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Alain Finkielkraut, nouvel immortel de l'Académie française
Alain Finkielkraut a été élu à l'Académie française dès le premier tour, jeudi 10 avril, par 16 voix sur 28. L'auteur de L'Identité malheureuse y prend le fauteuil de Félicien Marceau. Une polémique avait précédé le scrutin, et huit académiciens ont apposé des croix sur leurs bulletins de vote.

 

 

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La candidature d'Alain Finkielkraut, 64 ans, polémiste , taxé de réactionnaire par ses détracteurs, familier des plateaux de télévision et animateur de l'émission « Répliques », sur France Culture, avait divisé le petit monde feutré du Quai de Conti : personnalité « trop clivante », jugeaient en coulisses les académiciens opposés à son élection, certains allant jusqu'à évoquer l'entrée à l'Académie du Front national.

 

 

Une étude de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris s'est intéressée à la "fuite des cerveaux". Si elle confirme l'augmentation de l'expatriation, elle relativise l'exil des jeunes et des plus diplômés. 

Les Français sont de plus en plus plus enclins à s'expatrier. C'est le constat d'une étude réalisée par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), rendue publique ce mercredi.   
Au total, près de 2 millions de ressortissants français vivent à l'étranger. Une communauté qui connaît "une croissance très significative depuis le début des années 2000" selon cette étude que la Maison des Français à l'étranger chiffre entre 3% et 4% au cours des dix dernières années. Soit environ 60 à 80 000 personnes par an. A comparer avec une croissance moyenne de la France métropolitaine de seulement +0,6% par an. Ce qui confirme l'idée que de plus en plus de Français font le choix de quitter la France. Reste à savoir quelles sont les caractéristiques de cet exode. Et faut-il pour autant y voir une inquiétante fuite des cerveaux?

Cinq pays cumulent 40% des expatriés hexagonaux: la Suisse, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et l'Allemagne cumule 40% des expatriés hexagonaux. Mais c'est dans la zone Asie-Océanie que la croissance de la population française est la plus importante, supérieure à la moyenne mondiale: +4,2% entre 2012 et 2013 (+19,3% en Corée du Sud notamment).

Alors, y a-t-il vraimen une "fuite des cerveaux"? Oui, dit l'étude: la moitié de ces "exilés" ont un niveau minimum Bac+5, 57% gagnent plus de 30 000 euros nets par an. 

 
Le niveau des diplômes des expatriés français en 2013. 53% ont au moins un Bac+5.

Chambre de commerce et d'industrie de Paris
La crise économique a fait émerger une tendance chez les expatriés ces dernières années: ils sont de plus en plus jeunes. Un tiers des personnes de 18 à 34 ans envisageraient leur avenir à l'étranger, selon un sondage Opinionway cité dans l'étude.

Leur principale motivation serait professionnelle. "L'ampleur du chômage, et notamment celui des jeunes, constitue l'une des explications les plus plausibles à cette accélération soudaine d'expatriation des jeunes qualifiés, indique le rapport de la CCIP. Il est ainsi avéré que les carrières sont souvent plus rapides à l'étranger où le poids de la hiérarchie peut être moins important qu'en France."

L'autre tendance notable, également inquiétante, est que ces expatriés reviennent de moins en moins. 47% de ceux déjà partis n'ont pas encore réfléchi à un éventuel retour.


En 2014, plus de 27% des jeunes diplômés que compte l’hexagone envisageraient de poursuivre leurs études à l’étranger, contre 13% deux ans plus tôt. © ReutersDans une étude à paraître mercredi, la Chambre de commerce et de l’industrie de Paris s’inquiète d’un « exil » des diplômés français. Selon les chiffres de l’enquête, le nombre d’expatriés a quasiment doublé en vingt ans. Et, en 2014, plus de 27% des jeunes diplômés que compte l’hexagone envisageraient de poursuivre leurs études à l’étranger, contre 13% deux ans plus tôt. La France perd-elle ses forces vives ? Ce n’est pas ce que pense Olivier Galland, sociologue spécialiste de la jeunesse et directeur de recherche au CNRS.

