Samedi, la France avait dit « regretter de ne pouvoir prendre part aux commémorations » et annulé le voyage prévu à Kigali de la ministre de la justice, Christiane Taubira. « La France est surprise par les récentes accusations portées à son encontre par le président du Rwanda » qui « sont en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation engagé depuis plusieurs années entre nos deux pays ».
« Dans ces conditions, Mme Taubira, garde des sceaux, ne se rendra pas ce lundi à Kigali », a-t-il ajouté, alors que la ministre avait été choisie par François Hollande pour y représenter le pays.
LES SOLDATS FRANÇAIS « COMPLICES » ET « ACTEURS »
Dans un entretien publié dimanche 6 avril dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame accuse une nouvelle fois la France de « participation » à l'« exécution » du génocide de 1994.
Evoquant la question des responsabilités, le président rwandais dénonce le « rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même ». Il accuse les soldats français de l'opération militaro-humanitaire « Turquoise », déployée en juin 1994 sous mandat de l'Organisation des Nations unies dans le sud du pays, d'avoir été « complices certes » mais aussi « acteurs » des massacres.
LA FRANCE DOIT « REGARDER LA VÉRITÉ EN FACE »
La France doit « regarder la vérité en face » concernant son rôle dans le génocide, a estimé quant à elle, dimanche, la ministre rwandaise des affaires étrangères. « Pour que nos deux pays commencent réellement à s'entendre, nous allons devoir regarder la vérité en face, la vérité est difficile, il est compréhensible qu'il soit très difficile d'accepter la vérité d'être proche de quelqu'un associé au génocide », a déclaré Mme Mushikiwabo, qui s'exprimait à Kigali lors d'un forum international au Parlement.
« Il est impossible pour nos deux pays d'avancer si la condition est que le Rwanda doive oublier son histoire pour s'entendre avec la France (...) Nous ne pouvons avancer au détriment de la vérité historique du génocide », a-t-elle poursuivi.
Mme Mushikiwabo a ensuite jugé que les propos de M. Kagame n'étaient « ni nouveaux ni surprenants », mais que la réaction française, elle, était « excessive ». « C'est malheureux parce que l'histoire est l'histoire », a poursuivi la ministre, estimant que « le peuple français en général ne devrait pas être tenu dans l'ignorance de ce que certains responsables français ont fait » au Rwanda. « Si le président Kagame doit se taire pour que la France et le Rwanda s'accordent alors je crois que le chemin est encore long », a-t-elle ajouté.
PAS DE « PARTICIPATION DIRECTE » SELON KOUCHNER
Ces accusations ont été maintes fois démenties par Paris. Dans une première réaction, la présidence française avait jugé samedi que les nouvelles déclarations de M. Kagame n'allaient « pas dans le sens de l'apaisement ». « J'appelle le président de la République et le gouvernement français à défendre sans ambiguïté l'honneur de la France, l'honneur de son armée, l'honneur de ses diplomates », a demandé samedi soir Alain Juppé sur son blog.
Dans des propos recueillis par Le Monde, l'ex-chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, principal artisan du rétablissement des relations diplomatiques franco-rwandaises en 2010, venu dimanche participer au forum international et assister aux commémorations à Kigali, a déclaré : « C'est une erreur de part et d'autre (...). C'est plus qu'un malentendu, c'est une incompréhension. »
« L'opération Turquoise, je l'ai vendu et Paul Kagame l'a accepté. Elle était destinée à sauver des vies même s'il y a eu quelques ordres bizarres… Est-ce que les troupes françaises ont elles mêmes assassiné à la main quelques tutsis, je ne le crois pas du tout. Mais que tout a été préparé avec leur consentement illicite, implicite, je n'en sais rien », a ajouté M. Kouchner, qui fut le ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, premier et seul président français à s'être rendu au Rwanda depuis le génocide. Nous avons mis vingt ans à juger un génocidaire. Il n'y a pas de quoi se vanter. »
Le Rwanda lance lundi 5 avril cent jours de commémorations du génocide de 1994, marquant la centaine de journées qui suffirent, il y a 20 ans, pour qu'environ 800.000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsi, soient massacrées.
