces ouvriers qui attendent, depuis trop longtemps, de pouvoir retravailler, ces salariés précaires pour qui le quotidien n’est pas le travail, mais la survie, ces patrons de PME, ces artisans, ces commerçants qui n’ont qu’une seule obsession : sauver leur activité pour sauver leurs équipes », leur promettant « vérité » et « efficacité ».

« Je n’accepte pas les accusations injustes, indignes, qui pourraient laisser penser que la France ait pu être complice d’un génocide au Rwanda, alors que son honneur c’est toujours de séparer les belligérants », a déclaré le nouveau Premier ministre pendant son discours. Au cours d’un bref passage de son intervention, Manuel Valls a par ailleurs rendu hommage aux soldats français engagés « notamment au Mali et en Centrafrique pour assurer la paix et la sécurité ».

Celui qui n’a acquis la nationalité française qu’à 20 ans, en 1982, a lancé, en achevant sa déclaration de politique générale à l’Assemblée : « Peu de pays au monde permettent à des citoyens nés à l’étranger, qui ont appris les valeurs de la République, de prendre les plus hautes fonctions de l’État. »

Le Premier ministre a conclu, avant que ne se lèvent les deux tiers des députés de l’hémicycle : « Soyons fiers d’être Français ! » a lancé le Premier ministre. « La France, c’est un pays qui a toujours vu plus loin que lui », a-t-il ajouté. « Et moi, je me battrai pour qu’il continue à voir plus grand. Car c’est cela être Français.

 

  Ce qu'il faut retenir du discours de politique générale

    Le Premier ministre a prononcé devant les parlementaires son discours de politique générale. Tour d’horizon de ses principales annonces et déclarations.

Manuel Valls« Trop de souffrance, pas assez d'espérance »
« Trop de souffrance, pas assez d’espérance, telle est la situation de la France », a lancé Manuel Valls en commençant sa déclaration de politique générale devant les députés. Evoquant le vote des Français aux municipales , il a dit avoir « entendu leur voix. J’ai aussi entendu leur silence ». « Par leur vote ou leur abstention historique », ils « ont dit leur déception, leur doute, leur mécontentement et parfois leur colère », selon le Premier ministre. « Ils ont dit leur peur de l’avenir. Leur avenir, et celui de leurs enfants ». « Et puis il y aussi cette exaspération quand, à la feuille de paie déjà trop faible, s’ajoute la feuille d’impôts trop lourde. Enfin, ils ont exprimé leur soif de justice ».

« La réalité est là, et il faut la regarder, sans trembler. J’ai vu, j’ai écouté ces retraités qui, à l’issue d’une existence d’efforts, vivent avec une maigre pension; ces ouvriers qui attendent, depuis trop longtemps, de pouvoir retravailler; ces salariés précaires pour qui le quotidien n’est pas le travail, mais la survie ; ces patrons de PME, ces artisans, ces commerçants qui n’ont qu’une seule obsession : sauver leur activité pour sauver leurs équipes ; ces agriculteurs, attachés à leur exploitation, qui font face à l’endettement et aussi à une forme de solitude », a-t-il énuméré. « J’ai vu ces visages fermés. Ces gorges nouées. Ces lèvres serrées... Disons les choses simplement : beaucoup de nos compatriotes n’y croient plus. Ils ne nous entendent plus », a affirmé Manuel Valls, regrettant « la peur lancinante du déclassement ».

 

5 milliards pour les ménages modestes
Manuel Valls a assuré que l’ensemble des mesures prises en faveur des ménages modestes représenteraient 5 milliards d’euros d’ici à 2017. Ces mesures comprendront des mesures d’allégements fiscaux et un coup de pouce sur les cotisations salariales des salaires au niveau du SMIC. « Dès le 1er janvier 2015, les cotisations salariales seront diminuées pour les salaires au niveau du SMIC », a-t-il indiqué. Selon lui, la mesure permettra de « procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire » aux salariés concernés, qui touchent le salaire minimum. « C’est presque la moitié d’un 13e mois pour un salarié payé au SMIC », a-t-il fait valoir, soulignant que « ce gain sera dégressif entre le SMIC et 1,3 fois le SMIC ».