Est-ce qu’on assiste à une fuite des cerveaux en France ?
Non ! C’est exagéré de présenter les choses de cette manière. On constate tout simplement  une évolution normale. De plus en plus d’étudiants français sont amenés à faire des stages où à poursuivre leur formation à l’étranger. On assiste à une mondialisation de l’éducation et donc des carrières. Les frontières tombent. C’est naturel que de plus en plus de jeunes diplômés envisagent une carrière à l’étranger.
Après, il existe cette spécificité française qui veut que les jeunes estiment très difficile de se faire une place dans notre pays. Ils jugent la société bloquée et  considèrent que les entreprises ne leurs font pas confiance.

Est-ce que la société n’a pas confiance en sa jeunesse ?
 
C’est un peu vrai. Si on regarde les enquêtes d’opinion on constate, en effet, qu’on ne fait pas facilement confiance aux jeunes. Le marché du travail est très fermé. Les « insiders » ont un statut très protégé et ceux qui frappent à la porte ont plus de difficultés à entrer. Mais, finalement, cette précarité touche principalement les non diplômés.

Le fait que de plus en plus de jeunes partent travailler à l’étranger, ce n’est pas grave alors ?
Non. Et il n’y a pas du tout d’exil massif de la jeunesse. On parle quand même d’une très faible minorité. C’est le symptôme qui est plus inquiétant : le fait que les jeunes ne se sentent pas assez bien accueillis sur le marché du travail en France.

Après, il faut relativiser l’aspect économique. C’est un phénomène assez naturel. D’ailleurs, des pays qui ont des taux de chômage beaucoup moins élevés que le France connaissent des migrations de leurs jeunes diplômés beaucoup plus importantes [NDLR : c’est notamment le cas de l’Angleterre ou de l’Allemagne]. Plus de 4,7 millions de Britanniques vivent expatriés [NDLR : contre 1,84 million pour la France].

Il faut aussi voir le côté positif de la chose : ces jeunes sont des ambassadeurs de la France. D’un point de vue économique, ils vont pouvoir nouer des contacts avec leur pays d’accueil et le nôtre. Enfin, c’est aussi un signe que la formation française, qui a beaucoup été décriée, est exportable à l’étranger puisque ces jeunes y ont trouvé du travail. Enfin, on a souvent reproché aux Français d’être trop renfermés sur eux-mêmes et casaniers. Pour leur faire le reproche, maintenant qu’ils s’ouvrent.

 

Finalement, le contexte économique n'est donc pas la raison essentielle pour expliquer ce phénomène ?
Globalement, le contexte actuel, en France, est plutôt favorable aux diplômés. La structure de l’emploi se déforme par le haut. Dans notre pays, l'année 1975 a été le point d'inflexion : jamais le pourcentage d'ouvriers dans la population active n'avait été aussi élevé (35 %) ; depuis, il a constamment baissé (jusqu'à 22 % aujourd'hui) parallèlement à la montée des emplois d'encadrement. Le passage à une économie tertiaire a favorisé l’emploi des plus diplômés.

De 1975 à 2010, les emplois de cadres supérieurs et moyens sont passés de 23 % à 40 %. Et malgré la crise, ils vont continuer à augmenter. Selon les projections de L’Association pour l’emploi des cadres, le nombre d’embauches de cadres devrait augmenter de 2% en 2014,  7% en 2015 et jusqu’à 10% en 2017.

Après, il est vrai que dans certaines formations, plus généralistes, comme les sciences humaines ou les sciences sociales, les perspectives d’emploi sont plus limitées. Mais ces diplômés n’auront pas forcément plus de chances de trouver du travail à l’étranger

 

 

 

From : le Monde , l'Express,......

 http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-fuite-des-cerveaux-francais-est-elle-inquietante_1499549.html#5qfmjk5uzfE3qJSA.99

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Société
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