Ce 20e anniversaire du génocide est placé sous le thème "Souvenir, unité, renouveau". Les commémorations "sont un temps pour se souvenir des vies perdues, faire preuve de solidarité avec les survivants et nous unir afin que cela n'arrive plus jamais, au Rwanda ou ailleurs", explique le programme officiel.
Pour commencer la journée, le président rwandais Paul Kagame allumera au mémorial de Gisozi à Kigali, à l'aide d'une torche ayant parcouru le Rwanda depuis trois mois, une flamme du deuil qui brûlera durant ces cents jours. Une marche du souvenir et une veillée aux chandelles sont également prévues.
Paul Kagame s'exprimera dans le plus grand stade de Kigali, en présence des représentants de nombreux pays et organisations, notamment de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, dans l'histoire desquelles le Rwanda reste une tache noire, l'ONU ayant été incapable en 1994 de faire cesser les massacres malgré 2.500 Casques Bleus sur place.
"Regarder la vérité en face"
La France, alliée en 1994 du régime extrémiste hutu à l'origine du génocide et dont le rôle dans les massacres reste controversé, a décidé au dernier moment samedi d'annuler sa participation aux cérémonies. Paris a ainsi réagi à une interview de Paul Kagame qui a accusé la France, d'avoir joué, avec l'ex-puissance coloniale belge, un "rôle direct dans la préparation du génocide" et d'avoir participé "à son exécution même". Dimanche soir, le Quai d'Orsay a néanmoins indiqué que la France serait représentée aux commémorations par son ambassadeur à Kigali Michel Flesch.
La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a estimé dimanche "injustifiée" la décision française et invité la France à "regarder la vérité en face" sur son rôle dans le génocide. "Il est impossible pour nos deux pays d'avancer [...] au détriment de la vérité historique du génocide", a souligné Louise Mushikiwabo.
Ces nouvelles tensions avec la France et les enjeux diplomatiques plus larges de cet anniversaire pour Kigali, récemment cible de sévères et inédites critiques internationales, jusque de la part de ses plus fidèles alliés, Etats-Unis en tête, pourrait bien éclipser le souvenir des victimes.
Rappeler la mémoire des victimes
Le Rwanda a connu également plusieurs crises diplomatiques récemment, avec son voisin tanzanien et avec l'Afrique du Sud. Le niveau des délégations sera donc scruté à la loupe. Washington a envoyé son ambassadrice à l'ONU.
Tout en niant les accusations de Paul Kagame, la Belgique a elle maintenu sa participation. "Ce que nous allons faire au Rwanda, c'est commémorer un génocide, c'est-à-dire rappeler la mémoire des victimes, de leurs familles", a souligné dimanche son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, "c'est ça le sens de notre démarche. Nous n'allons pas rendre hommage à un gouvernement rwandais actuel."
De son côté, le président américain Barack Obama a rendu hommage dimanche aux victimes du génocide, soulignant qu'il avait "secoué la conscience du monde" et qu'il n'était "ni un accident, ni inévitable".
Le Rwanda a longtemps bénéficié dans ses relations diplomatiques du sentiment de culpabilité de la communauté internationale, restée inerte face aux massacres. Mais Kigali a récemment été accusé, jusque par ses plus proches alliés, Washington en tête, de déstabiliser l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et d'être impliqué dans les meurtres ou tentatives de meurtre de dissidents rwandais réfugiés en Afrique du Sud. L'"autoritarisme" du régime commence également à être critiqué.
Traumatismes
Le deuil officiel au Rwanda prendra fin le 4 juillet, anniversaire de la prise de Kigali par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), commandés par Paul Kagame, qui allaient mettre fin au génocide.
Vingt ans après les massacres, le Rwanda se présente comme un pays moderne, aux progrès économiques indéniables et réconcilié avec lui-même, où les termes hutu et tutsi sont devenus tabous. Mais de observateurs estiment qu'il faudra encore des année avant que la réconciliation entre bourreaux et victimes, qui se côtoient parfois quotidiennement dans les villages, soit effective.
