Le «coup de tonnerre» de l'arrestation new-yorkaise de Dominique Strauss-Kahn a totalement rebattu les cartes pour la primaire socialiste à l'élection présidentielle de 2012. François Hollande était le challenger. Le voici désormais favori. Un sondage réalisé par Harris Interactive en début de semaine le place désormais en première position auprès des sympathisants de gauche (37%) comme du PS (49%).
S'ils sont obligés pour la plupart d'attendre quelques jours avant de se lancer dans cette nouvelle bataille politique, tous ont commencé à prendre contact avec les troupes de DSK en déshérence. L'enjeu des semaines à venir consistera à récupérer le maximum de soutiens. François Hollande est assuré de retrouver à ses côtés ceux de ses amis qui hésitaient entre lui et DSK.
Martine Aubry et Laurent Fabius vont s'arracher ses principaux lieutenants, Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Moscovici.
DSK Dominique Strauss-Kahn, candidat socialiste à la présidentielle favori des sondages médiatiques, est hors-jeu ...
C'est la « bulle DSK » qui a explosé dans une chambre du Sofitel de New York dimanche dernier.
La construction visant à imposer à la gauche, et au pays, cette candidature paradoxale, s'est disloquée. Il sera, quoiqu'il arrive désormais, impossible de la rafistoler. Le Parti socialiste français en a déjà pris acte, ces derniers jours, après un bref moment de stupeur, et les commentateurs médiatiques de la vie politique française également. Le vent vient subitement de tourner. Il souffle désormais dans une autre direction. Les spins-doctors planchent déjà sur d'autres scénarios. Il écrivent déjà d'autres histoires…
Bulle médiatique :la candidature de DSK était uniquement portée par le commentaire des éditorialistes et des hommes politiques, soutenue par des sondages douteux ou sans aucune signification.Cette candidature virtuelle occupait en fait tout l'espace politique et médiatique avec du vide, gênant considérablement tous les adversaires potentiels de DSK (à gauche comme à droite), en imposant ce calendrier de l'attente, tentant de bâtir les conditions favorables à l'arrivée d'un homme providentiel sous les traits du « messie de Washington », sans avoir pour autant avancé le moindre élément de programme ni formulé aucune proposition politique concrète ?
Une candidature contre-nature
Quelques sondages d'opinion, assez peu commentés d'ailleurs, suggéraient bien, pourtant, que cette étape de la primaire pouvait être beaucoup plus délicate pour DSK qu'on ne voulait bien le dire.
Ce positionnement assez aberrant pour la gauche (très à droite, « caviar et FMI ») pouvait à tout moment se révéler pour ce qu'il était, en réalité : une sorte de candidature contre-nature vis à vis de la culture traditionnelle d'une large partie des sympathisants de la gauche.
Bref, cette candidature fabriquée sur le papier et à grands renforts de calculettes sondagières, si artificielle, voulait s'imposer comme une sorte d'évidence « naturelle » non discutée, malgré son caractère paradoxal.
Rien n'assurait pour autant qu'elle tiendrait le coup confrontée au réel d'une vraie campagne et au contact du vrai électeur.
Déjà en 2007,Sarkozy a dit : "Il ne veut pas être candidat" Ou, lourd d'allusions mystérieuses, il glissait à ses interlocuteurs : "Tu sais comme moi qu'il ne peut pas être candidat." Et aussi : "C'est un jouisseur", "il vit trop", "il aime trop la vie" ... "Sarkozy restait persuadé que le job était trop emmerdant pour Strauss-Kahn et qu'il n'irait jamais", résume l'ancien porteparole de l'UMP Dominique Paillé.
Au jourd'hui, ce serait plutôt : il ne me fait pas peur. En mai dernier, à quelques députés UMP qu'il réunissait pour déjeuner, le président de la République confiait : "DSK n'est pas capable de tenir une campagne présidentielle. Devant moi, j'ai Martine Aubry et Eva Joly." Ou encore : "Le match sera difficile, mais tous les candidats me vont." Et assure désormais sans faillir que seul François Hollande l'inquiète .
Entre la sarkozie et la strauss-kahnie, infos - et intox circulent plus rapidement chaque jour. Couloirs des banques d'affaires, petits déjeuners de grands patrons ou de communicants, simples dîners mondains, chaque camp croise l'autre, le sonde, l'espionne. Les vacances de Noël au Maroc ont beaucoup fait jaser : le couple Strauss-Kahn a réuni dans son ryad, à Marra kech, un genre de task force. Des amis comme l'écrivain Dan Franck, mais aussi l'avocat Jean Veil, Gilles Finchelstein et Anne Hommel d'Euro-RSCG, et pour un déjeuner ou un café Ramzi Khiroun, le nouvel homme fort du groupe Lagardère, Jean-Paul Huchon, le patron de la région Ile-de-France, ou Bernard-Henri Lévy.
Septembre 2009, sommet de Pittsburgh. Quelques jours plus tôt, un livre d'Antonin André et Karim Rissouli, "Hold-ups, arnaques et trahisons" (Editions du Moment), rapportait les confidences - mollement démenties - de Frédéric Lefebvre à quelques journalistes : "DSK ne tiendrait pas une semaine. On a des photos, elles existent ! On les fera circuler, ça ne plaira pas aux Français." Strauss-Kahn prend le chef de l'Etat à part et lui passe un savon : "J'en ai plus qu'assez des ragots répétés sur ma vie privée et sur les prétendus dossiers et photos qui pourraient sortir contre moi. Je sais que tout ça part de l'Elysée. Alors, dis à tes gars d'arrêter, ou sinon je saisirai la justice", gronde le patron du FMI. "Tu sais bien que ce n'est pas moi, ce n'est pas mon style", répond Sarkozy, l'air ennuyé. Le président, depuis, se contente en effet de glisser en souriant :"A côté de lui, j 'aurais l'air d'un pasteur méthodiste..."
Chansons potache : Soeur Sourire chante Dominique ..... Tube Top Hits de l' Eté ???
From : NouvelObs ,Novövision, rue 89,...