Après la vache folle et la fraude à la viande de cheval, une nouvelle affaire de sécurité alimentaire vient d'être révélée.
Selon le Sunday Times du dimanche 7 juillet, 28 000 carcasses de bœuf infecté par le bacille de la tuberculose bovine seraient exportées chaque année à partir des abattoirs britanniques vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Principaux destinataires : les cantines scolaires et les hôpitaux, le reste étant transformé en nourriture pour animaux.
Les autorités sanitaires françaises ont immédiatement réagi en écartant tout danger pour l'homme. Pour autant, des enseignes telles que Tesco, McDonald's ou Burger King, en Angleterre, ont refusé d'acheter cette viande.
Ces exportations – dont la Confédération paysanne en France a demandé l'arrêt immédiat, exigeant l'application du principe de précaution – se font dans le respect des règlements sanitaires européens. Les procédures sont connues : lorsqu'une tuberculose est suspectée, l'animal est immédiatement mis à l'écart du reste du troupeau pour éviter la contagion. Les vétérinaires procèdent alors à un test cutané à la tuberculine. Mais certains tests peuvent se révéler faussement positifs. A la mort de l'animal, une inspection obligatoire de la carcasse permet de détecter la présence ou non de lésions.
Si les carcasses ne présentent que des lésions localisées, ces dernières sont retirées et la viande peut retourner dans le circuit alimentaire. L'agence vétérinaire britannique Animal Health and Veterinary Laboratories Agency, qui récupère ces carcasses, a tout à fait le droit de les revendre à un abattoir. Le bœuf peut alors être exporté.
Selon Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la Direction générale de l'alimentation en France, "il n'y a pas de problèmes avec les importations de bœuf britannique, les autorités locales respectent les normes européennes".
Si le risque de contamination pour l'homme serait négligeable – la bactérie de la tuberculose bovine est différente de celle responsable de la forme humaine de la maladie –, l'Institut de veille sanitaire relève néanmoins qu'une dizaine de personnes sont infectées par la bactérie Mycobacterium bovis par an en France. Tous les individus touchés ont été en contact direct avec des animaux. Il s'agit le plus souvent d'éleveurs ou de vétérinaires. "Personne n'a jamais été contaminé en ingérant de la viande provenant d'une bête malade", insiste M. Angot. Quant au lait, il ne peut être vendu sans être pasteurisé, il est donc sans risque pour les consommateurs.
LES COLONIES DE BLAIREAUX, SOURCE DE CONTAMINATION
Pour autant, quid de la traçabilité de cette viande, puisque les lots sont expédiés sans mention particulière vers l'Europe continentale ? Le grossiste ABP UK, dont l'un des abattoirs britanniques mis en cause est une filiale, a reconnu qu'"environ 10 à 20 animaux y sont traités chaque semaine" et "exportés sous forme de carcasses".
Si la France est officiellement quasi indemne de tuberculose bovine (en 2011, 42 cas ont été identifiés), ce n'est pas le cas du Royaume-Uni, où la maladie est beaucoup plus présente : 50 000 cas y sont détectés chaque année. Selon les scientifiques, les colonies de blaireaux, très importantes au Royaume-Uni, sont l'une des sources de contamination.
En dépit des propos rassurants sur le risque sanitaire, ces nouvelles informations interviennent dans un contexte sensible avec le souvenir de la crise de la vache folle originaire du Royaume-Uni, qui a ébranlé l'Europe dans les années 1990. Nourri avec des farines animales contaminées par le prion pathologique, responsable chez l'homme du variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le bœuf britannique fut frappé d'embargo par l'Union européenne (UE) de 1996 à 1999, mais décrété indésirable en France jusqu'en 2002.
Dans un communiqué publié le 27 juin sur la modernisation du système d'inspection des viandes au sein de l'ensemble de l'UE, l'Autorité européenne de sécurité des aliments a mis en garde contre une "modification des pratiques vers une inspection post-mortem uniquement visuelle diminuerait la qualité de la surveillance pour certaines maladies animales. Elle aurait notamment un effet négatif sur la surveillance de la tuberculose bovine.
Des bovins testés positifs à la tuberculose sont abattus et mis dans le circuit alimentaire dans les collectivités en Grande-Bretagne ou exportés vers le continent.
C'est un rosbif au goût un peu amer que nos voisins Britanniques exportent chez nous. Selon le Sunday Times , des carcasses de viande bovine infectée par le germe de la tuberculose sont abattues dans un abattoir au Royaume-Uni et exportées vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Le journal avait révélé la semaine dernière que 28.000 bêtes testées positives à la tuberculose étaient offertes à la consommation chaque année.
De grandes enseignes comme les supermarchés Tesco, Sainsbury's, ou Waitrose, ainsi que les chaines McDonald's et Burger King ont refusé de vendre cette viande. Celle-ci serait écoulée essentiellement dans des cantines scolaires ou les restaurants hospitaliers. Les animaux testés positifs sont retirés des troupeaux afin d'éviter d'autres contaminations, moyennant une compensation de l'Etat à l'éleveur. Une agence vétérinaire publique (Animal Health and Veterinary Laboratories Agency) les revend ensuite, en toute connaissance de cause, à un abattoir du Sommerset, filiale du grossiste en viande irlandais ABP UK. Les carcasses sont exportées sans étiquetage particulier.
Risque de transmission faible
Les élevages français sont exempts de tuberculose. Le risque de transmission de l'animal à l'homme est jugé très faible mais pas nul. Le développement de la tuberculose peut prendre des années et il est difficile de remonter à la cause de contamination. Outre la viande, le lait peut être porteur de la bactérie. L'agence de santé du Royaume-Uni a lancé une nouvelle étude pour tenter d'établir l'origine des cas de contamination récente à la tuberculose.
«C'est surréaliste. Cette pratique devrait être immédiatement arrêtée. Il est bizarre qu'une agence publique soit impliquée là-dedans. Comme pour le scandale de la viande de cheval, le principe de précaution devrait s'appliquer lorsqu'il s'agit d'alimentation et de santé», a réagi Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Sunday Times. Le grossiste ABP reconnaît que «environ dix à vingt animaux sont traités chaque semaine» et «la viande est exportée sous forme de carcasses à divers clients en Europe continentale».
Suite à la réclamation d'un fabricant belge de steak haché, les services de la repression des fraudes estiment que la viande hachée à destination des restaurants rapides présente de nombreuses anomalies.
Après le scandale des plats cuisinés à la viande de cheval, ce sont les steaks hachés de la restauration rapide qui sont dans le viseur de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
La dénomination "steak haché" est réservée aux denrées composées uniquement de muscles squelettiques. Pour contrôler si cette condition était bien respectée, la DGCCRF a effectué dix prélèvements effectuées chez cinq grossistes de la filière de la viande hachée approvisionnant sur le marché européen. Les résultats sont affligeants : seuls deux échantillons se sont révélés conformes.
Les analyses de la répression des fraudes démontrent en effet que la viande contient des tissus (cœur, os, rognons) ou des matières premières (protéines végétales). De plus, des additifs non autorisés dans les préparations de viande figuraient sur la liste des ingrédients. Si la présence de tissus ou de protéines n'est pas interdite dans les préparations à base de viande hachée, l'étiquetage et les documents commerciaux des fournisseurs doivent le préciser.
Au regard de ces anomalies, la DGCCRF a décidé de programmer une nouvelle enquête plus étendue prochainement.
Par ailleurs, l'étiquetage des viandes sera obligatoire dès 2014.
From : le Monde,....