MF Global, placé sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites, est devenu la principale victime américaine de la crise de la dette dans la zone euro.
La crise de la dette européenne a fait sa première victime de taille aux États-Unis. MF Global, spécialiste de l'intermédiation sur les marchés à terme, notamment de matières premières, s'est placé ce lundi sous la protection de la loi sur les faillites. Avec ses 41 milliards de dollars d'actifs, le courtier représente la huitième plus importante faillite aux États-Unis en trente ans.
Il aura fallu moins d'une semaine pour sceller le destin de la firme, dirigée depuis mars 2010 par la star Jon Corzine, ancien patron de Goldman Sachs et ex-gouverneur du New Jersey. En annonçant mardi dernier une perte surprise de 190 millions de dollars, le courtier, qui emploie 2 870 salariés, avait révélé qu'il détenait une position spéculative de 6,3 milliards sur la dette souveraine européenne, surtout italienne et espagnole. Face à l'ampleur de ce portefeuille, qui se compare à 2,5 milliards de dollars de capital, les agences de notation avaient placé MF Global dans la catégorie spéculative.
De ce fait, ses opérateurs s'étaient vu refuser l'accès aux marchés, de Nyse Liffe au Chicago Mercantile Exchange. Selon le Wall Street Journal, MF Global a tenté tout le week-end de se vendre à un concurrent, Interactive Brokers, qui aurait fait une offre initiale à 1 milliard de dollars, mais ces négociations ont échoué. La faillite était dès lors inéluctable. Selon les médias américains,
les traders de MF Global ont reçu ce matin l'ordre de liquider leurs positions en moins de dix minutes. Les spécialistes étaient confiants sur le fait que la faillite du courtier ne devrait pas déstabiliser les marchés. Selon les documents déposés au tribunal, JPMorgan apparaît comme le plus exposé, devant Deutsche Bank IC.
La banque franco-belge Dexia découpée en morceaux..
La Belgique, la France et le Luxembourg se sont portés au secours de Dexia, première banque victime de la crise ...de la dette en Europe, qui va être dépecée pour pouvoir subsister, en attendant un plan de recapitalisation de l'ensemble du secteur, promis par Berlin et Paris.
Le groupe n'a pas survécu à la crise de la dette souveraine, qui a tari le flux des liquidités dont il avait besoin pour poursuivre ses activités.
Le conseil d'administration a accepté une offre de l'État belge de prendre le contrôle à 100 % de Dexia Banque Belgique, filiale belge du groupe, pour 4 milliards d'euros. La banque avait fait face ces derniers jours à des retraits de fonds importants de ses clients.
Côté français, M. Mariani a reçu mandat du conseil d'administration pour entrer en négociations exclusives avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et la Banque Postale en vue de la reprise de ses activités de financement des collectivités. Après la vente de la branche luxembourgeoise, la BIL, promise à un groupe d'investisseurs liés à la famille royale du Qatar, et celle prévue de la filiale turque Denizbank, joyau de la couronne, il ne restera plus grand-chose du groupe Dexia dans sa forme actuelle.
Les États se sont mis d'accord sur la répartition des quelque 90 milliards d'euros de garanties à apporter à la future structure de défaisance qui subsistera à l'issue du démantèlement : 60,5 % pour la Belgique, 36,5 % pour la France et 3 % pour le Luxembourg.
La France avait à coeur que la Belgique prenne en charge la plus grande part de ces garanties afin de préserver sa note triple A attribué par les agences de notation, un gage de confiance sur les marchés financiers
Après douze heures de réunion, les actionnaires de Dexia ont validé, dans la nuit de dimanche à lundi, l'accord auquel étaient parvenus les gouvernements belge, français et luxembourgeois.
Après le départ de la banque de détail et de celle dédiée aux collectivités locales, une structure regroupera les actifs les plus risqués. Avec des garanties publiques pour 90 milliards d'euros.
La banque de détail ira à la Belgique. L'État belge va racheter à brève échéance la banque de détail Dexia Banque Belgique, pour un montant de 4 milliards d'euros. Cela permettra à Dexia de réduire de 14 milliards d'euros son besoin de financement à court terme. C'est ce besoin qui a entraîné sa chute, les autres banques refusant de lui prêter dans le contexte de la crise de la dette.
La banque des collectivités ira à la France. L'État français veut adosser à la Caisse des dépôts (CDC) les activités de prêt aux collectivités locales françaises. 70 milliards d'euros d'actifs figurent dans le portefeuille de Dexia Municipal Agency. Le gouvernement français souhaite créer une nouvelle banque des collectivités locales en s'appuyant sur la Banque postale et la CDC. Les deux banques ont annoncé hier un « partenariat » pour financer les collectivités locales, sans faire référence à Dexia.
La banque d'investissement irait au Qatar. Un groupe financier contrôlé par la famille régnante du Qatar reprendrait la filiale Banque d'investissement au Luxembourg. Le Grand-Duché prendra une participation minoritaire. Il vise un accord définitif d'ici à la fin du mois. La filiale turque Denizbank n'a pas été évoquée, lundi, mais elle intéresserait la banque russe Sberbank. Les 600 salariés de la holding seront par ailleurs reclassés.
Le reste sera garanti par la France, la Belgique et le Luxembourg. Les autres activités de Dexia seront regroupées dans une structure qui restera cotée. On y trouvera notamment les 21 milliards d'obligations d'États fragiles de la zone euro, mais aussi des banques italienne, espagnole et allemande.
Pour assurer les besoins de financement de cette « bad bank », 90 milliards d'euros de garanties publiques vont être apportés, selon la même clef de répartition que lors du renflouement de Dexia en 2008 : 60,5 % pour la Belgique, 36,5 % pour la France et 3 % pour le Luxembourg. Malgré cela, l'agence Standard & Poor's a confirmé la note AAA de la France et la note AA + de la Belgique, avec une perspective négative pour cette dernière.
From :le Figaro, Ouest , la Voix du Nord,...