le PS prône un "changement de stratégie" en Afghanistan. "Le Parti socialiste rappelle qu’il souhaite que le retrait de l’armée française d'Afghanistan puisse s’opérer sans attendre la fin 2014 et que la date de ce départ ne soit pas subordonnée aux décisions d'une autre puissance", a écrit Harlem Désir, dimanche dans un communiqué, suite à l'annonce du décès d'un lieutenant français dans la région de Kapisa (Afghanistan). Le premier secrétaire du parti par intérim réclame également "l'organisation rapide d'un débat au Parlement sur les objectifs, la nature et la poursuite de l'intervention française".
"Le retrait de nos troupes est nécessaire"
Dimanche, Ségolène Royal avait fait part, dans un communiqué, de sa "grande tristesse" après la mort de ce 74e soldat français. Pour la candidate à la primaire socialiste, ce nouveau drame montre "à quel point le retrait de nos troupes est nécessaire". Un avis partagé par sa rivale Martine Aubry.
Sur son compte Twitter, l'ex numéro 1 du PS a rendu hommage aux soldats et renvoyé vers sa déclaration de la mi-juillet. En effet, sur Europe 1, la maire de Lille s'est engagée, si elle est élue à l'élection présidentielle, à retirer les troupes "fin 2012 au plus tard". "On sait bien qu’il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan. C'est devenu peu à peu une guerre de terrain dont on voit bien l’impasse aujourd’hui, cette présence aujourd’hui n’est pas efficace", déclarait-elle alors.
Pour sa part, François Hollande avait pris à la mi-juillet un engagement sur la question de l'Afghanistan. Interrogé par France 3, le député de Corrèze avait annoncé "un retrait dans un délai maximal de douze mois", s'il était élu à la présidence de la République. "L'élection a lieu en mai 2012, en mai 2013, il n'y aura plus un seul soldat français en Afghanistan", avait-il avancé.
L'ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, est également monté au créneau dimanche. "Je veux demander avec force au pouvoir exécutif le retrait rapide de nos troupes d'Afghanistan en renonçant à s'obstiner sur la date de 2014 porteuse de conséquences humaines sans cesse plus dramatiques", a-t-il écrit dans un communiqué.
Mais, malgré les critiques venues de l'opposition, le gouvernement ne compte pas changer sa stratégie. C'est ce qu'a affirmé lundi le ministre de la Défense, Gérard Longuet, sur TF1. Ce dernier a expliqué que Paris se devait d'être solidaire avec la coalition engagée en Afghanistan. "Le président de la République a annoncé un retrait. Ce retrait ne doit pas exposer nos soldats. Annoncer une accélération, ce serait donner un signal fort aux terroristes", a déclaré le ministre, tout en insistant sur cette "logique de responsabilité". Un débat parlementaire n'est jamais inutile, mais ce n'est pas lui qui commande les opérations du terrain", a-t-il ajouté sur France Inter. Et de conclure : "Ce n'est pas le débat parlementaire qui règle le problème. Ce qui règle le problème, c'est le travail de nos troupes sur le terrain."
Une fin de non recevoir donc. Déjà exprimée par l'Elysée. Dimanche, dans son communiqué annonçant la mort du 74e soldat français, la présidence assurait que "ces opérations récentes bien que meurtrières n'entamaient pas la résolution de la France".
Les guerres et les dettes ...
La France engagée dans une vingtaine d’opérations extérieures. Dans les Balkans (Kosovo) et au Liban, à soutenir la force des Nations unies (Onuci) dans sa mission de paix en Côte-d’Ivoire, à lutter contre la piraterie au large de la Somalie. La France participe également à la Force internationale d’assistance et de sécurité (Fias) en Afghanistan.
À l’été 2010, environ 8.700 militaires de la défense étaient engagés dans ces «opex». Des opex coûtent de plus en plus cher: les budgets sont systématiquement dépassés. L’an dernier, le budget total a été de 630 millions d’euros portés finalement à 870 millions d’euros dont la moitié pour l’Afghanistan où nous avons 3.500 soldats. Toutefois, le budget global de la défense est de 31 milliards d’euros, dont les opex ne représentent finalement qu’une toute petite fraction.
En Libye, quel sera l’ordre de grandeur de la dépense? Sans doute au moins autant qu’en Afghanistan. Mais ça dépend comment on compte, bien sûr…
Le déplacement du Charles-de-Gaulle coûte une vraie fortune, mais s’il fait des ronds dans l’eau, ça coûte aussi. Les missiles, les bombes utilisées valent très cher.
