Publicité

Quelques semaines après le 'Horsegate' mettant à jour des ventes de viande de cheval étiquetée boeuf,... La société Castel Viandes de Châteaubriant (Loire-Atlantique), spécialisée dans la découpe de viande bovine, est soupçonnée d'avoir vendu des steaks avariés à la chaîne de restaurants.

 

Pratiques frauduleuses ?
Le groupe Castel Viandes, qui récuse ces allégations émanant d'un ancien cadre licencié en 2008, fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire, ouverte par le procureur de Nantes. L'entreprise familiale est mise en cause pour « tromperie sur la qualité et falsification de documents ». La société aurait usé d'une pratique rigoureusement interdite de la remballe de steaks, fraude courante dans la chaîne agroalimentaire et dans la grande distribution. Elle se serait doublée de falsifications d'analyses via un système de double étiquetage bactériologique. Si ces faits sont avérés, les pratiques valideraient l'existence d'un système frauduleux organisé, impliquant des complicités.

 

"Vengeance personnelle" ?
Des perquisitions auraient été menées, courant février, sur le site de production de Châteaubriant et au laboratoire de Tours chargé des analyses. Par mesure de précaution, Flunch a suspendu l'ensemble de ses approvisionnements auprès Castel Viandes, « dans l'attente de nouvelles informations ». Pour sa part, Véronique Viol-Lévesques qui dirige Castel Viandes, estime que son ancien cadre souhaite assouvir une « vengeance personnelle » et « a décidé de détruire l'entreprise 4 ans après avoir été licencié pour insuffisance professionnelle ». Castel Viandes a porté plainte, dès le 22 février, pour « dénonciation calomnieuse » sur ces faits qui se seraient déroulés voici 5 ans. Pour sa part, Flunch a souhaité préciser que Castel Viandes n'est que l'un de ses quatre principaux fournisseurs. La chaîne de restauration se veut rassurante, et précise qu'elle mène 8.000 analyses par an sur ses produits dont 1.000 sur la viande.

L'affaire fait suite aux révélations de l'ancien directeur de la qualité de Castel viandes, licencié en 2008. Selon le quotidien, Pierre H. découvre, cette année-là, que l'entreprise tente de fournir ses clients en lots de viande impropre à la consommation. Auchan retourne les produits, à l'instar de Flunch après que des clients du restaurant sont victimes d'intoxication. Le cadre, qui s'oppose à ces pratiques, est remercié. Il se tait plusieurs années, par crainte de "représailles". Castel viandes, qui a porté plainte contre son ex-cadre, affirme de son côté être victime d'une "dénonciation calomnieuse d'un employé licencié". "Nous avons affaire à quelqu'un qui, dans le cadre d'une vengeance personnelle, a décidé de détruire l'entreprise quatre ans après avoir été licencié pour insuffisance professionnelle", assure la directrice générale du groupe. "Les clients précisent que la viande a un goût suspect et une des personnes est allée vomir immédiatement. Ces quatre personnes ont des plaques rouges et des boutons...", se plaignait déjà Flunch auprès de son fournisseur en 2007.

 

Viande de cheval : une fraude généralisée aux origines troubles
Mis au jour il y a près d'un mois, le scandale n'en finit pas de s'étendre. Des traces de viande de cheval dans des produits préparés, surgelés ou en conserve présentés comme étant du boeuf ont été trouvées dans tous les pays d'Europe, où des contrôles et des tests ADN sont en cours, à l'exception des Balkans. Des produits frauduleux exportés par Findus ou Ikea ont été retrouvés à Hong-Kong, aux Antilles et en Russie. Selon les autorités françaises, plus de 4,5 millions de produits frauduleux ont été vendus dans 13 pays européens à au moins 28 entreprises. Findus, Nestlé (Buitoni et Davigel), Iglo, Panzani, Ikéa, Picard et les marques de distributeurs des principales enseignes ont d'ores et déjà procédé à des retraits de produits (lasagnes, ravioli, hachis parmentier, sauce bolognaise, pizzas...).

 

Difficile d'identifier l'origine de la fraude : entre le champ et l'assiette, la viande transite par un grand nombre d'intermédiaires basés dans différents pays. S'agit-il d'une filière organisée et mafieuse - comme ont pu l'évoquer plusieurs acteurs - ou d'actes frauduleux isolés ? Plusieurs saisies, perquisitions et interpellations ont déjà eu lieu et au niveau européen, les enquêtes judiciaires en cours sont coordonnées par Europol.

 

Les autorités françaises ont retracé un premier circuit impliquant du cheval roumain passé par des négociants néerlandais et chypriote, revendu à la PME française Spanghero, elle-même fournisseur du français Comigel, sous-traitant de Findus et de nombreux distributeurs. Spanghero s'est vu dans un premier temps retirer son agrément sanitaire, ensuite partiellement rétabli. L'enquête est toujours en cours sur les activités de négoce, auxquelles la société a mis un terme.