 

Réduire le coup du travail
Dans le cadre du « pacte de responsabilité », les cotisations patronales à l’Urssaf seront « entièrement supprimées » au 1er janvier 2015, a indiqué Manuel Valls. Cela permet d’aboutir à « zéro charges pour l’employeur d’un salarié payé au SMIC », selon lui. Dès lors, le barème des allégements existants entre le SMIC et 1,6 fois le SMIC « sera modifié en conséquence ». « Nous y consacrerons 4,5 milliards d’euros », a-t-il souligné. Par ailleurs, « pour les salaires jusqu’à 3 fois et demi le SMIC, c’est-à-dire plus de 90% des salariés, les cotisations famille seront abaissées de 1,8 point au 1er janvier 2016 », a-t-il aussi annoncé. « Cela représente un allégement supplémentaire de près de 4,5 milliards d’euros », a-t-il précisé. Le taux des cotisations familiales, payées par l’employeur, est actuellement de 5,25%. « Cela ne pénalisera en rien le financement de la politique familiale, qui se verra affecter d’autres recettes pérennes », a assuré Manuel Valls.

Enfin, les travailleurs indépendants et artisans bénéficieront d’une baisse de plus de 3 points de leurs cotisations famille dès 2015, ce qui représente 1 milliard d’euros, a-t-il ajouté. Ces allègements s’ajoutent au crédit d’impôt compétitivité (CICE) qui représentera 20 milliards d’euros en 2015 pour les entreprises.

 

Alléger l’impôt sur les sociétés
Manuel Valls s’est engagé à une baisse de l’impôt sur les bénéfices des sociétés et à la suppression d’un impôt sur le chiffre d’affaires, ainsi que d’une série de petites taxes sur les entreprises. Le taux normal de l’impôt sur le résultat des sociétés, qui est en France un des plus élevés d'Europe, sera « abaissé à 28% d’ici à 2020, avec une première étape en 2017 », a dit le Premier ministre. Il s’est engagé aussi à la suppression en trois ans de la « CS3 - contribution sociale de solidarité des sociétés - » et a confirmé celle de « plusieurs dizaines de petites taxes complexes et de faible rendement ».

 

Economies, « un effort partagé par tous »
Le Premier ministre a affirmé qu’il fallait poursuivre le redressement des comptes publics « tout au long du quinquennat » et confirmé l’objectif de réduire de 50 milliard d’euros la dépense publique de 2015 à 2017, assurant que ,« l’effort sera partagé par tous ». Sur ces 50 milliards, « l’Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros ; 10 milliards proviendront de l’assurance-maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales », et « le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations ».

 

Big bang territorial
Manuel Valls a proposé « de réduire de moitié le nombre de régions » d’ici à 2017, et de supprimer les conseils départementaux (nouvelle appellation des conseils généraux) « à l’horizon 2021 ». Il a également proposé « la suppression de la clause de compétence générale » pour les collectivités territoriales. Cette clause permet à une collectivité - région, département ou commune - d’intervenir dans tous les domaines qu’elle juge nécessaires.

Evoquant « quatre changements majeurs susceptibles de dépasser les clivages partisans », il a enfin annoncé « une nouvelle carte intercommunale, fondée sur les bassins de vie » qui entrera en vigueur « au 1er janvier 2018 ». Depuis le 1er janvier dernier, toutes les communes sont regroupées en intercommunalités - communautés de communes, d’agglomérations, urbaines ou futures métropoles. Seule exception, Paris et la petite couronne ; en attendant la création en 2016 de la métropole du Grand Paris.

 

Un geste sur les rythmes scolaires
La réforme des rythmes scolaires sera « assouplie », « après les concertations nécessaires avec les enseignants, les parents et les élus », a annoncé Manuel Valls. Il a estimé qu’il s’agissait d’une « bonne réforme », mais a assuré avoir « entendu les remarques de bonne foi venant des élus ».

 

La transition énergétique, « une des priorités »
La loi sur la transition énergétique sera présentée « avant l’été », a confirmé Manuel Valls. « La transition énergétique sera l’une de mes priorités », a affirmé le Premier ministre, qui veut s’appuyer sur « une stratégie bas carbone » pour faire face à « l’enjeu planétaire majeur » du climat. « L’engagement du président de la République de passer à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025 sera tenu », a-t-il déclaré. Il a réaffirmé les objectifs de réduction de « 30% de notre consommation d’énergie fossile d’ici 2030 et de 40% de nos émissions de gaz à effet de serre à la même échéance ». Pour lui, la transition énergétique est « une formidable opportunité économique », qui doit permettre de réduire le déficit commercial, de redonner du pouvoir d’achat grâce aux économies d’énergie et d’encourager « des secteurs extrêmement porteurs en termes d’emplois », comme le bâtiment. « Le climat est probablement le domaine où le besoin de régulation se fait le plus pressant », a estimé le Premier ministre, en rappelant que Paris accueillera en 2015 la conférence des Nations unies sur le climat. « Il s’agit là d’un enjeu planétaire majeur, auquel nous répondrons en nous dotant d’une véritable stratégie bas carbone », a-t-il dit

 

 

 

 

 

From : NouvelObs , le Point,les Echos , la Voix du Nord ,......... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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