En fait, tout dépendra de la durée de l’offensive et de combien de temps nos forces seront mobilisées. Pour l’heure, il est difficile de le prédire, mais beaucoup estiment que l’opération Aube de l’odyssée prendra du temps.
La première phase de frappes aériennes afin de créer la zone d’exclusion aérienne puis de «casser les reins» de l’armée du colonel Kadhafi en la privant d’approvisionnement et de munitions, est la partie facile.
Plus dur, long et coûteux sera d’équiper et d’entraîner les insurgés avant qu’ils aient les moyens de partir à l’offensive vers Tripoli pour déloger le dictateur comme ils en ont l’objectif (même si tel n’est pas la mission de la coalition selon la résolution 1973 de l’ONU).
Tant que le colonel sera en place, l’armée française et ses alliées devront maintenir beaucoup de forces en état de guerre.
Pour les deux guerres menées par l’US Army en Irak et en Afghanistan, le département de la Défense dispose d’un budget de 130 milliards de dollars. En cumul en Irak, le coût de la guerre aura été de 3.000 milliards de dollars pour les Etats-Unis, selon le prix Nobel Joseph Stiglitz.
Ce sont des sommes colossales qui démontrent que les coûts sont toujours… explosifs. Ce qui est sûr, c’est que la France est endettée, il lui faudra donc faire des économies ailleurs
Une heure de vol pour un Rafale : 13 000 euros environ, pour le Mirage, entre 10 000 et 11 000 euros. A l’heure où les gouvernements sont à l’économie, le coût de l’intervention en Libye fait question dans les pays de la coalition.
Avec 55 sorties, les Rafale et Mirage 2000 français totalisaient lundi soir plus de 400 heures de vol, note Afp, qui souligne que ces estimations de coût n’incluent pas le prix du carburant.
“Attention” cependant, alerte France Info : ces appareils génèrent une dépense, qu’ils soient engagés ou non. Un coût prévu par le budget de fonctionnement du ministère de la défense qui s’élève à 31 milliards d’euros pour 2011 note la radio. Dans Libération (article payant), un “expert” renchérit : “Mais qu’ils volent dans le ciel français au cours d’entraînement ou lors de missions, ces vols ont de toute façon un coût”. L’arrivée mardi sur la zone du porte-avions Charles-de-Gaulle devrait en outre limiter les allers-retours des appareils basés en France.
Dans les pays de la coalition, cependant, le coût de l’intervention est critiqué. “Tout dépendra de la durée de l’offensive et de combien de temps nos forces seront mobilisées”, rappelle Slate.fr. “Plus dur, long et coûteux sera d’équiper et d’entraîner les insurgés avant qu’ils aient les moyens de partir à l’offensive vers Tripoli pour déloger le dictateur comme ils en ont l’objectif,” estime le journaliste.
Surtout, ce sont les bombes qui coûtent cher : “tout ce qu’on largue” explique Eric Denécé, du Centre français de recherche sur le renseignement à l’AFP, “parce qu’après, il faut les remplacer”. Ces missiles sont estimés de 300 000 à 350 000 euros l’unité. “Si je peux vous rassurer, la France ne possède pas de Tomahawk, ces missiles de croisière américains dont le prix unitaire atteint 650 000 dollars !” s’exclame le chroniqueur de France Info.
Aux Etats-Unis en effet, le débat sur le coût de l’intervention en Libye est particulièrement vif. Le gouvernement refuse de livrer ses estimations mais selon CNN l’armée a bombardé l’équivalent de 225 millions de dollars de missiles Tomahawk. Alors que le pays est déjà engagé dans des guerres coûteuses, en Irak et en Afghanistan, les Etats-Unis espèrent pouvoir “se reposer sur d’autres Etats, les Européens et en particulier les pays du Golfe riches en pétrole qui ont proposé leur soutien financier”.
Même débat en Grande-Bretagne où certains commentateurs ont souligné qu’il était contradictoire de s’engager sur un nouveau front en taillant au même moment dans les subsides de la défense explique l’AFP. Outre-Manche, le coût de l’opération a été évalué à “des dizaines de millions” de livres note Bloomberg .
“Dans les milieux de l’armement, on s’étonne de la rapidité avec laquelle surgissent les premièrs questions sur les dépenses liées à l’intervention en Libye,” note Libération. Le matériel de haute technologie déployé en Libye est en effet beaucoup moins coûteux que les forces au sol comme en Afghanistan où la France maitient 4 000 soldats. “Nous utilisons des Rafale en Afghanistan, et personne ne se soucie vraiment de savoir combien cela coûte” souligne un responsable du secteur aéronautique dans Libération.