Une autre piste pointe les négociants néerlandais Draap Trading LTD, dirigé par Jan Fasen et basé à Chypre, et Meat Trading, dirigé par Hans Windmeijer, qui ont fourni à la fois Spanghero et Panzani (via Gel Alpes) et déjà condamnés pour fraude à l'étiquetage en 2012, selon plusieurs médias.

 

La fraude aurait permis de rapporter plus de 300.000 euros : le recours au minerai (viande agglomérée) de cheval est 25 à 30% moins cher que celui de boeuf. Si sa consommation ne présente à priori pas de risque pour la santé, l'affaire génère une crise de confiance chez les consommateurs. Un quart des français déclare ainsi avoir cessé de consommer des plats cuisinés à base de viande de bœuf, selon un sondage publié ce vendredi par BVA.

 

Une fraude au type de viande ? Le bras de fer entre un éleveur et Leclerc
Un agriculteur de Saint-Ovin, dans la Manche, accuse l'abattoir Kermené (Côtes-d'Armor), détenu par le groupe Leclerc, d'avoir étiqueté en juillet 2012 "race à viande" deux carcasses qui lui avaient été vendues comme "race laitière". Yves Sauvaget, qui détient un troupeau de 55 vaches laitières et 10 vaches à viande, est également porte-parole de la Confédération paysanne lait pour la Manche et producteur de viande bio. Il dénonce une "fraude" qui permet, selon lui, de gagner jusqu'à 1.200 euros par bête, la race à viande étant vendue plus chère au consommateur que la race laitière. "Nous éleveurs, la traçabilité nous tient à cœur. On est rigoureux. Ça nous coûte de l'argent et, eux, ils cassent tout", a-t-il accusé.

De son côté, le président du groupe Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, dément formellement. "Il n'y a absolument pas eu de tromperie, il n’y a pas eu de fraude, pas de surprofit. Sa viande a été achetée au prix du bio, a été transformée en steak bio, a été vendue comme bio et ce n’était absolument pas marqué pour le consommateur race à viande pour de la race laitière", a-t-il affirmé sur RTL .

 

 

Trois d'entre elles étaient déjà connues. Des quantités « marginales » ont été trouvées dans deux autres. La liste n'est peut-être pas close...


Le gouvernement avait demandé à la Répression des fraudes (DGCCRF) de réaliser des tests ADN sur une large gamme de produits vendus dans les grandes surfaces. Benoît Hamon, le ministre de la Consommation a rendu publics, hier, des résultats moins alarmants qu'on n'aurait pu craindre.

Il a dénombré au total cinq filières ayant conduit à inclure frauduleusement de la viande de cheval dans des produits cuisinés sans que cela apparaisse sur l'étiquette. Outre la filière Spanghero qui avait approvisionné Comigel, sous-traitant de Findus et de marques distributeur, en viande de cheval roumaine, deux autres filières étaient déjà connues. Gel Alpes, qui fournit William Saurin et Panzani, et, plus récemment Covi qui produit du corned-beef, avaient annoncé elles-mêmes avoir détecté de la viande de cheval dans leurs produits.

 

Deux nouvelles filières ont donc été révélées, mais la présence de viande de cheval était « marginale » en ce qui les concerne, peut-être du fait d'instruments de découpe non nettoyés. Il s'agit de Davigel (groupe Nestlé), qui se fournissait auprès d'un atelier de transformation allemand qui utilisait de la viande venue d'abattoirs italiens via des traders hollandais et allemands. Ses produits présentaient 1 % à 3 % de viande de cheval. Le fabricant de corned-beef Toupnot, qui s'approvisionnait en Pologne, a également été repéré pour de petites quantités de viande de cheval.

 

Le ministre a précisé qu'une première vague de tests ADN avait révélé la présence de viande de cheval dans neuf cas sur dix, mais que dans une seconde vague, la proportion était tombée à deux sur quarante. « Plus on fait des tests, moins on trouve de cheval, c'est encourageant », observe Benoît Hamon. Il a cependant confié qu'« il est possible qu'il y en ait d'autres ». Il précise par ailleurs ne disposer d'aucun élément permettant de soupçonner les quatre entreprises concernées par les circuits supplémentaires d'avoir voulu tromper les consommateurs. Elles auraient pu « être victimes » de leurs fournisseurs de viande. Covi et Gel Alpes n'ont « pas délibérément changé leurs étiquettes », a souligné le ministre. C'est ce qui explique le maintien de leur agrément.

 

Les traders néerlandais dominent

Le quotidien Le Monde, qui a enquêté aux Pays-Bas, donne un éclairage sur le monde des courtiers en viande, dont deux représentants avaient approvisionné Spanghero. Les traders néerlandais ont su s'imposer dans le commerce de viande à l'échelle européenne. Ils seraient plusieurs centaines, aucun recensement exact n'ayant été réalisé. Une petite vingtaine de traders indépendants subsisteraient par ailleurs.

 

 

 

 

From : bourse , nouvelobs , la dépêche ,ouest france,......

 

 

 

 

 

Publicité
Tag(s) : #Santé - Bien - être
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :