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Le sommet de l'Union africaine (UA), qui s'est ouvert  à Addis-Abeba, est l'occasion pour le continent de se pencher une fois encore sur le cas de la Côte d'Ivoire. La réunion sera l'occasion d'une nouvelle passe d'armes entre les partisans du président élu, Alassane Ouattara, et ceux du président sortant, Laurent Gbagbo, qui se maintient au pouvoir depuis près de deux mois.

 

 

Officiellement, la position de l'UA est claire : elle apporte un soutien inconditionnel au chef d'État élu; dans les faits, le front anti-Gbagbo est largement lézardé.

L'éventualité d'une intervention armée en Côte d'Ivoire de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) agite les esprits.

L'idée a été vivement débattue lors d'une réunion vendredi soir de Conseil de paix et de sécurité. L'intervention est poussée par son principal promoteur, le Nigeria, et son président Goodluck Jonathan, ainsi que par le Burkina Faso et le Sénégal. Mais elle a des contradicteurs. En Afrique de l'Ouest, le Ghana a expliqué qu'il n'y prendrait pas part et le Togo se montre peu enthousiaste. Sur le reste du continent, l'hostilité est encore plus nette. Emmenés par l'Angola, unique soutien de poids de Laurent Gbagbo, plusieurs pays, et non des moindres, sont réticents, comme l'Afrique du Sud.

 

 

En creux, c'est le soutien sans condition de l'UA à Alassane Ouattara qui est en jeu lors de ce sommet, ainsi que la chance de voir la Côte d'Ivoire sortir pacifiquement de cette crise. Le président ougandais, Yoweri Museveni, a déjà taxé de «simplistes» les déclarations de l'ONU sur la victoire d'Alassane Ouattara. Jacob Zuma, le président sud-africain, voit pour sa part des «contradictions» dans les résultats de l'élection.

Ces atermoiements semblent conforter la stratégie de Laurent Gbagbo. Politique roué, il affirme depuis des semaines que le temps joue en sa faveur. Mais il ne contente pas d'être passif. Son conseiller, Williams Atteby, a fait le tour des capitales africaines pour plaider. Et le message porte. En cette année électorale pour dix-huit pays africains, l'activisme en faveur d'une démocratie sans faille de la Cedeao fait peur. L'élection presque certaine, demain, de Teodoro Obiang Nguema à la tête de l'Union africaine n'est pas non plus une bonne nouvelle pour Alassane Ouattara. Obiang dirige sans partage la Guinée équatoriale depuis 1979.

En réaction, Alassane Ouattara a dépêché auprès de ses homologues son premier ministre, Guillaume Soro, avec un autre message. Pour assurer son pouvoir, le président élu paraît désormais plus compter sur un étouffement économique de son rival que sur l'option militaire. Il a ainsi obtenu le limogeage du président de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCAO) ainsi qu'un gel des exportations de cacao, principale source de devises de la Côte d'Ivoire.

 

 

 

Dans un entretien au "Monde", Laurent Gbagbo, président sortant de Côte d'Ivoire, revient sur le déroulement de l'élection présidentielle du 28 novembre. Il accuse la France et les Etats-Unis d'avoir incité l'Union africaine, les Nations unies et la Cédéao à soutenir son rival Alassane Ouattara.Laurent Gbagbo dénonce un "complot" franco-américain.....

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2010/12/27/laurent-gbagbo-denonce-un-complot-franco-americain_1457949_3208.html

 

http://d.yimg.com/i/ng/ne/chappatte/20110406/20/2369567099-la-victoire-ternie-de-ouattara.jpg

 

 

Ce que révèle la crise ivoirienne ...

L’intervention militaire, est encore plus difficile à manier.

Pour être légale au regard du droit international, une intervention extérieure doit être approuvée par l’ONU. Si elle ne l’est pas, elle ne fait que tendre les relations entre continents et grandes puissances mais ce consensus onusien est d’autant plus rare qu’il n’y pas que la Chine et la Russie pour répugner à mettre des Casques bleus au service de la démocratie. Peu ou prou, tous les Etats ont des réserves sur le droit d’ingérence. Ils sont même de plus en plus nombreux à y être hostiles, non seulement car aucun n’aimerait qu’il puisse s’appliquer à eux mais aussi parce qu’il y a de bonnes raisons d’en contester l’efficacité et, donc, la pertinence.

 

Quand une organisation humanitaire intervient dans un conflit pour soigner des blessés et nourrir des réfugiés, elle ne prétend qu’à sauver des vies. Elle ne prend pas de responsabilité qu’elle ne puisse assumer mais lorsque, drapeau de l’ONU ou pas, des Etats entreprennent d’aller faire respecter la démocratie par les armes, ils ne peuvent pas se contenter de débarquer et repartir aussitôt. Le pays dans lequel ils s’ingèrent est, par définition, fragile et déchiré. Il faut prendre en charge son destin, en rétablir l’économie, y créer ou recréer les conditions de la paix civile. Cela demande non seulement d’y investir beaucoup d’argent mais aussi d’y rester assez longtemps pour satisfaire à une obligation de résultats sans pour autant devenir impopulaire.