A lire Père de soldat : « L'Afghanistan, théâtre d'une aberration »
http://www.rue89.com/2011/08/12/afghanistan-le-metier-de-soldat-ne-consiste-pas-a-etre-envoye-a-labattoir-217714
"... Le bon sens du peuple ne peut pas être trompé ainsi trop longtemps. Le vent tourne d'ailleurs. La réalité, c'est avant tout la vérité. Toute action engagée va dans le mur si elle ne rencontre pas l'assentiment du peuple, si le peuple est trompé.
Une centaine de personnes seulement pour saluer ces hommes courageux tombés au combat dimanche pour les valeurs démocratiques. Que veut dire une telle indifférence face aux événements tragiques répétés de chaque jour sur ce triste terrain piégé ?
Que nous dit cette réalité ? Certains vont me parler de Realpolitik, d'intérêts économiques ou géostratégiques, d'industrie de l'armement, d'établissemnt de la démocratie ou que sais-je encore et d'enfumer le raisonnement pour justifier la guerre.
Du vent tout cela qui sera balayé par l'histoire, comme pour les conflits précédents non fondés sur la vérité.
Ils font quoi les enfants de nos politiques cet été ? Aux courageux de l'arrière qui écrivent qu'il est question ici de risques du métier, que dire sinon que le métier de soldat ne consiste pas à être envoyé à l'abattoir chaque jour par décisions de commandement mal adaptées ?
Les Français ne sont pas des veaux, n'en déplaise à certains. Les militaires sont nos compatriotes, français, citoyens d'une armée qui se doit de rester républicaine et démocrate. Laisser l'armée aux mains des pires obscurantismes serait une menace pour le pays tout entier.
Une pensée pour ces hommes tombés au combat et pour leurs familles."
Cameron , Sarkozy , ... : s'endetter pour mener des guerres lointaines et négliger les problèmes sociaux internes ?
_ D.Voynet ( Libération ) : La démission de Xavier Emmanuelli et la grève du Samu social de Paris, la mobilisation du DAL en faveur d’un plan d’urgence pour le logement, l’appel des associations unanimes qui, d’Emmaüs au Secours catholique, de Médecins du monde à ATD Quart Monde, somment le Président de tenir enfin ses promesses… Autant d’encouragements pour les maires de banlieue que nous sommes, qui, d’abandons des uns en renoncements des autres, se trouvent en bout de chaîne, confrontés à la détresse des personnes jetées à la rue.
L’absence de réponse aux urgences d’aujourd’hui sape la confiance dans la promesse démocratique de demain. Elle ouvre la voie à toutes les exaspérations, à tous les désordres, à tous les extrémismes et in fine à toutes les divisions. L’interpellation vaut pour le logement comme elle vaut pour l’emploi, la santé, l’éducation ou l’environnement. Avant que l’hiver ne transforme sur notre propre sol une crise aiguë en catastrophe humanitaire.
L’origine de toutes ces situations est identique : la pénurie de logements, la dégradation du parc ancien, la précarité des familles et l’impossibilité pour elles d’accéder au locatif privé, voire même au parc social...
_ Pas d’allocations pour les révoltés de Londres et des grandes villes anglaises.
Des émeutes ont secoué la Grande-Bretagne entre le 6 et le 10 août. "Les problèmes sociaux qui couvent depuis des décennies nous ont explosé au visage", a déclaré le Premier ministre britannique, dénoncant, entre autres, "les enfants sans père, les écoles sans discipline, les récompenses accordées sans effort".
Pour y remédier, David Cameron a proposé d’étendre le service civique de 3 semaines, lancé cette année pour les jeunes de 16 ans. Plus radical, il envisage aussi de "durcir les conditions de ceux qui ne travaillent pas et reçoivent des aides". Les émeutiers sont également menacés de perdre leurs allocations, même s’ils n’écopent pas d’une peine de prison. David Cameron s’est exprimé lundi, promettant une "révision" des politiques, notamment "sur les écoles, les prestations sociales et l’éducation des enfants", pour lutter contre "l’effondrement moral" de la société.
Les propos de Cameron ont provoqué de vives réactions dans l’opposition, qui juge ses réponses simplistes. Pour Ed Miliband, chef des travaillistes, c’est toute la société qui est responsable, et pas seulement les jeunes démunis. Il a notamment pointé du doigt les banquiers "goulus, égoïstes et immoraux" mais aussi les députés qui ont "magouillé leurs notes de frais".
From : Jdd , le Monde , Rue 89 , Europe 1, Slate ...