Les traumatismes du génocide, bien qu'enfouis, restent présents. Chaque année, l'anniversaire des massacres est une période douloureuse parfois marqué par des "ihahamuka", crises traumatiques incontrôlables, parfois collectives, où se mêlent cris, larmes ou épisodes proches de l'épilepsie.
Quand il a appris que la France envoyait un contingent s'interposer dans la guerre civile de la République centrafricaine (RCA), ce général a envoyé un message au ministère de la défense : « Souvenez-vous du Rwanda ! », a-t-il lancé. « On croyait bien faire, et on s'est retrouvés exposés à la vindicte du monde », avertit ce militaire qui commandait sur le terrain rwandais, en 1994, aujourd'hui reconverti dans le privé.
L'opération « Sangaris » en RCA a réveillé de douloureux souvenirs. Des officiers français se revoient au milieu des monceaux de cadavres, en 1994. En juin de cette année-là, Paris finissait par décider de l'opération « Turquoise », l'envoi de 2 500 soldats, pour deux mois, au coeur de la tuerie en cours au Rwanda.
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Or la France, après le génocide qui a tué 800 000 Tutsi et Hutu modérés entre avril et juillet 1994, a dû répondre de son soutien durable au régime hutu. Et ses militaires, d'accusations graves de complicité.
« Le pire pour un militaire est d'être placé au milieu d'une population qui se massacre et d'être accusé d'en porter la responsabilité », dit un officier de l'armée de terre, jeune capitaine de « Turquoise ». « En RCA, on a accepté de facto d'être impuissants. On est partis en situation d'infériorité numérique. Il est sûr que le Rwanda obsède les officiers de la force “Sangaris” à Bangui », poursuit-il.
« LE RWANDA, ON N'EN PARLE PAS »
Vingt ans après, que reste-t-il du drame dans l'armée française ? D'abord, un silence. « J'ai demandé si une cérémonie pouvait se tenir. On m'a dit : “C'est casse-gueule ton truc” », note Laurent Attar-Bayrou, président de la Fédération nationale des anciens des missions extérieures. « De notre point de vue, nous avons rempli la mission qui nous était donnée avec honneur. Il y a eu deux lectures des événements. Le temps permet d'effacer les blessures individuelles et les contentieux collectifs », veut croire le chef d'état-major de l'armée de terre, Bertrand Ract-Madoux. Le nouveau patron des armées, Pierre de Villiers défend l'opération en RCA : « C'est bien pour éviter un Rwanda qu'on y est allés ! » Mais dans l'institution, juge-t-il, « les références sont le Golfe, le Kosovo, la Bosnie, la Côte d'Ivoire. Le Rwanda, c'est quelque chose dont on ne parle pas ».
L'armée, depuis, s'est totalement renouvelée. Le général Jean-Claude Lafourcade, ex-commandant de la force au Rwanda, estime que « les jeunes officiers d'aujourd'hui ont oublié ». Avec son association France Turquoise, il apparaît comme la pointe isolée d'un combat collectif pour l'honneur, que l'issue des procédures judiciaires en cours contre des militaires et des responsables politiques français n'épuisera pas. « Nous ne voulons pas que dans les livres d'histoire, l'armée française soit taxée de participation à un génocide. »
Le Rwanda ? « C'est le spectre », dit le général Elrick Irastorza, ex-chef d'état-major de l'armée de terre. De ce fantôme, il n'est pas aisé de déceler les traces. Certains portent bien une cicatrice, toujours à vif, mais la cachent. C'est le cas de cet officier des commandos, pour qui l'image est nette : une petite fille de 6 ou 7 ans court vers lui, le crâne ouvert par un coup de machette, les méninges apparentes, condamnée. Aujourd'hui, assis droit dans un bureau ministériel, il ne lâche pas un mot de plus que nécessaire, refusant les larmes qui montent : « Ce qu'on a vécu au Rwanda nous poursuit au quotidien. » Ces soldats sont accusés d'avoir laissé mourir 800 Tutsi assiégés à Bisesero, tardant à secourir, trois jours après une reconnaissance. Les commandos n'ont toujours pas compris ces accusations.
