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Intox ou rumeur fondée ? Une méchante rumeur dit que la dette française serait attaquée sur les marchés financiers au lendemain de l’élection présidentielle. En particulier, il semblerait que des banques américaines s’apprêteraient à vendre massivement des obligations convertibles du Trésor français pour déstabiliser les spreads, c’est-à-dire l’écart de taux avec l’Allemagne.

 

 

Dans l’hypothèse où un président de gauche serait élu, de quelle marge de manoeuvre disposera-t-il pour mettre en place une politique économique éloignée des objectifs fixés par les marchés ? La question reste ouverte. Et risque de poser un véritable problème en termes démocratiques : comment réagir si les places financières dictent aux Français des choix contre lesquels ils se seront exprimés par la voix de l’élection? L’exercice, dans ce cas de figure, ne manquera pas d’intérêt. Car, si les sondages se vérifient, il est plausible que François Hollande remporte les élections avec un soutien majeur provenant du Front de Gauche dont les principes affichés sont assez éloignés des diktats boursiers.

 

 

Un véritable coup d'Etat financier va se jouer en France à partir du 16 avril ?Nicolas Sarkozy et l'AMF préparent un attentat financier pour le 16 avril ?Nicolas Sarkozy via l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) vont permettre d'ouvrir sur l'Eurex, le marché des dérivés, un contrat à terme sur les emprunts d'Etat français, l'autorisation des ventes à découverts.

A dater du 16 avril, suite à une décision de l’AMF (Autorité française des marchés financiers), la plateforme Eurex (« European exchange ») va mettre à disposition des investisseurs un nouveau produit financier (« future ») permettant d’acheter ou de vendre à terme des obligations d’Etat françaises (« OAT »).La bourse allemande va proposer à ses investisseurs un nouveau produit dérivé sur la dette française. Pour Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, le lancement d'un tel outil de spéculation sur les marchés est proprement scandaleux.

 

Ce mécanisme purement spéculatif appelé en anglais «short selling» ou «shorting» consiste à vendre un titre dont on anticipe la baisse. Le vendeur s'engage à fournir à un certain prix à une certaine date, en faisant le pari que le titre va baisser entre temps …Que cela veut-il bien dire ?

 

Ces contrats à terme, dits "futures" dans le jargon des financiers, ont au départ pour objectif de répondre au souci des investisseurs de se couvrir contre une trop forte variation des prix. Ainsi, un agriculteur qui craint une baisse des prix du blé après la moisson va vendre sa récolte au prix du marché à un instant T, mais plusieurs mois avant la délivrance réelle de l'objet. L'acheteur, qui mise de son côté sur une hausse des prix, ne le paiera que beaucoup plus tard, à la date du terme. Concrètement, ces produits financiers évoluent comme le contrat sous-jacent (dans notre cas, l'obligation d'Etat française), mais par principe seuls les frais de transaction sont versés au moment de la signature du contrat. D'où le risque spéculatif qu'ils comportent.

 

Les actions les plus fragiles deviennent particulièrement vulnérables ainsi que les places financières. En plus simple: les spéculateurs du monde entier pourront vendre simplement de la dette française et ce à bas coût avec un effet de levier de 20 pour les bons du trésor.Exemple : avec 50 000 euros investit en cash, il sera possible de vendre à découvert 1 million d'euros d'emprunts d'Etat français en bons du trèsor .Ainsi il n'était plus aussi facile de spéculer contre la France. ( un nouveau champ à la spéculation sur les dettes publiques, avec toutes les facilités qu’apprécient les opérateurs : effet de levier, paiement différé, informatisation autorisant les transactions à haute fréquence …)

 

La vente à découvert peut être également un emprunt. En effet, l'acheteur emprunte un titre uniquement en échange de la promesse de le rendre un peu plus tard au moment de la liquidation. L'acheteur va pouvoir le vendre, avec pour objectif que le cours baisse et qu'il puisse alors le racheter moins cher avant de le rendreà son prêteur. Lorsque la vente a découvert est gagée sur un emprunt de titre, elle peut en outre être reportée.

La vente à découvert peut également s'effectuer"à nu". C'est à dire que l'acheteur n'emprunte rien et qu'il se contente de vendreà terme des titres qu'il ne possède pas. Il parie sur la baisse du cours de ce titre afin d'acheter à moins cher que ce qu'il a promis de vendre. Pratiquée massivement, cette technique provoque la baisse des cours que souhaitent les vendeurs.

Un programme informatique spécifique pour pratiquer la vente et le rachat très rapide de titres dès qu'il s'oriente à la baisse. A grande échelle, cela présente le risque d'amplifier les baisses en déformant les cours.

