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Ce scandale agroalimentaire majeur touche de nombreux industriels et pays européens. Il a mis en lumière la complexité du commerce de la viande en Europe.
 
A- Comment le scandale a éclaté
L'affaire éclate en trois temps. Mi-janvier, les autorités sanitaires britanniques découvrent que des steaks hachés certifiés pur bœuf produits en Irlande contiennent de la viande de cheval. Dix jours plus tard, on apprend que des carcasses britanniques de chevaux, contaminées par un médicament interdit, ont été vendues en France en 2012. Pas de lien direct entre ces deux événements, mais ces scandales jettent un doute sur la fiabilité du système européen de traçabilité de la viande. Alerté par un sous-traitant, le géant suédois Findus conduit des tests sur ses produits et annonce ainsi début février avoir trouvé de la viande équine dans ses lasagnes, d'abord au Royaume-Uni puis en France. L'entreprise retire aussi par précaution ses moussakas et ses hachis Parmentier dans plusieurs pays européens.

 

B - Les protagonistes de l'«affaire Findus»

• Comigel et ses clients

Ce n'est pas Findus qui a produit les lasagnes incriminées, mais un sous-traitant français basé à Metz, Comigel. Cette entreprise a elle-même alerté son client suédois lorsqu'elle a réalisé, après enquête, que la viande utilisée par une de ses filiales luxembourgeoises, Tavola, provenait d'abattoirs roumains produisant à la fois du bœuf et du cheval.

L'implication de Comigel donne une nouvelle ampleur au scandale dans la mesure où la société fabrique des plats préparés pour au moins 28 entreprises dans 13 pays dont différents gros distributeurs tels que Picard, Carrefour, Auchan, Monoprix, etc.

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• Spanghero

C'est cette entreprise française de transformation de viande qui a fourni à Tavola les pains de viande frauduleux. D'après le ministre délégué à la consommation Benoît Hamon, la société aurait changé l'étiquetage de la viande de cheval roumaine en «Viande bœuf origine UE». Son patron, Barthélémy Aguerre, nie toute fraude. Selon lui, «le gouvernement est allé un peu vite» dans les accusations faites jeudi.

Selon l'agence française anti-fraudes (la DGCCRF), ce sont 750 tonnes de viande faussement étiquetées bœuf qui sont sorties de l'usine de Spanghero située dans le sud-ouest de la France. Quelque 550 tonnes ont été livrées à Tavola qui a cuisiné 4,5 millions de plats avec cette viande. Les éventuels destinataires des 200 tonnes restantes n'ont pas été identifiés. Il n'est pas non plus précisé si seules des lasagnes sont touchées.

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• Draap Trading Ltd

Ce scandale a mis au jour la complexité du circuit commercial suivi par la viande en Europe. Dans le cas présent, la viande a été achetée en Roumanie via un intermédiaire chypriote, Draap Trading Ltd. Cette société faisait ses achats via une boîte postale belge et stockait sa viande dans un entrepôt frigorifique situé à Breda, aux Pays-Bas. Son directeur, un Néerlandais nommé Jan Fasen, a été condamné début 2012 pour avoir frauduleusement fait passer de la viande de cheval pour du bœuf via une autre société. Bien qu'il ait fait un temps office de suspect idéal, le trader de viande a toutefois été blanchi de tout soupçon jeudi par le gouvernement français.

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C - Les pays touchés par de la viande de cheval non-signalée

Au moins six pays affirment avoir trouvé du cheval dans des lasagnes surgelées: la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, la Suède et la Norvège. Les Pays-Bas, la Belgique et plus récemment la Russie annoncent quant à eux avoir retiré par précaution les produits suspects du commerce mais ne pas avoir de confirmation. Les steacks hachés irlandais par lesquels le scandale est arrivé ont quant à eux été vendus en Irlande et au Royaume-Uni.

Depuis, les contrôles se multiplient sur d'autres produits et laissent présager d'une multiplication de cas similaires. Au Royaume-Uni, sur 2501 produits testés, 29 contiennent au moins 1% de cheval a révélé l'agence de sécurité alimentaire. Un distributeur britannique a par exemple annoncé jeudi avoir trouvé de la viande de cheval dans une sauce bolognaise fabriquée en Irlande.

L'Autriche a elle annoncé vendredi avoir trouvé de la viande de cheval non-déclarée dans des tortellinis «au bœuf» d'un industriel allemand. La provenance de la viande frauduleuse identifiée dans ces deux produits n'a pas été communiquée. Les autorités danoises enquêtent enfin sur un abattoir qui aurait introduit du cheval dans de la viande présentée comme du boeuf et destinée à des fabricants de pizzas.