Sa colère est intacte. « Je ne connais pas d'action ou d'inaction, pas de décision ou de non-décision dont l'armée française ait à rougir. Quand je vois à quel point nous avons été prêts à donner nos vies pour des gens dont personne n'avait rien à faire, et comment nous avons été peu soutenus. Les politiques s'en foutent. » Perception irréconciliable, et corrosive. « Ce qui fait mal, c'est qu'on a laissé croire qu'il y avait anguille sous roche. Cela marque désormais toutes nos actions dans le monde. »
Pour les acteurs de cet été 1994, « ce ne sera jamais fini », ajoute Jacques Hogard, ex-commandant du groupement de la Légion. « A l'automne, cette année-là, j'ai découvert dans une librairie de Marseille le livre de François-Xavier Verschave, Complicité de génocide ? , se souvient-il. Ce fut un énorme choc. Je rentrais, j'étais content de ce qu'on avait fait avec des moyens dérisoires, et je découvre, sur trois pages, que je deviens un salopard. » Il a tenté de s'expliquer en 2005, dans Les Larmes de l'honneur (Hugo et Cie).
Certains coopérants militaires de la période 1991-1993, lorsque Paris prêtait parfois main forte sur le terrain au régime de Kigali contre la rébellion tutsi, sont restés attachés à leurs amis hutu de l'armée rwandaise, ceux-là mêmes que la France a soutenus jusqu'à avril 1994. L'un d'eux, rencontré dans une administration à Paris, s'est effondré à l'évocation de cette déchirure : « Tout le monde avait eu le sentiment de bien faire. »
Les officiers qui ont ensuite accompagné à Arusha (Tanzanie) les négociations entre l'Etat rwandais et les rebelles tutsi en vue d'un partage du pouvoir, en 1993, eux, renvoient la balle au politique : « Nous avons obtenu un accord et passé le relais à l'ONU. Normalement on a “mention bien” avec ça, même si c'est passer le volant à un aveugle », résume l'un des anciens conseillers de l'état-major.
« LES MILITAIRES ONT FORMÉ CEUX QUI ONT DIRIGÉ LE GÉNOCIDE »
Les voix critiques de l'engagement français restent rares, tourmentées, dans l'institution. Tel cet ancien colonel : « Les militaires ont aidé et formé ceux qui, ensuite, ont dirigé le génocide, même si personne ne pouvait l'imaginer alors. A-t-on eu conscience de ce qui se préparait ? On n'a pas posé cette question. Du coup, on n'a rien à opposer aux accusations du président Kagamé contre la France. On peut juste nier en faisant valoir notre bonne foi. »
Surnommés parfois les « égoutiers », les soldats de « Turquoise » venus pour « mettre fin aux massacres » ont enfoui leur expérience. Leur incapacité à comprendre ce qu'il se passait. Ou leurs journées passées sous la douche à tenter d'ôter l'odeur de la mort – « On ne savait plus si elle était à l'extérieur ou à l'intérieur de soi », a confié l'un d'eux à un médecin. « Juste après, on a mis un mouchoir sur tout cela », dit le général Jean-Claude Thomann, ancien chef du 8e RPIMa. « Les gars de “Turquoise” sont rentrés dans leurs unités et sont passés immédiatement à autre chose », rappelle Laurent Attar-Bayrou.
François Mitterrand avait alors lancé l'armée au Cambodge, en Somalie, en Côte d'Ivoire, en ex-Yougoslavie. Tous les regards étaient tournés vers les Balkans. Certains ont tenté de panser leurs plaies rwandaises à Sarajevo. « Après l'assaut du pont de Vrbanja , où nous avons eu 2 tués et 38 blessés lourds, j'ai demandé au psychiatre de voir les hommes », se souvient le général François Lecointre, alors capitaine du 3e RIMa. « C'est du Rwanda qu'ils lui ont parlé. »
Lui en a tiré une leçon. « J'ai appris sur ma propre violence. La mort appelle la mort », confie le général Lecointre, qui a conduit des opérations dans la « zone humanitaire sûre » à la frontière zaïroise. Après avoir découvert un charnier de 40 nourrissons dans une maternité, ses soldats ont été tentés d'achever un homme, présenté comme l'auteur par la population. « Ceux qui assistent au massacre sont tentés de se faire justiciers. On se dit dans ces moments que, si on respecte les règles, on ne peut rien empêcher. Il faut lutter contre cette idée. »
« BOUCHERIE OU HUMILIATION »
Les écoles d'officiers en ont bien retenu des cas pratiques, de nouvelles doctrines. Mais, dans l'institution, « il n'y avait pas de question », témoigne un officier d'active qui a commandé en Côte d'Ivoire après le génocide rwandais. « La conclusion a été qu'il ne fallait plus laisser réécrire l'histoire à notre place. » Les militaires se sont persuadés qu'ils avaient perdu la bataille des médias avec « Turquoise » quand ils auraient pu la gagner. « On a été naïfs de montrer nos soldats charrier des corps avec des pelleteuses », ajoute ce gradé.