 

Aucun pays ne peut, en fait, s’y lancer sans que de puissants intérêts nationaux ne justifient, aux yeux de son opinion, les pertes humaines et les dépenses budgétaires qu’il implique. C’est une condition sine qua non mais, dès lors que ces intérêts sont clairs, ils fonderont vite les accusations d’impérialisme ou de néocolonialisme avant de susciter de réactions de rejet contre ce qui apparaîtra bientôt comme une occupation étrangère. A aucun point de vue, on ne prend impunément parti dans un conflit intérieur car ses raisons profondes, historiques, sociales, ethniques ou religieuses sont encore plus difficilement surmontables de l’extérieur .

 

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Jamais l’indépendance nationale ne fut aussi belle que sous le colonialisme. Très peu des pays sortis des empires du XXe siècle ont pu se stabiliser dans la démocratie parce que leur domination avait été rendue possible par leur retard sur l’Europe, que les puissances coloniales ne les ont pas développés mais saignés à blanc, que la répression y a interdit l’affirmation de vraies forces politiques et qu’ils disposaient de si peu de cadres à leur indépendance qu’ils ont troqué le colonisateur contre le dictateur.

Le postcolonialisme, en un mot, ne leur a guère été plus bénéfique que le colonialisme. Pire encore, quand des élections y sont organisées, elles réveillent trop souvent des antagonismes ethniques car, loin d’avoir dessiné des Etats-nations, les frontières coloniales ont été tracées par des occupants dont le premier souci était de diviser pour régner en faisant éclater et mélangeant des peuples de cultures et traditions différentes.

 

 

 

 

Sarkozy engage la France dans des expéditions et guerres néocoloniales ?

Des combats au sol, à l'arme lourde et légère, opposaient lundi matin les forces du président sortant et celles de son rival Alassane Ouattara dans le quartier de Cocody, entre la télévision d'Etat RTI et l'Ecole de gendarmerie, deux fiefs du chef de l'Etat sortant. Des combats qui interviennent quelques heures après des frappes de l'ONU et de la France près du palais présidentiel où Laurent Gabgbo est retranché.


L'Elysée a confirmé ce lundi matin l'implication de Paris dans les frappes contre la résidence. Peu après minuit, des tirs de missiles ont été déclenchés, alors que les forces pro-Gbagbo ont regagné du terrain ces derniers jours à Abidjan face aux combattants d'Alassane Ouattara.

Dénonçant ces tirs de la force française Licorne «sur la résidence du chef de l'Etat», le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a affirmé que la France n'a «pas d'autre objectif» que d' «assassiner» Laurent Gbagbo.

La population à Abidjan était évalué à quatre millions d'habitants au début des combats le 31 mars, et qui se trouve au bord d'une catastrophe humanitaire. L'eau et l'électricité sont coupées dans certains quartiers, les vivres manquent, les hôpitaux sont débordés et des cadavres abandonnés dans les rues, alors que des quartiers entiers sont plongés dans l'anarchie et livrés aux pillages.

 

 

La situation humanitaire alarmante dans l'ouest

Par ailleurs, l'Ouest ivoirien, théâtre de massacres dénoncés par les ONG et l'ONU, compte plus de 85 000 personnes déplacées dans une situation humanitaire catastrophique. «A Duékoué, plus de 25 000 personnes sont toujours réfugiées à la mission catholique, et 1 000 autres sont dans une mission protestante», précise le coordonnateur humanitaire entre les agences de l'ONU et des ONG, Ndolamb Ngokwey.

«Plusieurs centaines» de personnes ont été tuées dans des massacres dans la région, selon l'ONU, et ces réfugiés «se sont cachés plusieurs journées dans la forêt» avant d'être secourues par l'ONUCI. «Ces personnes-là ont vécu de véritables journées d'enfer», continue Ndolamb Ngokwey, et préfèrent rester dans les missions.

Face aux problèmes alimentaires et sanitaires, l'aide s'organise. «Le  Programme alimentaire mondial vient de délivrer 85 tonnes de vivres composées notamment de riz, d'huile, de haricots», explique le coordonnateur. «Grâce au Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés, des bâches et des nattes ont été fournies mais ce n'est pas suffisant. Save the children a également fourni une aide alimentaire, et surtout une aide médicale», poursuit-il.

 

 

 

L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Roland Dumas et Jacques Vergès, tous deux avocats, ont dénoncé jeudi l'ingérence française et internationale en Côte d'Ivoire, apportant leur soutien au président sortant Laurent Gbagbo. MM. Dumas et Vergès sont arrivés jeudi à Abidjan pour soutenir et conseiller Laurent Gbagbo.
"Qu'est-ce qui autorise le gouvernement français à intervenir dans une querelle électorale en Côte d'Ivoire ? Le temps de la colonisation et des juges de paix à compétence étendue est terminé", a déclaré, sur la chaîne i-Télé, Jacques Vergès, 85 ans, connu pour ses engagements tiers-mondistes, notamment sur le continent africain. "J'ai quelques indications pour pouvoir dire que tout le monde n'est pas d'accord dans la communauté internationale. Elle se résume à quelques personnalités qui se mêlent de tout et dont on va examiner le cas", a estimé pour sa part Roland Dumas, 88 ans, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand.

 

From : le Monde , le Point , Libération ,le Parisien ...

 


 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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