 

Mais avec la crise, le risque de spéculation n'est pas nul. Les paris à la baisse sur la dette française seront automatiquement rendus plus accessibles, grâce à l'effet de levier crée par le contrat. Certains s'étonnent d'ailleurs du choix du timing : l'Eurex a choisi de lancer son produit le 16 avril prochain, soit une semaine pile avant les élections présidentielles, qui s'accompagnent traditionnellement d'une forte instabilité des marchés. Les finances publiques se sont dégradées et l’Union européenne a découvert qu’elle avait soigneusement assemblé tous les rouages d’une bombe à retardement...tout ce qu’il faut pour remettre le destin des peuples européens entre les mains des « marchés  financiers»

 

 

Ce mécanisme est très dangereux pour les Etats, les entreprises et les investisseurs. Le vendeur n'est pas obligé d'avoir l'argent pour ce qu'il compte vendre. Tout cela est rendu possible contre le paiement d'une CRD ( Commission de Règlement Différé). Cela permettra de ne payer que 5 à 20 jours plus tard à condition que les titres soient éligibles au SRD (Service du Règlement Différé) ce qui est le cas des grandes capitalisations boursières. Bien entendu, cela n'est pas réservé à Mr et Mme Toulemonde qui n'ont pas un centime de côté.

 

 

Les vendeurs à découverts sont accusés depuis de nombreuses années d'être à l'origine des crises financières majeures. L'Agence Reuters, Bear Sterns, Lehman Brothers ont accusé de nombreux entrepreneurs « manipulateurs » de répandre de fausses rumeurs après avoir vendu à découvert les actions de leurs entreprises avant que ces dernières ne fassent faillite ou ne soient reprise par un concurrent. Un tel parallèle peut également tout à fait se faire au niveau des Etats et plus particulièrement ici au niveau de la France avec tout ce qui va de son lot de rumeurs et de manipulations d'un niveau bien plus considérable que celui des spéculateurs indélicats ....

 

Aucun Etat, aucune région au monde n’ont poussé aussi loin la soumission au dogme : aux USA et au Royaume-Uni, la Banque centrale soutient directement le budget public ; au Japon, la dette publique (très élevée : 200 % du PIB) est, pour l’essentiel, entre les mains des résidents et notamment des ménages, ce qui permet à ce pays de considérer avec le recul qui convient les oracles des agences de notation.

 

Les « marchés » ont vite compris qu’il était possible d’enfoncer des coins dans l’Union européenne et de s’attaquer avec profit à ses maillons les plus faibles. D’où le retour à un traitement différencié des dettes souveraines par pays et la sophistication croissante des produits de spéculation.


La récente décision de l’AMF, qui va élargir les possibilités de spéculation sur la dette publique française, est une illustration parmi d’autres de cette tendance. Elle est doublement fâcheuse : techniquement, on ne voit pas son utilité ; symboliquement, elle renforce les soupçons de collusion entre le politique et les intérêts financiers.

Cela ne sera possible en fait qu'avec la complicité  de nombreux politiques, médias, analystes et grands comptes ..??? .Autoriser cela à 6 jours du premier tour de l'élection présidentielle revient à organiser un attentat financier sur la France.???

 

 

 

Depuis quelques jours, plusieurs politiques, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, tirent à boulet rouge sur ce nouveau produit financier lancé par la Bourse de Francfort. Le 16 avril prochain, l'Eurex, filiale de la Deutsche Börse, va en effet proposer à ses clients des contrats dérivés sur la dette française. Eurex, qui lancera les contrats à terme le 16 avril, a déjà signé un accord avec Barclays Capital et Morgan Stanley, pour qu'ils jouent le rôle de teneurs de marché.

« Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits comme toutes les ventes à découvert et les CDS non adossés. Je préviens que des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation» a tenu à préciser le candidat du Front de Gauche.

 

Marine Le Pen lui a emboîté le pas dans un communiqué, vilipendant une nouvelle « agression de la finance » : « Le fascisme doré, cette toute-puissance organisée des banques et des marchés financiers, s'offre le 16 avril un nouvel instrument pour accroître son emprise sur nos vies : un nouveau contrat à terme sur les obligations d'Etat françaises.»

 

Europe Ecologie-Les Verts s'était interrogé « sur les motivations qui poussent l'AMF et son président Jean-Pierre Jouyet ainsi que l'Agence France Trésor et son ministre de tutelle François Baroin à enclencher cette bombe à retardement en pleine campagne présidentielle».

 

 

From : Atlantico ,Médiapart ,les Echos , l'Expansion, ...

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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