Depuis, une « manoeuvre médias » accompagne toutes les opérations. « Faute de ligne politique claire, dénonce Jacques Hogard, on continue de faire des coups militaires en Afrique, ce qui place les gens dans des situations invraisemblables. »
La planification génocidaire des extrémistes hutu n'est pas le nettoyage ethnique opportuniste des chrétiens de RCA, mais le parallèle est tracé entre les missions d'interposition, trop floues quant à l'usage de la force.
« Les militaires ont le choix entre la boucherie ou l'humiliation », affirme le général Irastorza. Ils portent une responsabilité dans l'exécution de la mission. « Mais, au milieu d'une foule qui s'étripe, vous tirez sur qui ? », demande-t-il. « Pour nos jeunes soldats, souvent, la situation est incompréhensible. Ils ne peuvent imaginer de tels niveaux de haine. Cela les dépasse. »
Après le Rwanda, l'ère de la « judiciarisation » des opérations militaires s'est ouverte, qui mène des officiers devant les tribunaux civils. Une information judiciaire est ouverte au pôle génocide à Paris contre des militaires français, pour Bisesero et des viols présumés. « L'enseignement, ce fut : notez tout, parce qu'un jour ou l'autre on pourra vous reprocher de ne pas avoir sauvé tel ou tel », explique le général Thomann.
Certains confirment s'être constitué, depuis, des dossiers de preuves. « Si les jeunes n'ont pas le mot Rwanda en tête, ajoute Jacques Hogard, ils sont imprégnés de tout ce qui a suivi : des situations médiatisées où vous n'avez aucune couverture, si ce n'est celle que vous vous donnez. »
Les armées se sont dotées d'un arsenal juridique. Les fantômes sont tenus à distance. « Les vraies blessures de l'armée française, c'est l'affaire Dreyfus, juin 1940, l'Indochine, l'Algérie ! Voilà ce qui a apporté du discrédit. Pas le Rwanda », assène un ancien haut responsable, qui occupe un poste éminent de la République.
La France sera représentée lundi à Kigali aux commémorations marquant le 20e anniversaire du génocide rwandais par son ambassadeur Michel Flesch, a indiqué dimanche 6 avril le Quai d'Orsay.
« L'ambassadeur sera présent à la cérémonie présidée par Paul Kagame », a précisé le porte-parole du ministère français des affaires étrangères Romain Nadal, en ajoutant qu'il n'avait « jamais été question d'un boycott des cérémonies » après les déclarations du président rwandais accusant Paris d'avoir « participé » au génocide de 1994.
Mais l'ambassadeur de France est indésirable au Rwanda .
Michel Flesch ne pourra donc comme prévu remplacer la garde des Sceaux française, Christiane Taubira, dont le déplacement avait été annulé.Les autorités rwandaises ont retiré l’accréditation de l’ambassadeur de France à Kigali aux cérémonies de commémoration du 20e anniversaire du génocide de 1994 au Rwanda, l’empêchant d’y représenter Paris, a annoncé lundi le diplomate. Michel Flesch ne pourra comme prévu remplacer lundi, à la cérémonie officielle de lancement des commémorations, la garde des Sceaux française, Christiane Taubira, qui devait initialement conduire la délégation française à Kigali.
From : le Monde , NouvelObs,....