D - Le volet sanitaire
A priori, la viande vendue par la société Spanghero ne présente pas de risque. Des tests effectués en janvier dernier et ce jeudi ont en revanche montré la présence d'un médicament interdit, le phenylbutazone, sur des carcasses de chevaux britanniques. Cette substance peut provoquer chez l'homme des problèmes de moelle osseuse et notamment des anémies.

 

E - Les mesures prises en France et en Europe
La société Spanghero s'est vue retirer son agrément sanitaire à titre temporaire en attendant les résultats définitifs de l'enquête. En France, tous les produits contaminés vendus par Comigel ont en principe été retirés des rayons. De façon plus générale, la DGCCRF a assuré qu'elle renforcerait ses contrôles en 2013 sur tous les produits susceptibles de contenir de la viande de cheval. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll souhaite par ailleurs renforcer la traçabilité de la viande dans les produits transformés. Des discussions seront menées en ce sens avec les distributeurs et les producteurs, a-t-il promis.

L'Union européenne a de son côté décidé de lancer une campagne de tests ADN sur les produits étiquetés «bœuf» dans tous les Etats membres pour contrôler la présence éventuelle de viande de cheval. Des tests complémentaires pour déceler la présence de phenylbutazone ont également été recommandés. L'ensemble de la campagne devrait coûter 3 millions d'euros.

 

 

 

Ikea touché par la viande de cheval
Le géant du meuble Ikea, qui vend également des spécialités culinaires, a annoncé lundi qu'il retirait de la vente dans une quinzaine de pays européens des boulettes de viande surgelées qui contiendraient du cheval, selon les résultats d'un test réalisé en République tchèque.

"Nous prenons cette affaire très au sérieux et retirons de la vente les paquets d'un kilo de boulettes de viande surgelées en Slovaquie, en République tchèque, en Hongrie, en France, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, à Chypre, en Grèce et en Irlande", ainsi qu'en Suède, a déclaré une porte-parole du groupe, Ylva Magnusson.

 

Au Danemark, le produit a également été retiré des rayons, a indiqué une porte-parole d'Ikea Danemark, Dorte Hjorth Harder. En France, au Danemark et en Suède, ce retrait est une "mesure de précaution", a précisé Mme Magnusson car Ikea n'y a pas distribué de boulettes de viande issues du même lot que le produit testé en République tchèque, qui a révélé la présence d'équidé.

La Roumanie va retirer provisoirement de la vente les boulettes de viande de l'unique magasin Ikea situé sur son territoire, près de Bucarest, pour une "vérification supplémentaire". Ikea précise que ses "propres contrôles n'ont pas révélé de traces de viande chevaline", mais qu'il allait "naturellement approfondir ses recherches". "Nous avons réalisé des tests ADN de tous nos produits contenant de la viande il y a deux semaines et n'avons pas trouvé de traces de viande chevaline", a expliqué Mme Magnusson.

 

Pas d'information sur l'origine de la viande

Les boulettes de viande sont désormais spécifiquement testées et les résultats de l'enquête devraient être connus en milieu de semaine. Les boulettes de viande, un produit phare d'Ikea, sont produites par une société suédoise, Dafgaard. Dans un communiqué, l'entreprise a laconiquement indiqué qu'elle examinait la situation et attendait les résultats de ses propres tests ADN. Elle a refusé de donner plus d'informations, notamment sur l'origine de la viande. "Normalement, la viande des boulettes provient de Suède, d'Allemagne ou d'Irlande, mais en période de pic de production, elle peut venir d'autres pays", a pour sa part dit la porte-parole d'Ikea, qui ignore pour le moment l'origine de la viande incriminée.

Pour l'heure, la réglementation européenne impose aux industriels de mentionner le type de viande entrant dans leurs préparations, mais pas l'origine, exigée uniquement pour la viande à la découpe et les fruits et légumes.

Seule une évolution de cette réglementation peut contraindre les industriels à modifier les étiquettes. La France plaide en ce sens auprès de Bruxelles, avec l'appui de l'Allemagne et du Royaume-Uni, mais des résistances demeurent dans les pays nordiques notamment. En 2012, la branche alimentaire d'Ikea a enregistré un chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros.

 

 

 

Le scandale agroalimentaire qui bouscule l’Europe entière pourrait avoir une origine commune… Après Findus, ou Picard Surgelés c’était au tour de Panzani et William Saurin d’être pris dans le scandale de la viande de cheval mardi. Panzani avait annoncé avoir détecté de la viande de cheval dans des boîtes de raviolis Willam Saurin. Mais la source du problème pourrait avoir été détectée : "Le 8 février, nous avons identifié que nous avions un fournisseur commun avec Spanghero, le néerlandais Windmeijer, dont le commercial est Jan Fasen, qui nous a livré de la viande bovine d’origine roumaine", a expliqué Stéphane Maloisel, le directeur général de Panzani.

La société a immédiatement isolé les lots de ce fournisseur hors de l'entreprise. Elle a également conduit neuf analyses sur les quelque 130 tonnes de viande. Elles ont révélé la présence de cheval dans des viandes étiquetées boeuf. "Nous avons trouvé des lots avec du boeuf uniquement, d'autres avec un mélange boeuf/cheval dans des proportions variables et d'autres avec seulement du cheval", a détaillé le patron, qui souligne que l'entreprise à prévenu la DGCCRF (répression des fraudes, ndlr.) qui a passé deux jours dans l'entreprise et "validé notre plan d'action".

Même s’il est encore trop tôt pour tirer la moindre conclusion, il est clair que ce scandale a mis en lumière le rôle opaque des traders de viande et l’absence de traçabilité dont souffre l’ensemble du circuit agroalimentaire, que ce soit pour la viande ou pour le poisson d’ailleurs.

 


Le thon consommé aux Etats-Unis n'est pas du thon... après le cheval dans les lasagnes, le scandale des étiquettes sur le poisson.
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Une enquête montre qu'un tiers des poissons vendus aux Etats-Unis ne sont pas ce qu'ils sont censés être. Il n'y a pas qu'en Europe que la nourriture a des problèmes d'étiquetage. Après le scandale de la viande de cheval, qui a débuté en Irlande avant de toucher 20 pays européen (dont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne et le Portugal), c'est au tour des Etats-Unis de se pencher sur ce que contient vraiment la nourriture… et il y a quelques surprises.

 

D'après une enquête d'Oceana - une ONG spécialisée dans la protection de l'océan - citée par le New York Times, le poisson dégusté aux Etats-Unis n'est souvent pas le même que celui inscrit sur l'étiquette... Parmi les 1 215 échantillons de poissons achetés et testés dans 674 points de vente de 21 Etats du pays - que ce soit dans des restaurants, des marchés ou des sushis bar - l'ONG a trouvé... que près d'un tiers des poissons achetés et mangés aux Etats-Unis ne sont tout simplement pas ce qu'ils sont censés être. 59% du thon consommé aux Etats-Unis n'est pas du thon, détaille The Atlantic. Les plus mauvais résultats sont trouvés pour les "vivaneaux rouges", puisque 161 des 186 de ces poissons étaient mal étiquetés (soit 87% !).

 

L'étude, publiée aux Etats-Unis jeudi, montre que les endroits où vous avez le moins de chances d'avoir dans votre assiette le poisson que vous avez commandé sont les sushis bars (74% de fraude), et ce dans toutes les villes étudiées, alors que les marchés semblent être les lieux les plus "honnêtes" concernant l'étiquetage des produits vendus ("seulement" 18% de fraude). Comme l'explique CBS News, l'étude montre qu'il est courant que les poissons soient mal étiquetés au profit de poissons que les consommateurs préfèrent : par exemple deux tiers des saumons "sauvages" testés étaient en fait des saumons issus de l'aquaculture, qui est considéré moins bon pour la santé et l'environnement.

 

Selon le docteur Kimberly Warner, qui s'est chargée de l'étude, le problème principal - hormis le fait, évidemment, de payer (cher souvent) pour quelque chose que l'on n'a pas commandé - c'est que ces résultats sont alarmants du point de vue de la santé. En effet il est connu que certains poissons sont connus pour leur capacité à accumuler du mercure dans leur chair et doivent donc être évités, en particulier par les femmes enceintes. Or, parmi les échantillons testés, des "Malacanthidae" connus pour leur teneur importante en mercure, étaient vendus en tant que vivaneaux rouges ou même en tant que flétan. Toutefois, comme le souligne le site de Fox News, l'étude d'Oceana n'a pas pu déterminer qui était responsable du mauvais étiquetage, du vendeur en gros, au détaillant en passant par le pêcheur lui-même. L'étude ne dit pas non plus si les mauvais étiquetages proviennent d'une incompréhension entre les différents maillons de la chaîne alimentaire ou bien d'une dissimulation délibérée.

 

Le plus prudent pour les consommateurs reste de poser des questions sur la provenance des fruits de mer et des poissons qu'ils mangent... et de se méfier des prix trop bas, conseille le LA Times. "Si le prix est trop beau pour être honnête, alors c'est probablement le cas et vous risquez d'acheter une espèce de poisson totalement différente que celle que vous souhaitiez et qui est indiquée sur l'étiquette", avertit l'étude.

Reste que, tout comme en Europe, cet épisode jette à nouveau une lumière crue sur les problèmes alimentaires que traverse le monde. Ces problèmes d'étiquetage ne menacent pour l'instant pas vraiment la santé des consommateurs… jusqu'au prochain scandale ?

From : le Figaro ,Atlantico,......

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Santé - Bien - être
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